‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 104 sur 155 · XXX VIII · texte numérisé non relu

XXX VIII

Cependant Barye ne cessait de produire ses petits modèles. A l'Exposition universelle de 1855, il en avait montré toute une série, choisie par lui, des anciens comme des nouveaux ; parmi ceux-ci, probablement postérieurs à 1847, on peut ranger : un Z'aureau cabré si étonnamment saisi dans l’instantanéité de sa pose, un Jaguar dormant, un Cheval surpris par un lion, un Crocodile dévorant une antilope, un Serpent enlacant une gazelle, un Serpent étouffant un crocodile.

Quand je dis probablement, c'est que si les catalogues de vente des magasins nous donnent les dates des mises au commerce, ils ne nous renscignent pas sur l’époque même de l'exécution. Je rappelle en effet que 3arye laissait parfois dix ans un modèle terminé, sans le livrer à la fonte. Ces cires, il les rangeait dans un endroit fermé à triple serrure, dont il avait la clef toujours sur lui, et où personne, même les plus intimes, ne pouvait pénétrer.

Il ne faudrait donc pas croire que les œuvres mentionnées à la fin de son dernier catalogue fussent, en réalité, les dernières de sa vie. Il en est même, et de très antérieures, qui ont été éditées après sa mort, l'acquéreur ayant outre la propriété du modèle le droit de reproduction. Parmi celles-ci je

citerai l'Awrochs attaqué par un serpent, dont le modèle appartient à M. Bonnat.

Un Cheval surpris par un lion, qu'il ne faut pas, je crois, confondre avec

un Jeune lion lerrassant un cheval du Salon de 183%, appartenant au due de Luynes, est une des belles créations de Barye. Le cheval porte sur sa croupe le lion qui a bondi sur lui. Il se dresse fou de douleur sur ses jambes de derrière

et bat l'air de ses sabots de devant. Il y a quelque chose de décorativement

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