‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 110 sur 155 · LÉVRIER APPORTANT UN LIÈVRE · texte numérisé non relu

LÉVRIER APPORTANT UN LIÈVRE

les bois de justice; il dut l’abandonner peu de temps après, l’entreprise étant audessus de ses ressources financières, et sa difficulté à se déclarer satisfait d’une fonte lui ayant fait perdre beaucoup d'argent. C'est là qu'il exécuta un ouvra

ge

très peu connu assurément et pour cause,

M. Isaac Pereire demanda à Barye, vers 1858, de lui composer un dessus de cheminée : pendule et candélabres, à la condition formelle qu'il n'y en aurait que deux épreuves et que le moule serait brisé aussitôt après. L'une en bronze doré se trouve à Paris, et l'autre, qui est de patine verte, au château d'Armanvilliers. Elles n'ont jamais quitté la famille, et c’est à sa bienveillante courtoisie que je dois la faveur d'avoir pu faire reproduire cette œuvre peu connue,

Barye y travailla trois anné

S; il fit tout lui-même, modèle, fonte, ciselure, montage des pièces, ajustement des motifs sur le marbre. Or, cette

pendule, de grande dimension, est monumentale. Il choisit un sujet de

haute noblesse mythologique : Apollon conduisant le char du soleil. Le dieu, le torse et les jambes sans voiles, debout sur un trône placé dans le char même tient dans sa main, très calme, les rênes de son fougueux attelage. Les quatre chevaux, galopant deux par deux, à gauche et à droite, s'écartent et

lais

sent dégagé le devant du quadrige. Au second plan et de chaque côté, des figures drapées semblent maintenir les coursiers et leur indiquer la route. Les candélabres, aux branches richement chantournées, montrent adossée à

leur tige une nymphe, dont les jambes disparaissent derrière une Chimère ailée.

Page 1