‹ L'œuvre de Barye;Chapitre 99 sur 155 · CROCODILE DÉVORANT UNE ANTILOPE · texte numérisé non relu

CROCODILE DÉVORANT UNE ANTILOPE

médaille d'honneur fut décerné

sans partage à Barye, et cette haute récompense lui valut la croix d'oflicier de la Légion d'honneur.

Barye a maintenant cinquante-neuf ans. Ce n'est plus le jeune homme à la tournure élégante du portrait de Jean Gigoux en 1833. Avec l’âge, ses traits et sa taille se sont comme épaissis, sa moustache a disparu, et sa physionomie, qui a pris comme une placidité bourgeoise, mais traversée de finesse, ne changera plus : elle est arrêtée en quelque sorte; elle est celle sous laquelle on le montrera à la postérité. J'emprunte à son ami Th. Silvestre le portrait qu'il traça de lui à l’époque :

« Il est de taille au-dessus de la moyenne. Sa mise est soignée, sans luxe ni affectation. Son maintien et ses gestes sont précis, corrects, tranquilles et dignes, et il ne s'y méle rien de sec, de mou, de pédantesque. Les yeux vigilants et fermes regardent toujours en face, franchement et profondément, sans

provocalion ni insolence, Le front se dépouille de sa chevelure courte et blan-

chissante; le nez est légèrement retroussé; les plans de la face d’une carrure

Voilà pour le physique : le portrait »120ral mérite d'être reproduit en

vigoureuse sont reliés par un fin mod

entier !

« Barye vous observe, vous attend, vous écoute avec une rare patience et vous pénètre infailliblement. Toutes ses paroles portent juste, mais elles paraissent sortir avec effort de ses lèvres minces, au contour nettement et

violemment buriné, et presque toujours scellées par la sagesse, car l'amour du

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