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liACGIIANTE ET ENFANT Terre cuite originale — 1872
dont il se montrait heureux, il avait gardé, avec la vigueur physique et la capacité de travail, cette fermeté morale, cette constance de bon sens, ces habitudes de scrupules dans l'accomplissement des devoirs sociaux et professionnels, fond grave de sympathie fraternelle pour toutes les misères et toutes les grandeurs humaines, que nous retrouvons, si loin que nous remontions dans le passé, comme la force et l'honneur d'une vieille race, chez presque tous nos tailleurs d'images et statuaires, depuis le Moyen Age.
LE SEKMENT DE SPAHTACUS Groupe inai-bre, envoi de Rome — Jardin des Tuileries — 1S7
Son pnfance fut triste, son adolescence pénible. Son père et sa mère, braves cœurs tous deux, étaient d'humeur trop diverse : l'un, vieux soldat, devenu, sur le tard, peintre de porcelaines et tissus, un
peu déclassé, vivant dans le rêve et la fantaisie; l'autre, ménagère diligente et économe, inquiète de l'avenir, le rappelant sans cesse à la réalité. Ils finirent par se séparer. Durant le séjour en Italie de son frère aîné Félix, grand-prix de Rome pour la peinture (1844-1850), l'enfant, au lieu d'aller à l'école, dut garder sa mère infirme, presque aveugle, être son servant et son guide. Il fallut l'intervention d'un généreux ami de la famille pour qu'il pût, un peu plus tard, recevoir quelque instruction. Le père et le frère le mirent alors au dessin; il y mordait mal, préférant modeler de la glaise. Il devait, pourtant, bientôt se rattraper, prendre chez Léon Cogniet, pour la peinture, un amour sincère, mais ce ne fut qu'après avoir passé une année d'apprentissage sculptural dansl'atelierde Cavelier. Pour cet excellent maître, Barrias, comme tous ses autres élèves, conservait une vive reconnaissance. Déjà endurci, dans sa famille, aux plus rudes besognes, il avait appris, chez Cavelier, par l'exemple personnel du savant artiste, toutes les
LES PUE.MIÈRES FUNÉRAILLES Étude crayon — 1S77
LES PREMIÈRES FUNÉRAILLES Groupe marbre — Musée de la Ville de Paris, Petit Palais
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pratiques du métier, la taille de la pierre et du marbre, la ciselure et la gravure du bronze. Dès lors, expert à connaître, aimer, manier toutes les matières, il pouvait exécuter, lui-même, le travail de mise au point et de pratique, faire au besoin œuvre de charpen-
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MADAME ERNES.T BARRIAS Buste marbre — 1876
tier et de ferronnier. Lorsqu'il entra à l'École des Beaux-Arts, le 7 avril 1858, cbez Jouffroy, il était déjà supérieur à beaucoup de ses camarades par cette expérience et cette habileté manuelles.
Dès lors ses succès dans sa carrière mieux ouverte, grâce à une énergie silencieuse de labeur et de volonté infatigables, suivent
la p.rogression la plus régulière. Deuxième grand prix de Rome, en 1861, avec son bas-relief Chryséia rendue à son père par Ulysse^ il
MADAME OLIVIER Buste marbre — Musée Boniiat à Bayonne — 1817
expose au Salon, la même année, les bustes de Sion père et du graveur Jazet. Sa réputation comme portraitiste est commencée. Ju/es
Favre le fait venir à la campagne pour poser devant lui. Cette effigie, en marbre, chaleureuse et éloquente, du grand orateur, conservée aujourd'hui dans la galerie de M" Barboux, y fait bonne figure, non loin d'un admirable buste de Barnave, par Houdon. Chemin
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Statuette bronze — 1878
faisant, curieux et avide détentes les ressources de son art, le jeune homme a complété ses études décoratives chez Mathurin Moreau, et il en fait l'application dans une frise polychrome {Allégories maritimes) pour une villa à Deauville, quelques travaux à l'Opéra, les statues de Virgile et du Printemps dans l'hôtel Païva.
En 1865, grand prix de Rome avec le bas-i'elief. Fondation de
Marseille. — Glypfis, fils d'un chef gaulois, choisit pour époux Photis ambassadeur phocéen. C'est l'avenir, le travail, la gloire, promis, presque assurés. Barrias part, comme on partait alors pour l'Italie, joyeuXj exalté d'avance par les beautés pressenties clans les récits
MUNKAKSY
Buste bronze — 1879
des maîtres, les chefs-d'œuvre du Louvre, les images des livres; il y séjourna comme on y séjournait alors, plus charmé chaque jour par les surprises incessantes des beautés imprévues. Les pensionnaires de la villa Médicis n'en quittaient les ateliers tranquilles et les ombrages rêveurs que pour aller, aux belles saisons, enrichir
leur imagination par des émerveillements nouveaux, à Naples, Florence, Venise, en Sicile et en Grèce. On s'inquiétait si peu de
Paris, du Salon, de la Presse, des marchands, des amateurs, des succès à venir !
L'essentiel n'était-il pas de faire, pour le reste de ses jours, provision d'idéal et de beauté, de science et de conviction, dans cette ferveur désintéressée de sympathie et de vie quotidienne avec la Nature, l'Art, la Poésie, avec leurs splendeurs passées et présentes? Nous passâmes à Rome l'hiver de 1866-1 867 avec Sully Prudhomme,etnoussavons quelle curiosité de toutes choses animait nos amis de la villa.
Barrias y était arrivé avec les architectes Noguet et Ghérardt, Machard, peintre, Lenepveu, musicien : il y avait retrouvé HioUe, Chaplain, Delaplanche, qu'al- .laient suivre Degeorge, Mercié, AUar, Lanson, Marqueste, Idrac, Injalbert, Roty. Dans ce groupe, on adorait la musique, on aimait l'histoire, on écoutait les savants, quelques-uns lisaient beaucoup. Barrias, très laborieux, assez solitaire, compléta là son instruction,