‹ L'uvre du chevalier Andréa de NerciatChapitre 2 sur 31 · ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR I,ES ŒUVRES D'ANDREA DE NERCIAT · texte numérisé non relu

ESSAI BIBLIOGRAPHIQUE SUR I,ES ŒUVRES D'ANDREA DE NERCIAT

Félicia, ou mes Fredaines avec l'épigraphe : La faute en est aux Dieux qui me firent si folle. Londres, 1775. — 4 vol. in- 18 ; 12 gravures libres par Borel (non signées) (i). D'après ce qu'en dit Nerciat dans Monrose, cette édition aurait paru en Belgique.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., 1776. 4 vol. in -18 ; 12 gravures.

Félicia, ou mes Fredaines, etc. A Londres MDCCLXXVI. 4 tomes in-i8 souvent reliés, en i vol.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Londres, 1778. — 4 vol. in- 18, 12 grav. cette édition est celle que Nerciat donna à la Bibliothèque de Cassel où il était Sous-Bibliothécaire. Et dans l'Extrait placé en tête de Monrose, l'auteur dit à propos de Félicia que « la moins mauvaise édition est celle en deux volumes, chacun de deux parties, et divisée en chapitres, qui est sortie en 1778 d'une presse d'Allemagne. On la reconnaît au titre gravé et placé dans un ovale de feuillage ».

Félicia, ou mes Fredaines, etc. Londres, 1782. — 4 vol. in- 18 ; 12 fig. par Borel d'après Eisen (non signées). Onze fig. sont libres.

(i) Félicia a été traduit en anglais et publié dans le tome II, de The Exquisite. A collection of taies, historiés and fancy essays, London, M. Smith. — s. d. (1842-1844) 3 vol. gr. in-40, 45 numéros, avec figures. Magazine hebdomadaire dont chaque numéro se vendait d'abord 4 pences et plus tard 6 pences. Les figures sont assez libres. La plupart des ouvrages qu'on y trouve sont traduits du français.

38 l'cEUVRE D 'ANDRÉA DE XERCIAT

Félicia, on mes Fredaines ; etc., MDCCLXXXIV. — (sans lieu d'ini])ression, Paris, Cazin, 4 vol. in-i8 avec 24 fig. par Borel d'après Eisen (non signées). Onze sont libres.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., MDCCDXXXIV . — 4 vol., petit in-icS avec les figures d'après Ei.'^en. Les figures sont retournées, sauf le frontispice ; et la huitième (avec le clair de lune) est couverte.

Félicia, ou mes Fredaines, orné de figures en taille-douce, etc., A Londres. — (s. d.) 4 parties reliées souvent en 4 vol. in-i8. Vignette sur le titre (panier fleuri) (Figures libres).

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Amsterdam, 1780. — 2 vol. pet. in-80.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., A Amsterdam. — 4 parties en 2 tomes souvent reliés en i vol. in-80. 2 fï. liminaires, 216 pp. et 2 û". liminaires, 256 pp.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., A Amsterdam, MDCCL XXXV. — Deux tomes en 2 vol., in-i8., 2 frontispices.

L,es vers

Voici mon très cher ouvrage etc.

se lisent au verso dti titre du tome deuxième. Contrefaçon des éditions Cazin.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Amsterdam, 1786, 2 tomes pet. in-80.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., A Amsterdam, 1792. — 2 tomes pet. in-80.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Amsicrdatu, 17Q3. — 2 tomes petit in-S".

Félicia, ou mes Fredaines, etc. A Amsterdam, Aux dépens de la Société Typographique, I79r, 4 parties en 2 vol. in-i8.

Félicia, ou mes Fredaines, etc. Amsterdam, 1705. 2 tomes pet. in-8".

Félicia, ou mes Fredaines avec figures Paris chez les marchands de nouveautés 1795. — 4 vol. pet. in-12 avec les fig. d'après Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Paris an IIL — (1795) 4 vol. in-i8 avec les fig. d'après Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Paris, 1797. — 4 vol. in- 18 avec les fig. d'après Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Paris, 1798. — 4 vo'. in- 18 avec les fig. d'après Eisen.

Félicia, ou me Fredaines, etc., Londres, 1812. — (Bruxelles) 4 vol. in-i8 avec 24 fig. d'après Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., Londres, 1834. — (Bruxelles), 4 vol. in-i8 de 162, 179, 198 et 179 pp.

Félicia, ou mes Fredaines par Andréa de Nerciat, Londres, 1869. — (Bruxelles), Alphonse, L,écrivain et Briard qui imprimait, 4 tomes en 2 vol. in-12, avec 24 figures, d'après Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc., (s. 1.), 1869. — (Biuxelles) Vital- Puissant ?) 4 vol. in-i8 ; 24 £g. litres d'après celles d'Eisen.

Félicia, ou mes Fredaines, etc. — (Bruxelles, Kisterrackers, 1890), 2 vol. in-i6, 4 fig. dans le texte.

Monrose, ou le libertin par fatalité, suite de Félicia [s.l.], 1792. — 4 vol. in-i8 et parfois in-S^ (i).

Monrose ou suite de Félicia par le même aiiteur [s.l.[ 1795. — 4 vol. in-i8 avec 24 gravures libres atribuées par Cohen à Quéverdo.

Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur, à Paris, an V (1797). — 4 tomes in-12 avec les 24 grav. libres. Le 1^^ tome ou Première Partie comprend i feuillet préliminaire X — 179 pages et i feuillet pour la table ; la deuxième partie i feuillet, prél. 202 p. et i f. pour la table.

(i) The Exquisite (voir la note au i'^'' article de Félicia) renferme au tome III un abrégé de Monrose.

40 l'œuvre D 'ANDRÉA DE NERCIAT

Le titre répété en tète du ler chapitre de chaque partie porte : Monrose ou le libertin par fatalité.

Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur Paris, an huitième. — 4 vol. in-i8 avec les fig. libres.

Monrose, ou suite de Félicia par le même auteur, à Paris chez le Prieur, libraire quai Voltaire, no 12 an IX. — 4 vol. in-i6, 4 fig. non signées.

Monrose, ou le libertin par fatalité, par Andréa de Xerciat, 1792-1871. — (Bruxelles, lécrivain et Briard, imprimé par Briard) 4 vol. in-i8, avec les grav. copiées sur celles attribuées à Qaéverdo.

Les galanteries du jeune chevalier de Faublas ou les Folies parisiennes, par l'auteur de Félicia, Paris, 1788. — 4 vol. in- 12. Le Faublas de Louvet de Couvray sort manifestement de Félicia. Quoi d'étonnant si Nerciat a voulu revendiquer un peu de cette paternité en essayant de profiter d'une vogue où il avait part ? Les sept premières parties des Amours de Faublas venaient de paraître en 17S7-1788. Je n'ai point eu entre les mains l'ouvrage de Xerciat, je ne sais donc point si c'est comme l'insinue Vital-Pui.^sant, une imitation de l'ouvrage de Louvet, mais c'est peu probable. Nerciat a dû, peut-être même à l'instigation de son libraire, changer pour celui du chevalier de P'aublas, le nom du héros d'un ouvrage déjà tenniné et prêt à être publié.

Mon noviciat ou les joies de Lolotte [avec épigraphe'.

Pour être heureux, ô Lubriques mortels ! Faut-il, hélas, un trône et des autels !

Fouiromanie, Chant I [s.l.[ 1792. — (Berlin), 2 vol. in-i8, avec 2 grav. libres (i).

(i) Ce roman a été traduit en allemand :

Mein Novizial [qui forme le 3^ vol.] m Band des Priapische Roman: Rom. bei Seraph Calzzovulva 1791-97. — (Berlin).

Mein Noviziat, etc. — Réimpression des Priapische Romane faite à Leipzig vers 1810. Voici 1* titre complet d'une réimpression faite à Leipzig vers 1860 :

Priapische Romane 1 1 J Band Drille A btheiluug Boston Bei Reginald Chesterfield [avec une vignette représentant deux amours, remouleurs dont l'un repasse un... tandis que l'autre fait pipi sur la meule, un

Mon noviciat, ou les joies de Lolotte -par Andréa de Nerciat 1792-1864. — Avec l'épigraphe (BruxeUes, 1886, Poulet- Malassis) 2 parties en 2 vol. in-i8, 2 f. libres. A la fin du premier vol. on trouve cette note : « CEuvre d'Andréa de Nerciat avec figures sur acier (même format et même typographie que mon Noviciat. Sous presse, Le Doctorat impromptu, I vol. 2 fig. Les Aphrodites, 4 vol. 8 fig. En préparation. Le Diable au corps, Félicia., ou mes Fredaines, Monrose ou suite de Félicia, etc. I;e dernier ouvrage sera précédé d'une notice sur la vie d'Andréa de Nerciat rédigée sur des documents nouveaux et des correspondances inachevées de la plus grande curiosité ». Cette notice n'a pas paru. Il y a quelques exemplaires sur Chine avec Etats (noir et bistre) des figures.

Mon noviciat ou les joies de Lolotte par Andréa de Xerciat, Paris. Aux dépens de la compagnie 1890. — (Sans l'épigraphe,' titre en rouge et noir) 2 tomes en 2 vol. in-80 174-17S pp! (grav. libres).

L.es Aphrodites ou Fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire du plaisir. Lampsaque, 1793, 8 part, petit iu-80 de 80 pp. I planche chacune. Ces 8 parties se reliaient en i ou 2 vol. Ees fig. sont hbres. Cohen les attribue à Freudenberg. E'ouvrage est bien imprimé. Jusqu'ici il n'a été signalé que ' rois exemplaires de cette édition originale. Le i^r a appartenu à M. Bégis. La 6^ figure qui manquait avait été reproduite de l'original par le procédé Pilinski ; le deuxième exemplaire était complet, il a appartenu à M. Frédéric Henkey, anglais résidant à Paris ; un troisième exemplaire était en Angleterre, il a été vendu à Paris en 1S60. Cette édition aurait été imprimée à l'étranger pendant la Révolution (i).

deuxième titre porte] Mein Noviziat III Band Erste Abtheilung. [Les autres vol. des Priapische Romane contiennent le i^r une adaptation du Fanny Hill et le 2^ une adaptation du Meursius. Mon Vovidat a aussi servi, paraît -il, pour deux ouvrages anglais en lettres ; Hmv io raise love or muiual amatory seccret London 1848 — (Amérique) in-i8 fig,

How to make love, or the Art of making love in more ways than one, exemplified in a séries of most luscious adventures between two cousins, trmslated from the french. — (s. 1. n. d.) en 12 f. Il y a au moins une réédition in-12 récente (vers 1860).

(i) The Exquisitc (voir la note au i" article de Félicia ) renferme la traduction du i^'' numéro des Aphrodites.

42 l'ceuvre d'andréa de xerciat

Les Aphrodites ou Fragments thali-priapiques pour servir à l'histoire du plaisir. Réimpression textuelle et l'édition unique et rarissime de Lampsaque, 1793. Bâle, imprimerie de Steuhen frères, 1864. — Avec l'indication : « tirage : 200 exemplaires numérotés de i à 200 », et un Avis de l'éditeur intéressant. 2 vol. in-12 (Bruxelles, Jules Gay, imprimé par Mertens) avec la reproduction des grav. originales. Ouvrage recherché. Vital-Puissant, éditeur belge fort médiocre et qui ne vivait qu'en contrefaisant les éditions de Gay et de Poulet-Malassis, rapporte dans une note oii l'injustice se mêle à des détails sans doute véridicjues : « Cette édition est tellement mauvaise qu'à la suite de nombreux reproches reçus de quantité d'amateurs à ce sujet, Jules Gay fut obligé de la jeter en quelque ^orte au panier. A cet effet, il vendit les 80 ou 90 exemplaires qui restaient sur 200 au sieur Jean- Pierre Blanche, son compatriote, Parisien, réfugié à Bruxelles, où il avait étabh une petite librairie d'occasion en chambre, rue vSaint-Jean. Cette vente fut effectuée au prix de quatre-vingts centimes l'exemplaire, Jules Gay ayant préalablement enlevé les titres et la préface de l'ouvrage. Il va sans dire que J.-P. Blanche, l'acquéreur s'empressa de faire réimprimer une préface quelconque et les titres enlevés et qu'ainsi, il parvint peu à peu à écouler entièrement les exemplaires en sa possession. Nous tenons ces renseignements certains d'un libraire ({ui fut témoin oculaire de cette alïaire (i) ».

(i) Bibliographie anecdolique et raisonnce de tous les ouvrages d'Andr a de Nerciat par M. de C... bibliophile anglais, édition ornée du portrait inédit de Nerciat gravé d'après l'original appartenant à M. B... de Paris Londres Job-Alex. Hoogs, éditeur-libraire Burlington Arcade et se trouve à Paris, à Bruxelles et à Stuttgart 1876. 111-8° de 63 pp. et i p. de table des matières tiré paraît-il à 150 exemplaires. Au verso du faux-titre on lit : Printed By lùhvard Cox 314 OUI Kest Road et à la fin du livre : Hic liver impressus est in civitate londoniensi and e.xpcsas Vitalis potentis,. belgici civis in urbe Lutetiœ nmnentis. Anno Domini MDCCCLXXVI. En réalité ce livre a été imprimé à Bruxelles pour le compte de Vital- Puissant qui n'est pas seulement l'éditeur de cet ouvrage, véritable pamphlet catalooruc où il attaque des concurrents et vante ses produits — mais l'auteur même. Les dernières pages du livre sont occupées par des notices sur des réimpressions faites pour le compte de Vital- Puissant. En frontispice, se trouve le portrait sur chine d'Andréa de Nerciat d'après la sangine à M. Br. de Paris. Ce portrait imprimé eri rouge a été tiré sur la planche qui a servi pour le même portrait, qui se trouve en tête des Contes nouveaux d'Andréa de Nerciat. édition de Poulet-Malassis (\'oir ce qui est dit de cet ouvrage). Et sans doute

Ces exemplaires sont peut-être ceux qui portent ce titre : Les Aphrodites, etc., Bruxelles, Schmidt.

Les Aphrodites, etc., par Andréa de Nerciat [avec cette épigraphe]. Priape, soutiens mon haleine. Piron, ode à Priape, 1793-1864. — 8 numéros en 4 vol. in-i8, 8 fig. libres gravées sur acier d'après celles de l'édition originale, et i frontispice de Rops ; j'en ai vu vm exemplaire avec 2 frontispices de Rops. (Bruxelles. Auguste Poulet-Malassis, imprimé par Briard.) A la fin du n^ 4, c'est-à-dire du 2^ volume on trouve un catalogue annonçant la publication des Œuvres complètes d'Andréa de Nerciat avec figures gravées sur acier. Sous presse Le Diable au corps, 4 vol. avec gravures d'après douze beaux dessins attribués à Monnet, qui ornent un manuscrit de ce livre célèbre appartenant au duc

d'A Ce manuscrit en 2 volumes in-40, daté de 1798, et,

par conséquent postérieur d'une dizaine d'années à la date d'achèvement du livre que Nerciat avait terminé suivant toute probabihté, avant 1788, est conforme, à quelques variantes près, à l'édition originale de 1803. Les dessins de Monnet présentent cette particularité que sans souci de l'anachronisme, cet artiste les a composés avec les costumes et le mobilier du temps où on les lui a demandés. Les amateurs apprécieront d'autant plus cette particularité que les gravures de l'édition originale du Diable au corps, publiée après la mort de Nerciat, sont informes, et qu'il n'existe pas de livres erotiques bien exécutés dont les figures représentent les modes du Directoire. En préparation. Le Doctorat impromptu. ■ — La matinée libertine. — Félicia ou mes Fredaines. — Monrose ou suite de Félicia, etc., etc. • — Le dernier ouvrage de la série se composera d'une notice sur la vie d'Andréa de Nerciat rédigée sur des documents entièrement nouveaux, et de correspondances inédites de Nerciat avec plusieurs femmes et divers gens de lettres, Beaumarchais, Rétif de la Bretonne, Grimod de la Reynière, Pelleport (auteur des Bohémiens), etc., le volume sera orné de fac-similé. On fait appel à l'obligrance des curieux qui connaîtraient des portraits de Nerciat — et qui pourraient ajouter à l'ensemble déjà extraordinaire de pièces sus-men-

cette Bibliographie de Vital-Puissant n'est-elle qu'une nouvelle édition augmentée de l'ouvrage suivant publié par le même Vital-Puissant : Eclaircissements historiques sur les Aphrodites et le Diable au corps du chevalier Andréa de Nerciat et sur leur auteur 1871 in-i8.

tionnées ». Ce recueil n'a jamais paru. Il y a quelques exemplaires sur chine avec deux états {noir et bistre des figures).

Les Aphrodiies, etc., Lampsaque 1793. — (Belgique, vers 1872), 2 vol. in-i8, 360-376 pp. précédés d'une notice historico-bibliogra])liique. 8 fig. d'après celles de l'éd. orig. et 2 frontispices de Rops. C'est probablement une contrefaçon de l'éd. de Poulet-Malassis, contrefaçon exécutée pour le compte de Vital-Puissant. Il paraît qu'il n'en a été tiré que 50 exemplaires.

Le Diable au corps... 1798. — Manuscrit en 2 vol. in-40. Il a appartenu au duc d'Aumale. On y trouve quelques variantes avec le texte de l'édition originale (1803). Il contient douze dessins libres attribués à Monnet. Ce manu.^crit et ces dessins ont servi à Poulet-lMalassis pour son édition de 1864 (Voir ce qui est dit à l'article des Aphrodites). Je ne sais où est à présent ce manuscrit. Est-il écrit de la main de Nerciat ? C'est peu probable. Le chevalier, d'après ce qu'il dit dans sa préface, aurait écrit .son ouvrage « bien longtemps avant le lever éclatant de Figaro )'. Le Barbier de Séville fut joué en 1775 et le Mariage de Figaro en 1784. Plus loin le chevaUer précise en indiquant que le Diable au corps était écrit avant 1776. Ces éclaircissements, Xerciat les donne en manière de plainte contre « des imprimeurs français établis en Allemagne pour y faire une espèce de contrebande littéraire », qui avaient publié la première partie du Diable au corps sous ce titre :

Les écarts du tempérament ou le catéchisme de Figaro ; esquisse dramatique

[Avec cette épigraphe :]

Et Jlon flou, lure lure, lure Chacun a son tour et son allure

A Londres 1785. — In-i8o avec 4 grav. libres a.ssez mal faites. Nerciat dit que c'est « une brochure négligée, pleine d'absurdités, inintelligible en plusieurs endroits ». Il ajoute : (1 Je ne conçois pas trop bien quelle avait pu n'être la S])éculation des éditeurs, mais il est clair qu'ils n'ont pas su lire, ou qu'ils se sont fait une tâche de tout gâter. Pas le moindre écart, pas la moindre addition, le moindre retranchement qui ne soit un contre-sens, une i)latitvule, ou <lu moins tme faute contre le goût, sans parler des innomlirables diflfor-

ESSAI BLBI,IOGRA.PHIQUE 45

mités purement t^^pographiques ». Quoi qu'il en soit, cette première partie lui fut dérobée vraisemblablement en 1770 et c'est vers cette époque que Nerciat termina son ouvrage. Cette édition fautive, mal intitulée, volée à l'auteur, fut contrefaite dans le pays même où elle avait été publiée, et Nerciat ne parut pas avoir eu connaissance de cette contrefaçon dont le titre était modifié. On s'était enfin aperçu que Figaro n'avait pas aft"aire dans cette fantaisie :

Les écarts du libertinage et du tempérament, ou vie licencietise de la comtesse de Motte-en-feu, du Vicomte de Molengin, du Valet Pine-fort, de la Conbanal, d'un âne et de plusieurs autres personnages, nouvelle édition. A Conculix, chez l'abbé Boujarron, bon bretteur, 1793. — in-i8 de 132 p. figures.

Le Diable au corps, œuvre posthume du très recomniandable Docteur Cazzoné, membre extraordinaire de la joyetise Faculté Phallo-Coiro-pygo-glottonomique 1S03. — 3 vol. in-So, 20 figures libres avant la lettre et encadrées, les figures sont bien exécutées. Il en fut tiré 500 exemplaires de ce format et 500 exemplaires en format in-i8, mais en 6 volumes et les figures ne sont pas encadrées. Elles portent sur le titre et avant la date avec figures. Quelques exemplaires in-iS présentent encore quelques diô'érences et notamment la date est indiquée ainsi : MDCCCIIL Cette édition avait été préparée par Nerciat, il en écrivit l'Avertissement nécessaire en 178g. La Révolution dérangea ces projets et l'ouvrage ne parut qu'en 1803, après la mort de son auteur. L'imprimeur fut, paraît-il, Frémont, à Mézières (Ardennes). La plus grande partie de l'édition fut saisie lors de son entrée à Paris, ce qui explique que les exemplaires en soient si rares. On recherche surtout les exemplaires in-S». La Bibliothèque Nationale en possède un. On en a signalé un autre qui appartenait à M. Frédéric Henkey, bibliophile établi à Paris, l'un des auteurs, dit-on, du charmant ouvrage libre : L'école des biches, et le même qui possédait un des trois exemplaires connus de l'éd. orig. des Apkrodites. L'exemplaire du Diable au corps de M. Henkey était parfait et contenait de plus de 20 dessins exécutés par un artiste inconnu, mais moins beaux que ceux de Monnet. Le catalogue n° 2 (190g) de la librairie Chrétien offre un exemplaire à toutes marges dans un état parfait au prix de 700 fr.

Le Diable au corps, etc. 1842. — (Allemagne-Stuttgart ?)

46 l'œuvre d'andréa de nerciat

6 vol. in-32 de XII 208, 204, 188, 194, 259 et 216 pp. avec tirage nouveau des anciennes planches de l'éd. originale. Mauvaise réimpression.

Le Diable au corps, etc., 1864 (Bruxelles, publié par A. Poulet dit Malassis associé avec A. Lécrivain et Briard qui inii)riniait) 3 vol. in- 12 avec 12 fig. d'après 12 dessins attribués à Monnet faisant partie d'un manuscrit appartenant au duc d'Aumale et reproduit dans cette édition. Il présente quelques différences d'avec celle de 1803. Les dessins représentent les costumes et le mobilier du temps où on les a commandés (Y. plus haut ce qui concerne l'édition Poulet et Malassis des A phr édites et les précédents articles sur Le Diable au corps). Outre la reproduction des douze dessins, cette édition contient en outre 4 frontispices par FéUcien Rops. Il y aurait eu 5 exemplaires in-40 sur papier vergé fort de Hollande.

Le Diable au corps, etc., Cazonné [Andréa de Nerciat), membre etc., Genève (Bruxelles, Christiaens, vers 1865) 3 vol. petit in-i2, 12 planches libres et mauvaises.

Le Diable au corps, etc., Cazonné {Andréa de Nercait), membre, etc., Genève 1786. — (Bruxelles, vers 1S72) 4 vol. in-i8, 32 fig. gravées.

Le Diable au corps, etc., Cazonné {Andréa de Nerciat), Membre, etc., Genève 17S6. — (1873, contrefaçon allemande ou hollandaise de l'éd. précédente) 4 vol. avec 36 mauvaises planches souvent coloriées donnaient des indications erronées relativement à leur placement, >,z fig. dont les contrefaçons lithographiées des figures de l'édition précédente et 4 qui servent de frontispice sont de mauvaises diableries exécutées à la détrempe et qui ont déjà servi dans des albums de charges obscènes.

Le Diable au corps, etc., Mézièrcs chez Frémont imprimeur-libraire 1803-1876). (Bruxelles, \'ital-Puissant), 4 vol. plus I vol. contenant la bibliographie des ouvrages de Nerciat (c'est la Bibliographie anccdotiquc et raisonnée qui a été décrite plus haut, en note). En tout 5 vol. petit in-80 contenant 34 gra\\ sur chine, fac-similé des 20 gravures de l'édition originale, 12 gravures d'après les dessins de Monnet •et double épreuve (i rouge, i noire) du portrait de Nerciat

ESSAI BIBUOGRAPHIQUE 47

{c'est celui qui est en tête des contes nouveaux, éd. Poulet- Malassis et que Vital-Puissant avait reproduit en tête de la Bibliographie anecdotique et raisonnée. Voir les articles concernant ces deux ouvrages.

Le Diable au corps, etc., Cazonné (Andréa de Nerciat), membre, etc., orné de gravures, Genève 1786. — (Bruxelles 1890). Le titre est imprimé en rouge et noir. 4 tomes in-80 ■en 4 vol. indiqués tome premier, etc., VIII, 152, 148, 177 et 248 pp. orné de 36 fig. plus 4 frontispices lithographies.

Le Doctora impromptu 1788. — In-32, 120 pages avec 2 jolies gravures libres. Livre rare. Lemonnyer dit que c'est « un Cazin du meilleur temps ».

Le Doctorat impromptu, Londres 1788-1866. — (Bruxelles Poulet-Malassis) in-12 IV, 98 pages avec 2 gravures d'après •celles de l'édition originale. Papier vergé.

Le Doctorat impromptu... — (Vers 1870) avec les deux gravures. Papier vélin.

Le Doctorat impromptu... — (Bruxelles, Kistemaekers, 1880), in-i6, 2 fig. libres grav. sur acier, texte encadré, tiré à 64 exemplaires.

Contes saugrenus, Bassora [Il y en aurait deux éditions] 1787 [et[ 1789. — Lemonnyer doit les confondre ou peutêtre en a-t-il vu une, in-80 de 176 pages avec une fig. libre. L'édition dont il parle ne doit pas contenir des contes de Nerciat, mais a .sans doute paru sous le même titre que l'ouvrage du chevalier. Peut-être ce recueil est-il de vSylvain Maréchal à qui on l'a attribué. D'après Lemonnyer, il contient « neuf contes en prose, assez sprirituels, indévots et licencieux », que Viollet-Leduc trouvait peu piquants : Voici le titre de ces contes : L'araignée, ou la boîte en diamant. — Le Déluge ou le niveau Nisach. — Rhodope. — Le mouvement perpétuel. — Druyda, oti la Vertu des femmes. — La Résurrection. — Lison et Annette. — La Pyramide, conte égyptien. — Rocoschen et Loulou. Le nombre de ces contes et leurs titres ne répondent en rien à ceux d'une réimpression qui contient bien des contes de Nerciat destinés à animer et expliquer les gravures libres qu'ils accompagnaient. Sans doute Lemonn^^er qvii dit que << l'attribution

48 l'oÎUVRE D 'ANDRÉA DE NERCIAT

de ces contes à Nerciat est de pure fantaisie » a-t-il eu entre les mains l'édition de 1787. Ouvrages rares, surtout celui qui contient les contes de Nerciat.

Contes polissons (contes saugrenus) par Andréa de Nerciat. Ouvrage orné de 6 jolies illustrations. Paris 1890. — Grand in-80 carré, 88 pages, couverture imprimée. Réimpression conforme comme texte et gravures à l'édition originale de 17S9 (Voir l'article précédent). Ces contes paraissent bien être de Nerciat, ils ont été écrits d'après les figures qu'ils accompagnent et ces figures sont fines. On reconnaît l'auteur de Félicia à de certaines grâces de style qui lui sont particulières et à d'heureux néologismes. Voici les titres de ces contes : Le mouvement de cunosité. — Le témoin ridiciile. — La petite académicienne. — Les amours modernes. — Les Violateurs. — Les jolies amoureuses. Cette édition aurait été tirée à 300 exemplaires. Elle a été imprimée à Paris, rue de Seine, pour le compte d'un libraire, nommé Dur...e. Elle est bien exécutée. Elle a été publiée, je crois, à 25 francs, mais comme elle ne se vendait pas facilement, ce prix fut porté dans le catalogue publié par l'éditeur en 1900 à 9 francs. Il ajoute que « cet ouvrage presqu 'inconnu des amateurs, donne une idée bien exacte des débordements de la haute société du siècle dernier ». Ce libre doit maintenant être devenu rare, cependant les exemplaires sans les gravures ne se payent pas plus de 6 francs. Les exemplaires avec les gravures ne se rencontrent pas souvent : 25 francs dans le catalogue Lemallier (avril 1904) qui indique : « La i'"^ édition de cet ouvrage est introuvable et même inconnue des bibliographes ».

Contes nouveaux [avec l'épigraphe].

Sine me, liber, ibis in urbem, ovidius.

A Liège MDCCLXXXII. — in-80 ce recueil contient : Epître dédicatoire au prince de Ligne. — La veillée des Procureurs. — Le feu d'hymen. — La rancune posthume. — Les amours modernes. ■ — Le Superflu du régime. — La Duchesse. — Les preuves sans réplique. — L'âme en peine. — L'incertitude et la Barbe. — L'oracle imaginaire. — Le manchot. — Les Bas. — Céphise. ■ — Le souhait. — La femme accomplie, etc.

Contes nouveaux par Andréa de Nerciat précédés d'une notice bio-bibliographique ornés d'un portrait inédit de l'au-

teur. — Liège MDCCLXXVII. — MDCCCLXVII. — (Bruxelles, Potdet-Malassis 1867) in-12 de VI, 118 pages. La notice est signée : B.-X, ce qui signifie Beuchot et X. Cet X est Poulet-Malassis qui a reproduit la vie de Nerciat par Beuchot dans la biographie ]Michaud et y a ajouté quelques renseignements surtout bibUographiques. L,e portrait de Nerciat est d'après la sanguine à M. Br. de Paris. Ce portrait est de pure fantaisie, il a été exécuté par M. Bracquemond.

Les conteurs libertins du xviii^ siècle, recueil publié avec une préface et des notices bio-bibliographiques par Ad. Van Bever {Deuxième série). E. Sansot et O^. MCMV. — On a reproduit dans ce recueil un conte extrait des Contes nouveaux : Le Manchot, et Van Befer indique qu' « on trouve deux autres versions fort plaisantes de ce conte dans les Anecdotes européennes, 1785, t. II, p. 46 : Sire Al bonnet et p. 276 à La Comparaison naïve ».

Dorimon, ou le marquis de Clairville, Comédie, jouée pour la première fois à Versailles, le 18 décembre 1775, et terminée d'après l'effet de cette représentation [Avec l'épigraphe].

Forsan miseras meliora sequuniur... Virg.

A Strasbourg de l'imprimerie de Levrault, imprimeur de l'Intendance. Et se vend chez Ga}', Libraire sous les grandes Arcades. M. DCC. LXXV^III. Avec permission. — in-S» de 96 pages. La dédicace est signée par le chevalier de Nerciat.

Les rendez-vous nocturnes, ou l'aventure comique, comédieproverbe, par le chevaher de N...t, Prague, Jean-Ferdinand Le Noble de Schônfeld 1787. — in-S».

Les amants singuliers, ou le mariage par stratagème, comédie-proverbe, par le chevaher de N...t, Prague, Jean- Ferdinand Le Noble de Schônfeld 1787. in-80.

Constance ou l'Heureuse témérité, comédie en trois actes mêlée d'ariettes, scène et musique de M. le chevalier de Nerciat. Cassel, P. 0. Hampe 1780. — pet. in-40 de 87 pages.

Partition de Constance ou l'Heureuse Témérité, Comédie mêlée d'Ariettes. Sujet, Dialogue et Musique de la composition de M. le Chevalier de Nerciat, édition de 1781. Exem-

50 l'cËUVRE D 'ANDRÉA DE NERCIAT

plaire offert à son Altesse Sérénissime, Monseigneur^ le duc de Wurtemberg par son très respectueux serviteur l'auteur. Manuscrit de 183 pages ; il se trouve à la K'hiigliche Landesbibliothek de Stuttgart [Cod. mus. fol. 6. 2. R.)- Il n'est pas absolument certain que le manuscrit ait été écrit par Nerciat lui-même. Il se peut qu'il soit de la main d'un copiste. Les manuscrits de Nerciat sont très rares, et comme on n'a pas trace des correspondances signalées par Poulet- Malassis, il serait peut-être intéressant de comparer l'écriture du manuscrit de Stuttgart avec celle du manuscrit du Diable au corps datée de 1798 (?) et ayant appartenu au duc d'Aumale, si toutefois, ce manuscrit existe encore. Si l'écriture des deux manuscrits était la même, il serait à peu près certain qu'ils fussent de la main de Nerciat.

M. Jean-Jacques Olivier à la fin de son ouvrage: —Les comédiens français dans les cours d'Allemagne au xvnie siècle, quatrième série. — La cour du Landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel,... Paris... MCMV a donné (paroles et musique) d'après le manuscrit de Stuttgart, des Fragments de Constance ou l'heureuse témérité, comédie mêlée d'Ariettes sujet, dialogue et musique de la composition de M . le chevalier de Nerciat. Ce sont l'ouverture, les deux ariettes et le quatuor.

La surprise de l'amour, ariette avec accompagnement de deux violons, alto et basse. — Il ne faudrait pas confondre cette ariette de Nerciat avec la comédie de ^Marivaux, qui porte le même titre.

Les Invalides de l'Amour, ariette. — Le grand dictionnaire Larousse en cite ces vers :

Amis, il neige sur nos têtes ; A notre âge, plus de conquêtes Renonçons aux tendres désirs ; Abandonnés d'un dieu volage, Quittons Cythère avec courage Et cherchons ailleurs des plaisirs.

Choisissons un bonheur durable ; Jamais ingi it, toujours aft'able, Bacchus nous invite à sa cour.

Enrôlons-nous dans sa milice, Ce dieu reçoit à son service Les invaUdes de l'amour.

Choix de musique dédié à S. A. S. Monseigneur le duc

des Deux-Ponts. — in-\'^. La publication de ce recueil a commencé le 15 juillet 1783. Cette année se compose de 10 fascicules numérotés de I à X comprenant 34 morceaux de musique numérotés de i à 34. L'année 1784 comprend les fascicules XI à XXIV comprenant 41 morceaux numérotés de 35 à 75. On y trouve des morceaux de : Adam, Andreozzi, F. -H. Barthelmont, Beanmesnil, Bianci, Blin de la Codre (2 morceaux), Clémenti, Couperin, Fr. Devienne, Dezaides (Dezède), J. Fr. Edelman (2 morceaux), W^^ Edelmann, Adélaïde Eichner, Ch. Gabr. Foignet, Fontaine de Fontenet, Fr. G. Gossec, Grétry (2 morceaux), A. J. Gros, Jos. Hemerlein, M. George Karr, Aut. Lachnith l'aîné (2 morceaux), Le noble, Martini, Christ. Mayer, L. Mayer, Mengozzi, de Nerciat, Xittel, G. Paisiello, M. Piccini (4 morceaux), Mlle Pouillard, Pouteau, H. J. Rigel (3 morceaux), L'abbé Rose, M^i^ Roy, le baron Sigmund von Rumling (2 morceaux), Sacchini (2 morceaux), Pompéo, Sales, Sivol, J. Fr. Tapray (2 morceaux). Toeschi, Vogler (3 morceaux), William (2 morceaux) et 6 morceaux anonymes. La Romance de Nerciat pour chant et Basse se trouve dans le fascicule wo XVIII (année 1784) elle forme le n^ 63 du recueil et comprend 4 pages en 2 feuillets. Au bas de la quatrième page se trouve l'indication : Par M. de Nerciat. Cette i?omance est placée à la fin du fascicule oii l'on trouve aussi un Andante pour clavecin par M. Edelmann, une Romance chant et Clavecin par M. Blin de la Codre, un minuetto pour violon et clavecin par M. Tapray (i).

On a attribué et l'on attribue parfois encore au chevalier de Nerciat les ouvrages suivants.

La matinée libertine ou les moments bien employés, Cythère 1787. — in-i8 de 144 pages. Il y a des exemplaires avec 3 gravures en couleurs et des exemplaires avec 5 figures (un frontispice et les gravures fibres aux pages 37, 42, 94 et 132). Ces dialogues erotiques sont certainement deNerciat, cependant comme ils se trouvent sous leur foime définitive au tome i^^ des Œuvres de la marquise de Palmarêze, on les attribue généralement à Mérard de Saint-Just qui a changé les noms et le titre. Il est aujourd'hui démontré que Mérard de Saint-Just était un plagiaire. La matinée

(i) n existe aussi plusieurs quatuors pour instruments à cordes, composés par Andréa de Nerciat.

libertine allongée et devenue La petite maison se trouve aussi au tome II du Théâtre Gaillard (éd. de 1865).

La matinée libertine, etc. — (Bruxelles, 1867) in-i6 de 114 pages avec trois figures libres. Vital-Puissant dit de cette édition dont le titre reproduit le texte de celui de l'originale : « La réimpression de la matinée est l'œuvre de feu Jean-Pierre Blanche (ex-contremaître de la fabrique de M. Collas de Paris), réfugié français qui avait établi à Bruxelles une petite librairie d'occasion. L'imprimeur est le sieur J. Briard ».

La mxtinée libertine, etc. [s. d.] Paris, chez les marchands de nouveautés. — (Bruxelles, Brancard, 1883). In-12 de 96 pages. Cette édition porte en tête : Œuvres erotiques d'Andréa de Nerciat, La matinée libertine, etc. — (Bruxelles, Kistemaekers), in-32 de 78 pages, 2 fig. libres, édition minuscule tirée à 64 exemplaires, faisant partie de la collection des : Documents pour servir à l'histoire de nos mœurs.

L'Odalisque, ou Histoire des amours de l'Eunuque Zulphicara, ouvrage traduit du turc par Voltaire. Constantinople, chez Ibrahim Bectas, impr. du Grand Vizir, 1779, petit in-80 de 85 pages.

Ce petit ouvrage peu intéressant a été attribué à Andréa de Nerciat, sans doute à cause du titre de la 2 ^ édition (voir plus loin), mais peut-être en avait-on d'autres preuves, car les biographes n'avaient point signalé cette édition, ce qu'ils n'eussent point manqué de faire s'ils l'avaient connue. On sait que Du Crois}' (cité par Barbier) attribue ce roman à Pigeon de Sainte-Paterne, bibliothécaire de l'abbaye de Saint-Victor. Pour ce qui est du nom de Voltaire mis en tête de cette p oduction, on n'a pas besoin de montrer qu'il n'y est que par supercherie. A cet égard, l'Avis de l'éditeur est assez amusant :

« Voltaire a composé cet ouvrage à quatre-vingt-deux ans. Le manuscrit nous a été remis par son secrétaire-intime, ce qui nous autorise à assurer l'authenticité de ce que nous annonçons. On verra qu'il nous aurait été facile de faire disparaître quelques expressions énergiques, mais une froide périphase n'aurait pas aussi bien rendu l'expression du I)ersonnage. Au surplus nous ])ensons qu'il nous faut respecter un grand homme jusque dans les écarts de son imagination ».

ESSAI BIBWOGRAPHIQUE 53

La Spéculation sur le nom de Voltaire paraît avoir réussi, puisque cette faible élucubration a é é plusieurs fois réimprimée. Par bonheur il n'y a pas d'apparence que quelqu'un s'y soit laissé tromper. « Il est impossible, dit Monselet dans Les Galanteries du xviii® siècle, de se laisser prendre à ce piège vulgaire V Odalisqite est un récit absolument dépourvu d'intérêt. Zéni est une petite fille que l'on élève pour la couche du Sultan ; un eunuque nommé Zuphicara, devient amoureux d'elle ; de là, des descriptions de sérail, des scènes de jalousie. Ce n'est pas autre chose que cela ».

Sur la page du titre, au milieu d'un cadre de fleurs et d'oiseaux, un J, un F et M majuscules sont entrelacés. Ce chiffre nous fait supposer que l'éditeur de VOdalisqite pourrait bien être Jean-François Ma^'eur « assez coutumier de ces indignes supercheries ».

Go}" n'était pas de cet avis : « Quant à l'opinion de M. Charles Monselet, écrivait-il dans la 2^ édition de sa Bibliographie, qui attribue cet ouvrage à Mayeur de Saint- Paul, elle est peu admissible ; car Mayeur en 1779, n'avait que vingt et un ans, et il était bien jeune pour commettre une telle supercherie ». Go}-^ s'est trempé ; en 1779 Ma^'eur écrivait déjà et collaborait depuis longtemps aux Mémoires secrets.

Il n'est pas donc impossible qu'il ait écrit l'Odalisque. Au reste, on sait que les supercheries ne lui déplaisaient point. D'autre part, Monselet avance seulement que Maj'eur pourrait bien être l'éditeur de l'Odalisque.

L'Odalisque, ouvrage erotique, lubrique et comique, traduit du turc, par un membre extraordinaire de la joyeuse faculté phallo-coïro-pygo-glottcnomique à Stamboul 1787. — in-i2. C'est la d.euxième édition, elle parut, paraît-il, en Allemagne. Faisant allusion à ce titre modifié et copié en partie sur le titre du Diable au corps, Vital- Frissant avance sans élégance : « Nerciat aurait piesque levé le voile qui cachait sa paternité ». On pourrait expliquer cela différemment. Cette seconde édition a sans doute été publiée par les mêmes imprimeurs qui avaient publié en 1785 la i^*' partie du Diable au corps, dérobée à Nerciat. Ils l'avaient intitulée : Les écarts du tempérament ou le catéchisme de Figaro : quoi d'étonnant que continuant leur contrebande httéraire, ils aient modifié le titre de l'Odalisque, l'amalgamant avec celui du Diable au corps dont ils ne s'étaient pas servis !

V Odalisque, ouirage traduit du turc par Voltaire, à Cens-

tantinople chez Ibrahim Bectas, imprimeur du grand Vizir, auprès de la Mosquée de Sainte-Sophie avec privilège de sa Hautesse et du Muphti 1796, in-80 de 75 pages, avec 4 gravures libres aux pages 46, 57, 67 et 74. Sur le verso du fauxtitre on lit : « On trouve des exemplaires de cet ouvrage, à Paris chez le libraire cour Mandar, n^ 9. » Je n'ai pas vu l'édition de 1779 de l'Odalisque, mais j'ai un exemplaire de celle-ci entre les mains. On y remarque sur le titre la vignette avec les J. F. M. entrelacées qui ont compromis, et peut-être avec raison, Mayeur dans cette affaire. Mais i)eutêtre ces initiales ne se trouvent-elles pas sur la première édition, mais seulement sur celle-ci.

L'Odalisque... Constantinople 1796. — In-32 de 75 pages avec 4 gravures libres.

L'Odalisque... Paris, 1797 — In-i8 de 108 pages, av^c 2 gravures libres grossièrement exécutées.

La même année, une partie du même ouvrage reparut sous le titre suivant.

Zidphicara, histoire turque... Paris, 1797. — In-i8 de 32 pages, avec des figures libres.

L'Odalisque, etc. — (Allemagne vers 1850), cette réimpression reproduit le titre de la deuxième édition et porte la même date : 1787.

L'Odalisque... (Bruxelles, Poulet-Malassis, 1863), in-i8 de 92 pages avec 4 figures libres gravées sur acier.

L'Odalisque... Constantinople, 1797. — (Bruxelles, vers 1865), in-i8 de 80 pages.

L'Odalisque ou Histoire des amours de l'eunuque Zulphicara ; ouvrage traduit du turc par Voltaire, Constantinople, chez Ibrahim Bectas, imprimeur du grand Vizir, 1796 (Bruxelles 1868) in-i8 de 04 pages avec 4 figures fibres. Vital-Puissant dit : « Cette édition bien imprimée, sur papier vergé, a, sur toutes celles qui l'ont précédée, l'avantage d'être ornée de 4 gravures inédites, qui .sont d'un drolatique plein d'humour. Elle fut imprimée par le sieur G. Briard à Bruxelles, pour le compte d'un certain J. F. Deblaesere que l'on a vu exercer quantité de métiers ; il fut. en effet, successivement, soldat, agent de police, bouquiniste, voyageur de commerce, courtier ])our guanos, marchand de tableaux, directeur de rentes, marchand de légumes, agent d'émigra-

tion pour le Kansas (Amérique), racoleur d'hommes pour )es Indes Néerlandaises, et enfin agent d'affaires quelconques, métier qu'il exerçait encore en l'an de grâce 1876 ».

L'Odalisque, ou les Mémoires de l'eunuque Zulphicara. Pièce libre attribuée à Voltaire (Bruxelles). Brochure in-12, avec 4 gravures libres.

Le Vademecum des f. . .eurs, par le Docteur Cazonné, membre de l'Académie I^ampsaque, au temple de Priape, 1775. in-12 ou in-80 de 36 pages avec un frontispice libre. Ce petit ouvrage en vers est attribué à Nerciat par Vital- Puissant qui mentionne aussi une autre édition in-32 ou in-64 qu'on lui avait signalée, mais qu'il n'a point vue.

Le Vademecum, etc. — (Bruxelles, Vital-Puissant, 1871), in-i8 avec un friontispice d'après celui de la i""*^ édition, liré à 150 exemplaires.

L'urne de Zoroastre ou la clef de la science des mages... — in-80. Cet ouvrage qui n'est pas mentionné par les bibhographies est attribué à Nerciat par la Biographie Didot. On le trouve une fois, mentionné dans un catalogue belge, mais il n'est accompagné d'aucune description. En somme, c'est un livre inconnu. Vital-Puissant dit dans son jargon : « Est-ce une pièce de théâtre ? Est-ce un roman ? Aucune bibhorraphie ne l'indique. Ce livre presqu'inconnu doit être très tare. Peut-être est-il une satire sur Mesmer ou CagHostro, très célèbres à l'époque de Nerciat, par leur charlatanisme et leurs découvertes prétendiiment scientifiques ».

On a en outre attribué à Nerciat des ouvrages dont manifestement il n'est point l'auteur.

L'Etourdi, roman. I,ampsaque 1784. Réimprimé depuis et qui a été attribué, faussement aussi d'aiUeurs, au marquis de Sade. Peut-être est-il du chevaher de Neufville-Montador qui, alors, serait aussi l'auteur de :

L'Almanach de nuit, à l'instar de celui de la marquise D.N.N.C. contenant des anecdotes nocturnes... Aux Etoiles, chez Vesper, rue du Croissant, à la Lune. — Nerciat n'est certainement pas l'auteur, et celui de l'Etourdi dit dans ce roman avoir pubHé un petit Uvre qu'on ne trouve nulle part : L'Almanach de nuit, année 1776.

Le Doctorat impromptu

IvE DOCTORAT IMPROMPTU

N.-B. — Toutes les notes qui se trouvent dans l'œuvre du chevalier Andréa de Nerciat sont suivies d'un (N) lorsqu elles sont de Nerciat lui-même.

ANIS, DES ÉDITEURS (l)

Un valet d'auberge, chargé de jeter dans la boîte la première de ces lettres, et supposant, d'après le volume, qu'elle pouvait contenir quelque chose de mystérieux, la porta chez un jeune homme attaché, en sous ordre, à l'un des bureaux ministériels, et qui logeait dans l'hôtel. Ce commis, abusant de la circonstance, ouvrit le parquet ; mais au lieu de secrets d'Etat il n'y trouva que des folies, qu'il transcrivit pour son amusement. Cette copie, qui a circulé, nous est parvienne, et c'est d'après elle que nous avons imprimé.

lyC lecteur nous pardonnera la liberté que nous avons prise de jeter par-ci par-là quelques notes. Celles qui tendent à l'instruire étaient du moins nécessaires, et ce n'est pas sans quelque peine que nous nous en sommes procuré les sujets. Quant à nos réflexions, si elles préviennent celles du public, c'est que, premiers lecteurs, nous avons dû avoir avant lui les idées qui lui viendront, sans doute, en lisant cette étrange anecdote.

Il nous reste à rendre compte de ce qu'a d'équivoque la première planche, qui montre un abbé dont il n'est

(i) Cet Avis se trouve déjà dans la i''^ édition du Doctorat , en 1788.

60 I/CEUVRE d'aNDRÉA DE NERCIAT

nullement fait mention dans la peinture du moment auquel cette estampe est appliquée. Mais qu'on lise tout : on saura que des amants qui se croyaient seuls au monde à l'instant de leur bonheur étaient \nis.

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