‹ L'Œuvre Ophthalmologique de BouissonChapitre 7 sur 21 · IV. — APPAREIL LACRYMAL · texte numérisé non relu

IV. — APPAREIL LACRYMAL

Des Larmes

in Journal de la Sociélé de médecine pratique, 1847. — Œuvres ! complètes, 1. VII, p. 411-440.

Cet important mémoire, dont Bouisson avait peut être jeté les bases lorsqu'il étail professeur de physiologie à la Faculté de Strasbourg, en même temps qu'il concevait le plan de ses recherches futures sur la bile, le chyle et la lymphe, parut en 1847 et fut à cette époque l’élude la plus approfondie et la plus complète des larmes. En voici l’ana- Iyse :

Après avoir rappelé la découverte anatomique de STÉnoN, l’auteur étudie les caractères physiques et chimiques des larmes d’après les travaux de BRukMANN, de Riges et les analyses chimiques de Fourcroy et VAUQUELIN.

Dans un second chapitre, l’origine et le trajet des larmes, les canaux excréteurs de la glande lacrymale découverts par Srénox sur l'œil du mouton, sont l’objet de sa description.

L'exiguité de leurs orifices est telle que MorGaGni, Zinn et HALLER ne les ont jamais vus. Bouisson, pour les mettre en évidence, conseille d'introduire dans l'intervalle oculopalpébral un liquide coloré en noir, qui pénètre par voie d'absorption dans leur cavité, |

PCA RARE

Plus loin l’auteur réfute l'opinion de MAGexDie affirmant la complète solubilité dans les larmes de la secrétion meibomienne. Pour lui, elles ne dissolvent pas la matière grasse issue de ces glandes, qui, déposée à la base des cils, s y concrète en: formant la chassie.

Un troisième chapitre traite de l'usage des larmes et des circonstances qui influent sur leur formation : rôle de protection du globe oculaire, rèle dans les moyens d'expression physionomique. Ce second point fournit à l’auteur matière à de littéraires digressions.

Le chapitre suivant, plein d'intérêt, s'occupe de l'humeur lacrymale chez les animaux. Enfin, le cinquième et dernier est réservé aux larmes considérées à l'état pathologique :

1° Modifications apportées à leur sécrétion par les difrérentes maladies : l’auteur a constaté l’alcalinité des larmes par leur contact avec le papier de tournesol rougi, et trouvé

- une quantité plus considérable de chlorure de sodium dans l'ophtalmie aiguë;

2° Action des larmes sur les organes voisins : Lorsque l’extirpation n’est pas complète, l’ablation de la glande lacrvmale n’exerce aucune influence sur le degré d'humidité de l'œil.

: Dans les inflammations spécifiques (ophtalmie blennorragique par exemple), les larmes peuvent se charger d’un principe contagieux. Houx a prétendu pouvoir inoculer là rougeole avec les larmes sécrétées au début de cette maladie;

3° Des altérations particulières à l'humeur lacrymale.

Elles seraient peu nombreuses ; mélange de sang avec les larmes et excès de matières salines favorisant la production de calculs lacrymaux.

Depuis la publication de cette intéressante monographie,

RATER les idées se sont modifiées et bien des théories qui y sont exprimées n’ont plus cours aujourd’hui. Elle n’en à pas moins été à son époque la revue générale la plus complète de la question des larmes.

Thérapeutique des maladies des voies lacrymales

TuMEUR LACRYMALE.— Elle était traitée par le cathétérisme et des pressions fréquentes sur Le sac lacrymal, les injections par le point lacrymal supérieur ou le canal nasal avec une solution de nitrate d’argent à 4 °/'.

FISTULE LACRYMALE.— Bouisson admettait 4 périodes dans l'installation de la fistule lacrvmale :

1° Epiphora ; 2° abcès ; 3° formation de la fistule ; 4° carie de l’os unguis.

Le traitement variait selon les périodes :

Première période. — Cathétérisme, pressions répétées plusieurs fois par jour sur le grand angle de l'œil ;

Deuxième période. — Même traitement, fumigation de

vapeur d’eau; *

Troisième période. —- Idem, onguent ophtalmique de JANIN. Il était composé de :

Saindoux at 5e demi-once.

Oxyde de zine...,. 7} Bol d'arménie.....

Précipité blanc. 1 drachme.

de chaque 2 drachmes

Quatrième période. — Injections iodées que Bouisson substitua aux injections de nitrate d'argent. ALouIÉ et lui

! Ouvier ; Diagnostic et considérations thérapeutiques sur la tumeur et sur la fistule du sac lâcrymal. Th, de Montpellier, 1859, no 7.

Su 1 Non obtinrent d'ailleurs d'excellents résultats par l'emploi de ce procédé.

De plus, dilatation permanente du canal lacrymal selon la méthode de DuPpuyrREN. Comme celle de Scarpa, l’auteur l’'abandonna vite', ayant observé des récidives après amélioration temporaire et dans un cas «une nécrose partielle du lobe des fosses nasales*. A l'inverse des autres chirurgiens, il n’employait jamais les injections mercurielles.

1 Bouisson, Principaux faits observés à la Clinique chirurgicale de l'hôpital Saint-Eloi. Journal de la Soc. de Méd. pratique, 1846.

2? Facreu : Quelques mots sur la fistule lacrymale. Th. de Montpellier. 1855, n° 16.

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