RÉSUMÉ
Coût annuel du ch. y compris int. siu le capital $500,000 Coût annuel de la colonie des pêcheurs y compris l'iutérêt sur le coût d'installation 1,000,000
Coût annuel total $1,500,000
Dividende à lOo^o sur le capital $3,50 0,000du
coût d'installation 850,000
Coût annuel total $2,350,UU()
Nous avons vu que Gordon établit à $47,200.00 la cargaison du baleinier aux prix que se vendent actuellement l'huile, les fanons etc , mais pour partir sur une base plus certaine, prenons la moyenne $27,400 que l'on obtient en divisant par 50, ( le nombre dee cargaisons faites durant les onze ans antérieurs 1874 ) les $1,371,000 valeur commerciale de la pêche de ces vaisseaux dans la baie d'Hudson, d'après le rapport des Commissaires des pêcheries des Etats-Uni3.
Supposons encore que le profit net de la cargaison ne soit que de $23,500, laissant encore $3,920 pour couvrir les imprévus du voyage, assurances etc., ceci seul nous donne les $235,- 000 nécessaires pour couvrir les dépenses, intérêts et dividendes à rencontrer.
Or comme il est admis qu'il y a deux pêches par année, celle du printemps et celle d'automne, il est de toute probabilité que les $23,500 de profits ci-dessus seront doublés et que les actionnaires au lieu de ne toucher que 10 ojo de dividende sur leur mise, à part des 5 020 alloués pour intérêts, toucheront plus du double de cette somme ou de 20 à 25 020 de profit sur leur argent.
M. Light ingénieur consulte du Gouvt. de la province de Québec, m'assure avoir dit à l'Hble M. Garneau il y a tantôt 20 ans, lorsque ce dernier était au ministère des travaux publics que d'après lui, Light, le futur de Québec, était dans la direction de la Baie d'Hudson, et qu'il est encore tout à fait de cette opinion.
M. Scott gérant du chemin de fer du Lac St-Jean, veut aller lui aussi à la Baie James ; mais en variant le parcours. Il recommande de continuer la ligne de la Rivière à Pierre jusqu'au Lac Témiscamingue pour de là se rendre à la Baie James, en compagnie de Toronto ou d'Ontario qui dit il, et il le tient de l'ingénieur Bailey de Toronto, désire se joindre à Québec dans cette entreprise.
Le chemin proposé par la Cie du Lac St-Jean a ses grands avantages sans doute, il passera par un pays riche en ressources
forestières et autres capables à elles seules de sustenter, de iaire valoir la longueur additionnelle du trajet, en ouvrant ainsi l'intérieur du pays, toute la vallée de l'Ottawa (l'Outaouais). Ce trajectoire par Témiscamingue et Chapleau raccourcirait de 180 milles la distance des grands lacs à la mer et ce raccourci serait de 300 milles par le Sagueuay, St-Alphonse, Chicoutimi et lêTac St Jean si de ce dernier lac nous allions droit à Abittibi et de là au lac Supérieur ; et comme vous le savez plus on gagne le Nord, plus on s'éloigne des chaleurs de nos étés, et plus le grain du Nord-Ouest qui suivrait ce trajet, se conserverait en bon état, sous une température plus basse et un parcours plus succinct; mais tenons-nous en pour le présent au port de Québec et à un chemin aussi court et direct que possible entre Québec et la Baie d'Hudson, c-à-d. celui que je propose, et qui n'empêche point les autres, celui dis-je par le lac St-Jean et Mistassini à la rivière Rupert, décharge de ce grand lac.
Pourquoi, Messieurs, jusqu'à présent avons-nous toujours eu le frisson quand il s'est agi de la Baie d'Hudson, pourquoi toutes ces données favorables qu'on le sait aujourd'hui à la colonisation de la baie James sont-elles en flagrant délit de contradiction avec les rapports faits par les employés de la Oie — il n'y a aucunement à s'en étonner si l'on songe un moment à l'immense intérêt qu'avait, qu'à toujours eu et continue d'avoir la Cie. de cacher,de dissimuler,de faire la nuit autour de ses richesses:à l'instar de ce poisson de mer qui pour se dérober à ses ennemis lance un noir fluide qui l'enveloppe de toutes parts et que ceux qui le poursuivent craignent de traverser pour aller à sa rencontre. Cette Compagnie de la Baie d'Hudson, elle feint de le nier, repousse de toutes ses forces un surcroît de baleiniers dans ses parages, une colonisation qui ne lui laisserait point comme aujourd'hui son avoir tout entier des riches fourrures et autres ressources de cette fertile région.
Oui j'avais le frisson moi aussi lorsque je lisais les rapports de la Cie. sur ce pays que l'on disait glacial jusqu'à ce que nos explorateurs, nos missionnaires fussent venus donner le démenti
à toutes ces histoires bien calculées pour refroidir le zèle, décourager ; et dailleurs, voyez donc Messieurs si la chose est possible en présence du fait que comme je l'ai moi-même vérifié sur la carte du monde, cette latitude de la Baie James est précisément celle des Iles Britanniques : l'Angleterre, l'Irlande, l'Ecosse ; celle même de Paris à très près et si ces pays sont quelque peu plus favorisés que nous dans nos parages c'est seulement parce que cette rivière d'eau plus chaude que celle de la mer qu'elle traverse, que lance le golfe du Mexique sous les effets d'un soleil tropical, ce " gulf stream " comme on l'appelle qui se précipite sur l'Atlantique en sortant par la gorge entie le Cuba et la Floride, de cette vaste chaudière où l'eau gonflée par l'effroyable température qu'il y fait se déverse du seul côté où il y a issue, ( comme la mélasse bouillante qui se gonfle au centre et se répand vers les bords du vaisseau qui la contient ) entraine avec elle comme le font tous le* courants d'eau, une couche d'air qui dirigé avec le courant sur les côtes de l'Eu rope en réchauffe les flancs tout de même que sur une plus petite échelle le courant d'air chaud qui dirigé sur vous après avoir seulement léché la surface de la glace dans le tombereau des familles vous caresse délicieusement la frgure en vous rafraîchissant d'autant.
Le français Messieurs ne connaissait point son pays et le prussien le lui a enseigné. Nous ne connaissons point le nôtre n'attendons point que l'ennemi vienne nous faire voir notre ignorance. Bappelons-nous ce que Sir Edmond Head a dit de nous " La race inférieure. " 11 est temps de voir si nous allons ratifier ou démentir ses paroles. Hâtons-nous, je vous l'ai dit : déjà le Haut Canada, Ontario a commencé une voie ferrée qui du lac Nipissingue à Pany Sound donne par la Baie Géorgienne dans le Lac Huron, et qui par Témiscamingue et Abittibi doit atteindre en 1894 la Baie James à Moose Factory, en route pour les pêcheries de la Baie d'Hudson.
Nous n'avons que le même chemin à faire qu'eux pour nous
y rendre ou quelques milles de plus pour du Lac St-Jean toucher en passant à Mistassini et de là à l'angle Sud Est de la baie à Eupert Hose où la rivière de même nom vient décharger ses eaux et qui est à 120 milles de l'augle Sud Ouest de la même baie où va aboutir l'autre chemin de nos frères d'Ontario.
Un coup de cœur Messieurs, le peuple est souverain, c'est lui qui doit imposer ses volontés à ses députés, au Parlement qui sont là pour les faire valoir. Des octrois sont déjà depuis plusieurs années acquis aux promoteurs des deux chemins qui de Winnipeg et de Nipissingue doivent se rendre à la Baie James, et cela de la part, des deux gouvernements le Fédéral et le Local, et tant en argent qu'en terres.
Je l'ai déjà dit, Ontario est plus riche que nous, plus prospère et a moins besoin que nous de chercher fortune ailleurs. C'est à vous tous à dire si nous allons continuer plus longtemps de nous expatrier ainsi tous les ans,et comme des milliers l'ont déjà fait en permanence, pour aller pétrir la boue de nos voisins, leur faire de la brique, la leur charrier sur nos épaules, frotter leurs bottes, leur servir en un mot de domestiques pendant qu'eux, plus fiers de leur intelligence nous passent devant pour pêcher dans nos eaux, nous voler notre patrimoine.
Travaillons, Messieurs. Dieu a dit priez, c'est vrai, mais ce n'est point de cette prière contemplative qui comme la foi ne rapporte rien sans les oeuvres. Dieu a dit : aide-toi et je t'aiderai ; c'est donc la prière du travail qu'il veut, la plus efficace de toutes. Monseigneur Paquet le disait l'autre jour à la séance Universitaire de l'Académie St-Denis : le travail ne laisse point de loisirs pour les choses désavouables. Oui Dieu a dit : '* tu gagneras ta vie à la sueur de ton front " — ma prière à moi en est une de 18 heures par jour, j'en donne 14 à mes devoirs civiques, les quatre autres m'en dédommagent lorsque je puis les passer à vous écrire ces choses, à venir vous les dire.