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LA BAIE D'HUDSON, nine né ne cv M AA à Ce LP
Les écureuils y vivent sur les arbres et s’élançcent. de branche en branche, poursuivis par les martres aux riches fourrures, C’est là encore que vivent les renards de toute espèce, le renard rouge, le renard à croix et le renard argenté (vulpes argentatus), dont la fourrure est si estimée qu’elle se vend presque au poids de l'or. C’est dans ces vastes forêts que l’ours noir (ursus umericanus) erre et s’engraisse pour devenir la proie des chasseurs et fournir des tapis à nos voitures, des garnitures aux casques de nos dragons et, aux bonnets de nos grenadiers. Ces animaux ne sont pas les seuls qui peuplent ces solitudes, et l'on y trouve beaucoup d’autres quadrupèdes dont les fourrures, pour être moins précieuses, n'en sont pas moins fort recherchées ; tels sont l'élan, le wapiti et le bison des forêts.
Il existe aussi dans ces contrées une grande étendue de terrain connue sous le nom de district de la prairie. Cette partie comprend tout le plateau qui s'étend à l’est depuis les montagnes Rocheuses jusque fort avant dans le nord du territoire de la baie d'Hudson. Cette immense prairie va en se rétrécissant à mesure qu'elle: avance vers le nord, et se termine en pointe sous la latitude du grand lac de l’Esclave.
La prairie possède aussi ses animaux particuliers. Le bison ou buffalo, l’antilope aux cornes foimvwhues, et le daim, connu des chasseurs sous.
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la marmotte et du rat des sables ; c’est là encore qu'on trouve le plus fier et le plus beau de tous les animaux, le magnifique cheval Sauvage, dont le pied agile fait résonner le sol de ces immenses plaines. =
Le territoire situé à l’ouest de cette prairie pré-
sente un aspect tout autre, c’est la région des montagnes Rocheuses. Les grandes chaînes de ces montagnes, qu'on désigne quelquefois sous le nom d’Andes de l'Amérique septentrionale, s'étendent depuis les limites méridionales du pays des fourrures jusqu'aux côtes de l’océan Arctique. Quelques-unes de ces montagnes dominent de leurs sommets les flots de cet'e mer et viennent baigner leur pied dans ses ondes glacées Plusieurs pitons, même parmi ceux situés sous les latitudes méridionales, sont couverts de neiges éternelles. Cette chaine de montagnes, par endroits d’une très-grande largeur, renferme dans son étendue des vallées dont aucun pied humain n’a jamais encore foulé le sol.
De ces vallées, quelques-unes sont stériles et désolées, d’autres au contraire sont des oasis fertiles dont l’aspect enchanteur vient réjouir les yeux du Voyageur, fatigués de la monotonie des rochers amoncelés au milieu desquels il se trace une route pénible et périlleuse.
Ces charmantes vallées ont aussi leurs habitants particuliers.
C'est au milieu de leurs herbes verdoyantes qu'habite l’argali ou mouton de mo:.. :gne, non moins remarquable par les énormes dimensions de ses cornes recourbées que par son agilité, que
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n’effrayent ni les rochers à pic niles abimes sans fond. L’ours noir erre dans les ravins boisés, et, son terrible congénère, le grizzly ou ours gris, le plus redoutable de tous les animaux féroces. produits par le continent américain, promène sa masse monstrueuse le long des pentes ardues de: ces vallées escarpées et rocheuses.
Au délà des montagnes, le pays des fourrures s’étend à l’ouest jusqu’à l'océan pacifique.
À mesure qu’on se rapproche du rivage du Pacifique, la température s'élève et l’atmosphére devient plus chaude ; aussi y rencontre t-on de
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temps à autre de grands espaces couverts de forêts et de hautes futaies. Ceite partie. boisée est très-riche en animaux à fourrure. C’est là que, favorisés par la chaleur du climat, se développent les grandes espèces de la race féline, les chats à î € longue queue que l’on rencontre beaucoup plus # au nord que dans la partie orientale du continent, (e tels par exemple que le couguard (felis concolor) et. n l’once (felis onza), qu’on trouve jusque sous la latitude des forêts de l’Orégon. g 1:
el é CHAPITRE II u n:
NOS JEUNES VOYAGEURS d Voici un canot sur les eaux de la rivière Rouge, d la rivière Rouge du Nord, bien entendu. Ce canot us se trouve encore assez rapproché de la source, tor inais il continue à descendre je fleuve. 11 n’est ni SP
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grand ni solide, car il est construit d'écorce de: bouleau, et ne peut contenir qu’un petit nombre de voyageurs. Ceux qui le montent sont tous jeunes et alertes ; le plus vieux de la bande ne. parait pas avoir plus de dix-neuf ans, le plus jeune en compte quinze à peine.
Le plus agé a atteint toute sa croissance, bien que sa taille élancée et ses formes juvéniles indiquent que ses membres n’ont point encore atteint tout leur développement musculaire, Sa peau brune est légérement olivâtre ; ses cheveux sont noirs comme le jais, longs et droits comme la chevelure d’un Indien. Ses yeux sont grands et expressifs, ses traits bien accentués : tout son air indique le courage ; ses machoires surtout, fortement accusées, sont des signes irrécusables. de résolution et de fermeté.
Son caractère ne dément Pas Sa physionomie, car il possède au plus haut degrè les qualités que: nous venons de mentionner.
Tout jeune qu’il fût, il avait déjà traversé les grandes prairies et les forêts vierges de l’Ouest à la poursuite de Jours, du buffalo, du chat-tigre. et du couguard. Ces longues fatigues et ces épreuves dangereuses avaient fait sur son esprit
une impression profonde et donné à sa contenance cet air
d’abord.
de gaieté qui nous a frappé tout
Le second des jeunes voyageurs du canot est
d’un aspect tout différent, Blanc de teint, il porte.
une abondante chevelure blonde dont les mèches. tombent en boucles on
épaules. Ses formes ne révêlent point la force ; AU,
doyantes jusque sur ses.
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contraire, tout en lui respire la grâce et la délicatesse; mais cette délicatesse n'indique point une complexion maladive, elle est seulement chez ce jeune homme un signe de distinction. La manière dont il manie sa rame prouve qu’il possède à la fois la force et la santé, mais pourtant à un degré moins développé que chez le jeune homme aux cheveux noirs. Sa physionomie révèle peutêtre plus d'esprit et d'intelligence que celle du premier, son air communicatif vous le rendra peutêtre plus sympathique; son œil est bleuet humide, et son teint légèrement pâle révèle les fatigues de d'étude et l'habitude des réflexions sérieuses. Cette apparence n’est pas trompeuse, car le voyagenr blond est un jeune savant plus instruit qu'on ne l’est ordinairement à son àge, et bien qu'il ne compte encore que dix-sept ans, il pos-
sède à fond la connaissance des sciences natu-
relles, et pourrait en remontrer sur bien des points à plus d’un gradé de nos universités.
Le troisième est le plus jeune de la troupe; il ne ressemble aucunement aux deux autres. Il n’a ni la gravité du premier ni l'intelligence réfléchie du second. Son visage est rond, ses joues pleines et roses; toute sa physionomie est éclairée par un joyeux et malin sourire, Ses yeux qui semblent danser dans leurs orbites, ne demeurent pas une seconde immobiles, et errent constamment d’un objet à un autre. Sa bouche respire la gaieté comme le reste de sa personne ; et il faut convenir que c’est la partie la plus occupée de son individu, car si ses lèvres cessent un instant de s’agiter pour parler, c’est pour lancer quel-
et la déliique point ement chez on. La malil possède rtant à un ne homme évèle peutelle du prendra peutet humide, fatigues de euses.
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bien des sités.
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ques joyeux éclats de rire. II porte gracieusement sa jeune tête, dont les boucles brunes retombent sur ses joues, et encadrent son visage, auquel elles donnent une aimable expression de force et 4 de beauté enfantine. 4 Cet extérieur enjoué et quelque peu évaporé 4 indique suffisamment que ce jeune homme, ou 3 plutôt cet enfant, n’est pas un partisan effréné de l'étude; les livres, en effet, ne sont pas son affaire, et la chasse eut toujours ses préférences. Cependant le jeune homme n’a de goût bien prononcé ie pour rien. Il est un peu de ceux qui prennent le | temps comme il vient, et qui regardent les choses du bon côté, sans se préoccuper beaucoup d’exceller en quoi que ce soit. 4 Ces trois jeunes gens sont costumés à peu près 4 de la même manière : al L’ainé porte l’habit complet d’un ‘chasseur des bois; ce vêtement, qui lui convient sous tous les 4 | rapports, se compose d’une blouse ou tunique de D . chasse en peau de daim, de guêtres et de mocas- - | Sins en même matiére. La blouse, les guêtres et 4 | les mocassins sont piqués avec soin et enjolivés 4 de broderies en poil de porc-épic. Le capuchon de 4 | la blouse est orné d’une frange aussi bien que la | | blouse elle-même et le haut de la tige des mo- A cassins. Sa tête est couverte d’un bonnet de four- n rure taillé dans la peau d’un raccoon, dont la à queue lui pend gracieusement sur l’épaule comme 1 } la crinière d’un Casque de dragon. Deux baudriers | de cuir se croisent sur sa poitrine; à l’un d’eux | pend un sac à balles couvert d’une peau d’un violet —— cirant sur le vert qui resplendit comme du métal Ë ; 2
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AUX rayons du soleil : c’est la dépouille de la tête du canard des bois (anas Sponsa), le plus beau de toute la tribu des canards, L'autre baudrier soutient une grande corne en forme de croissant arrachée au front d’un taureau des Opelousas, et ornée de toutes sortes de dessins et de riches incrustations. Les autres pièces de son fourniment. sont également attachées à ces baudriers par des courroies de plus petite dimension. C’est un pie, un soufflet et un briquet pour faire du feu. Une troisième courroie en cuir d'alligator lui sert de ceinturon et Supporte, outre une fonte de laquelle sort à moitié la crosse polie d’un pistolet, un couteau de chasse de l'espèce de ceux appelés bowies. Ces deux dernières armes tombent le long de sa hanche gauche et com plètent son équipement. Le second voyageur est vêtu à peu près de la même manière, bien que l’ensemble de son accoutrement n'ait pas à beaucoup près un air aussi guerrier. fl porte en sautoir comme le premier une corne à poudre et un sac à balles ; mais à la place du couteau de chasse et du pistolet, on voit sur ses épaules une sorte de grand havre-sac-en toile. Si l’on ouvrait ce sac et qu’on en fit l'inventaire, on le trouverait à moitié rempli de coquilles, de pierres et de plantes rares. Ce sac est en effet le magasin où le jeune savant renferme les échantillons de géologie, de paléontologie et de botanique dont il a fait collection pendant la journée, tous objets destinés à être étudiés et classés avec soin chaque soir devant le feu du bivouac. Au lieu de porter comme l’autre chasseur un honnet de peau de
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Malgré les différences que nous avons signalées dans leur caractère et dans leur extérieur, ces trois jeunes gens n’en sont pas moins frères ; je vous le certifie, car je les connais pour les avoir déjà vus, il y a de cela bientôt deux ans: et quoi que tous trois aient grandi de plusieurs pouces depuis cette époque, ils n’en ont pas moins conservé leur air et leur physionomie primitive, et je les distinguerais entre mille, Cependant ce n’est pas dans les lieux où nous les trouvons aujourd'hui que nous avons fait connaissance, c'était au contraire dans un pays trés éloigné, à plus de deux mille milles d'ici. En dépit de la différence des climats, je n’aurai pas de peine à constater leur identité; ce sont ces jeunes et braves aventuriers que j'ai jadis rencontré dans les marais de la Louisiane, et dont j’ai admiré les exploits dans les forêts et sur les prairies du Texas ; ce sont les jeunes chasseurs Basile, Lucien et François, nos héros des foréts vierges. Pour ma part, Je mw’estime heureux de renouer connaissance avec eux, et j'espère, jeunes lecteurs, que vous n’en serez pas fàchés non plus.
Mais où vont-ils maintenant?
Comme je vous le disais, les voici à plus de deux mille milles de leur habitation de la Louisiane. Cette rivière Rouge, sur laquelle flotte leur léger canot, n’est pas la rivière Rouge qui roule ses flots de sang à travers les plaines marécageuses
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du sud embrasé, Non, ce n’est plus cette rivière, demeure favorite des alligators et des Caïmans, c'est un fleuve d’un tout autre caractère, quoiqu'il ait cependant ses beautés particulières, Sur les rives de la première s'étendent les grandes riziéres, et les cannes à sucre y agitent dans l'air les vagues ondoyantes de leurs tiges dorées. C'est sur ses bords aussi que fleurit le roseau géant (arundo gigantea), le palmier éventail (cha- Mærops) et le magnolia à grandes feuilles, avec ses grappes de fleurs aussi blanches que la neige des monts, En un mot, c’est duns le bassin de ce fleuve que s’épanouit dans toute Sa Magnificence Ja riche et puissante végétation de la nature tropicale.
L'aspect que présentent au voyageur les rives de la rivière Rouge du Nord est tout à fait différent. On récolte bien encore le sucre, mais ce n’est plus un roseau qui le produit. On le demande en ces lieux à la sève d’un grand arbre, l’érable à sucre (acer sacchirinum), On y trouve également le riz, dont les récoltes abondantes couvrent des marais tout entiers, mais c’est le riz sauvage, l’avoine d’eau (zizunia aquatica), dont la graine Substantielle nourrit des millions de créatures emplumées et sert aussi d’aliment à des milliers d'êtres humains. Le soleil de ces contrées est loin d’avoir la force de l’astre des tropiques. Pendant les trois quarts de l’année, ses rayons obliques sont sans vigueur et sans chaleur.
Les eaux de la rivière Rouge du Nord sont pendant des mois entiers #mprisonnées sous des murs
de glace, et la terre &:. plaines environnantes S'y
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couvre d’un manteau de neige, sur laquelle la sombre verdure des grands conifères, ping, cédres et sapins, tranche comme des larmes noires sur la blancheur du drap mortuaire d’une vierge moissonnée avant l’âge.
Vous le voyez, les pays arrosés par ces deux rivières différent autant que leurs eaux. Ces deux fleuves n’ont de commun que le nom.
Mais où vont nos jeunes chasseurs sur leur canot d’écorce ?
Lorsque nous vimes ces jeunes gens pour la première fois ils avaient déjà perdu leur mère, mais ils avaient encore leur père; aujourd’hni ils n'ont plus ni père ni mére, Le respectable auteur de leurs jours, ce digne et brave colonel que vous savez, cet émigré français qui s'était fait chasseur naturaliste, n’est plus maintenant. Nos jeunes amis n'ont plus pour les guider cet instituteur précieux auquel ils. doivent toutes leurs connaissances, car c’est lui qui leur enseigna à monter à cheval, à conduire un canot, à traverser les rivières à la nage, à lancer le lasso, à gravir les arbres, à escalader les rochers et à ajuster la balle et la flèche qui doivent atteindre l'oiseau dans son vol rapide et le quadrupède dans sa course légère. C’est ce vieux guerrier qui leur apprit encore à dormir en plein air sous la voûte des forêts et sur l’herbe des prairies découvertes, sans autre abri qu'une couverture, sans autre lit qu’une robe de buffalo. C’est grâce à ses leçons qu'ils savent vivre avec sobriété, et trouver avec les seules res-
sources de Ja botanique des plantes, des arbres et
des racines capables de les nourrir et de leg faire
LA BAIE D'HUDSON.' PT tn
vivre dans des lieux où un ignorant verrait bientôt la faim cruelle trancher le fil de ses jours. Là ne se borne point l'instruction pratique qu'ils ont reçue de ce père regretté.
S'ils saveut allumer du feu sans amaäadou, sans briquet et sans poudre, et se diriger, sans boussole, par Ia seule inspectinn des rochers, des arbres et des astres, c'est encore à lui qu'ils le doivent. Sa vieille expérience leur enseigna encore une science plus difficile et plus utile, et ce fut lui qui leur apprit la géographie détaillée de ces immenses solitudes qui partant du Mississipi s'étendent à l'est jusqu'aux rivages de l'océan Pacifique, et AU nord jusqu’à ceux de l’océan arctique.
Ce fut environ une année après que ses fils furent revenus de leur expédition du Texas que le vieux colonel Mmourût. Le fléau du Sud, la terrible fièvre jaune Sévissait alors dans la Louisiane, et le père de nos jeunes amis fut une de ses premières victimes.
Les jeunes chasseurs, Basile, Lucien et Francois, étaient donc orphelins. Il ne leur restait pour tous parents au monde qu'un oncle avec lequel leur père avait. toujours continué d'entretenir une correspondance suivie. Cet oncle, quelque Singulier que cela puisse paraître, était un hi-
ghlander d’origine écossaise venu très-jeune en Corse, où il avait épousé la sœur du colonel. I] avait depuis émigré au Canada, où il S’occupait en grand du commerce des fourrures. Il appartenait à la Compagnie de la baie d'Hudson, et OCCupait le poste important de surintendant ou
facteur. Ses intérêts etlanature de ses OtCüpations
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mm l'avaient depuis engagé à s'établir dans un des ports les plus avancés vers le nord, presque sur les côtes de la mer Polaire.
Sa Carrière, comme on peut le croire, avait été fort aventureuse, et se trouvait du petit nombre de celles qui offrent dans leur réalité tout l’étrange et tout l’imprévu des romans les plus accidentés.
Après la mort du colonel, le brave Ecossais avait fait demander ses neveux. Il avait entendu parler des exploits accomplis par eux dans la prairie, et comme il était lui-même d’une humeur irès aventureuse, il s'était pris d'admiration pour ces enfants si jeunes et si courageux, et il leur avait, par suite, manifesté le désir de les avoir près de lui et de les faire vivre sous son to‘t. Il était le tuteur de ses trois neveux, et il eût pu en cette qualité leur imnoser sa volonté: mais dans cette circonstance il n'avait pas besoin de recourir à l'autorité, et ses neveux ne demandaient pas mieux que d’obtempérer à ses désirs. Ils avaient parcouru dans tous les sens les grandes forêts du Mississipi et les prairies embrasées du Sud. Toute cette région n’avait plus pour eux ni attrait ni mystère, et leur humeur aventurense leur faisait aspirer vers d’autres climats. Après avoir exploré le Sud, ils brülaient du désir de visiter les grands fleuves du Nord, les montagnes glacées, les plaines couvertes de neige, et de poursuivre dans leur vastes solitudes l’élan, le bœuf musqué,le wapiti et l'ours aux proportions gigantesques.
La proposition de leur oncle allait donc au-. devant de leurs plus chers désirs, aussi l’accep-
tèrent-ils avec autant d'empressement que de joie.
Au moment où nous les rencontrons, ils avaient fait à peu près la moitié de leur v cette première moitié était de beau facile, Ils avaient d’abord nav Vapeur sur le Mississipi jusqu la riviére Saint-Pierre : Puis, arrivés là, ils est aussi de ce moment éritables ToYageurs, Car ais qu’on désigne ordinaitous ceux qui traversent en des,
et où les rivières
es intervalles, de-
Voyage au travers
S ces dernières
chaque instant
des rivières ; les
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très marécageux.
emploi des bêtes de
canots sont les seuls
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On pas faute, et la plupart du
temps, pour aller d’un point à l’autre de la baie d'Hudson, il faut naviguer en canot pendant plusieurs milles, et faire de la sorte des trajets qui
es
ent que de
s, ils avaient Yage; mais up la plus n bateau à vouchure de vés là, ils ce moment Yageurs, car le ordinaiversent en
| à regret, favoris et à laquelle , Si utiles lu Sud, où S rivières valles, de.
Au travers dernières è instant ères ; les ; Séparés ‘écageux, bêtes de les seuls Vantage.
accomplis sur l'Océan passeraient à juste titre pour des voyages de long cours.
Nos jeunes voyageurs s'étaient prudemment.
conformés à cet usage; ils avaient donc pris un canot et avaient sans danger remonté Ja rivière Saint-Pierre presque jusqu’à sa source. Arrivés au point où cette rivière se rapproche le plus du cours de la rivière Rouge, ils avaient transporté leur canot par terre jusqu’à ce dernier cours d’eau, puis ils avaient remis leur embarcation à flot.et s’étaient abandonnés au fil de l’eau qui les conduisait, comme nous l’avons dit, dans la direction du nord. Mais tous leurs travaux étaient loin d’être terminés. Il leur restait encore près de deux cents milles à faire ; plusieurs rivières à suivre, plusieurs torrents à traverser, et ils devaient aussi être forcés plus d’une fois de porter leur canot à bras avant d'arriver au but de leur grand voyage.
Nous avons un autre compagnon de voyage, le bateau contient quatre personnes. Sachons quel est le quatrième voyageur.
Ce dernier parait du même âge que Basile, dont il a également la taille et la structure, il er diffère seulement par son teint clair et par ses cheveux Llonds. Toute blonde qu’elle est, sa chevelure ne ressemble point cependant à celle de Lucien, elle est épaisse et crépue, et loin de retomber sur son cou, elle s’épanouit comme une auréole autour de ses joues.
Le teint de ce jeune homme est naturellement animé, mais l'air auquel il doit avoir été longtemps exposé en a changé la couleur primitive et. j'a couverte d’un vernis bronzé. -
2 so.
Ses yeux sont d’un bleu sombre, surmontés de sourcils noirs et bordés de cils bruns. Cette particularité, quoique rare, se rencontre cependant quelquefois chez le même individu. Elle tient, Chez le jeune homme dont nous traçons le portrait, à la fusion de deux races : il a les yeux, les cils et les sourcils de sa mère, et a hérité de son père de cette peau blanche et animée qui nous à frappés d’abord.
Ce jeune homme est un beau garçon. Il ne possède pourtant ni la gràce enfantine de François, ni la mâle physionomie de Basile, ni la distinction de Lucien ; il paraît moins façonné que ses
trois autres COMpagncns ; son éducation a été moins soignée, et c’est à cette cause sans doute qw’il faut attribuer le manque de distinction qui se trahit dans ses manières et jusque sur ses traits. C’est qu’aussi ce jeune homme n’a point u le temps de s’instruire dans les livres, et ses mains ont toujours beaucoup plus travaillé que
“ “son esprit. En dépit de ce cachet de rudesse, ce
n’est pas moins un beau garçon, car ses traits sont réguliers ei bien dessinés, ses lèvres indiquent à la fois la bonté et la résolution, ses yeux pétillent d'esprit naturel, et l'expression ordinaire de son visa ge dénote la franchise et honnêteté, * Avec un pareil extérieur on ne saurait être Jaid. .
Un observateur attentif découvrirait peut-être une vague ressemblance de famille entre ce jeune homme et ses trois Compagnons ; il n’y aurait à cela rien d’extraordinaire, car il est leur cousin
germain, le fils unique de l'oncle vers lequel ils
‘montés de Cette parcependant Elle tient, ns le por- | les yeux,
hérité de imée qui
Il ne pos- François, a distinclé que ses ion a été ans doute ction qui > sur, ses Va point es, et ses aillé que desse, ce ses traits res indises yeux )rdinaire nnêteté.
rait être
Jeut-être ce jeune aurait à r cousin Qquei ils
se rendent, c’est lui qui est venu, par ordre de son père, chercher les fils du colonel et leur porter son invitation.
Tel est le quatrième voyageur.
Son costume ressemble beaucoup à celui de Basile, mais comme il est assis à l'arrière du canot et qu'il le dirige comme pilote, il est plus exposé que ses campagnons à l’action du froid, et pour s’en préserver il a jeté par-dessus sa blouse de chasse une capote canadienne en étoffe de laine blanche dont le capuchon retombe sur ses épaules. ,
Le canot renferme encore un autre voyageur, une ancienne connaissance à vous, que vous n'avez pas oubliée, jé l’espère. Ce cinquième | passager est un animal, vn quadrupède qui re- | pose au fond du bateau, tranquillement couché sur une peau de buffalo. A sa forme et sa cou- [leur rougeàtr: on le prendrait volontiers pour une panthère ou pour un couguard; mais un:
regard jeté sur son long museau noir et ses grandes oreilles suffit pour le faire classer dans une espèce toute différente, et on reconnaît en lui un chien de chasse. C’est en effet un limier croisé de mâtin, un brave et fidèle animal, le chien Marengo, en un mot. Leeteurs des Foréts | Vierges, vous vous rappelez bien, je suppose, ce serviteur fidèle et dévoué de nos jeunes chasseurs,
Ge sont là tous les êtres vivants contenus dans lecanot.
Passons à l’énumération des accessoires inajuimés : des couvertures, des robes de buffalos,
une tente en toile, des sacs de provisions et des ustensiles de cuisine » &isent entassés dans le fond du bateau. La se trouvent aussi une bèche, une hache et quatre fusils, dont l’un est une carabine à doubles canons rayés : à coté, des armes un filet de pêche et quelques autres objets non moins indispensables pour un voyage de cette nature,
De la sorte chargé, le canot enfonce dans Peau presque jusqu’au bord, mais sa marche ne semble point en être ralentie, et il continue à flotter avec légèreté sur la rivière Rouge du Nord.