‹ La bande du cheval noir [microforme]Chapitre 23 sur 55 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

MonTREUIL, DIGONARD, PAUL é/écamment vêtu.

DIGoNARD (à Paul, entrant).—Je vous répète, mon bon ami, que vous allez trop vite ; vous finirez par accrocher.

MonTREUIL. —Eh bien, qu'est ce donc ?

DIGONARD (avec humeur).—I] s'agit. il s’agit. qu’il fouette trop le cheval... qu'il rase de trop près les autres voitures. et qu'il finira par briser sa... ma... la voiture,

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MonTReuIL.—Ce pauvre Digonard, il surveille toujours ses avances !

PauL.—Laissons cela. C'est aujourd’hui que vous m'avez promis une explication, et cette explication, puis-je vous la demander ?

MonTREUIL.—Sois tranquille, bientôt tu sauras...

PauL.— Encore des retards. non, c'est à l'instant que je veux...

DiGoNARD.—Allons bon, voilà qu'il gesticule à présent. Ne croisez donc pas les bras comme Ça. Il va faire craquer mon habit.

PAUL (avec impatience). — Votre habit ! votre habit !

MoxTREUIL— Voyons, de quoi te plains-tu ?...

Tu avais rêvé le bien-être, la fortune, de riches habits, des chevaux, et nous t’avons donné tout cela.

PAUL.—Oui, mais je veux savoir à quel prix... je veux apprendre enfin ce que vous exigez de moi en échange de ce que j'ai reçu.

MoxTREUIL.— Presque rien, ta signature,

PauL.—Ma signature !

MONTREUIL.—Au bas d'un contrat de mariage,

PaAuL.—Un mariage.

DiGoNARD.—Oui, mon tendre ami, nous voulons vous marier,

Paur.—Ne l'espérez pas. c'est impossible,

MONTREUIL.—]Impossible !

DIGONARD.—Alions, bon !... il a la maladie de gesticuler en parlant.

PAUL.—Non ! jamais ! jamais!

DiGonNarD.—Les entournures, jeune homme, ménagez donc les entournures.

MonNTREUIL.—Ainsi tu refuses une dot de cinq cent mille piastres ?

PauL.—Cinq cent mille piastres !

MoNTREUIL.—Oui. Songe donc qu'avec cinq cent mille piastres tu assureras ton sort et celui de tes deux bons amis.

DiGoNAaRD.—Eh! oui, vous êtes heureux, je suis heureux... nous sommes tous heureux !

MonTREUIL.— Tandis que si tu refuses.…

DiconNarD.—-Alors, je réprends mes avances.

MonTREUIL.—Tu retombes dans la fange d’où nous t’avons tiré... à toi la misère, l'abandon, la faim.

PauL.—La misère, la faim! Oh! que faire.

que résoudre... Cette fortune.

MonTREUIL-—Une fortune immense, une dot superbe, et plus tard les espérances les plus bril- Jantes. allons, réfléchis, calcule, décide.

DiGoNARD.—Justement, voici le beau-père !

PauL.—Le beau-père |

MoNTREUIL.—Ah ! diable ! et nous n’avons pas eu le temps de le mettre au fait. N'importe, écoute et profite.

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