‹ La Banque d'Angleterre et les Banques d'ÉcosseChapitre 41 sur 75 · REPONSE A M. L. WOLOWSKI · texte numérisé non relu

REPONSE A M. L. WOLOWSKI

que, pour cliacun d’eux, il accompagne l’envoi d’une lettre pleine do compliments par laquelle il. place son livre sous le patronage de l’homme illustre. Le moins que celui-ci puisse faire, c’est de répondre par une lettre écrite de la même encre, c’est-à-dire extrêmement polie, où il admire le talent, le savoir et la justesse d’esprit déployés dans l’ouvrage qu’il a re(,-u et que souvent il n’a pas eu le temps d’ouvrir. Ordinairement les choses en restent là ; l'auteur est satisfait ; il a en portefeuille des lettres des meilleurs juges, pleines de témoignages flatteurs, et qu’il montre en petit comité à ses intimes. Mais il est des auteurs plus difficiles à contenter, à qui ces satisfactions du coin du feu ne suffisent pas. Une fois qu’ils ont en poche la lettre de riiomme illustre, ils lui écrivent pour lui demander la permission de l’imprimer. L’homme illustre, qui s’était fort avancé, répond par l’affirmative ne pouvant faire autrement, et c’est ainsi que des lettres de pure courtoisie voient le grand jour de la publicité dans les journaux et les revues, comme l’expression réfléchie d’hommes considérables sur des livres nouveaux.

Le procédé fait sourire les hommes de tact et de goût, mais il éblouit quelquefois le vulgaire.

Quand vous voudrez, mon cher et honoré confrère, persuader aux hommes sérieux que messieurs tels et tels, de l’assentiment desquels vous vous prévalez, partagent vos idées sur les banques d’émission, vous aurez autre chose à faire : au lieu de lettres do courtoisie, qui n’avaient point été écrites pour la publicité, apportez une adhésion motivée, faite en connaissance de cause, je veux dire écrite avec la prévision qu’elle sera imprimée. Tracez, avec cette clarté que vous revendiquez, un programme qui résume bien exactement votre manière de voir, qui, par conséquent, érige en principe le monopole de l’émis-

SUR U QURSTION DES BANQUES. :H)9

sion au profit d'une banque unique dans chaque État, qui fasse de même une loi de rimmobilisation de la majeure partie du capital do la banque en valeurs de l’Etat, qui enfin, pour l'émission des billets do la banque investie du monopole olle-mèine, porte les restrictions sévères que vous louez quand elles s’appliquent à la Banque d’Angleterre et que vous supprimez, sans dire pourquoi, lorsque vous passez le détroit pour rentrer en France. Veuillez faire signer ce programme aux grands hommes que vous représentez comme étant en parfait accord avec vous, et alors on croira à cet accord. Hors de là, mon cher et honoré confrère, toutes les adhésions que vous produirez n’auront guère plus de poids que la formule qu’on met au bas d’une lettre et par laquelle on sc déclare le trèshumble et très-obéissant serviteur du premier venu.

Je vous demande la permission de clore ici cette polémique. Que vous me répondiez ou non, je n’importunerai ]>as, pour vous répliquer, les lecteurs du Journal des Economistes. On pourrait pourtant y donner une suite que la vivacité de vos réclamations semble même appeler. Vous prétendez que j’ai défiguré vos opinions pour les combattre : faisons-en juge le public qui est notre arbitre naturel. Réimprimez les articles que vous avez donnés dans la Bevue des Deux-Mondes et ceux qui ont paru dans le Journal des Economistes, sans oublier la note par vous adressée à ce dernier recueil ‘ comme exposé do l’opinion par vous exprimée dans la séance de la Société d’économie politique du fi septembre. Ces divers morceaux, avec ma lettre du iS février, votre réponse du 18 mars, ma présente réplique, et tout ce que vous jugerez à pro-

' .Numéro ilu lü septembre 1S66, p. 430 et 4i0.

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