PREFACE
En écrivant ce i)etit volume, je me suis proposé surtout d'exposer, de la manière la plus claire et la plus élémentaire possible, en quoi précisément consistaient les services que le commerce de ban- (jue rendait, tant aux particuliers qui en faisaient directement usage, qu à la société en général. 11 devait résulter de cette exposition qu'il était d'intérêt public de fomenter ce commerce, ou tout au moins de ne l'entraver par aucune restriction.
J'ai ensuite établi de mon mieux qu'il n'y aurait nul inconvénient sérieux, tandis qu'il y aurait tout avantage, à laisser les banques absolument libres d'émettre des billets à vue et au porteur.
Knfin je crois avoir démontré que si la liberté des émissions intéressait toutes les branches de Tnidustrie, elle intéressait plus particulièrement l'agriculture.
Bien que cette exi)osition et la discussion quii la suit se rattachent à des (juestions débattues.
Il rPvEFACE.
en ce moment et qui font 1 objet de deux grandes enquêtes administralives.ce livre n'est [)as une publication de circonstance : il exprime et résume une conviction scientilique mûrie pendant de longues années par l'étude, la réflexion et l'expérience.
Il y a vingt-sept ans qu'à l'occasion d'un renouvellement du privilège de la Banque de France, je publiai tjuelques études sur cette ([uestion de la liberté des émissions, qui avait été posée deux années auparavant par l'économiste américain Carey. C'était un problème nouveau, surtout en France, où je ne crois pas qu'il existât alors d'autres publications sur cette matière que la spirituelle brochure dans laquelle M. le comte d'Esterno avait raconté avec beaucoup de sens et de franchise les mésaventures de son projet d'établissement d'une banque à Dijon.
Douze années plus tard, en l8o2. je reprenais à nouveau cette même question dans un ouvrage technique. Dans Tintervalle, la liberté des émissions avait été proi)Osée et défendue avec beaucoup de talent [)arCh. Goquelin et M. du Puynode, en France, et par Wilson.eii Angleterre.
Depuis* cette époque, j'ai eu plusieurs fois 1 occasion de traiter cette ipiestion, en Amérique et en France, notamment dans l'article Bcutqur, du Dictionnmrc du Coriuncn-e ci de la Aacijdtion. er dans
PREFACE. m
rintroduction placée en tête de la seconde édition du livre de Gh. Coqnelin.
Toutes nos publications, je dois le dire, avaient fait fort peu d'impression sur le public, lorsque laffairede la Banque de Savoie, et surtout les élévations du taux de l'escompte de la Banque de France l'ont un peu réveillé de sa torpeur et ont donné lieu à une multitude de livres, d'articles de journaux et de brochures. J'ai pris quelque part à cette controverse, dans le Journal des Econoinifites et dans le Temps, et je reproduis à la fin de ce volume ceux des articles qui m'ont paru le plus propres à intéresser le lecteur. Mais ils sont séparés de la publication principale, La Banque libre.
Dans celle-ci, je me suis efforcé de restreindre le plus possible l'objet de la discussion, qui est la liberté des émissions. J'ai évité de discuter le régime de la Banque de France et celui de la Banque d'Angleterre, bien que cette étude eût pu être intéressante. J'ai aussi évité les citations et me suis refusé le plaisir de mettre les adversaires de la liberté, ainsi que les partisans de la liberté limitée, en contradiction avec eux-mêmes.
Jl s'agit d'une question de principes et d'un grand intérêt national, non des personnes et des opinions qu'elles peuvent avoir émises. .
Je n'ai pas essayé de présenter le monopole des émissions comme la cause de tous les maux