CHAPITRE V
EGLISE SAINT-MARTIN ET CHAPELLES, MONUMENTS, CLOCHES, PRINCIPAUX MANDEMENTS, COMPTES DE GESTION.
1594. -- Eglise paroissiale de « Monsieur Saint- Martin ». Chapelle Saint-Jacques. En 1594, Jehan Godeffrin, curé de Saint-Martin, est dénommé « chappelin de la chapelle Saint-Jacques de la paroisse de Ligueil ».
1597. — « Jourd'huy, huitième jour de juin 1597, Maître Constant Collin a pris et appréhendé la possession réelle et actuelle des deux portions de Saint* Martin et Saint-Laurent, il a fait et commencé à faire état des enfants qui tiendront à estre baptizé en la forme et manière qui s'ensuit... »
1623. — Acte de décès du curé Colin : « Le 28 mars 1623, au soir, a décédé le dict sieur Colin, curé de ceste ville, a esté décédé de mort soudain ».
1644. — Conversion d'une protestante. — Sa profession de foi. « Moy Suzanne Gondoin, d'un cœur contrit 'en connaissance de cause devant la sainte Trinité et toute la court céleste et devant ceste compagnie qui m'a sert de témoins, que j'ay passé a devant aux hérétiques croyant plusieurs de leurs hérésies, principalement les suivantes : déniant la réalité du corps de Nostre-Seigneur Jésus-Christ au Sainct- Sacrement de l'autel ; n'admettant la moitié des bonnes œuvres, ni l'intercession des saincts et austres qui sont reniés dans la religion prétendue réformée. Mais maintenant que j'ay la grâce de Dieu, je may répand et may dédis ; je die estre absoute d'anasthématise. Librement, de ma franche volonté, sincère, j'ab-
jure toutes les hérésies sus-nommées et toutes autres de quelque nom, nasion, genre ou époque qu'elles soient, donne mon consentement un à tous les articles de la saincte Eglise catolique, apostolique et romaine et promet de tout mon cœur, proteste aincy ma bouche, désormais je garderai inviolablcment ce mien serment lafoy, que la susdite saincte Eglise catolique et romaine tient observée et usitée ; en foy de quoy, en faict le serment et jure sur les saincts évangiles aincy di ou moy ai di sur saincts évangiles in si fort et si sainct, fait ce vingt-huictième jour de décembre mil six cent quarante et quatre. Suzanne Gondoin. Pierre Archambault, curé, Dunrard, vicaire, Duvivier, juge et lieutenant de la Baronnie, Poictevin du Boidais, Martineau, Gautier et austres ont signé cette profession, o
1647. — Conversion d'un protestant. Le 28 avril, profession de foi catholique de Simon du Blanc, « rochelais de nation ».
De 1660 à 1663, Pierre du Vivyer, lieutenant de la Baronnie, licencié es lois et prêtre, tient les registres des baptêmes et signe à la place du curé.
1671. — La clmpelle de Saint- Vaast (1), dans laquelle on enterra nombre de personnes, était desservie à cette époque dans l'église Saint-Martin.
La chapelle Saint-Jacques de Ligueil, dont le prieur était en 1671 Pierre Paulmyer, étudiant en théologie, était desservie dans l'église Saint-Martin.
1675. — a Le 22e jour de mars mil six cent soixantequinze, a été fait procès-verbal des réparations qu'il convient faire, tant dans la maison presbystériale que
(1) Saint Vaast ou Saint Vât {Sanctus Vedastus) était, croit-on, d'Aquitaine, il fut évoque de Toul; saint Rémi le recommanda à Clovis qui l'avait emmené avec lui après Tolbiac. Saint Rémi le sacra évoque d'Arras (499). — Saint Vaast mourut en 539 ; il avait fondé dans son diocèse une abbaye qui prit Je nom de Saint-Vaast d'Arras (Voir Dictionnaire de Moreri et Dictionnaire de Trévoux).
dans la grange et maison proche Saint-Laurent clépendant de la cure Saint-Martin de Ligueil, par Me Salis, baillif de Ligueil, et M° Louis Auril, greffier de la Baronnie, ayant pour experts : Ridet, charpentier et couvreur, et Gentilhomme, maçon, demeurant, les dits experts, paroisse de Cussay ; et en se conformant aux ordonnances de M. le baillif de Ligueil en date du huitième mars dernier. Sigtié : Légier. »
« Le 22° jour demars mil six cent soixante-quinze, Me Etienne Guérin, ci-devant greffier de la Baronnie de Ligueil, a porté dans l'audiance les titres concernant la cure de Ligueil, et, suivant l'inventaire par lui présenté, m'a délivré les papiers des baptêmes, mariages et enterrements et les titres cottez par lettres selon l'alphabet, dont je lui ai donné une décharge, signée de moy, dans laudiance, sur le procès-verbal qui en a esté fait. Présents : Me François Benoist, fabricier, et austres et Me Henri Besnard, mon procureur et dans le dit inventaire. Signé : Auril, greffier . »
« Le dixième jour d'octobre mil six cent soixantequinze, est mort en la communion de notre mère la Sainte-Eglise, Louis Bodin, Mc Chirurgien, aagé de cinquante- huict ans, et après avoir reçu les sacrements a esté enterré dans l'église S*-Martin II a faict un testament par-devant M1' Besnard, notaire royal à Tours, le deuxième de ce mois, par lequel il donne à perpétuité un escu de rente sur sa maison située en cette ville de Ligueil devant la Fontaine et dans laquelle il est décodé, à la oliarge de dire tous \(^ ans une grande messe le jour de Saint-Louis, dans l'église d«' Ligueil et cinq autres messe- basses les jours sus-cito el dénommés par son testament et à la cure S'-Martin de Ligueil, ordre qu'il a ratifié par son dict testament, le don l'ait par son grand-père Bodin d'un ôcu de rente a la dite cure. Signé : Légier. »
1677. — Clerc de M" PierrePaulmyer, prêtre, curé
de Varennes, y demeurant, intérimaire du vicariat de Ligueil : François Chrétien.
1681. — Fondation de dix livres approuvée par François Benoist, procureur et passé devant Clopin, notaire royal à Ligueil, par Jean Ondet laboureur, sa femme Henriette Boisgard, François Billy, maçon et autres pour 3 messes basses à l'intention des fondateurs, à dire les mercredi des Cendres, le Vendredi- Saint, le jour de la Sl-Benoist, de l'Assomption, de la Sl-Laurent et de la S'-Martin.
1686. — Compte du vicaire Zacharie Poullet. — « Le 22 septembre, je, Zacharie Poullet, prestre viquaire de la paroisse Saint-Martin de Ligueil, confesse avoir compté avecque Mr le curé et estre demeuré satisfait et donné acquit. Signé : Poullet. »
1687. — Le 28e janvier mil six cent quatre-vingtsept, Mr Pelletier a commencé à officier dans notre église et à exercer sa fonction. « J'ai soussigné, confesse avoir reçu de Mr le curé tout ce qui me doit depuis le vingt-six janvier mil six cent quatre-vingtsept jusqu'à ce jour, et le tiens quitte de toutes les prétentions que je pourrais avoir contre lui. Signé : Pelletier. »
1688. — Le 4 avril 1688, Mr Martineau a commencé à faire les fonctions en qualité de vicaire, dans l'église paroissiale Saint-Martin de Ligueil.
1691. — Le 1er jeudi du mois d'août 1691, fut célébrée dans l'église Sl-Martin de Ligueil la lre messe votive au Saint-Sacrement.
1692 — « La fin du service de Mr Denain ». « Le 23e jour d'août dernier, Mr Denain et moy avons fini notre marché' de service de vicaire en cette paroisse de Ligueil, luy, étant occupé en la paroisse de Vou. Signé: Légier, curé.»
« J'ai fini à servir de vicaire le 22 avril, et il m'est dub jusqu'à ce jour, la rétribution des enterrements
grands et petits services. Signé : Denain, prêtre. »
1693. — « Le 10 mai 1693, j'ai transigé avec M. le curé de Ligueil, pour lui servir de vicaire en sa paroisse aux conditions portées par le dict acte du jour et an que dessus. Signé : Reyt, prêtre et vicaire de Ligueil. »
a Le 25 juin, j'ai baillé acquit de 4 livres 10 sols pour l'enterrement et service du petit enfant de Denis l'Archevêque, sans préjudice des sommes et de l'instance pendante en justice, pour me faire payer de l'enterrement du dit Larchevêque, par l'ordre du dit Larchevêque. Signé : Légier. »
1694. En avril, mai, juin et juillet 1694, la cure de Ligueil étant vacante est desservie d'une façon intermittente par M. Pierre Bodin, prêtre de la ville, par Formy, curé de Trogues, par Janvier Fila, sousprieur des Augustins de Paulmy, par F. P. Joubert et F. F. Maillard, religieux des Augustins de Paulmy ; à cette époque le prieur-curé de Paulmy était F. Bougrier.
En août et septembre, le curéFormy s'étant absenté, ses fonctions sont remplies par Baron, doyen des Roches.
1695. — A partir du 25 février. Formy, curé de Trogues, est chargé du soin de l'église paroissiale Saint- Martin de Ligueil, comme commis par Mrs les grands vicaires de Tours; le 10 août, Formy est installé curé de Ligueil.
Le 10 janvier, à l'enterrement de Pierre Allouard, MeEstienne Fournier (Augustin) célèbre dans l'église « un service à 3 leçons ».
1698. — Baptêmes de cloches. — « L'année 1698, au mois de novembre et décembre j'ai fait les bénédictions des deux de nos cloches les plus petites, dont l'une a été nommée Antoine et l'autre Marie. A la bénédiction de celle qui est nommée Antoine, ont assisté
en la place de Mft Antoine de Magny, seigneur et baron de Ligueil, destiné pour le parrain, et ont fait cette fonction, M. Louis Pasquier, fermier de la Baronnie de Ligueil, et Anne Couratin, son épouse, et ont, en foi de ce signé ces présentes, ce 23 décembre 1698, avec nous munys de la permission de Mons. l'Archevêque de Tours pour faire la bénédiction et de celle de M. son vicaire général. »
1722. — - « Le 28 octobre, fut bénite la grosse cloche ; à cette bénédiction assistaient : l'abbé deVauquelin, chanoine de Ste-Opportune de Paris comme procureur spécial de Monseigneur l'Archevêque de Tours, François de Camilly ; M. d'Epigny-Grandchamp-Fontenailles ; Formy, curé; Tessier, vicaire ; Boutet, prêtre; Glaumain; René Pierres-Fontenailles. La cloche fut appelée Martin- Antoinette. »
Martin-Antoinette existe encore dans le clocher de Ligueil. Elle est actuellement la moyenne cloche (Les deux autres cloches furent baptisées le 31 mars 1867).
1° Inscriptions de Martin- Antoinette. — Au mois d'octobre [1722], j'ay été nommée Martin-Antoinette par Révérend Père en Dieu, Mgr Blouet de Camilly, archevêque de Tours, doyen de la noble et insigne église royale de S*-Martin du dit Tours, seigneur baron de cette ville, et par dame Antoinette- Marguerite Cottereau de Grandchamps, épouse de Messire René de Pierre, chevalier, seigneur de Fontenailles, Epigny, Le Boucher et austres lieux, et bénite par M. François Formi, curé de cette ville, en présence de M. Texier, vicaire, MeSourdeau, chapelain de Notre-Dame-des-Anges, M. Paulmier, juge lieutenant de cette ville, M. Boutet, procureur de Cour, Me Chrétien, notaire royal, MM. du chapitre de Sl-Martin, Messire Bodin, sieur de la Joubardière, leur receveur en cette baronnie » ; et plus bas
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on lit : « Sieur Chesnon des Pommardières, employé dans les fermes de Sa Majesté ».
2° Nom des Fondeurs : « F. Le Roy et C. Iolly m'ont fait. »
3° Descriptions : Sur le haut de la robe de Martin- Antoinette, il y a une ceinture de festons. Au-dessus de l'inscription baptismale, on voit seize feuilles d'acanthe posées deux à deux.
Un côté porte Fécusson du parrain M. François Blouet de Camilly : « D'azur à un lion d'or armé et lampassé de gueules, chargé d'un cœur d'or, accosté de deux croissants d'argent ». (Carré de Busserolle, Dictionnaire d'Indre-et-Loire, t. VI, p 201.)
Au côté adverse, se trouve un écusson sur lequel on voit :
i° La croix pattée et alaissèe de gueules :
2° Un ours issant tenant une pierre en une de ses pattes.
Ces données permettent de reconnaître la reproduction du blason de René de Pierres (chevalier, seigneur de Fon tenailles, Epigny, le Boucher et autres lieux), époux de la marraine, dame Antoinette- Marguerite Cottereau de Grandchamps, lequel blason des de Pierres est : « D'or à la croix pattée et alaissèe de gueules. Cimier. Un ours issant tenant une pierre en une de ses pattes et ces mots : Ours lance-pierre. Devise : Pour soutenir loyauté)), (Carré de Busserolle, Armoriai de la Touraine.)
Dans le sens opposé, en relief, on peut remarquer à (boite la Vierge tenant l'Enfant Jésus, à gauche le Christ sur la Croix.
4° Documents se rapportant à cette cloche, — a) Abbé Baranger, Histoire de la petite mile de Ligueil, p. 150; cf. p. 201 et 202 pour les autres cloches
de Ligueil.
b) Besnard du Château. Notice historique sur la ville de Ligueil, édition de 1878, p. 31, Besnard s'exprime ainsi : a en octobre 1722, on fonde à Ligueil une cloche (jui sonne encore »
c) Jacques Rougé, dans la Revue du Berry, année 1907, Ligue il pendant la Révolution, novembre 1793, mai 1796, mai 1797.
1734. — Mandement de Monseigneur deRastignac, archevêque de Tours, portant suppression des fêtes des saints Mathieu, Jacques le Majeur, Laurent, Barthélémy, Louis, Michel, Thomas et Simon.
1755. — Bénédiction de « la moyenne cloche ». Nommée Barbe, elle fut bénite par Messire Gabriel de Benoist de la Prunarède, doyen de S^Martin de Tours, seigneur baron de Ligueil, vicaire général de Monseigneur de Fleury, archevêque de Tours ; elle eut pour parrain le dit seigneur de la Prunarède, et pour marraine Madame Anne-Marguerite d'Harambure, épouse de Messire René-Antoine Piers de Fontenailles, seigneur d'Epigny. « Mon dit seigneur de la Prunarède a été assisté dans cette cérémonie de Messieurs Jean-Aug. Quantin, curé de cette paroisse, Froger, curé de Saint-Senoch et doyen rural de ce doyenné, Plisson, curé deVarennes, Lebrun, curé de Cussay, Voupnil, chanoine du Grand-Pressigny, Louis Baudouin, vicaire de Ligueil. Un enfant, né le 29 juillet 1755, eut les mêmes parrains que la cloche, ce fut la petite fille du sieur Goubeau, marchand à Ligueil et fabricier. Monseigneur de la Prunarède fit cadeau à l'église d'une belle chasuble violette.
1767. — Institution de la fête du Saint-Cœur de Jésus à Ligueil, elle eut lieu le 28 juin ; ce fut Monseigneur de Fleury, archevêque de Tours, qui l'institua en Touraine.
1771. — Mandement de l'archevêque de Tours,
Monseigneur de Conzié, autorisant l'usage d'aliments gras du deuxième dimanche de Carême au jeudi qui précédera le dimanche de la Passion, ainsi que les dimanche, mardi et jeudi de chaque semaine.
1777. — Au mois de mars 1777, mandement du même archevêque portant défense de faire aucune procession au-delà de la limite des paroisses et même au-delà de l'enceinte des villes.
A Pâques, une permission particulière du dit seigneur fut donnée de faire, selon Tusage, les deux processions seulement du dimanche de Quasimodo et du vœu du Roy, le jour de l'Assomption, après vespres.
1780. — Les bancs de fabrique furent faits en septembre 1780 par René Boutet, maître menuisier.
1781. — En 1781, après Pâques, on a haussé le chœur d'une marche. (Voir l'étude Ligueil à la fin de V Ancien régime, dans le Bulletin de la Société archéologique de Touraine, t. XV )
1784. — Le 26 novembre 1784, on a commencé à se servir, dans l'église de Ligueil, du nouveau bréviaire et du livre de chants à l'usage du diocèse de Tours.
Sacristains de l'église paroissiale de Ligueil. — 1634, 1638, 1644, 16o4, 1666, Michel du Vivyer. — 1672, Michel Valentin. — 1673, 1675, 1677, Michel du Vivyer. — 1692, Michel Bordier. — 1694, 1695, Michel Borée. — 1741, Pierre Semion.
chapitrp: vi