I \ BASCULE R081I
< )ui. je m'ennuie.
J'arrive à temps... il n'ya p;>> une minute à perdre... vous n'aimez personne, vous vous ennuyez, vous êtes entourée d'un tas gens qui vous fonl la cour...
ROSINE
( >li ! pour ça, je n'ai que l'embarras du
choix.
El j'ai tellement le souci de votre bonheur que je veux vous éviter cet embarraslà qui est bien le plus cruel que je connaisse... car on a coutume dédire : «Je n'ai que Tembarras du choix si admirable !
étant donné combien il est difficile de choisir. Vous avez besoin d'être brusquée.
ROSINE
Comment avez-vous deviné ça? Oui, vous arrivez dans un moment favorable. D'abord, je suis très heureuse de vous revoir et, bien que vous n'ayez jamais été que mon ami, moi aussi, j'ai conservé pour vous des sentiments plus qu'affectueux.
HUBERT, lui embrassant la main.
Ah î Rosine.
ROSINE
Sans doute ils sommeillaient en moi, car votre présence les réveille... C'est vrai, je suis très troublée, ou plutôt délicieusement secouée, c'est ça secouée; vous m'avez toujours beaucoup plu... beaucoup, e1 bien souvent j'ai regretté... mais je ne regrette
VI l.\ BAft I II.
I>lus. parce que : Lainemenl d<
iini, tandis que peut-être
m BER1 lui prend 1 kains et l'cmbrasi
li -a j
Ah ! Rosine !
ROSINE
J'iu dil peut-être... soyez sage..,
III BBR1
Ah ! Rosine, je vous adore... croyez bien que je... je...
Il touss<'. étranglé par l'émotion.
ROSINE
Qu'est-ce que vous avez ?
UURERT
J 'étrangle.. . l'émotion . . .
ROSIM
Oh ! voulez-vous un bonbon ?
Hubert l'ait signe que oui. Elle lui présente >a bonbonnière.
LA BASCLLi: 7g
Non, non, pas comme ça...
ROSINE
Comment ?
Il prend le bonbon qu'il lui met dans la bouche. HUBERT
Comme ça.
ROSINE, se défendant.
Oh ! Oh !
HUBERT, avec autorité.
Je VeilX... je veux (et H cueille le bonbon dans la
bouche de RosiDe). Voilà ce que je prends pour mon rhume !
Un silence.
ROSINE, se levant, pas lâchée du tout.
Alors, cette fois-ci. c'est la troisième'?
:.i I \ BASCl II.
m BER1
La troisième.
ROSINE
Alors, cette fois-ci u .'
Tragique .. presque.
ROSlftfi
Et. .. vous n'êtes pas collé 7
Par exemple.., vous plaisantez... Sans ça, aurais-je osé vous parler comme je l'ai fait? Non, non, je ne suis pas collé... je suis marié.
ROSINE, suffoquée.
Vous dites?
HUBERT, très calme.
Je dis que je suis marié... comme lout le monde.
ROSINE
( )li ! c'est trop fort.
Ou'est-cc que vous avez ?
ROSINE
J'ai que vous êtes un malfaiteur et que j'ai envie de crier : « à l'homme marie ! » comme on crie au voleur et à l'assassin !
AUGUSTINE, sortant du cabinet de toilette.
Hélas ! mon Dieu, qu'est-ce qui se passe?
11 ne se passe rien, excellente femme...
La bah< i 1 1.
Rentrez là-dedans : <>u vous appellera qunn< on aura besoin <!<• \ ous.
Bile rentre <!;•?.« le i tbini ROSINE
\ ous êtes naar'n
Oui.
RÔSft
Je ne veux pas en entendre davantag
HUB II', r
Vous riez .
ROSINE
.le n'en ai pas l'air.
Voyons, Rosine...
rosi m; (l'est inutile d'insister.
Pourquoi ?
ROSINE
Parce que j'ai les hommes mariés eu horreur...
HURERT, à mi-voix.
C'est curieux, ça...
ROSINE
Mou dernier amant m'a quittée pour se marier... Alors, vous comprenez.
IIURERT
Je ne savais pas, moi.
ROSINE
Je vous le dis. Et puis est-ce qu'un homme marié peut élre un amant? Et les beaux parents, etlé marmaille.nl les responsabilités,
LA BÀSCI LE
ei les complications. Voua avez *[• d'enfants, naturellement.
bubert
Pourquoi des tas ?Je D'en ai pas on seul, justement.
ROSINE
Depuis combien de temps êtes-vous donc marié ?
Depuis quatre ans.
ROSINE
El vous n'avez pas été capable, en quatre ans, de faire un enfant à votre femnn
HUBEBT
C'est son désespoir.
ROSINE
Voyez-vous, pour ça, il n'y a encore que les amis.
Nous ne voyons personne.
ROSINE, riant.
Ah! vous êtes un fier original.
Oh ! non... je ne suis pas fier... je vous assure.
ROSINE
En effet, il n'y a pas de quoi... Vous vivez dans un désert, alors ?
Nous habitions la province, mais, depuis un mois, nous sommes installés à Paris.