‹ La basculeChapitre 31 sur 84 · I. \ BAS< ' LE · texte numérisé non relu

I. \ BAS< ' LE

femme charmante el des enfante rai Barils., . es! ce que ça l'a empêché d'être un amant? El < j » i< • I aman! ! ESI u'êtes-vous pas < aptfble d'inspirer les passions qu'inspirai! Sophie Arnould, à qui vous

ROSINE

Mais vous Qe ressemblez pas ;i Lauraguais... vous n'êtes pas un roué. Vous avez une femme que vous no voudrez probablement pas faire souffrir... parce que je vous connais, vous n'êtes pas méchante! vous aurez, peur <1«' lui faire de la peine. Les gens sur lesquels vous prétendez vous modeler n'avaient pas de cescon>idémtionslà et ne s'embarrassaienl pas de scrupules. Et, d'ailleurs, la plupart du temps, leurs femmes étaient mariées avee eux comme moi avec mon mari.

HURERT

Avec votre... comment, vous êtes mariée ?

ROSINE

Vous ne le saviez pas ?

C'est la première nouvelle.

Mais oui... j'ai épousé le comte de Blancas.

IIURERT

Ah! oui... oui... j'ai entendu parler...

ROSINE

J'ai épousé le comte de Blancas, pour qui j'avais un vif sentiment. J'ai cru que je pourrais renoncer au théâtre, comme il me

l.\ BA& i I I

le demandait.*.. An boul d'un an, l'ennui m'a prise. Lui n'aimail que la campagne, la chasse, les chevaux... Il ;i un château dans le Poitou. J'étais trop jeune pour m'en terrer là. Alors, j'ai repris ma liberté.

Vous avez divorcé.

ROfl

( )h î non. c'esl devenu trop bourg et puis, c'était tout à fait contre ses principe-. Non, nous vivons chacun de notre côté. Je suis restée en excellents termes avec le comte qui est un trèsgalanl homme. Nous nous écrivons et même, l'été, quand je prends mes vacances, il vient passer quelques jours auprès de moi dans une villa que j'ai au bord de la mer, en Bretagne, près de Saint-Lunaire, et où il y a pour lui une chambre d'ami.

D'ami?

ROSINE

Oh ! pas plus... et il ne vient que lorsque je Tinvile. Eh bien, votre femme n'est pas dans ces lermes-là avec vous?

IIURERT

Non, évidemment ; mais votre cas est exceptionnel. Je peux vous aimer sans torturer ma femme. Il n'est pas hesoin de s'afficher et on doit toujours éviter le scandale et l'éclat.. Ça n'est pas bien difficile.

ROSINE se levant.

Plus difficile que vous ne le croyez.

IIURERT se levant.

Il suffit de prendre des précautions...

I \ BASCU1 I.

ROSINE

-i gênant... Moi, j*aim< oir mou

aman! comme JC Veux ei quand je wu\.

( l'esl les obstacles au contraire < j 1 1 i alimentenl L'amour... tandis que la prt constante, l'éternel tête à tète, le perpétuel < ôte à côte, voilà ce qui tu<' L'amour... da Le mariage notamment. Où il n'y a p gêne, il n'y a pas de plaisir.

ROSINE

11 ne s'agil pas d'avoir son aman! tout le lemps auprès de soi, mais il faut l'avoir dans les moments où on le désire et, s'il esl marié, c'est justement dans ces moment-là

qu'on ne peut pas l'avoir.

Pas toujours.

ROSINE

Souvent... votre femme est jalouse?

Je ne sais pas... je ne lui ai jamais donné l'occasion de l'être...

ROSINE

On ne lit pas vos lettres, on ne fouille pas vos poches... on n'ouvre pas vos tiroirs ?

Il ne manquerait plus que ça... Non, je sors même sans ma bonne... je suis venu ce soir au théâtre, tout seul, comme un

grand jeune homme. (Rosine sur sa coUïeuse est allée prendre son vaporisateur et vaporise Hubert.) Holà !

qu'est-ce que vous faites?

I \ BA8( i II ROSINE

.!<• \ <»u^ parfume avec mon odeur.

III l.l l;l

( l'esl une odeur d'une t

Il prend une bro^soet bi n liai.it.

ROSINE

Pas du tout... C'est une odeur très fi no... Mais vous n'avez pas Pair content Alors, dites-moi, on \ ous sent ?

On mo sent, on ino sont... mais non no mo sonl pas... Seulement, n'est-ce p «•"est min odeur qui saute au nez et qui remplit toute mio chambre... Alors ça peut donner l'alarme* .. o! puis, c'ost inutile... Tenez, voilà des choses qui sont inutiles et <{ui

n'ont rien à faire, vous le reconnaîtrez, avec la grande passion.

ROSINE

Je ne peux pourtant pas me priver d'odeur.

IIURERT

Je ne vous demande pas de vous en priver, mais de m'en priver.

ROSINE allant reporter son vaporisateur sur sa coitTeuse.

Bien... bien... je suis fixée. ..

1IURERT

Voyons, Rosine, e'csl un enfantillage.

ROSINE

Non, non... décidément il faut y renoncer... cVsl dommage. Tout à l'heure, quand vous êtes entré, je ne pouvais pas deviner

LA BAS< i I I

que voua alliez me faire une déclaration et, pourtant, j';i\;ii> loul «le suite peu oua

demander de ra'emmener souper.

III IBERT

Mais c'esi une excellente idée... noua souperons.

Page 1