SCÈNE II HUBERT, AMÉDÉE
Marguerite n'est pas encore rentrée...
tant mieux! Il est vrai que ça ne m'avance pas à grand'chose... e'est reculer pour mieux
sauter. L'explication va (^tre dure.
AMEDKE
J'en ai peur.
Voyons, il no s'agit pas de perdre la tôte ; racontez-moi ce qui s'est passé, au juste.
AMÉdÉE
Mais je vous l'ai raconté en venant en voiture ; vous n'avez donc pas écouté ?
Si... seulement je n'ai pas très bien compris... J'étais un peu étourdi, et je le suis encore... on le sciait à moins...
AMÉDÉE
Eh ! bien, voilà : votre femme est arrivée à huit heures pour dîner chez nos cousins Droizar. croyant que vous veniez de
LA BÀS< I LE
votre côté, comme c'ét&il convenu; on vous ;i attendu jusqu'à neuf beui on
s'esl mis ;> table.
HUDBR1
( )n a 1 >i«*i i fait.
\MÈD\
Ah ! oui. Marguerite étail très inquiet nous la l'assurions tous d<> notre mieux. On téléphonai! chez vous toutes les dix minutes. Mais, comme vous ne veniez toujours pas. on craignait qu'il vous fùl arrivé un accident de voiture, ou que vous fussiez tombé dans la rue congestion, rupture d'anévrisme..,
HUBERT Oh !
AMKDÉE
Dame ! Toutes les suppositions étaient
permises... Vous comprenez L'état dans lequel cette attente avait mis Marguerite, si bien que, vers dix heures, n'y tenant plus, elle est partie avec ma femme, sous la conduite de Ghavresac, dans son coupé électrique, pour faire tous les commissariats delà rive droite, et moi, de mon côté, je devais faire les commissariats de la rive gauche.
C'est effrayant!
AMÉDÉE
Mais j'avais mon idée... je pensais bien que, s'il y avait quelque chose, ce devail être du côté de Rosine Bernier.,.
Femme dangereuse.
Et que, malgré vos serments, vous vous
170 LA BASCI I I.
rappelez le jour <!<• la fameuse dépêche, vous ;i\i<'/. recommencé avec cette femme,
III ui.iu
Je vous assure...
Wll'.hl'.l.
J'ai donc couru tout droit au Théâtre moderne... elle venait d'entrer en scène... je l'ai attendue, je me suis nommé, je lui ai exposé les motifs de ma visite, el alors j'ai [oui appris.
Femme très dangereui
AMHDKE
Mais non. elle n'avait pas fait ça méchamment... elle trouvait tout ça très drôle et, lorsque je lui ai représenté le mal
«{ii elle pouvait causer, elle s'est hâtée de me remettre un mol pour son domestique, lui mandant de vous délivrer.
C'est encore heureux.
AMEDÉE
Du Théâtre moderne j'ai couru à Passy, à son hôtel, j'ai remis la lettre au domestique qui vous a rendu la liberté, et je vous ai ramené ici.
iiriŒivr
Ah! quelle aventure!... Qu'est-ce que je vais dire à ma femme, à ma pauvre petite femme? Comment expliquer cette absence ? Voyons, Amédée, vous n'auriez pas une idée, vous ?