‹ La basculeChapitre 80 sur 84 · I.\ BA3< i LE M tRGI i.i'.i i i · texte numérisé non relu

I.\ BA3< i LE M tRGI i.i'.i i i

Ça va mieux... Ali I j'ai eu une telle émo-

I ion.

\i \i;i m; Je crois bien.

MARGUER1 n.

1 "esl affreux.

ElU MARI HE, • i'

Ces! la reaction.il faut la laisser pleurer.

Mais oui, tout ça esl très bien : ce n'es! rien, parbleu ! ce n'es! qu'une crise effroyable... mais il le fallait... c'est la crise salutaire. A la bonne heure, voilà d'excellentes larmes, ça fait plaisir à voir. Va, va,

ne te gène pas, ma pauvre petite femme...

verse des pleurs abondants.

Cependant Marthe est venue rejoindre Aniédée et Chavresac, qui causent a voix basse dans un coin du salon.

MARTHE, àAmédée.

Iluberl est devenu fou ?

AMÉDÉE

Mais non... ça doit èlrc son idée...

MARTHE

Où était-il... c'est encore quelque histoire avec Rosine Beraier?

AMKDKK

Oui, je vais vous expliquer.

Ils causent à voix liasse.

HUBERT) àsa tel è.

Allons! cVsl fini maintenant... c'esl fini.

Il veut l'embrasser.

Non, laisse-moi. Ah! vraiment, lu n'as pas de cœur. Alors, tu tntenl de me

voir pleurer. Commenl [Tu me laisses toute une soirée dans la plus cruelle incertitude, dans la plus horrible angoisse. Depuis deux heures, je cours tous les commissariats de la rive droite, redoutanl ;'« chaque instant d'apprendre que l u as été écrasé ou i sine... j'arrive ici, à moitié morte, el tu me reçois en riant. Tu trouves

Elle repleai JIL'RKRT. trè* énra.

Oh! non, je ne trouve p - risibledu tout; mais il fallait que tu fusses inquiète^ il n'y a pas à dire, il le fallait. Ton émotion, tes angoisses, les larmes, tout cela <Hait voulu, prévu, el si je ne suis pas venu

ce soir à ce dîner, eh ! bien, je l'ai fait exprès.

MARGUERITE

Tu Tas fait exprès!... mais pourquoi, dans quel but, quel homme es-tu donc?

Je suis un homme qui désire follement, ardemment avoir un enfant. Ali ! va, je le désire autant que toi.

MARGUERITE

Mais quel rapport cela a-l-il?

Tu vas comprendre... L'autre jour, j'ai rencontré un ancien camarade de collège...

MARGUERITE

Ah ! oui, je les connais, ces camarades-là. il s'appelle Durand, nfest-ee pas?

! \ BASCl LE

m i.i.iii

Pourquoi Durand .'... il s'appelle Lévj . justement Jacques Lévy, Alors, il m'a raconté une chose étonnante. Figure-toi qu'il était marié depuis quatre ans, comme non-. el il n'avail pas d'enfants. Sa femme en était très malheureux il<- était allé<

Luxeuil trois ans de suite, mais rien. Bref, l'année dernière, il devait diner en ville un soir, avec sa femme... ils y allaient chacun de leur côU imme poûs;

mais voilà qu'en |i;i»;nit sur le boulevard Montmartre, il est appréhendé par deux agents en bourgeois qui l'avaient pris pour un autre... erreur policière comme il s'en commet tant, hélas! Ils l'obligent à les suivre chez le commissaire de police qui n'était pas là. naturellement : il ne peut être interrogé qu'à dix heures et demie et

relâché à onze... il court chez lui et trouve sa femme, comme je t'ai retrouvée, en larmes, à demi-morte d'inquiétude. — Ah ! te voilà! — crise de nerfs d'abord, ensuite épanchements que tu devines et, neuf mois après, ils avaient un superbe petit garçon (pie Durand... que Lévy attribue à l'émotion que sa femme avait éprouvée.

MARGUERITE

Ou'cst-ee que c'est que cette histoire-là ? Tu ne m'as jamais parlé de ça.

Ah ! je ne t'en avais pas parlé, parce que j'avais mon idée; mais Amédée la connaît bien, l'histoire, n'est-ce pas, Amédée ?

Oui, oui, vous me l'avez en effet racontée.

LA B AS < i LE m BER1

El c'esl môme lui <|ni m'a conseillé d'employer ce moyen -là <i <!<■ provoquer en toi une émotion violente.

HARG1 BRI I I.

Comment, Vous saviez ça,., voua, Amédée, vous avez vu dans quel étal j'étais, el vous avez eu l<i tristecourage de me laisser toute une soirée!... mais vous êtes un misérable!

AMÉDÉE

Permettez, permettez, ma chère amie, je n'ai rien conseillé à Hubert.

Pardon, ne m'avez-vous pas * 1 i t : « Ce serait une expérience à tenter. Voyons, rappelez-vous. Ce sont là vos propres paroles

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AMÉDÉE

Oui, oui, j'ai pu vous dire ça sans y attacher d'importance, par manière de plaisanterie... mais je ne pouvais pas penser que vous prendriez cet le boutade au sérieux, que vous la mettriez en exécution, surtout ce soir où vous aviez le dîner de contrat de votre cousin dont vous êtes témoin.

MARGUERITE

Oui... Tu aurais pu choisir un autre jour.

Mais c'est précisément pour t'alarmer davantage que j'ai choisi une solennité à laquelle ma présence était indispensable. Comprends-tu ? .. tout cela était calculé, calculé!... Quand on entreprend quelque chose, il ne faut rien laisser au hasard.

LA BAS* i II

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