‹ La BasocheChapitre 13 sur 98 · AIR · texte numérisé non relu

AIR

Voici ge?

Lui? Clément?

(Avec force.)

Non! noni Elle ment! Elle ment!

(Réfléchissant.)

Et pourtant, au village Trois dimanches qu'il n'est venu!...

Qu'est-Cft donc qui l'a retenu ?

(Pensive.)

Volage?

Lui? Clément?

Non ! non ! J'en suis sûre, elle ment, Que je suii» lasse !

(Elle s'assied sw un banc devant l'iiôtellerie.)

De place en place, Suivant sa trace, J'ai tant marché, Tai tant cherché ; Combien de rues J'ai parcourues!

Que de chemin J'ai fait en vain! Mais dans la foule, Qui va, qui roule.

Pas un passant Compatissant !

Partout Pinsulte, Et le tumulte, Du bruit, des cris, C'est là Paris,

Paris, Ville damnée Qui, mon époux m'a pris 1 M'y voilà seule, abandonnée.

(Elle tombe à genoux.)

PRIERB

0 mon patron, saint Nicolas, Ne me délaissez pas.

Vierge Marie, Vous que je prie, Ramenez-moi mon doux Clément.

Nous nous aimions si tendrement, Faites qu'il s'en souvienne Et me revienne.

0 mon patron, saint Nicolas, Ne me délaissez pas 1

GLÉMBNT, dans l'hôtellerie.

Tu as, tout seul, Jan-Jan, vignes et prés(l; Tu as, tout seul, ton cœur et ta pécune, Tu as, tout seul, deux logis diaprés.

Là où vivant ne prétend chose aucune ;

COLETTE, se levant. C'est lui... Je ne me trompe pas î ..

CLÉMENT

Tu as, tout seul, le fruit de ta fortune , Tu as, tout seul, ton boire et ton repas; Tu as, tout seul, toutes choses, fors une C'est que, tout seul, ta femme tu n'as pas l

(1) Clément Marot, livre III, épigramme CGXXXVl.

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