ACTE PREMIER
COLETTE, vivement.
LÉVEILLÉ
Pour vous demander de lui pardonner, pour vous dire qu'il vous aime toujours et que ce n'est pas sa faute si, tout à l'heure, il n'a pu vous reconnaître...
COLETTE
Qu'est-ce donc qui l'en empêchait?
LÉVEILLÉ
De graves raisons... son avenir, son honneur, votre intérêt même. Il occupe à Paris, voyez-vous, une position qui le contraint à cacher, pour un temps, son mariage II ne pouvait pas vous expliquer ça devant tout le monde et ne s'btlendait pas à vous trouver ici. Vous avez donc quitté Chevreuse?
COLETTE
Ce matin... Je ne pouvais plus y tenir... Songez, trois longues semaines que je ne l'avais vu!... Ma mère ne voulait pas me laisser partir... Aller à Paris, disait-elle, dans cet enfer?... Mais je n'ai pas voulu la croire et je suis partie...
LÉVEILLÉ
Toute seule?
COLETTE
Toute seule à la recherche de mon mari, et j'étais si heureuse de l'avoir retrouvé. (Elle pleure.) Ah! oui, c'est un eiilor que votre Paris... et peuplé de méchantes gens ([ui se moquent de moi, m'insultent... ou me traitent de folle (Avec reproche) comme VOUS, tout à F heure.
LÉVEILLÉ
C'était à cause des autres.
n LA BASOCHE
COLETTE
C'est donc sérieux ?
LÉVEILLB
Très sérieux... et il faut me jurer que, quoi qu'il arrive, vous ne le trahirez pas, vous ne direz plus que vous êtes sa femme...
COLETTE
Oh! je vous le jure... Certes, je ne voudrais pas lui faire du tort... mais, au moins, ne le verrai-je pas?
LÉVEILLÉ
S' fait, si fait... tenez, ce soir, voulez- vous?... Je mo charge de vous l'envoyer.
COLETTE
A Ghevreuse?
LÉVEILLÉ
Non, pas si loinî... Il ne pourrait s'absenter sans attirer Tattention... mais ici, à l'hôteilerie du PkU-d'Etain, par exemple... installez-vous ^ et attendez en confiance, je vous réponds que vous le verrez.
COLETTE
Ahl que je vous remercie !
LÉVEILLé
Vous l'aimez donc bien?
COLETTE
Si je l'aime l ^Souriant.) Est-ce que ça ne se voit past