SCÈNE X . Les Mêmes, GUILLOT, puis COLETTE
GUILLOT, ouvrant sa porte.
Que désirez-vous?
MARIB
Un gîte pour... mon mari et pour moi.
GllLLOT, à part.
Ce sont des gens de la province qui viennent pour les fêtes .
LE DUC, à part.
S'il pouvait lui dire que son auberge est plein...
(Il fait des signes à Guillot.)
Alors, c'est une chambre qu'il vous faut. (Gestes désespérés du auc.) Non?... Ahl je comprends. Deux chambres sans doute?
MARIE
Oui, deux chambres séparées...
GUILLOT, à part.
Deux chambres ! pauvre petite ! (Se ravisant.) Aii fait, j'y gagne, moi. (Haut.) J'ai votre affaire.
LE nrc, à part.
L'animal !
GUILLOT
Seulement ce serp cher.
LE DUC
Ah 1 alors... (a Marie.) Allons-nous-en, c^est trop cher.
(Il foît mine de s'en aller.)
MARIE
Pour nous? Vous voulez rire ?.. Combien?
GUILLOT, à part.
Ils ont l'air cossu. (Haut.) Dix écus d'or... Ah! dame, on n'a pas cette occasion tous les jours de voir de près une reine de France, lillle fera son entrée dans Paris demain, sur le coup de midi. Vos seigneuries pourront l'admirer à leu** aise de leurs fenêtres... et, comme on la dit fort jolie, ce n'est pas trop demander, je crois, que dix écus, pour un pareil spectacle ?
MARIE
(Certes non. (Bas au duc.) 11 est fort civil, cet aubergiste.
GUILLOT
Auprès d'elle chevauchera le duc de Longueville, celui qui Ci^l allé Tépouser en Angleterre au nom du roi. (Bas.) S'il n'y avait que lui, je vous céderais mes chambres à moitié prix.
LE DUC
Pourquoi donc?