ACTE DEUXIÈME
Mais sortez donc!
COLETTE, ahurie.
C'est que...
MARIE
Sortez I
CLEMENT
Sortez !
MARIE
ENSEMDIE
Allons, mon joli roi, Rapprochez-vous de grâce.
Ou bien, entre nous deux, [faut-il que ce soit nnoi Qui supprinne Tespace ?
(Elle s'approche.)
CLÉMENT, à part.
Rapprochons-nous, ma foi, Il lautbien que je fasse Encor ce sacrifice à mon titre [de roi, Mais je serai de glace.
COLETTE, à part.
Leur permettre, sans moi, De rester face à face, Il a beau Texiger, je trouve que, ma foi, Je suis par trop bonasse.
MARIE, près de Clément.
(Elle sort.)
Z)e feindre plus longtemps, sire, il n'est pas besoin ; Vous savez qui je suis et je puis tout entendre. Parlez donc. M'aimez-vous ?
CLKMENT, à part.
Diable, comme elle est tendre !
A ce jeu-là nous pourrions aller loin.
MARIB
Vous vous taisez et prenez l'air farouche, Faut-il que, de ma bouche, S'échappent les premiers aveux ?
Ecoutez donc, alors, écoulez, je le veux.
Chez mon frère, là-bas, dans le parc rempli J'ombre^
Lorsque, par les sentiers bordés de vers luisants,
Je marchais, caressant les beaux rêves sans nombre
Où s'égarent parfois les tètes de seize ans ;
Lorsque je consultais la blanche marguerite
Pour savoir s'il m'aimait, le doux Prince Charmant,
C'est à vous que mon cœur songeait en le nommant,
Et je vous reconnus ce matin, tout de suite ;
Je me le figurais bien tel que vous voici.
Et si, pour m'éprouver, on m'était venu dire:
« Désignez-nous celui que votre cœur désire. »
Vous prenant par la main, j'aurais dit ; « Celui-ci. »
CLÉMENT, à p»rt.
Aurais-je vraiment fait une conquête?
Hum ! Tenons-nous bien !
Colette m'attend. . . De battre en retraite
Cherchons un moyen.
MARIE, boudeuse.
Eh quoi, vous gardez le silence ?
CLÉMENT, doucement
Je pense A votre époux.
Si vous m'aimez ce soir. . . demain, qu'en ferez- vous ?
MARIE, souriant.
Je l'aimerai. . . j'en donne ma parole,
Comme si c'était vous.
Embrassez moi pour lui. . •