ACTE TROISIEME
LB ROI
Mais du tout! Je suis le roi Louis, votre mari.
GOLBTTB, avec calme.
Non...
LE ROI
Interrogez tous ceux qui nous entourent, ils vous diront...
COLETTE .- ■ ' j
inlerrop^ez? A quoi bon? Est-ce que je ne le <îonnais pas, mon mari ?
COUPLETS
En riionneur de notre hyménée Les cloches avaient pris leur vol, L'église était illuminée, Mille fleurs en jonchaient le sol.
Sous un dais m'apparut le prêtre Debout devant Faulel fleuri, Il me dit : « Voici votre maître, Votre seigneur, voire mari...
Je vais, selon la loi divine, Vous unir tous deux pour toujours ; Que ce lien soit Porigine De vos éternelles amours ! »
LE ROI, àl'écuyer.
Ah! je comprends... c'est le duc de Longueville... Mais pourquoi l'a-t-il laissée dans une semblable erreur? (A Colette.) H ne vous a donc pas expliqué...
COLETTE
Quoi?
L ROI
Xnliii... Que vous disait-il?...
COLETTE
Me tenant contre lui serrée, Il me jurait que désormais Je serais sa femme adorée ^ Et qu'il m'aimerait à jamais...
Sa bouche effleurait mon sourire,
Il avait un air attendri,
Tout bas je Tenlendais me dire.
Aimons-nous, je suis ton mari 1
Obéis ; c'est la loi divine,
Tu m'appartiens et pour toujours ;
Que ce baiser soit l'origine
De nos éternelles amours.
LE ROI, à part.
Le traître ! . . . (il fait un geste. Les courtisans se retirent dans la galerie du fond en chuchotant.) Comment avez-VOUS pu SOUtfrir
de sa part un pareil langage?...
N'était-il pas mon mari? N*étail-il pas le roi?
LE ROI
Le roi? Il vous a dit qu'il était le roi?
COLETTE
Pas tout de suite... pour une raison que je n'ai pas très bien comprise... Ce n'est que cette nuit, au Plat-d'Etain, qu'il rn'a tout avoué...
LE ROI
Pour VOUS fasciner, pour vous éblouir... (a part.) Le misérable.
COLETTE
<)hl nonl Je l'aimais tout autant avant de le connaître ..