‹ La basoche, opéra-comique en trois actesChapitre 51 sur 100 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

COLETTE, ayec un reproche.

Quelqu'un vous attendait pourtant.

(Clément la regarde avec étonnement.)

Cette personne, A laquelle, tantôt, vous fîtes les doux yeux.

CLÉMENT

C'était pour mieux donner le change Et mieux cacher notre secret.

GOLBTTB

'^lUe est folle de vous.

ÉLÉMENT

De moi? C'est bien étrange.

Je ne la connais pomt.

COLETTE, piquée.

Vous faites le discret.

CLÉMENT

Eh quoi, méchante, une querelle l

COLETTE, tombant dans ses bras.

Ah 1 ne me trahis pas pour elle l

CLÉMENT

Pour la première fois, je la vis ce maim. Va, ton Clément n'est pas un libertin.

(Très amoureusement.)

Pourrais-je aimer une autre femme?

Ah ! ne crois pas que je te mens,

Et que je sois assez infâme

Pour trahir mes anciens serments.

Pourrg^is-je aimer une autre femme?

Ne sais-tu pas que désormais

Je ne peux plus, ô ma chère âme,

Aimer plus que je ne t'aimais?

Je t'appartiens et pour jamais,

Pourrais-je aimer une autre femme?

(Il la serre sur son cœur.)

ENSEMBLE

CLEMENT

Sois donc rassurée !

Tu seras toujours Ma seule adorée, Me^ seules amonn.

COLETTE

Je suis rassurée 1 Je serai toujours Ta seule adorée.

Tes seules amours.

COLETTE

Si ta tendresse vaut la mienne,

Eh bien, cachons nous, cher Gloment ;

Je tremble qu'elle ne revienne

Et je crains tout pour mon amant.

Viens, là-haut, viens dans la chambrette,

Où tu n'appartiendras qu'à moi.

Et ne crois pas que je regrette

D'y vivre seule avec mon roi.

Mon joli roi ; Ce n'est pas l'humble campagnarde Que, sur ton cœur tu presseras.

Mais c'est ta femme qui te garde 2* veut mourir entre tes bras.

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