‹ La Basoche; opéra-comique en trois actes. Paroles de Albert CarréChapitre 16 sur 104 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

COLETTE, CLÉ.MENT MAROT, LÉVEILLÉ, ROLAND, Clercs et Béj.\u.\es.

COLETTE, allant à Clément.

B'jiijour, ami, c'est moi, Colelle.

CLÉMENT, bas ù Léveillé.

0 ciel! Quel embarras!

Pourquoi cette mine inquiète?

Allons, tendez vos bras, Et reconnaissez voire femme.

ROLAND, vivement.

Sa femme?

LÉVEILLÉ, à part.

Patatras!

ROLWD, à Colette.

Quoi, VOUS seriez?

Oui, sur mon âme, Je ne m'en cache pas.

ENSEMBLE

Les statuts de la Basoche Ordonnent le céliljat ; Siu' lui mon triomphe est proche S'il a forfait au contrat.

Ses yeux cachent un reproche Ne m'aime-l-il plus Tingral?

Il recule à mon approche.

Ah! je sens mon cœur qui bat.

LES C-LERCS

Les statuts de la Basoche

Ordonnent le célibat Elle oliàtimenl est proche S'il a foifait au contrat.

CLIi.MENT et LEVEILLE

Mon ) cœur (jui n'est pas de Son ) froche,

Soutient un cruel combat, -Maudite soit la Basoche El sa loi du célibat.

AflTE PREMIER 21

ROLAND, Q Cément.

Que diras-lu pour ta dcfense?

LES CLKRCti

Rt'ponds sans embarras.

(clément hosiie.) LKVEILLÉ

Colle fillolle est en démence; 11 ne la connaît pas.

(n clicrclie à entraîner les clercs.) CLÉMENT, bas à Colette.

Colette, il faut être clt'menle Hlon honneur est en jeu.

(Colette fond en lai mes.) (Bas à Léreiilé.)

Vois, elle pleure et se lamente, Mieux vaut risquer l'aveu.

(lé-eillé l'empêche de jiarler.) BOLAND, aux clercs.

De son crime, il nous faut la preuve.

(a Colette.)

Point de mots superflus.

(Lui montrant Clément.)

Esl-il votre époux ?

COLETTE, après avoir longuement regardé Clément, d'un air égaré.

Je suis veuve.

Et mon mari n'est plus.

(Tiistement.)

LA BA^iOCHE

J'en avais un naguère El qui lui ressemblait, Je le croyais sincère, Aucun ne l'égalait, liélas : combien est brève La saison des amours.

11 est fini le rêve Et fini pour toujours !

(LéveiUé retient Clémenl [.rêt à s'élancer.

ENSEMBLE

CLE.MENT (t I.EVKILLE

M'en ) -p

r > voua quille,

Mais non pas pour toujours,

Car dans la suite

Je crains pour ( mes )

^ ] amours.

( ses )

ROLAND

Je l'en liens quille.

Mais non pas pour toujours, Car la petite Me dira ses amours.

LES CLERCS

Pauvre petite, Les noirs chagrins d'amours

Ont mis en fuite Sa raison pour toujours.

(ils sortent lentement, en jetant sur Colette des regards de ccimpassion. Roland sort le dernier. An bout d'un instant, LéveiUé reparaît, regarde derrière lui avec précaulion et va p Colette, qui est allée tomber en pleurant sur une des bornes de la fontaine. y

Page 1