ACTE PREMIER
MARIE
AIR
Mon escorte ? Mes geas? Je les ai plantés là, Et loin d'eux me voilà !
Ah ! lamnsaute promenade !
La délicieuse escapade !
Quelle joie, oubliant grandeur et royauté, De courir devant soi, tout droit, en liberté ; Qu'une bourgeoise, en celte vie,
A de bon'ieur ! Elle agit à sa fantaisie,
Au gré de son humeur.
Que je Teavie 1 Ah ! oui j'envie Sa libre vie !
Pourquoi cet air railleur ?
(Longueville sourit.)
A la cage la mieu.x dorée, L'oiseau préférera toujours Des grands cieux la voûte azurée Et le bocage plein d'amours.
Demain, je reprendrai ma chaîne ; Demain, hélas ! je serai reine, Enfermée en ma cage d'or; Une dernière fois, laissez-moi rire encor. Ah ! Tamusanie promenade 1 La délicieuse escapade !
Quelle joie, oubliant grandeur et royauté, De courir devant soi, tout droit, en liberté !
LE DUC, à part.
Voilà ce que c'est que d'épouser une fillette de seize ans dont on pourrait être le père. (,Haut."t Oui, je vous comprends, c'est de votre âge ; mais il se fait lard, nous allons nous en retourner.
34 LA DASOCIIE
MARIE
Où cela?
Là-bas, aux portes de Paris, où nous nltendcnt voire corlège et voire vieille gouvernante qui doit être en des angoisses . . .
A PoDloise ? Ah ! non, par exemple. D'ailleurs vous n'en pouvez plus. Nous allons entrer là, au Plal-d'Etain; la maison me parait convenable, nous y souperons, nous y passerons la nuit, et demain, à la premièîre heure. . .
Une reine de France a l'auberge? Je ne puis y conscnlir. Songez à ma responsabilité. Que dira le roi?
MARIE
D'abord, il n'en saura rien... el puis c'est sa faute... S'il avait mis plus d'empressement à me recevoir, s'il ne m'avait pas condamnée à allendro lout un jour el toute une nuit, dans un affreux village, le plaisir de connaître Paris, jamais je n'aurais eu l'idée de venir m'y promener en cachette. Quel mal fais-jc, après lout ? Ne suis-je pas sous la garde de mon mari?
LE DUC
Votre mari ?
MARIi:
C'est vous, puisque vous m'avez épousée.