‹ La Basoche; opéra-comique en trois actes. Paroles de Albert CarréChapitre 87 sur 104 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

Sa bouche effleurait mon sourire,

Il avait un air attendri,

Tout bas je l'entendais me dire.

Aimons-nous, je suis ton mari!

Obéis; c'est la loi divine,

Tu m'appartiens et pour toujours ;

Que ce baiser soit l'origine

De nos éternelles amours.

LE ROI, à port.

Le traitre! Avoir de la sorte abusé de l'ignorance de

celle jeune princesse!.. (ll fait un geste. Les courtisans se retirent dans la galerie du fond en chuchotant.) Commeut avez-VOUS pu

souffrir de sa part un pareil langage ?..

COLETTE

IS'élait-il pas mon mari? N'élait-il pas le roi?

LE ROI

Le roi? Il vous a dit qu'il était le roi?..

COLETTE

Pas tout de suite... pour une raison que je n'ai pas très bien comprise...

LE ROI, à part.

Je la comprends, moi...

COLETTE

Ce n'est que celte nuit, au Plat-d'Etaio, qu'il m'a tout avoué...

LE ROI

Pour vous fasciner, pour vous éblouir... (a part.) le misérable!...

COLETTE

Ohl non! Je l'aimais loul autant avant de le connaître.

LE ROI

Vous Taimez?

COLETTE

De tout mon cœur... Roi ou pauvre diable... C'est lui qui j'aime, c'est lui que j'aimerai toujours!...

LE ROT, à part.

Allons!., je vois ce qui me reste à faire...

UN PAGE, annonçant.

Monseigneur le duc de Longueville.

LE ROI, Il port.

Lui!.. (liant.) Priez-le de m'attendre ici... (a part.) Je veux savoir comment il pourra ni'expliquer sa conduite abominable... (a Colette.) Venez, madame....

COLETTE

Vous allez me conduire auprès de lui?

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