L'achat de poussins d'un jour
4. L'achat de poulettes prêtes à pondre. 4. L'achat de sujets reproducteurs adultes.
Les deux premiers moyens, l'achat d'œufs d'incubation et l'achat de poussins d'un jour, sont sans doute les plus économiques, mais il faut avoir soin de voir à ce que ces œufs ou ces poussins proviennent d'espèces très productives et de basses-cours qui ont été éprouvées pour la pullorose (Diarrhée bacillaire). L'emploi d'œufs d'incubation a un désavantage, cependant, c'est qu'il nécessite de gros frais pour l'installation d'un matériel d'incubation; le deuxième moyen, l'achat de poussins d'un jour permet d'éviter cette dépense.
Il y a certes beaucoup à dire en faveur du système qui consiste à renouveler la basse-cour tous les ans au moyen de poussins d'un jour, que l'on conserve pendant la période de ponte. On s'évite ainsi tous les ennuis et les risques de la reproduction, on n'est pas obligé de garder de coqs avec la basse-cour, et l'on obtient une ponte moyenne plus élevée que l'on n'obtiendrait d'un parquet de poules adultes, conservées pour la reproduction la saison suivante.
Que l'on fasse éclore chez soi, ou que l'on achète des poussins d'un jour, il faut, dans un cas comme dans l'autre, s'y prendre de bonne heure, afin que les poulettes soient bien développées et qu'elles pondent au moment où les œufs se vendent le plus cher.
Le troisième moyen, l'achat de poulettes formées, se recommande lorsque l'on désire établir la basse-cour à l'automne de l'année, car les poulettes sont alors prêtes à se mettre au travail et à rapporter de l'argent à leur propriétaire pendant l'hiver, mais ce n'est que dans ces circonstances que l'on doit avoir recours à ce moyen, car le cultivateur peut élever des poulettes à bien meilleur compte que le prix auquel il peut généralement les acheter. Il y a aussi le danger toujours possible que ces sujets adultes achetés n'introduisent l'infection dans sa basse-cour sous forme de maladie ou de parasites internes.
On peut parfois se procurer à prix très raisonnable des sujets adultes chez des éleveurs réputés, mais le danger dont nous venons de parler existe toujours,
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et l'on devrait prendre toutes les précautions pour s'assurer que les oiseaux achetés ne portent ni maladies, ni parasites.
Dans la conduite du troupeau, on devrait se faire une règle de ne pas garder plus de 25 à 30 pour cent des femelles pour Tannée suivante; en d'autres termes, les vieilles poules devraient, chaque saison, être remplacées par des poulettes dans la proportion de 50 à 75 pour cent, car les poulettes donnent invariablement une moyenne d'œufs plus élevée que ne font les poules et pondent en plus grande abondance à l'époque où les œufs font prime; elles sont donc plus avantageuses que les vieilles poules.
La sélection ou la réforme, régulière et continue, est préférable à la sélection intermittente. Dès qu'une poule paraît trop grosse et devient paresseuse, envoyezla au marché. Vous maintiendrez ainsi une haute moyenne de production.
Logement et conduite
Les poules ne peuvent bien rapporter qu'à la condition d'être bien logées. Le poulailler doit être bien éclairé, sec, bien ventilé, et surtout sans courants d'air. Un poulailler de 16 par 32 pieds, surmonté d'un grenier de paille, est suffisant pour une centaine de poules. On peut le diviser par une cloison, pour mettre les poulettes d'un côté et les poules de l'autre. La cloison se place suivant la proportion relative de poulettes et de poules dans le troupeau. S'il faut un poulailler plus grand quand le nombre de poules dépasse la centaine, il vaut mieux l'agrandir dans le sens de la profondeur, car un poulailler est d'autant plus exposé aux courants d'air qu'il est plus long et plus étroit. Un poulailler de 32 x 20 pieds peut contenir de 150 à 200 oiseaux.
Nous sommes prêts à fournir des plans de l'un ou l'autre de ces poulaillers (16 x 32 pieds ou 20 x 32 pieds) ou des deux si on le désire. Adressez votre demande à la Division de l'aviculture, Ferme expérimentale centrale, Ottawa.
La basse-cour devrait être confiée à un membre de la famille, qui en est tenu responsable. C'est là un excellent apprentissage pour un garçon ou une fille; si le "basse-courier" est traité comme un partenaire ayant part aux bénéfices, il répond presque toujours à la confiance que l'on met en lui.
On doit tenir un compte exact de tous les déboursés et recettes, et tous les produits consommés sur la ferme, œufs et volailles, doivent être inscrits au crédit de la basse-cour, tout comme s'ils avaient été vendus de la façon habituelle.
Nous avons des feuilles de comptabilité avicole pour les œufs et les volailles, que nous enverrons à ceux qui nous en feront la demande par écrit. Bien employées, ces feuilles montrent exactement où en est la situation de la bassecour à la fin de chaque mois. Cette inscription quotidienne des notes rend le travail beaucoup plus intéressant et encourage le "basse-courier" à prendre un meilleur soin des volailles.
Alimentation
Les poules et les poulettes doivent être nourries séparément, car une nourriture qui convient aux poulettes peut rendre les poules trop grasses. Il y a bien des modes d'alimentation; c'est à l'aviculteur à choisir celui qu'il préfère. En général, le plus simple est le meilleur à condition que tous les besoins soient satisfaits. L'ancienne méthode consistait à donner de la pâtée molle, c'est-à-dire bien humectée, mais les aviculteurs cherchant à abaisser les frais de production ont trouvé dernièrement que la nourriture sèche donne de tout aussi bons résultats, et c'est celle que l'on emploie généralement aujourd'hui. On mélange les grains moulus, tout comme on le faisait pour l'ancien genre de pâtée, mais au lieu de les humecter pour chaque repas, on met une certaine quantité du mélange, suffisante pour quelque temps, dans une trémie, où les poules ont libre accès. Le grain rond est jeté dans la litière, comme auparavant. Outre une variété de grains
sains, les poules doivent avoir de l'eau pure en tout temps, de la viande sous une forme quelconque, de la verdure, de la coquille d'huîtres et du gravier. Le lait sur, que l'on a sur la plupart des fermes, est sans égal pour l'élevage des poussins ou l'alimentation des poules pondeuses. Lorsque les poules sont tenues renfermées, nourrissez-les de façon à ce qu'elles aient toujours de l'appétit pour le grain rond, que l'on éparpille le matin dans une litière profonde, afin de les tenir occupées, et que l'on peut donner le soir dans des auges ou dans des boîtes.
Si vous n'avez pas de lait, vous serez obligé de donner son équivalent sous forme d'autres substances animales, comme la farine de poisson ou la farine animale.
Une bonne pâtée pour les poulettes pondeuses ou les poules de reproduction est la suivante: son ^ partie, farine de feuilles de luzerne J partie, recoupes ou gru blanc (Middlings) , blé d'Inde jaune moulu, et avoine finement moulue 1 partie de chacun; mélange de substances animales, h partie; sel, 1 pour cent; huile de foie de morue, 2 pour cent; et farine d'os, 3 pour cent.
Si vous n'avez pas de lait et que vous désiriez avoir une forte ponte, augmentez la proportion de substances animales dans la pâtée. Pour obtenir de bons résultats d'éclosion, les sujets reproducteurs doivent recevoir, au moins, un tiers de lait en poudre dans le mélange de substances animales.
Conditions idéales de parcours pour l'élevage de sujets sains.
Si vous avez des grains cultivés sur la ferme, employez-les au lieu d'acheter des aliments, le blé finement broyé à la place du son et du gru. et l'orge au lieu du blé d'Inde; mais si vous le faites, donnez toujours de l'huile de foie de morue; de même le trèfle et la luzerne, si l'on ne peut pas s'en procurer sous forme de farine, doivent être donnés sous forme de foin bien feuillu.
CAL/BCA OTTAWA K1A 0C5
Vente ou placement des produits
Quel que soit le soin avec lequel la production est conduite, le bénéfice dépend dans une large mesure du mode d'écoulement des produits. Le vente directe du cultivateur au consommateur est le mode de vente idéal; si elle ne peut se faire à cause de l'éloignement, on devrait chercher à passer par aussi peu d'intermédiaires que possible. Si le producteur ne se trouve pas à proximité d'un bon marché de détail, le cercle coopératif d'œufs est peut-être le meilleur moyen. Quel que soit le système adopté, ayez soin de ne mettre sur le marché que des produits de haute qualité. Si vous expédiez à un cercle, n'expédiez que des œufs strictements frais, d'une bonne grosseur et d'une belle couleur. Gardez pour vous tous les œufs petits ou d'âge incertain, qui feraient tort à votre réputation si vous les mettiez en vente et qui abaisseraient le prix reçu pour les bons œufs. Lorsque vous alimentez un commerce particulier, vous obtiendrez de meilleurs prix en mettant les œufs dans des cartons propres, portant votre nom et d'autres renseignements que vous pouvez juger utiles. Prenez les mêmes soins lorsque vous vendez des volailles de consommation. Voyez à ce que ces volailles soient bien en chair. Si elles sont tuées, présentez-les bien parées, c'est-à-dire bien habillées.
Tâchez, autant que possible, de répartir la vente sur tous les mois de l'année. Si vous avez des parquets de reproduction, ayez soin que toutes les femelles employées dans ces parquets aient la taille, le type, la vigueur et la capacité de production nécessaire pour faire de bonnes mères, et accouplez-les à des mâles soigneusement sélectionnés, qui amélioreront leur progéniture. Vendez le surplus d'œufs d'incubation et de poussins d'un jour que vous pouvez avoir; ne gardez pas jusqu'à l'automne vos cochets de surplus, provenant des premières incubations; vendez-les dès qu'il sont prêts comme poulets de gril; vous en obtiendrez un meilleur prix. En pratiquant la sélection et la réforme de façon continue plutôt que de temps à autre, comme nous le disions plus haut, vous aiderez à répartir la vente des volailles de consommation sur toute l'année, et vous éviterez ainsi l'encombrement du marché et l'effondrement des prix qui en résulte.
Ottawa: Edmond Cloutier, Imprimeur de Sa Très Excellente Majesté le Roi, 1941.