‹ La Bastille des comâediensChapitre 120 sur 122 · Ed. de 1S2L Y · texte numérisé non relu

Ed. de 1S2L Y

Garaccioli publia à ce sujet une pièce de vers, où il répandit son enthousiasme :

Je Fai baisé dix fois cet édit précieux Qui, sur les mcdlieiireux^ étend sa bienfaisance.

Un arrêt du Conseil, du 2 mai 1782, ordonna (( la vente et adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des terrains et matériaux de la prison de For l'Evêquei. »

Le For l'Evoque fut détruit l'année d'après ^ et le terrain en fut vendu à des particuliers, puisque l'indication ne s'en trouve plus sur le Sommier des propriétés nationales dressé au courant de la Révolution.

L'immeuble construit sur son emplacement porta, jusqu'au milieu de ce siècle, le numéro 65, sur la rue de Saint-Germain-l'Auxerrois, et le numéro 56 sur le quai de la Mégisserie. La concordance s'établit par la comparaison du Terrier royal de 1700 3 avec la partie correspondante du cadastre impérial, dressé au commencement du xix" siècle. Sur le cadastre impérial le plan môme de l'im-

1. Paris, imprimerie royale, 1782, plaquette in-4« de 3 "^. — Arch. nat., AD + 1056, à la date.

2. John Howard, Etat des prisons, trad. française (1791, in-S"), 1, 1783.

8. Archi nati^ Qj 1/1099/4, f. 59 verso; reproduit ci-dessus p. 37*

LE FOR l'ÉVÊQUE 309

meuble est dessinée Cette construction dut être démolie vers 1838, si nous nous en rapportons à la gravure insérée dans le Pains historique de Charles Nodier publié en 1839'-. Un nouvel immeuble fut construit après cette date dont on trouve le dessin sur le Panorama des quais de Pains en 1860^. Ici la concordance est établie par la comparaison avec les numéros du plan Jacoubet. Maquet, Girault de Saint-Fargeau et d'autres historiens^ rapportent qu'ils ont encore vu dans les caves traces des oubliettes de l'ancienne prison. De ces oubliettes il ne reste en tous cas plus vestiges dans les caves de l'immeuble actuel, que nous avons pu visiter grâce à l'obligeance du propriétaire M. Gissien. 11

1. L'îlot du cadastre impérial, où se trouvait l'emplacement du For l'Evèque, est reproduit p. 303. Sur cette reproduction, on a teinté l'emplacement de l'ancienne prison. — Cf. Dulaure, éd. de 1821, V, 548.

2. Paris historique, promenades dans les rues de Paris, par Charles Nodier. Paris, 1839, 2 vol. in-8°. La vue de l'emplacement du For l'Evêque se trouve en tête du tome II. Pour donner un aspect plus pittoresque à son dessin, l'artiste a mis dans le fond la perspective de la rue Bertin-Poirée (la maison qui fait le coin à gauche est encore conservée aujourd'hui telle qu'elle). Cette perspective se trouve, en réalité, sensiblement plus à droite et on ne devrait pas l'apercevoir sur le dessin reproduit ci-contre d'après le volume de Nodier.

3. La gravure est reproduite ici. Le panorama des quais est disposé en lignes parallèlement superposées sur la page, comme des lignes d'imprimerie. L'immeuble construit sur l'emplacement du For l'Evêque se trouve précisément coupé en deux à la fin d'une ligne et le commencement de la ligne suivante. On a rabouté les deux parties pour obtenir le dessin reproduit ci-contre.

4. Girault de Saint-Fargeau, p. 236 ; — Alboise et Maquet, les Prisons de l'Europe, II, 362.

ne faut d'ailleurs pas perdre de vue l'observation de VioUet-le-Duc constatant que presque toutes les oubliettes, signalées dans les anciens châteaux, prisons et monuments semblables, sont de vulgaires fosses d'aisance.

Ce nouvel immeuble fut à son tour démoli en d863. Le terrain en avait été exproprié l'année précédente par la ville de Paris, avec des terrains avoisinants, et revendu à des particuliers. L'immeuble, que l'on voit aujourd'hui, portant le numéro 16 sur le quai de la Mégisserie, le numéro 19 sur la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, fut construit sur l'emplacement ^

1. Ci', les titres de propriété dans l'étude de M' Champetier de Ribes, 8, rue Sainte-Cécile.

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