‹ La Bastille des comâediensChapitre 18 sur 122 · TERRIER ROYAL DE 1 7OO · texte numérisé non relu

TERRIER ROYAL DE 1 7OO

La rue de la Quenouille et la rue des Fuseaux, ont été mises par erreur 1 une à la place de 1'.

TOPOGRAPHIE ET BATIMENTS

Plan,tt Dejcrtftion du (hiarUer de S. Op^ûrtune'; avec J'dà Riie^s etJe4f JL imiter .

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PLAN DE LA CAILLE (i7M)

TOPOGRAPHIE ET BATIMENTS

Le For l'Évêque s'élevait rue Saint-Germainl'Auxerrois, entre la rue de l'Arche-Marion (débouché de la rue des Bourdonnais) et la rue des Fuseaux (débouché de la rue Bertin-Poirée), avec façade sur le quai de la Mégisserie. Aujourd'hui les rues de l'Arche-Marion et des Fuseaux s'appellent rue des Bourdonnais et rue Bertin-Poirée, ayant pris les noms des voies dont elles sont le prolongement. La rue de l'Arche-Marion passait sous le quai et débouchait par une arche sur la berge de la Seine. C'était le passage pour les bestiaux, encore nombreux dans Paris, que l'on menait se désaltérer à la rive. Aussi la rue en était-elle souvent appelée rue de l'Abreuvoir-Marion. Le nom d'Arche-Marion venait précisément de l'arche que formait le passage sous le quai pour conduire à la rivière. On montrera plus loin que le For l'Evoque correspondait exactement à l'emplacement qu'occupe aujourd'hui l'immeuble qui porte le

numéro 16 sur le quai de la Mégisserie et le numéro 19 sur la rue Saint-Germain-l'Auxerrois. Les meilleurs auteurs ont commis une erreur topographique — bien excusable dans leurs travaux si étendus — en plaçant le For l'Evêque au coin de la rue de TArche-Pépin, où un pignon de Tancienne prison aurait encore subsisté au commencement de ce siècle K

Le For TÉveque appartenait aiasi, dans l'ancien Paris, non pas assurément à l'un des quartiers les plus brillants, mais à l'un des plus pittoresques. Le quai de la Mégisserie s'étendait depuis le Pont- Neuf jusqu'à la vieille vallée de Misère proche le Grand-Ghâtelet-. Sous le règne de Charles V, on le

1. Frédéric Lock, Dictionnaire topogi'aphique et historique de Vancien Paris avant Vannexion (Paris, s. d., vers 1860, in-16), p. 363; — Cocheris, éd. de l'abbé Lebeuf, I, 177; — Tanon, op. cit., p. 170; — Fernand Bournon, Supplément à Tabbé Lebeuf, p. 14.

2. La vue reproduite ici, le Pont-Neuf du côté du Louvre sur le grand bras de la rivière, tel qu'on le voit du Pont au Change, montre dans le coin, à droite, le pâté de maisons au milieu duquel est le For TEvêque. Celui-ci y est nécessairement figuré. Le dessin — dessin d'artiste — n'a pas la précision d'un travail d'architecte. Les deux arches que l'on voit, dans le coin inférieur adroite, s'ouvrant sur la berge, sont l'Arche-Marion et l'Arche-Pépin : audessus, allant de l'une à l'autre, le quai de la Mégisserie, avec le For l'Evêque. Du moins cette vue donne-t-elle l'aspect de cette partie de Paris : c'est la vue que l'on avait, aux xvii'-xviiii" siècles, de celles des fenêtres du For l'Evêque qui s'ouvraient sur la Seine.

Dans la vue du pont au Change, également reproduite ici (frontispice), on voit, au contraire, assez nettement, vers le milieu du pâté de maisons qui se trouve au quai de la Mégisserie, s'étendant d'une arche à l'autre, le bâtiment du For l'Evêque, grande

nommait quai de la Sauinerie, à cause du Port et du Grenier à sel qui en étaient proches ; puis il fut appelé quai de la Vallée de misère, parce qu'il y aboutissait* et quai de la Mégisserie des mégissiers qui en occupaient presque toutes les maisons. Les mégissiers préparaient les peaux en blanc et les mettaient en état pour les gantiers et les peaussiers; mais, dans la suite, ils quittèrent le bord de la Seine, l'eau des Gobelins s'étant trouvée meilleure pour leur métier. Ils furent s'établir au faubourg Saint-Marceau '^ Et les maisons qu'ils délaissaient furent occupées par les ferronniers, les marchands de ferraille, qui baptisèrent la partie du quai en prolongement. Le quai de la Mégisserie fut souvent lui-même, au xviif siècle, appelé (( quai de la Ferraille ». Si l'on consulte le terrier du roi, fait en suite d'un arrêt du Conseil du 14 décembre 1700', on voit que la plupart des

construction carrée, en façade sur le quai, sans caractère, s'éievant à une hauteur de quatre étages.

Le bâtiment du For l'Evêque, sur le quai de la Mégisserie, ne présentait donc aucune différence notable, si ce n'est par la largeur plus grande, d'avec les constructions avoisinantes. Il n'en devait pas être de même sur la rue Saint-Germain-l'Auxerrois, où, comme nous le verrons plus bas, une partie de la construction ancienne, datant du xiii° siècle, avait été conservée.

1. On nommait « Vallée de misère » une place, en contre-bas de rues voisines, située à gauche du Grand-Châtelet, et qui avait reçu ce nom des ruines qu'y avait amoncelées le débordement de la rivière en 1496.

2. Recueil des Ordonnances des rois de France, II, 383, note.

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