J. K* P^ VU
PLAN DU FOR L EVÊQUE EN I774 (par le concierge DINANT DU VERGER)
LE FOR LÉVÈQUE 49
Un siècle plus tard, en 1774, le concierge du For TEveque, Dinant du Verger, traça un plan de la prison, que nous reproduisons ici, et qui donne, non seulement les dispositions principales du bâtiment, mais raffectation des dilFérentes parties à Tusage de la prison.
Nous avons dit que, d'après le plan cadastral dressé au commencement du xix® siècle, le For l'Evêque occupait un rectangle de 9 mètres de large sur 35 mètres de long. Il ne faut pas tenir compte des dimensions indiquées sur le plan de Dinant du Verger. C'est un travail de dessinateur inexpérimenté, sans rigueur géométrique. A première vue on s'aperçoit que la grande cour est indiquée avec des dimensions proportionnellement beaucoup trop petites, tandis que, ce que le plan appelle « salle de jour du concierge », y occupe une place beaucoup trop grande; mais nous en devons retenir l'ordre et la disposition des diverses parties du bâtiment, renseignements par eux-mêmes très précieux ^
L'entrée de la prison était sur la rue Saint-Germain-1'Auxerrois, aue le plan appelle aussi « rue du For-FÉveque ». La porte s'ouvrait à l'extrémité droite du bâtiment. Elle donnait accès à un passage qui conduisait au premier guichet : passage très
1. L'original de ce plan est conservé à la Bibliothèque nationale^ «léparteinent dea manuscrits, ms. Joly de Heury 1293, f. 110.
bas, si nous nous en rapportons à la F radine :
Par trois guichets obscurs^ cl ouverture j^ressée^ Le nain le plus petit entre à tête baissée, Et ^ pour les entrouvrir^ cinq barbares filous En font bruire les clés et rouler les verrous.
Sur la gauche du passage, la descente aux « cachots noirs » et à la cuisine, au-dessus de laquelle se trouvaient les a chambres de pistole », chambres où les prisonniers étaient mis à plusieurs ensemble. Entre les deux guichets, la geôle où se faisaient les écrous. De la geôle on pouvait entrer soit au grefTe, bureau du greffier, soit, par une petite antichambre, à la salle de jour du concierge ayant vue sur les cours. Dans cette salle se rédigeaient les procès-verbaux, on y procédait aux interrogatoires de police, et c'était ia chambre de la question pour le grand conseil, composé de conseillers au Parlement. Deux cours communiquant l'une avec l'autre : une petite cour qui paraît avoir été couverte, et une grande cour où se tenaient toute la journée ceux des prisonniers qui avaient la « liberté du préau » ; c'était la très grande majorité. Celte grande cour avait 30 pieds (environ 10 mètres) de long, sur' 8 pieds de large. Dans cet étroit espace Mes prison-
1. Projet concernant rétablissement des nouvelles prisons, publié' par Dauban, livre cité, p. 4.
niers étaient, du matin au soir, véritablement entassés les uns sur les autres. Sur la cour prenaient encore jour des chambres de prisonniers, chambres (( communes » et chambres particulières, ces dernières louées aux détenus qui avaient les moyens de payer le loyer d'un logement spécialement réservé à chacun d'entre eux. Dans le fond de la cour, ayant vue sur le quai de la Mégisserie, que notre plan nomme « quai de la Ferraille », d'autres 'chambres de pistole, l'appartement du concierge ,et la chambre pour les séances ordinaires des conseillers du Parlement formant le conseil de la prison.
Le For l'Évoque avait une seconde entrée sur le quai ; elle était réservée à « Messieurs, » c'est-à-dire aux membres du Parlement.
La chapelle était aménagée au rez-de-chaussée Fur le quai de la Mégisserie. Les prisonniers y venaient entendre la messe tous les jours.
La grande cour était éclairée par un réverbère^
Le plan de Dinant du Verger, qui nous donne ces détails sur la disposition intérieure du For rÉveque, a été rédigé pour faire ressortir l'inconvénient que présentait une disposition qui donnait au concierge — responsable de la garde des détonus — un appartement ayant vue sur le quai,