‹ La Bastille des comâediensChapitre 26 sur 122 · Bibl. nat., ms. Joly de Fleury 1293, f · texte numérisé non relu

Bibl. nat., ms. Joly de Fleury 1293, f

2. Lettre da concierge Dinant du Verger, en date du 6 juillet 1768, publiée par Fr. Ravaisson {Archives de la Bastille, XII, 483-84).

3. L'événement des plus rares ou Vhistoire du sieur abbé comte de Buquoy, singulièrement son évasion du Fort VÈvêque [1706] et de la Bastille, l'allemand à côté [2° édit. s. 1. 1719, in-18), p. 76. Ce petit livre anonyme est de M'"" du Noyer, auteur des Lettres historiques et galantes.

il vit qu'il donnait sur le quai de la Vallée de misère (Mégisserie). Il est vrai que la hauteur était prodigieuse et qu'il fut eil'rayé de cette quantité de grilles de fer, qui régnent jusqu'en bas, avec une infinité de branches toutes hérissées de pointes, qui, regardant d'en haut, forment un spectacle des plus affreux : car on croit voir une foret toute hérissée de fer ».

Chambres et cachots étaient dans des conditions hygiéniques déplorables. Le magistrat, — de qui le mémoire rédigé en 1776 a été déjà cité, — écrit à ce sujet : « Les cellules destinées aux malheureux qui n'ont aucune faculté^, sont plutôt des trous que des logements. Celles qui sont sous les marches de l'escalier ont 6 pieds carrés. On y place cinq prisonniers. Ces antres, où l'on peut à peine se tenir debout, ne reçoivent de jour que celui de la cour. L'odeur en est infecte. Ils font horreur. «

« Les chambres, qu'on appelle communément la pistole, poursuit-il, sont aussi trop petites ; mais ce qu'il n'est pas possible de voir sans un soulèvement général de tous les sens, ce sont les cachots souterrains! Ces cachots sont au niveau de la rivière; la seule épaisseur des murs les garantit de l'inondation et toute l'année l'eau filtre à travers les voûtes. C'est là que sont pratiqués des réceptacles

1. C'est-à-dire destinées aux prisonniers qui n'avaient pas les moyens de payer la location d'une chambre spéciale.

do 5 pieds de large sur 6 pieds de long, dans lesquels on ne peut entrer qu'en rampant, et où l'on enferme jusqu'à cinq hommes, même en été. L'air n'y pénètre que par une petite ouverture de 3 pouces percée au-dessus de l'entrée, et lorsqu'on passe visà-vis l'on est frappé comme d'un coup de feu. Ces cachots, n'ayant de sortie que sur les étroites galeries qui les environnent, ne reçoivent pas plus de jour que ces souterrains oii l'on n'aperçoit aucun soupirail'. » Le For TEveque était, avec le Petit-Châtelet, la prison de Paris la plus « effrayante » par ses « horribles cachots ^ ».

Il s'élevait à une hauteur de quatre étages, audessus du rez-de-chaussée, sans compter le grenier à lucarnes qui servait de garde-meubles ^.

Les bâtiments, mal entretenus, étaient en 1776 dans le plus mauvais état^, délabrement rappelant celui de 1583 décrit par M' Gauquelin.

1. Projet concernant rétablissement de nouvelles prisons {ill6), publié par Dauban, p. 4.

2. John Howard, Etat desprisons, trad. française (1791, in-8°), ï,

3. Voir les détails donnés par l'abbé de Buquo}', L'événement le plus l'are ou Vhistoire du sieur abbé comte de Buquoy, singulièrement son évasion du For VÈvêque (1706) et de la Bastille^ éd. de 1719, p. 74-82,

4. Projet concernant l'établissement de nouvelles prisons, loc. cit., p. 4.

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ORDRE DU ROI D INCARCERATION AU FOR L EVEQUE (D'après l'original conservé dans les archives de la Bastille.)

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