Un coffre bien ferré pour mettre les clefs du château
1Z1. Pour avoir des gardes pour les prisonniers, il faudroit faire entrer aux Invalides ceux qui nous servent en ce genre là. L'on seroit sûr de les avoir en tout temps, en observant de ne les point détacher de l'hôtel.
i5. Tenir un registre où il y auroit un compte-rendu exact de toutes les personnes qui fournissent et qui travaillent à l'entretien du château, comme charpentier, couvreur, masson, serrurier, vitrier, plombier, paveur et autres.
Demandes.
Je suppose qu'un prisonnier, en entrant à la Bastille, ne veuille point signer son entrée, quel parly prendre?
Idem pour une liberté?
17. Je demande qu'il soit deffendu de crier dans les cours sous peine d'amende.
18. Il est nécessaire de faire la visitte souvent des chambres; l'on ne sauroit y apporter trop de soin.
19. Il est nécessaire de sçavoir si une personne venant voir un prisonnier, on le surprend d'avoir pris lettre ou papier du prisonnier furtivement, si on le doit garder ou le laisser aller en liberté avant de vous en informer.
(Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,602. Pièce en très mauvais état; elle est coupée en deux morceaux dans le sens de la largeur. Ecriture de Chevalier.)
Reconstruction des bâtiments du Conseil.
(i7Gu)
Lettre do Saint-Florentin, ministre de la maison du roi, à de Sartine, lieutenant général de police ( 3 mars 1761) :
Je joins ici une lettre de M. Dabadie, gouverneur de la Bastille, qui reitère ses représentations sur le mauvais état du bâtiment qui forme le logement de létat-major et de la sale du conseil. Vous voudrez bien faire constater et même dresser un procès-verbal de ce bâtiment, affin que je puisse ensuite proposer au Roy de donner des ordres, soit pour le faire reconstruire, ou du moins reparer, de manière qu'on n'y courre aucun risque.
Je suis, etc.
(Arch. nat. , O1 4o3, 1' 118 v".)
Extrait des registres du Conseil d'Etal :
Le Roy s'étant fait représenter en son Conseil l'arresl rendu en icclui, le quinze mars dernier, par lequel Sa Majesté a ordonné que le bâtiment intérieur de son château de la Bastille à Paris, servant au logement des officiers de l' état-major dudit château,, à la salle du Conseil, aux cuisines des prisonniers et à quelques autres logements particuliers, seroit démoli et qu'il en seroit reconstruit par économie un nouveau, suivant le plan annexé audit arrest, par les'Lefèvre, maistre maçon, sous les ordres du sr lieutenant gênerai de police et l'inspection du sr Defféran, ingénieur du château, et étant nécessaire de pourvoir au payement de la dépense que cette démolition et la reedification exigeront, ouï le rapport du sr Bertin, conseiller ordinaire du Conseil royal, contrôleur gênerai des finances, Sa Majesté, étant en son Conseil, a ordonné et ordonne que la dépense à laquelle pourra monter la démolition et la reedification du bâtiment intérieur dudit château de la Bastille sera prise sur l'imposition du doublement de la capitation des communautés d'arts et métiers de la ville de Paris, et qu'elle sera paiée au sr Lefèvre, sur les ordonnances du sr lieutenant gênerai de police, par le receveur du doublement de capitation, auquel il en sera tenu compte sur la recette, en rapportant les mémoires arrêtés parle sr Defféran, ingénieur du château de la Bastille, visés du sr lieutenant gênerai de police, et les ordonnances dudit sr lieutenant gênerai de police, quittancées de l'entrepreneur.
Fait au Conseil d'Etat du Roy, Sa Majesté y étant, tenu à Marly, le dix huitième jour de juin mil sept cent soixante un. Signé : Phelyppeaux.
(Copie, à la Bibl. du l'Arsenal, ms. i2,Go3.)
Consigne du corps de garde de l'avancé au gouvernement. (1761.)
i° Lorsque le Saint Sacrement ou lé Saint Viatique passera ou viendra au château, l'officier
fera prendre les armes à ses troupes, genou en terre; les bas-officiers présentant les armes, la bayounelte au bout du fusil, le cbapeau sur la garde de l'e'pe'e, et le tambour battra aux champs.
2° L'officier de garde fera prendre les armes à sa troupe pour le Roy, M. le Dauphiu, les princes du sang, princes legitime's, maréchaux de France et les ministres secrétaires de l'Etat en places, et le tambour battre aux champs.
3° L'officier de garde et les bas-officiers du poste se mettront en haye toutes les fois que M. le gouverneur et M. le lieutenant du Roy sortiront ou rentreront au château.
h° Lorsque M. le lieutenant-general de police arrive au château pendant le jour, la garde se met en haye; de même quand il sort, et l'officier de garde fait avertir sur le champ M. le gouverneur.
5° La sentinelle du petit pont ne laissera entrer personne sans luy avoir demande' son nom , et à qui il veut parler. Sy ceux qu'on demande ne sont point dans le château, elle ne laissera point entrer. S'ils y sont, elle les fera entrer et les retiendra auprès du corps de garde jusqu'à ce que ceux que l'on demandera ayent este' avertis et soient ariïve's.
6° Cette sentinelle ne doit pas manquer de mettre ou de faire mettre à tous ceux qui sortiront leurs chevilles dans le tableau, et surtout de ne point laisser [sortir] les quatre porteclefs à la fois, sous quelque pre'texte que ce puisse être, tellement qu'il en reste toujours deux au château.
7° Si on demande des porte-clefs, il faut observer qu'on ne parle ni à la garde ni à aucuns domestiques, et seulement ausdits porte-clefs.
8° L'officier de garde aura attention de faire conduire de porte en porte toutes les personnes qui apporteront des vivres et autres choses, de même que les divers ouvriers qui viendront travailler dans l'intérieur ou extérieur du château, et les fera reconduire egallement, quand ils sortiront, par un bas-officier, lequel veillera sur ces mesmes personnes ou ouvriers, de même (jue si c'etoit un prisonnier qui fût confié à sa garde, étant à la promenade, pour qu'ils ne puissent avoir aucunes intelligences dans l'intérieur ni de l'extérieur dans l'intérieur, soit par signaux ou de vive voix, ou en aucune manière que ce puisse être; il rendra compte des contrevenais, s'il s'en rencontre, et les mettra au corps de garde du château, en attendant que M. le gouverneur en ordonne ce que bon luy semblera.
9° Les sentinelles sur le chemin de ronde ne doivent point s'arrêter, ny parler, ny repondre à qui que ce soit, et doivent continuellement [être] attentifs à ce qui se passe dans les tours ou aux environs, comme bruits, signaux, porte-voix, soit du dehors ou du dedans; jetter des billets dans les fossés et autres choses de remarques, comme de frapper sur les barreaux des fenestres,; ils en avertiront sur l'autre de ces cas seroient arrivés (sic).
io° La sentinelle qui a sa gueritte vis à vis la tour du Coin W et qui reste pendant les vingt quatre heures se promènera pendant sa faction, depuis cinq heures du matin jusques à neuf heures du soir, tout à l'entour du chemin de ronde sans s'arrêter, étant chargée du soin de toutes les tours pendant tout ce temps là, et depuis neuf heures du soir jusques à cinq heures
(1) Dans l'interrogatoire auquel furent soumis les factionnaires de service pendant l'évasion de Danry, on voit une légère modification : la sentinelle devait aller sur la droite, depuis sa guérite jusqu'au
cul-de-lampe de la porte Saint -Antoine, et sur la gauche, jusqu'à l'entrée du chemin des rondes qui tient au grand pont. Cf. les documents déjà cités qu'a publiés M. A. Longnon.
du matin, sa promenade sera fixe'e depuis l'ancienne porte qui est au Nord et masque'e, jusques à la pille de l'arche de l'ancien pont qui est vis à vis la porte du jardin du bastion.
n° La sentinelle de grand poste qui a sa gueritte à droite sur le chemin des rondes, vis à vis la tour Comté, se promènera depuis la pile de l'arche de l'ancien pont qui est vis à vis la porte du jardin, jusqu'auprès! du corps de garde de nuit qui est sur le grand pont.
12° La sentinelle de grand poste qui a sa guerilte au dessus du cul-de-lampe vis à vis l'antienne porte masquée de la rue Saint Antoine où est notre chapelle, poussera sa promenade jusques par derrière le château, vis à vis l'ancienne porte masquée qui regarde le Nord.
i3° La sentinelle qui est de garde sur le chemin des rondes pendant la nuit , vis à vis la tour Bazinières, ne doit se promener que jusques au cul-de-lampe qui est vis à vis de l'ancienne porte masquée de la rue Saint Antoine; c'est luy qui sonne, depuis dix heures du soir jusques à six heures du matin, toutes les heures, quarts, demies et trois quarts, et averty quand l'on sonne la sonnette des ordres du Roy, et qui va rendre compte au corps de garde.
ii° L'officier de garde va chercher les clefs chez M. le gouverneur, fait baisser le petit pont de l'avancé, fait poser quatre fusiliers, la bayonnette au bout du fusil, pendant l'ouverture de la porte, fait entrer le prisonnier dans la salle du gouvernement, et fait relever le petit pont, pendant que l'exempt qui est chargé dudit prisonnier va parler à M. le gouverneur; et lorsque le prisonnier est entré dans l'intérieur des tours, alors il fait baisser le petit pont pour que l'exempt sorte; après quoi il le fait lever et fermer, et raporte les clefs à M. le gouverneur; ensuitte, il se retire avec toute sa garde au poste de nuit.
i5° L'officier de garde, dans le moment qu'il est instruit que c'est un ordre du Roy, pendant le temps même qu'il baisse son pont pour faire entrer le prisonnier, fait sonner au corps de garde de l'intérieur du château pour avertir les officiers de l'état major et les porte-clefs de l'arrivée des ordres du Roy.
iG° A l'arrivez des ordres du Roy pendant le jour, on doit observer les mêmes choses que pendant la nuit, à la reserve que l'on ne doit point mettre de fusiliers à moins que l'on baisse le grand pont de l'avancée; s'il arrive que M. le gouverneur soit à table, on fait passer le prisonnier tout de suitte dans l'intérieur du château.
î 7° La porte du jardin du bastion et celle de celuy de l'Arsenal doivent être toujours fermées; les clefs, pendant la nuit, chez M. le gouverneur; l'officier de garde en est chargé pendant le jour, et celuy de la porte de l'Arsenal, lorsqu'on conduit des prisonniers à la chambre, ne doit jamais ouvrir sans plusieurs fusilliers, la bayonnette au bout du fusil, qui servent à la conduite dudit prisonnier.
1 8° Deffences à qui que ce soit de descendre dans les fossés intérieurs et extérieurs sans la permission de M. le gouverneur, et, en son absence, de celuy qui commandent; les portes doivent être toujours fermées, et les clefs doivent être portées chez M. le gouverneur pendant la nuit. Le jour, l'officier en répond.
190 L'officier de garde, outre ces deux rondes marqués, en fera quelques autres pendant le jour, et la nuit surtout à la pointe du jour, et, à l'ouverture des portes, il yra jusqu'au delà de la porte Saint Antoine pour voir s'il n'y a rien d'attachés aux grilles des fenestres, et en rendra compte à M. le gouverneur et officiers de l'état major.
•20° Les deux portes du chemin des rondes doivent être toujours fermées, nuit et jour; les clefs reste au pouvoir de l'officier de garde.
LA BASTILLE. o/s
IVPRIVEItll iMTIOXALI .
ai" On ne doit laisser entrer aucunes personnes étranger au jardin.
2 2" On ne doit point laisser approcher des étrangers prest de la porte ou barrière qui conduit au château.
2 3° Lorsque le caporal de garde ou bas-officier iront au jardin ou sur les tours pour y accompagner un prisonnier, il leur ait expressément défendu d'avoir aucun entretien avec luy ; leur mission et consigne sont de prendre bien garde à ses actions, et qu'il ne fasse aucun signai au dehors, et faire rentrer le prisonnier à l'heure qui leur sera indiquée et consignée, de le ramener et de le remettre entre les mains d'un officier de l'état major, et à son défaut entre celles du porte-clefs.
(Bibl. nat. , mss. français., nouv. acquisitions, 3aii, f°s 88-<), papiers provenant de Palloy. — Cette pièce se trouve également imprimée sous forme d'affiche. Le nom de l'imprimeur est devenu illisible, mais on distingue encore la date 1761 sur l'exemplaire de la Bibl. de l'Arsenal.)
Consigne de devant les cazernes.
La sentinelle du quartier aura grande attention à ce que qui que ce soit ne s'arrête dans l'avant-cour de la Bastille qui est son poste, pour regarder aux fenêtres des tours ou y faire des signaux, et ne laissera approcher aucun curieux des barrières du pont levis; et lorsqu'il arrivera des prisonniers dans le jour, il se portera à la porte de l'Arsenal pour empêcher de ne laisser passer personne, et il aidera aux deux bas-officiers qui sont à la grille, à fermer ladite porte, laquelle n'ouvrira que quand il sera ordonné.
De l'imprimerie de Lambert, rue et à côté de la Comédie Française. Année 1761.
Cet ordre imprime' était placé près de la guérite des invalides au magasin d'armes. Lors de la prise, Palloy s'en empara pour l'emporter chez lui. Il raconte qu'à ce moment «un coup de bal vint frapper mon chapeau, le perça et vint mourir sur ce carton à la place marquée par un An.
(Musée Carnavalet. Original.)
Consigne du corps de garde de la grille, rue Saint- Antoine. (Vers 1 7G1 ?)
i° L'officier delà grisle est pour faire observer tout ce qui se passe aux environs de son poste; de tems en tems, il regardera sur la place de la Bastille s'il n'y a pas quelques personnes qui s'y arrestent, avec grande attention à regarder aux fenêtres des tours et s'ils ne font pas des signaults, leur envoyer dire avec politesse et douceur de passer leur chemin, en leur faisant entendre qu'il seroit obligé d'en avertir le corps de garde du chasteau s'ils persistoient à vouloir y rester.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 283 2° L'on doit fermer la grisle à dix ou unze heures du soir au plus tard; préalablement, faire une visite dans la cour et faire retirer tous les estrangers.
3° La porte de bois du costé de l'Arsenal doit estre fermée à la mesme heure; c'est le inesme officier de la grille qui doit en avoir soin et qui a la clef.
k° L'officier doit avoir grande attention s'il arrive des ordres du Roy dans le courant de la nuit; il ouvre la grisle et la referme après; puis, il vient avec le carrosse, comme il a la clef de l'endroit par où il sonne une cloche pour avertir l'officier de garde, et la sentinel des rondes luy répond : On y va; il attend que le carosse s'en retourne, luy ouvre la grisle et la referme après.
5° S'il arrive des ordres du Roy dans le jour, l'officier fera fermer la grisle, ainsy que la porte de bois du costé de l'Arsenal, et fait retirer le monde qui voudroit s'approcher du carosse; il fera aussy retirer le monde des boutiques de la cour, en cas qu'ils veuillent s'aprocher.
6° La grisle sera ouverte, ainsy que la porte de bois de l'Arsenal, en esté à cinq heures du matin, et à six heures en hiver.
7° L'officier de ce poste aura attention de faire avertir les loccataires de la petite cour de balayer le devant de leurs portes.
8° L'officier fera poser ses sentinels à la grisle lorsque la nuit commencera à tomber, jusqu'à la fermeture.
9° L'officier de la grisle aura attention de laisser entrer et sortir M. de Yillegenoux et le sieur Berlot, officier du guet à cheval, touttes les fois qu'ils se présenteront à ladilte grisle.
On ouvre à M. de Villegenoux parce qu'ayant son logement au magasin des armes, il n'y a point d'autre entrée que par la grisle. A l'égard de Berlot, officier du guet à cheval, l'ouverture qu'on lui fait de la grille, messieurs les gouverneurs l'ont ordonné parce qu'il est leur localaire dans la petite court1'.
(Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,60a.)
ttSuplément de la consigne du poste de la grille* , probablement après l'évasion de Lalude. —
De l'écriture de Chevalier,
11 est ordonné aux bas-officiers de ce poste de faire tous les jours une ronde en dehors du château, passant par la porte Saint-Antoine, et poussant jusques vis à vis le jardin de l'Arsenal, en examinant et regardant bien attentivement s'il n'y a rien d'attaché aux grilles des fenestres des tours, soit papiers, mouchoirs ou autres signaux pendant à la feneslre des prisonniers. La première de ces rondes se fera à la pointe du jour, et la seconde une heure après.
Il leur est ordonné pareillement de bien regarder dans le fossé, pour voir s'il n'y auroil personne qui y seroit tombé malheureusement, pour leur faire porter du secours, de mesme que si c'étoit quelqu'un que l'on y auroit jetés exprès, étant assassinés; dans l'un de tous les cascydessus, s'il en arrive, ils en rendront compte, à l'ouverture des portes du château, à l'officier de garde et au major.
Ce paragraphe explicatif a été ajouté après coup et par une autre main, sans doute à cause de la réflexion : rfpourquoy cela?» qui avait élé éoriic en marge du précédent article, nous ne savons par qui.
S'ils se renconlroient quelqu'un de ces cas graves, ils n'atlendroient pas l'ouverture des portes; sur le champ, ils en avertiroient l'officier de garde par la sonnette des ordres du Roy.
(Bihl. de l'Arsenal , ms. 12,602)
Consigne de l'avancé M.
1 0 La sentinelle ne laissera entrer personne sans luy avoir demande' son nom et à qui il veut parler. Si ceux qu'on luy demandera ne sont point dans le château, elle ne laissera point entrer; si ils sont dans le château, elle laissera entrer les personnes qui se présenteront, et les retiendra auprès du corps de garde jusques à ce que ceux que l'on demandera ayent esté avertis et soyent arrivés.
20 Si on demande des porte-clefs, il faut observer qu'on ne parle ny à la garde ny à aucuns domestiques, et seulement auxdits porte-clefs.
3° Il y aura à la porte du gouverneur, près du sentinelle, une boette en forme de tronc, dans laquelle l'officier de garde mettra un billet, du nom de la personne et sa qualité, qui sera venu pour voir et demander quelqu'un, et cette boette sera portée chez M. le gouverneur et ouverte par le major au moment de donner l'ordre.
h° L'officier de garde aura attention de faire conduire de poste en poste tous ceux qui apporteront des vivres et autres choses, et les divers ouvriers qui travailleront dans l'intérieur du château, et les fera reconduire également quand ils sortiront.
5° La sentinelle ne doit pas manquer de faire mettre à tous ceux qui sortiront leurs chevilles dans le tableau, et surtout de ne point laisser sortir les quatre porte-clefs tous à la fois, sous quelque prétexte que ce puisse estre, tellement qu'il en reste toujours deux au château.
0° Les sentinelles sur le chemin des rondes ne doivent point s'arrêter ny parler à qui que ce soit; ils doivent estre continuellement attentifs à ce qui se passe dans les tours, comme signaux, bruits, porte-voix, soit du dehors ou dedans, jelter des billets dans les fosses, feu et autres choses de remarques, comme de frapper, ou cier les barreaux des fenestres, et d'en avertir sur le champ l'officier de garde, en luy nommant la tour où l'un ou l'autre de ces cas seroient arrivés.
70 La sentinelle qui est à gauche sur le chemin des rondes pendant la nuit ne doit aller cpie jusqu'au premier cul de lampe '2>; c'est elle qui sonne, à chaque quart d'heure, les heures de la nuit, et avertit quand l'on sonne la sonnette pour l'arrivée des ordres du Roy, et qui va en rendre compte au corps de garde.
8° L'officier de garde va chercher les clefs chez le gouverneur, fait besser le petit pont de l'avancé, fait poser h fusilliers, la bayonnetteau bout du fusil, pendant l'ouverture de la porte, fait entrer toutte sa troupe dans le corps de garde de jour, près du petit pont, pendant que le prisonnier passe pour entrer dans la salle du gouvernement et que l'exempt va parler au gouverneur; la troupe ne doit sortir du corps de garde que quand le prisonnier est entré dans
(l) Celte consigne est assez semblable à celle riantes qui montrent les modifications apportées qu'on a lue plus haut, sous le n° X VIII ; nous la par la politique aux règlements, transcrivons néanmoins, en raison fie quelques \a- (2) Vis-à-vis l'ancienne porte, vers la nie S'-Antoine.
l'intérieur des tours W, et le prisonnier ne doit voir ny parler à personne; quand l'exempt est sorti, on relève le pont, et la garde s'en retourne à son poste de nuit, au grand pont de pierre, si la nuit dure encore.
(En marge) : Nota. Après que l'exempt est entré et que le prisonnier est dans la salle du gouvernement, il est nécessaire de faire lever le petit pont, et quand l'exempt aura fini son raport au gouverneur, et que le prisonnier est passé dans l'intérieur, alors l'on peut faire sortir ledit exempt en baissant le pont, et le relever tout de suite. Cette petite apostille n'est que pour la nuit.
90 L'officier de garde doit envoyer sonner au corps de garde de l'intérieur du château pour avertir les officiers-majors et les porte-clefs de l'arrivée des ordres du Roy.
io° La porte du jardin du bastion et celle de celuy de l'Arsenal doivent estre toujours fermées, et les clefs portées pendant la nuit chez le gouverneur. L'officier de garde en est chargé pendant le jour, et la porte de celuy de l'Arsenal ne doit jamais estre ouverte ny fermée sans deux fusilliers, la bayonnette au bout du fusil.
1 1° Deffcnces à qui que ce soit de descendre dans les fossés du château sans la permission du gouverneur, ou, en son absence, de celuy qui commande; la porte en doit estre toujours très exactement fermée, ainsy que celle de l'escalier qui descend dans le grand fossé, et les clefs doivent estre portées chez le gouverneur pendant la nuit.
12° L'officier de garde, après l'ouverture des portes, ira faire sa ronde jusqu'au delà de la porte Saint-Antoine pour en rendre compte au gouverneur et aux officiers de l'état-major, ainsy que de ce qui s'est passé pendant la nuit.
i3° A l'arrivée des ordres du Roy pendant le jour, on doit observer les mêmes choses que pendant la nuit, à la reserve que l'on ne pose point de fusilliers, à moins que par extraordinaire l'on ne baisse le grand pont de l'avancé. S'il arrive que le gouverneur soit à table, on fait passer le prisonnier tout de suitte dans l'intérieur du château.
ik° Lorsque M. le lieutenant gênerai de police arrive de jour, les gardes se mettent en hayes. Idem, quand il sort.
i5° L'officier de garde fera avertir l'état-major, quand le gouverneur sortira. Idem, quand il rentrera.
i6° Il est deffendu de laisser passer aucuns porte-clefs ny domestiques avec de la vaiselle d'argent ou d'etain, ny aucunes batteries de cuisine.
A cette pièce est annexée la note suivante :
Les sentinelles de la porte du petit pont ne laisseront entrer dans le gouvernement aucunes personnes étrangers, ny de jour ny de nuit, sans les avoir fait parlera quelque domestique de la maison; et s'il n'y avoit point de domestique ny de maître dans la maison, il est ordonné auxdittes sentinelles d'appeler quelqu'un du corps de garde pour sçavoir desdittes personnes étrangères quel est le sujet qui les ameine, et écrire leurs noms sur la feuille qui sera mise à cet effet dans le corps de garde, ce dont le caporal, ou celuy qui en fera les fonctions, répondra.
(Bibi. de l'Arsenal, ms. ia,6oa.)
(,) C'est-à-dire du château. Cette locution est fréquente.
Règlement de la Bastille.