‹ La Bastille. Histoire et description des bâtiments.--Administration.--Régime de la prison.--Événements historiquesChapitre 62 sur 78 · Pellissery (c · texte numérisé non relu

Pellissery (c

Bertaudière.

ire : Condamine (<7).

[1) Libraire, entré le i5 septembre 1781, sorti le 19 juillet 1782.

(2) Sans doute la comtesse de Garathi, entrée le 17 octobre 1781 , transférée à l'Hôpital général le 2 5 novembre suivant.

3) Entré le h août 1759, délivré le ih juillet 1789.

(4) Entré le 3o octobre 1781, sorti le 6 décembre suivant.

(r) Pallebot de Saint-Lubin, et son nègre Narcisse, entrés le 17 janvier 1781, transférés à Charenton le 1 9 novembre 1782.

6) Entré le 3 juin 1777, transféré à Charenton le 2 4 juillet 1788.

(,) Brun de Condamine", écrivain de la marine, entré le 7 février 1779, sorti le 25 avril 1783.

3e : Saint-Pierre du TaillyW.

lxe : Cleymann ('2'.

Chapelle.

i re : Chavaigne '3).

Liberté.

jre.

2e : Cle de Garathi (4>.

3<= he

Coin.

ire:Le Guay<5>.

2e : Linguet '6).

ke : Marcenay (7>.

Puits.

De la Douay

(Tableau manuscrit dressé par Chevalier. Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,579.)

Comptabilité du gouverneur.

(Janvier 1781.)

Etats mensuels , payés par trimestres, en janvier, avril , juillet et octobre.

Reçu de M. le Gouverneur, le lundi 2 avril 1782 2182** 2S 8d

M. le lieutenant de Roy 279 » //

Plus, à M. le chevalier de Saint-Sauveur i5o 11 »

M. Chevalier, major i55 11 »

Plus, à M. Chevalier, pr augment00 de traitement 5o // *

M. Bailly<9> 38 i5 //

M. le commissaire Chenon 1 2 h 11 11

Les quatre porte-clefs 3 1 0 11 u

M. des Essarts, chapelain 75 // //

Pour sept messes extraordinaires pendant le présent mois 8 8 //

A reporter 1187 1 5 »

(1) Saint-Pierre Dutailly, entré le 2 3 mars 1779, (6) Entré le 27 septembre 1780, sorti le 19 mai sorti le 2 janvier 1782. 1782 , avec injonction d'aller à Rethel-Mozarin.

(2) Entré le 1 1 janvier 1779 , transféré à la Con- (7) Entréle 3o octobre 1781 , exilé le2 juin 1 783. ciergerie le 5 janvier 1782. ») Jaquet de la Douay, entré le 3o octobre

(3) Le comle de Chavaignes, entré le 25 février 1781, mis en liberté le 9 juillet 1789. — (Ces 1776, sorti le 17 janvier 1787. notes ont été, pour la plupart, empruntées aux

(1) Entré le 17 octobre 1781, transféré à Bicêtre tableaux de La Bastille dévoilée, 2e livraison,

le 25 novembre 1781. pages 7-20.)

(6) Entré le i5 février 1757, mort à la Bastille (0) Bailly de Gallardon , ancien major : /i5o livres

le 2 1 mai 1786. de retraite par an.

Report i i87tti5 '//d

M. l'abbé TaafTde Gaydon 125 u »

Dépenses extraordinaires pour le mois aux prisonniers 60 // n

Dépenses extraordinaires de la salle du Conseil 5o // *

M. l'abbé de Macmahon 2 5 // «

M. l'abbé de Fa verl y 2 5 // //

Mme la veuve Defferend i5o u u

Baron , ancien porte-clef. 3i un

La veuve de Bourguignon, ancien porte-clef. a5 11 u

Le sr Festeau, borloger du château 12 10 u

Mme la veuve Farconnet 8 6 8

Pour vingt et une voyes de bois, pour 5 de bois neuf et 1 6 de gravier,

y compris les voilures, le linge, etc kh§ 3 //

Payé : de Launey. (Autographe.)

En février 1781 2ioott 1 as 8d

En mars a3a3 19 6

Eu avril 2010 28

En mai 20&0 19 8

En juin ao43 7 8

En juillet 1734 19 8

En août 1 733 198

En septembre 2007 // 8

En octobre < 2101 10 8

En novembre 2324 19 5

En décembre 2535 9 8

Les écarts, peu importants d'ailleurs, entre ces différentes sommes, sont dus à l'acquisition , suivant les saisons, d'une plus ou moins grande quantité de combustible, ou au nombre des messes extraordinaires, ou encore au chiffre des journées d'infirmerie des invalides, à raison de 2 sous par jour. Si le mois de janvier n'en offrit pas, en revanche, octobre en donna 46, décembre, 99, etc. L'article « pour dépenses extraordinaires pour le mois aux prisonniers» est invariablement de 60 livres. La disposition de cette somme appartenait au major dans les conditions que nous avons dites (page 63).

Traitement des officiers de V état-major . ( Vers i783.)

Etat du gouverneur.

Appointements sur l'extraordinaire des guerres, 55oott, net 4477ttio'

Pour sa part , qui est moitié des emolumens dont le détail est dans la

feuille cy-jointe /107811 6'

Exemption des entrées de 80 muids de vin.

Il faut encore ajouter au revenu du gouverneur le profit qu'il peut faire sur le traitement qui lui est

passé pour les la premiers prisonniers. On jugera ce qu'il peut être, vu le prix actuel des denrées, les 1 2 premières places étant à î ott par tête et les excedentes à 3tt chacune.

Le gouverneur est obligé d'avoir un fond de maison toujours en état; il a habituellement quatre personnes à la cuisine, et, dans les extraordinaires, jusqu'à 6 ou 7. Il y a une femme de charge pour le linge du château.

Il est chargé de faire rebattre et entretenir les matelats, tant ceux fournis par le Roy que ceux qui lui appartiennent.

Il fournit de pots à l'eau, cruches, cuvettes, verres, lasses, bouteilles, assiettes et plats d'étain et de fayence, couverts d'étain et d'argent, chaises, flambeaux, batterie de cuisine, etamage, etc.

Il fournit aussi chandelles, huille pour lampe, caffé, sucre, linge de lit, de table, de toilette, dont la quantité et l'usure sont très considérables.

Les porte-clefs sont aussi fournis de tabliers , serviettes et draps.

Le gouverneur est chargé du blanchissage de tout ce linge et de celui de corps de chaque prisonnier.

Il éclaire par des rabicots les cours extérieures et intérieures de la Bastille. Il fait frotter et nettoyer le château, et porter le bois à chaque chambre dans les tours. Il est chargé du luminaire, de l'entretient des ornemens et du blanchissage du linge de la chapelle.

Il est d'usage que le gouverneur reçoive à sa table toutes les personnes qui viennent au château pour le service du Roy.

Lorsqu'il y a des commissions du Parlement, du Conseil ou du Châtelet, il en tient une régulièrement pour ces messieurs, tout le temps que dure la commission.

Les prédécesseurs de M. de Launey dans ces circonstances ont eu des gratifications; il a eu la charge de plusieurs commissions du Châtelet et il n'a jamais eu de gratification : M" Amelot et Lenoir peuvent en rendre témoignage.

Toute personne qui tient maison à Paris pourra, d'après cet exposé, calculer aisément les profits du traitement; ils diminuent de jour en jour et seraient très difficiles à appretier au juste.

Il faudroit compiler plusieurs livres de dépenses dans lesquels les objets sont confondus; cependant, comme ils sont tous en règle, avec du tems on pourroif faire ce travail, qui seroit encore incertain, vu la variation du prix des comestibles et celle qui arrive dans le nombre des prisonniers.

Etat du lieutenant du Roy.

Appointemens sur l'extraordinaire des guerres, 3ooott, net 2538ti

Sur les états de la Bastille, à raison de 9tt par jour 32 85

Chauffage 192

Exemption d'entrée de 9 muids de vin.

Pour sa part dans les emolumens, qui est un quart 2o3g

A déduire sur quoi il est chargé par le Roy de payer à la veuve de

M. de MonaMi, son prédécesseur, par brevet 1200

Reste net 6854

Ll BASTILLE

État du sr Chevalier, major

Apointemens sur l'extraordinaire des guerres, 6oott, net li'ji^io' uA

Sur les e'tats de la Bastille, à raison de 5tt par jour 1825 11 u

Une augmentation de traitement de 5ott par mois sur l'état de la Bastille 600 // //

Chauffage et chandelles i85 7 n

Exemption d'entrée de 6 muids de vin.

Pour sa part dans les emolumens, qui est un sixième 1 359 8 h

Beste net khki 5 ^1

Etat du sieur Bailly, adjoint et survioancier A la majorité^.

Sur les états de la Bastille, à raison de itt 55 par jour 456tt 5S //

Chauffage 48 // »

Pour sa part dans les emolumens, qui est un douzième 679 ik 2

Exemption d'entrée pour 3 muids de vin.

État de M. de Losme, officier adjoint à l'état-major.

Sur les états de la Bastille, à raison de itt 5S par jour (3) Zr5 6tt 5' «

Augmentation de traitement de ioott par mois sur les étals de la Bastille 1200 // //

(Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,609.)

Fourniture des lits de prisonniers.

Devis fourni par le gouverneur, de Launey, au baron de Breteuil, le 12 décembre 1783, de ce que coûterait un lit de prisonnier complet :

Pour une couchette de bois à colonne, à deux dossiers, de trois pieds

de large sur six pieds et demy de haut et sans barres

Sangles, clous sur les pantes du lit

2 0tt

(l> (En marge, en regard de ces trois paragraphes) : tll est à observer que ces Messieurs, mariés ou garçons, sont obligés d'avoir un logement en ville pour y tenir leur ménage. Les vivres sont plus que doublés depuis que leurs attributions ont élé fixées, n

(2' «Il y avoit anciennement un aide-major. A sa mort , M. de Launey a demandé que M. Bailly, qui en faisoit

le service, en eût les appoinleraens et (pie la place lut supprimée. Sur 2^ io! qu'il y avoit par jour, il n'en a été accordé que îtt 5* à M. Bailly, et sa part dans les emolumens."

(3) «Lorsqu'il a été atlaché à la Bastille, .M. Amelol lui a donné les itt ôs qui étoient restés vacans par la suppression de l'aide-major."

Report a3tt» //' #*

28 aulnes de siamoise de Rouen, bleu et blanc, à 2** 2' 58 16 11

5 aulnes de toile, pour doubler le châssis, les pantes et dossier, à

itt 10* l'aulne 7 10 //

fio aulnes de rubans de lil pour doubler les rideaux et pantes, à

2 1 l'aulne à » v

Pour tirebotte 1 « »

Pour une couverture de laine de 3 points, manufacture de Paris. ... 18 // #

Autre couverture de toile de lin piquée 20 * *

Façon 2 h * *

Un matelas de cuisse laine, de 3 pieds de large, pesant 24tt 35 8 »

Un matelas de mere laine, de 3 pieds de large, pesant 2 hn 4s 12 //

Un traversin de coutil, rempli de plume, pesant hn 9 // //

Pour quatre roulettes à pivot , en bois de Gaillac 5 * n

A cette pièce est annexé un état des lits appartenant au Roi pour l'usage des prisonniers, à la même date. Il y a 28 couchettes de bois, à colonnes vermoulues et hors de service ; 28 trousses de serge verte, mangées par les vers; ih lits de sangle «brisés et pourris»; 56 matelas, dont 36 bons et 20 mauvais; 28 traversins, qu'on peut mettre en état en les faisant laver et réparer ; 25 couvertures de laine, dans le plus mauvais état possible; 25 paillasses, tant bonnes que mauvaises. Ce mobilier a été fourni de 1726 à 1736.

En outre, 6 couchettes, 6 housses de lit, de siamoise bleu et blanc, 6 couvertures de laine, 6 couvertures de toile de lin, fournies en 1781 et neuves.

(Bibt. de l'Arsenal, ms. 19,609.)

Lettre du Ministre de la maison du Roi au Gouverneur de la Bastille.

trao décembre 1783.

tt J'ai examiné, M., les états que vous m'avez adressé : l'un, des lits appartenans au Roy dans le chasleau de la Bastille , et l'autre, de ce que coûtera un lit de prisonnier complet. Il m'a paru qu'il suffiroit, quant à présent, d'establir à la Bastille 2/1 lits complets, y compris les six qui ont été faits en 1781. Vous pouvez, en conséquence, faire exécuter cette fourniture par le sieur Tremblai, marchand tapissier, dont vous avez la soumission, en observant néanmoins de tirer le meilleur parti qu'il sera possible des matelats, traversins et paillasses qui pourront estre reparés et mis en bon estât. Il faudra aussi faire fournir les 26 chaises de comodilés dont je vous ai parlé et tâcher de se les procurer de la manière dont nous en sommes convenus. Lorsque la fourniture sera achevée, vous voudrez bien m'envoyer l'état de la dépense. J'en ordonnerai le payement sur le trésor royal par une seule ordonnance. Si, par la suite, les circonstances exigent qu'il soit fourni un plus grand nombre de lits, on sera toujours à tems d'y pourvoir.

«Je suis très parfaitement, M., votre etc.»

(Arch. nat. , O1 4 9 6 , p. 559.

Comptabilité du Château de Vincennes.

(Avril 178/1.)

Etat des prisonniers et de ieur subsistance et autres dépenses du château royal de Vi pendant les trente jours d'avril mil sept cent quatre vingt quatre :

Le s' Roger, sorti le 8, n'était pas au compte du Roy u u

M. de Rougemont, lieutenant de Roy 3o jours

à 3ott

900 u' nd

M. de Valages, capitaine de la garde du château, pour un mois, à raison de 4oott par an 33tt6s 8d

Gages des porte-clefs.

Jean-Baptiste-Noël Lavisé, à 16' 8d par jour. 3o jours

Jean-Marie-Toussaint Bertrand , idem 3o

Didier Huguenain , idem 3o

90 jours à 16' 8d

75tt »

Subsistance des porte-clefs.

Jean-Baptiste-Noël Lavisé, à 1 6* 8d par jour 3o jours

Jean-Marie-Toussaint Bertrand , idem 3o

Didier Huguenain, idem 3o

90 jours à i6s 8d

75tt *

M. l'abbé Gourlade, chapelain du donjon 3o jours

à 2tt10'

M. l'abbé Duquesne, confesseur, pour un mois, à raison de p,oott par an 75* *

Deux états de dépenses pour les prisonniers par M. le commissaire

Ghesnon, signé et certifié par luy, de la somme de ao4tt 12'

PIÈCES JUSTIFICATIVES. 301 Certifié véritable par nous, lieutenant pour le Roy du château de Vincennes, le i5 may l78û.

DE RoUGEMONT.

(En marge) :

Récapitulation : ()oott u' *d 33 6 8 75 * « 7 5 // // 7 5 a h 75 // «

A cette pièce est joint un e'tat, signé du commissaire Chénon, mentionnant la dépense «du tabac fourni aux prisonniers de Vincennes au compte du Roi, à partir de novembre 1782 jusqu'au 26 février 1784." 3 prisonniers ont été, pendant ce temps, enfermés au donjon :

Le premier a consommé 10 livres de tabac, ci 4oH //'

Le second ik u ci 56 //

Le troisième 8 * ci 32 11

A quoi s'ajoute la dépense d'un pot à tabac, de h sols pour cbacun

d'eux , ci * 12

(Archives de la Préfecture da police.)

Note du major de Losme sur V augmentation de traitement demandée par le gouverneur.

Les 12 premières places des prisonniers de la Bastille ont été fixées anciennement et invariablement à iott par tête, que le nombre en fût complet ou non, pour former le traittement du gouverneur. Les places en dessus de ce nombre ne se payent, depuis très longtemps, qu'à raison de 3^ par tête, à moins d'un ordre particulier de les porter plus haut, ce qui arrive si rarement que, depuis 9 ans que M. de Launey est en place, il n'y a eu qu'un seul traittement extraordinaire de i5tt, lequel a duré 20 jours.

Le prix des denrées ayant plus que doublé depuis la fixation de 3tt pour les excédents de 1 2, et la reunion du dongeon de Vincennes à la Bastille ôtant toutes les chances avantageuses au gouverneur, en augmentant son service, rendent très juste la demande d'une augmentation de prix pour les places au dessus du nombre de 12.

On représente qu'en les portant à 6tt, ce n'est que suivre la progression du prix des denrées qui doivent être la règle de ce traittement, lequel ne doit point être une condition exclusive pour ceux qui pourroient survenir, suivant la qualité des personnes et les ordres particuliers des minisires.

A l'égard du cardinal (de Rohan), on ne trouve point de traces de ce qui a e'te' fait pour pareils personnages, n'ayant point les archives de Vincennes où on les mettoit alors. Peut-être même on n'y a pas tenu le même ordre qu'à la Bastille, ce qui est vraisemblable, puisque au Louvre même, on ne trouve point de renseignements sur cet objet. D'après l'approximation du calcul, il eu coûte plus de 100 livres par jour au gouverneur, à la manière dont il traite S. E. On pourra, d'après cet apperçu, lui assigner ce qu'on jugera à propos W.

Il est aussi à observer que depuis que M. de Launey est en place, il a eu plusieurs commissions du Chàtelet qui ont été à sa charge, c'est à dire qu'il est obligé de tenir table à M" de la Commission pour le tems qu'elles ont durées, ce qui est d'usage dans ce cas.

Il a toujours été accordé des gratiffications à ses prédécesseurs; jusqu'ici, on a promis à M. de Launey un dédommagement de ces objels, mais elles n'ont pas encore eu leur effet. M. Lenoir peut en rendre témoignage, ainsy que du désir qu'il a eu tant de fois de les voir réaliser.

(Archives de la Préfecture de police,)

Lettre (lavis de la nomination du sieur Hurel, chirurgien-major.

«Versailles, 8 février 1787.

et Le Boi, M., ayant agréé la démission du sieur Lecocq, chirurgien-major de la Bastille, a nommé à son lieu et place le sieur Hurel. J'envoie à M. de Crosne le brevet qui a été expédié en conséquence de la décision de Sa Majesté, et je marque à ce magistrat de donner au sieur Hurel toutes les instructions nécessaires à la place qu'il va remplir. Vous voudrésbien, de votre côté, lorsqu'il vous présentera son brevet, lui renouveler les mêmes instructions et le faire reconnaître en qualité de chirurgien-major. Il jouira, ainsi que son prédécesseur, des apointemens de 1 -îoo livres, que vous continuerez d'employer sur les etatsde la Bastille. Quant au sieur Lecocq, Sa Majesté, en considération de ses anciens services, a bien voulu conserver, à titre de pension de retraite, les 1200 livres dont il jouissait, et ces 1200 livres seront également employées sur les étals de la Bastille. Vous voudrés bien \ous conformer aux intentions de Sa Majesté."

(Arch. nat. , O1 '198, p. 101.)

Traitement du gouverneur.

Lettre de M. de Villedeuil , ministre de la marine du Roi, à M. de Crosne, lieutenant de police.

«Versailles, 10 avril 1788.

tf Monsieur de Launey, M., gouverneur delà Bastille, avoit fait des représentations à M. le baron de Breteuil sur la modicité de son traitement. Ce ministre paroissoit disposé à y avoir égard, et dans les papiers qu'il m'a remis, j'y ai trouvé une feuille qu'il se proposoit sans

(l) Il a été dit précédemment que le gouverneur reçut 120 livres par jour pour la durée du séjour que (il le cardinal de Rohan à la Bastille.

doute de mettre sous les yeux du Roi. J'y ai vu que le traitement du gouverneur de la Bastille consiste, depuis plus de vingt ans, dans le payement de 12 premières places de prisonniers à raison de 10 livres par tête chaque jour, que ce nombre soit complet ou ne le soit pas, et que les places qui excèdent ce nombre sont fixe'es à 3 livres chacune. Cet état de choses fait l'objet de la réclamation du gouverneur, et il représente à cet égard que La progression successive du prix des denrées depuis vingt ans et la reunion du donjon de Vincennes à la Bastille nécessitent une augmentation dans son traitement. Il paroit que M. le baron de Bretcuil étoit dans l'intention de proposer au Roi de fixer à l'avenir le prix des 1 2 premières places de prisonniers à 12 livres, le nombre complet ou non, et de porter à 6 livres celles qui excéderoient ces 12 premières, sauf les traitements extraordinaires suivant les circonstances. Je vous serai obligé de me faire part de vos observations et de votre avis sur ce projet d'augmentation, cf J'ai l'honneur, etc.n

(Arch. nat., O1 '199, p. ^67.)

Projet de suppressmi de la Bastille et de son remplacement par Vincennes. — Avantages de cette mesure. — Mémoire de du Puget.

Il n'est pas plus difficile de conduire les prisonniers de la Bastille à Vincennes qu'il ne l'a été d'amener ceux de ce dernier château au premier, il y a quelques années; c'est l'affaire de deux ou trois nuits, suivant le nombre.

La compagnie des bas officiers faisant la garde de la Bastille fera celle de Vincennes; cela ne sera pas plus coûteux dans un lieu que dans un autre : il y aura au contraire une réforme à faire de 3o hommes et de l'officier qui est à présent à Vincennes, et même, comme la compagnie qui etoit à Vincennes n'étoit composée que de 60 hommes il seroit possible d'en diminuer 20 sur celle de la Bastille qui si (sic) rendroit, et qui est de 80 hommes.

Il y a à Vincennes de quoi loger plus de 25 prisonniers; c'est plus que suffisant dans ce siècle où le gouvernement est beaucoup plus doux; l'air y est beaucoup meilleur, ce qui est fort à considérer pour le séjour des personnes qui font peu d'exercice. Ce château, d'ailleurs, ne devant servir qu'à l'instruction des affaires, et non avoir des prisonniers de famille ni de très longue détention, son éloignement n'est pas assés considérable pour ne pouvoir servir : les ministres, commissaires du Roy, rapporteurs et tous autres, leurs subalternes, s'y rendroient comme à la Bastille lorsque les affaires les y demanderoient; ç'a été dans ce château que de préférence étoient mis autrefois les prisonniers de distinction.

Du rétablissement de Vincennes pour remplacer la Bastille il en résultera deux avantages qui méritent d'être appréciés : sur la dépense totale de la Bastille suprimée, à quelques pensions viagères près, objet de 120 à 160 mille livres d'économie; l'autre, l'embellissement de ce quartier de Paris.

On croit pouvoir évaluer les réparations à faire au donjon de Vincennes, pour le rétablir, de 25 à 3o mille livres, et on croit pouvoir assurer que la Bastille, terrein et matériaux, se vendront 12 à i5 cent mille livres; les 12 cent mille livres équivalent à 60 mille livres de rente, qui seront plus que suffisantes pour les depences de Vincennes et son entretien journalier.

La Bastille abatue, on percera la rue Saint Antoine, qui découvrira le fauxbourg. On pourra continuer le boulevard jusqu'à la rivière et on ouvrira une rue qui, du bord de la rivière, traversant l'Arsenal et la Bastille, se rendra en face de la rue des Tournelles; il en résultera des

terreins précieux par leurs façades de 3 eôte's, sçavoir le boulevard, la rue Saint Antoine et la nouvelle rue, sur laquelle on s'empressera de bâtir; ils se vendront bien, et donneront de la valeur à celui de l'Arsenal, qui ne se trouvera plus masqué par la Bastille, elles matériaux auront d'autant plus de valeur qu'ils seront sur un lieu propre à les employer. La Bastille étant au contraire conservée, nuit à la vente du terrein de l'Arsenal, force à détourner le nouveau boulevard, boucbe la rue Saint Antoine, masque l'entrée de Paris, occupe désagréablement un côté de la nouvelle rue projeltée, et fera une vue d'autant plus désagréable qu'elle sera plus isolée. On peut aussi ajouter qu'il sera bien plus aisé d'entretenir des correspondances de dehors, dette entrée de Paris sera belle au lieu qu'elle est masquée par ce château effrayant W.

Il n'y avoit ci-devant qu'un lieutenant de roi à Vincennes, qui sefaisoit aider par le capitaine de la compagnie des bas- officiers ; ce château se trouvant seul et dans le cas d'être plus habité, il y faudra un major, afin qu'il y ait toujours un des deux chefs présents, en état de veiller à la nouvelle tenue que l'on propose de faire, non à forfait comme ci-devant, mais en régie au compte du Boy, toutes ces dépenses relatives aux prisonniers.

Ces officiers, dans ce nouveau local, n'y ayant point d'émoluments, doivent avoir, sans contredit, un traitement honnête et suffisant pour les dédommager des soins pénibles qu'ils sont obligés de rendre à l'humanité souffrante, et de ceux continuels et nécessairement journaliers pour la bonne administration intérieure de ce château; malgré cet objet, et toutes les fournitures que peuvent occasionner les prisonniers enfermés dans ce château, on est convaincu que 6 livres par jour pour chacun desdils prisonniers seront plus que suffisantes pour leur nourriture, blanchissage, vaisselle, linge de chambre, les domestiques à payer pour leur cuisine, etc. etc.; ce qui ne feroit jamais qu'un objet, en complant toujours sur 12, de 26,280^; les porte-clefs, celui de 2,738tt; l'aumonier, à 3tt par jour, i,og5tt; le commissaire au Châtelet, 1,660^; le chirurgien, 1,825 , les drogues payées à part sur les 6 livres données pour les prisonniers : 33,3g8tt; si on ajoute à cette somme un traitement pour les officiers de 18,000

Total 5i,3g8

On voit que ce n'est pas l'intérêt de ce qu'on peut vendre la Bastille, ce qui fait l'économie réelle de ce qu'elle coûte annuellement.

lit, après quelques années, il y aura un fonds de vaisselle, linge, meubles appartenant au Boy, ce qui n'est pas depuis que la Bastille existe, puisqu'on a été obligé d'aller chez tous les fripiers des environs pour coucher M" les Bretons*-'. Il y a tout lieu de croire que les prisonniers seront mieux traités par cet arrangement, où l'on n'aura en vue que leur bien-être concilié avec une snge économie. Ils n'auront plus, en outre, l'idée de croire qu'il est un être qui, bénéficiant sur leurs dépenses, tâche à la diminuer le plus possible et cherche peut-être à faire durer le temps de leurs détentions pour le profil qu'il espère en résulter.

Il est possible que, dans un moment où l'on n'est occupé que d'économie, il se trouve dans ce projet cette vue remplie, et celle de faire en même temps taire les criailleries qu'on entend snns cesse sur la Bastille et son régime.

Craindre de la détruire, parce que c'est une retenue pour les Parisiens, ne peut entrer dans la tête de personne; ce seroit tout au plus le quartier Saint Antoine qu'elle pourroit contenir;

(l) 11 semble qu'il y ait ici une interruption dans le développement du projet ; cependant la disposition matérielle même du document ne permet pas de le supposer.

(2) Il s'agit des douze gentilsbommes bretons, prisonniers h la Bastille, du i5 juillet au 12 septembre 1788, et dont il a été question plus baut (page 55).

encore, comment dans un moment de trouble, entourée des maisons des différents particuliers? S'en servir serait leur faire partager bien vivement une émeute où ils pourroient n'être pour rien.

La Bastille coûte annuellement de 120 à i4o,ooo livres. Cet objet énorme peut facilement se diminuer, soit en la laissant subsister avec le retranchement des choses inutiles qui y existent et celles de nourriture passée, inutilement pour l'Etat, au profit du gouverneur, dont il faudroit réformer la place, ainsi que celle des chapelains, sage-femme, deux gardes-archives qui n'y vont jamais et des deux jeunes gens qui y travaillent à leurs places, et dont les appointemens sont en sus au compte du Roy, n'en laisser subsister qu'un, et la former suivant le tableau ciaprès :

Lin lieutenant de roy commandant \ 1^ ^°U1

( sur la guerre ....

rT . I à 1 2tt par jour. . .

Ln major 1 J

f sur la guerre ....

Un aide-major à Gtt par jour

n 1 ■ ■ là 3tt par jour. . . .

Un chirurgien / [ J

I sur la guerre ....

Aumônier, sur la guerre

Le reste en pension en un bénéfice simple, à charge d'exercer à la Bastille.

4 porte-clefs à 2tt ios chacun, soit par an

Commissaire de police à 4tt par jour

Architecte à 5ott par mois

Horloger à j.2*1 12* par mois

Architecte à

Papier, plumes, encre, cire à cacheter pour les prisonniers et pour la salle du conseil, ainsi que tabac, poudre, différentes menues fournitures à allouer au major en sus de ses appointements ,

Pour la bibliothèque, 5ott par mois

1 2 prisonniers , à 6tt par jour chacun au compte du Roy, et quand ils ne seront pas présents, les 6tt par tête mises en masse pour fournir le château en linge et meubles, qu'on est obligé d'aller louer de tous côtés s'il vient un peu plus de prisonniers.

Bois pour les prisonniers et le château, environ

Entretien de linge et harde pour les pauvres prisonniers

Médicaments, environ

Pour l'entretien des meubles, vaisselle, batterie de cuisine, linge de table, de lit et de cuisine, à 5ti par jour

6,57ottj 3,ooo j 4, 3 80 j 600 j

1 ,oo5tt j 48o (

3,65ott, 1 ,46o

2,4oo tt]

59,36ott

Tout se fera par le concours et le conseil rassemblés des trois officiers, qui s'uniront entre eux pour le bien de la chose, n'ayant point d'interest et sujet qui puisse les en distraire. Voilà le premier moyen : passons au second.

tlH'IUUElUE NATIONALE.

VUNCENiNES.

En rétablissant Vincennes et comptant de même les douze prisonniers à 6 livres chacun , la dépense tou-

jours au compte du Roy et non au profil du lieutenant de roy 26,280*

Appointemens du lieutenant de roy 10,000

— du major 5, 000

— du chirurgien 2,000

— des l\ porte-clefs 3,G5o

— du commissaire i,/iGo

— de l'architecte Goo

— de l'horloger j 5 0

Bois pour les prisonniers et officiers 2,000

Entretien pour les pauvres prisonniers en linge 1 ,200

A ajouter aux appointements du major, pour plumes, encre, etc 600

Entretien du linge, batterie de cuisine, meuble, etc., etc., pour le château. 1 ,800

En vendant le château de la Bastille et le terrein qu'il occupe, j'imagine qu'on en tireroit facilement de 12 à i5 cent mille livres. On auroit donc, en somme, de quoy payer la dépense journalière de Vincennes et l'on économiserait chaque année de 120 à iho mille livres que coûte la Bastille.

(Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,6o3.)

Cette pièce a déjà été publiée par M. Funck-Brenlauo, en appendice à son étude sur la Bastille. Revue historique, livraison de mars 1890, pages 3 1 1 - 3 1 G .

Ordre de service pour la compagnie des bas-officiers.

Du 19 avril 1789, g heures du soir.

Un caporal et huit hommes de garde aux casernes, prêts à marcher jour et nuit. Deux de ces hommes seront au corps de garde de la grille, et les quatre autres à la porte de bois.

A huit heures du soir jusqu'à sept heures du matin, un de ces huit hommes sera en senlinelle dans la cour, se promenant depuis la porte de bois jusqu'au milieu de ladite cour.

S'il se présente quelqu'un pour entrer par la porte de bois, ce sentinelle avertira le caporal, qui y viendra avec deux hommes pour reconnaître, et si c'étoient plusieurs personnes réunies, il leroit venir les trois autres avant d'ouvrir, et jugeroit s'il doit les laisser passer; s'il ne le juge pas à propos, il fera fermer et avertira M. le Gouverneur.

H y aura un officier de la compagnie, de planton loutte la journée à la cazerne, qui commandera le détachement si le cas l'exige; il fera prendre les armes à la compagnie s'il le juge nécessaire.

Aucun bas-officier ne sortira de l'enceinte de la Bastille sans la permission de l'officier de planton.

Les sergents feront des appels, de deux en deux heures.

La sentinelle devant les armes ne laissera sortir aucun bas-officier par la porte de bois, à moins qu'un officier ne lui dise de le laisser passer.

Les deux hommes ordinaires de la grille ne quitteront leur poste sous aucun prétexte; on aura soin de les faire relever aux heures du dîner et du souper.

Tant (pie la grille sera ouverte, un bas-officier au moins se tiendra à la porte en dehors, et s'ils voient affluence de monde, ils fermeront la grille et avertiront aux cazernes.

(De l'écrilure de de Losme. — Bibl. de l'Arsenal, ms. 12,612.)

Etat des prisonniers et autres dépenses de la Bastille pendant le mois de juin ij8g.

Tavernier 3o jours

Jacquet 80

De Whyle 80

Bechade 3o

La Roche 3o

La Corrège 3o

Pujade 3o

Pour faire l'état du gouverneur accordé par le Roy i5o

30o jours à iott

36oo

(Au dessous) :

Le Cle de Solages.

Le Ct0 de Sade.

A la page suivante, au verso :

Le s' Pugel, lieutenant pour le fîoy 3o jours

à 9tt

Le sr de Losine. major pour le Roy 3o jours

Le s' de Mirey, aide-major pour le Roy, par mois 1 oott

Le sieur Chenon, commissaire, pour le travail extraordinaire 3o jours

à /itt

Subsistances et gages des quatre porte-clefs.

Saint-Jean 30 j0U|.s

Lossinot 30

Guyon 30

Fanfard 3o

120 jours

à 2tt10*

3oo //

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