‹ La bataille de la Marne (volume 2)Chapitre 13 sur 90 · IV. — Mission des VIe et VIIe armées : sans changement · texte numérisé non relu

IV. — Mission des VIe et VIIe armées : sans changement

Un complément à l’ordre du 4 au soir est mentionné par von Tappen. Il dit :

On devait, en outre, céder de la VIe et de la VIIe armée des corps pour être envoyés à l’aile droite de l’armée : de la VIIe armée, la 7e division de cavalerie et le XVe corps, et un corps de la VIe armée. Ces forces, comme nouvelle VIIe armée, devaient d’abord être amenées en Belgique et trouver ensuite leur emploi sur l’aile droite de l’armée. Cet ordre arriva le 5 aux Oberkommandos.

Le document est capital (1). D’abord, rien de plus frappant que l’état d'esprit qu’il révèle chez le haut commandement : c’est, en deux mots, quelque chose de vague et de flou, une fourberie latente à l’égard de soi-même et à l’égard des autres et, sur le

(1) Chose extraordinaire, von Kluck, qui prétend ouvrir au lecteur les archives de la Ir armée et qui consacre un chapitre entier aux directives du G. Q. G. et aux relations de la I® armée avec le haut commandement à la veille de la bataille de la Marne (p. 110), ne le publie pas et n’y fait pas la moindre allusion ; ce silence suffirait pour prouver que son récit n’est pas sincère.

po nt SRE Uee une EVaitable A a Comparez-le à la netteté ? e, à la précision | des ordres français. Le commandement supérieur

‘à bien ainsi : ni sa pensée, ni son action ne sont plus libres. - Voyons, plutôt. Les paragraphes a et c contiennent deux aveux qui servent de points de départ à la nouvelle manœuvre : Moltke . reconnaît la double faillite, à l’est et à l’ouest, du plan inifial allemand. À l’ouest, le mouvement d’enveloppement par l’aile droite est manqué puisque la liaison de l’armée de Joffre avec Paris n’est pas coupée. Contrairement à ce que les renseignements allemands avaient porté à croire jusque-là, il n’y a pas de « brèche » dans le front français. Tel est le premier aveu ; mais il n’est pas exprimé avec assez de franchise pour éclairer pleinement les subordonnés responsables. Du texte de l’Instruction, il résulte, en effet, que la liaison subsistante n’est assurée que par des détachements : or, - cette liaison est constituée, en fait, par deux puissantes armées … (armée britannique et 6€ armée). De telles erreurs, volontaires ou

À non, peuvent excuser, dans une certaine mesure, la faute subsé- . quente et l’indiscipline de von Kluck.

Second aveu, cette fois, concernant l’est : la deuxième branche

de la tenaille n’a pas réussi davantage de ce côté. Il faut définiti-

F vement renoncer au refoulement de toute l’armée française contre

. la frontière suisse, en direction sud-est. Voici donc que s’éclaire la

. pensée initiale du commandement allemand en ce qui concerne les opérations de Verdun, de la Woëvre, de la Lorraine et des Vosges. Comme nous n’avions cessé de le dire depuis 1916, bien avant de connaître l’ordre du général de Moltke (publié fin 1919), c’était bien par une manœuvre de l’est qu’on comptait venir à bout de l’armée de Joffre. Ce qu’on voulait briser surtout, c'était notre « force de Pest ». Et c’est pourquoi la marche sur Paris d’abord n’était qu’une

marche, une manœuvre, un coup risqué tout au plus; mais la pensée de derrière la tête ne visait pas immédiatement la capitale ; elle visait l’enveloppement total de l’armée française ou, au pire, son refoulement total sur la frontière suisse.

Et voilà ce qui explique la puissance et l'offensive immédiate des deux armées et du détachement d’armée opérant dans l’est : cette marche par la Mortagne sur Épinal et sur Belfort, cette offensive par Nancy sur Toul, ces journées de la Trouée de Charmes et du Grand-Couronné, que l’on voulait, en France, jusqu'ici, ne considérer que comme secondaires. Et c’est aussi le pourquoi des

. manœuvres subséquentes sur Toul et sur Saint-Mihiel, rattachées à

tz * 0 FOR TON L'Eape dure di 2 N 24 RET at | ap M F 40 LA BATAILLE D 8 LA pps va A l’ensemble de la manœuvre allemande dans l'est. Fe son és pr D les raisons de ces directions données à l’armée du kronprinz vis sant Dijon et la voie ferrée de Belfort. Tout se tient et tout s explique :

tout tend à l’enveloppement, à la destruction ou au refoulement

de toute l’armée française. LEE % En somme, le haut commandement allemand a passé par trois | étapes de conceptions et d'illusions : 1

17e éape : Détruire l’armée française en une fois, selon le système de Schlieffen (avec les modifications que lui a fait subir de Moltke, ” un peu avant la guerre), au moyen d’une double marche d’enveloppement par la Belgique et par la Lorraine. « On avait décidé, écrit von Tappen, pour l’année de mobilisation 1914-1945, en développant la pensée du colonel-général von Schlieften, la formation de douze corps qui, comme Jre et Ile armées, devaient avancer à travers la Belgique au nord de la Meuse. C’était, d'après | des calculs approfondis, tout le maximum de ce qui pouvait étre utilisé là. » Après les succès des 19-23 août, on commença, ajoute von Tappen, «en union avec les mouvements de l’aile droite, UN ENCERCLEMENT EN GRAND DES ARMÉES ENNEMIES, encerclement qui, exéculé victorieusement, devait, d’après les opinions d'alors, amener une conclusion de la guerre ».

2e étape : Rabattre TOUTE l’armée française sur la frontière suisse par une pression simultanée des armées allemandes de l’ouest, du centre et de l’est. Ce projet est abandonné par la nouvelle décision.

Enfin, 3 étape : Rompre le front français par le milieu et rabattre les deux fragments, l’un sur la frontière suisse et l’autre sur Paris.

C’est à ce dernier système que l’on est arrivé le 4 au soir ; c’est ji conception finale. Elle naît dans l’esprit du grand état-sièt allemand aux abois, alors qu’il s’aperçoit que Joffre l’a attiré dans un guêpier. Mais, déjà plus qu’à demi éclairé, il n’a pas le courage de sa vision : il croit encore qu’il garde les atouts maîtres dans son jeu. N'ayant pas, sur lui-même, l’autorité nécessaire pour prendre des mesures radicales, il a moins encore celle qu'il faudrait pour les imposer à ses subordonnés.

Jofire, à la place de Moltke, eût, sans doute, ordonné la retraite, sans livrer bataille, puisque les choses n'étaient pas telles qu’il les avait conçues ni, surtout, telles qu’elles devaient être. Au contraire, le haut commandement allemand persiste et patauge, disons le mot franchement. 11 se trompe et il trompe.

at Vis dE ES | ei à de

S. AL be à 0 date * ste Lt a 11 LE

Relevons, maintenant, dans les ordres particuliers, les preuves

Sid)

ve à à $ #

LA MANGUVRE DE LA MARNE 41 fl mmelles de: ce hante de courage moral et de clairvoyance, à la veille de l'événement.

__ Remarquons, tout d’abord, que le document décisif et dont tout dépend (étant données les grandes difficultés de communication et l'éloignement du G. Q. G. allemand) a dû être rédigé dans l’après-

. midi du 4 sur des renseignements parvenus sans doute le 3 au soir

et datant en partie du 2.

Quoique visant la grande rencontre prévue, il s'applique donc

à une situation qui se trouve déjà modifiée et qui le sera sur deux -points décisifs dans la journée du 5.

Le grand état-major ne sait pas encore que von Kluck, interprétant ses ordres à sa façon, a décidé de pousser jusqu’à la Seine avec tous ses corps et, par conséquent, a exposé dangereusement son flanc droit. Cependant Moltke n’ignore pas tout de la manœuvre projetée par le général Joffre : il a observé que, de toutes les armées françaises de l’est, des corps sont expédiés dans la région de Paris ($ b). Il pare donc de ce côté ; il ordonne à von Kluck de se

maintenir entre Oise et Marne, et à Bülow de le seconder en se tour-

nant lui aussi vers Paris. Les deux armées s’appuieront l’une l’autre et marcheront offensivement contre toute action venant du camp retranché.

Voilà une sage précaution, mais si l’on y regarde de près, on y observe d’étranges incohérences : pour être complètement renseigné sur la mission dont est chargée l’armée Bülow, il faut rapprocher le $ b de l’Instruction du $ g qui récapitule les ordres : « Les Ie et IIe armées restent devant le front est de Paris. la II armée entre la Marne et la Seine. » Donc l’armée Bülow doit franchir la Marne et se porter sur la Seine pour en occuper les passages entre Nogent et Méry. Mais, étant donnée sa position, pour gagner la Seine il faut qu’elle avance vers le sud, et non vers l’ouest. Sur la route, elle rencontrera les armées françaises et elle sera obligée, par conséquent, de se faire jour à coups de canon. C’est bien l’offensive de rupture, et cette offensive se conjuguera, fatalement, avec celle de von Hausen. En fait, l’armée Bülow, marchant sur la Seine, par la route 51, en direction de Romilly, abandonne le front vers Paris. Conclusion : l’Instruction a donné, en même temps, à Bülow deux ordres contradictoires : d’une part, celui de gagner la Seine au sud et, d’autre part, celui de surveiller Paris avec von Kluck, face à l’ouest. De là naît, comme il était inévitable, le désordre que nous observerons dès les premières heures de la bataille, et qui produira la défaite. Mêmes contradictions dans les ordres donnés à von Hausen,

“oh : | " À- 44 LA BATAILLE DE LA MARNE. A De. !

chargé formellement de l’entreprise de rupture en on

Troyes-Vendeuvre : on prévoit qu’il rencontrera l’ennemi et qu'il le battra. Mais, alors, que doit-il faire? « D’après la situation, la IIIe armée se portera en direction ouest en soutien des re et Ile armées sur la Seine, ou bien elle prendra part à l’action de

notre aile gauche en direction sud ou sud-est. » Donc, double

alternative pour von Hausen : une fois la rupture obtenue, il aura,

« selon la situation », à se tourner face à l'ouest ou face à l’est ou au sud-est. Qu'il se tire de là !

Ainsi, von Bülow doit prévoir, en même temps, une offensive vers l'ouest et une offensive vers le sud; et von Hausen doit se préparer, en même temps, à une manœuvre ou vers l’est-sud-est ou vers l’ouest, selon la situation. Quant à l’ennemi, on le considère d'avance comme battu, sans autre forme de procès.

Imaginez que de tels ordres aient été donnés, dans de telles circonstances, à deux chefs français voisins et qu’il leur ait été prescrit de combattre soit parallèlement, soit en se tournant le dos, quels jugements auraient-ils portés sur le haut commandement? Et, par suite, quel découragement !

Auraient-ils songé, cependant, à transgresser ces ordres et à n’en faire qu’à leur tête? Telest le parti que prend von Kluck : tandis qu’on lui a ordonné de rester au nord de la Marne, il passe la Marne et se jette vers la Seine, usurpant ainsi la mission confiée à Bülow : de telle sorte que le désordre s’accumule sur l’incohérence. Singulier effet de la discipline « à la prussienne » et de la prétendue « supériorité » intellectuelle de ces chefs tant vanités !

Et Guillaume II, que faisait-il puisque, en somme, c’était lui qui ordonnait? N'’était-il qu’un bagage encombrant, maudit par ses subordonnés militaires comme il l’avait été tant de fois par ses ministres civils (1)? A l’heure où le document capital est écrit, l’empereur rentre à Luxembourg d’où il ira devant Nancy se faire battre à l'assaut du Grand-Couronné. L'autorité souveraine ellemême n’agit pas.

Relevons encore quelques traits nécessaires pour l'intelligence de la manœuvre allemande :

(1) Un confident de Moltke, le docteur Steiner, qui se proposait de publier, sans l’interdiction venue de Berlin, les Mémoires du général dès 1919, a raconté que seuls Moltke et Bethmann connaissaient le plan d'opérations de 1914 ; le kaïiser l'ignorait : « Il était trop bavard et trop indiscret. Il l’aurait raconté au monde entier ! » (Matin du 5 octobre 1921.) Le prince de Hohenlohe, étant chancelier de l'empire, m'a dit, à moi-même, que la principale fonction d’un chancelier, sous Guillaume 11, était de travailler à réparer les imprudences du souverain.

CAE DNS Re PART TS MAUR f “ L 2 À

| Le $ e vise les opérations de la IVE et de la Ve armée, c’est-à-dire

4 armées du duc de Wurtemberg et du kronprinz. Leur mission

» est, pour le moment, de seconder la marche de la VIe et de la

4 VIIe armée sur Toul et sur Épinal et d’aider à masquer ces deux

F places avant de commencer la grande manœuvre vers la Suisse. . Sur ce point encore, le haut commandement allemand n’est franc

ni avec lui-même ni avec ses généraux. Le 4 septembre au soir, . il sait parfaitement que l’attaque en direction d'Épinal par É Mortagne (VIIe armée) a échoué ; il vient d’ordonner la grande offensive sur le Grand-Couronné. D’ores et déjà, il ne doit plus se faire de grandes illusions : la marche sur Toul rencontre non moins de difficultés que l'offensive sur Épinal et sur Belfort. Le raid que von Strantz va exécuter n’aboutira qu’à tomber dans le cul-de-sac de Saint-Mihiel. Dans l’ensemble, toutes ces combinaisons sont disloquées ; elles concordent HA et se heurtent à des contre-offensives déjà à demi victorieuses.

Le haut commandement allemand sait tout cela et il ne le dit pas. Au contraire, il insiste sur ses idées les plus aventurées.

Dans la nuit du 4 au 5, à 2 h. 20 du matin, un radio : « Les IVe

et Ve armées doivent, par une avance rapide en direction sud-est, ouvrir à la VIe et à la VITE armée le chemin sur la Haute-Moselle. »

Moltke laisse donc supposer à tous des succès faciles. Les ordres

. aux VIe et VIIe armées sont presque comiques : « Sans change-

. ment », dit le texte. Cela veut dire que ces deux armées n’ont qu’à continuer vers les objectifs qui leur ont été assignés, sans doute comme elles l’ont fait à la trouée de Charmes, comme elles le font sur la Mortagne et au Grand-Couronné, c’est-à-dire en se heurtant à l'ennemi et en se faisant battre.

En deux mots, le soir du 4 septembre, ignorant encore la marche en avant de von Kluck, le haut commandement allemand, faisant pour ainsi dire abstraction de la résistance de l’armée française

et, à plus forte raison, de l'offensive qu’elle va prendre, ordonne à ses armées du centre de marcher vers la Seine, de façon à écraser et à rejeter dans l’est, sur la frontière suisse, les quatre armées françaises qui sont au delà de Troyes (Langle de Cary, Sarrail, Dubail et Castelnau) ; et il ordonne en même temps aux armées allemandes opérant dans l’ouest, d’une part, de contenir les armées du camp retranché de Paris et, d’autre part, de rejeter les armée: alliées (Foch, Franchet d’Esperey, armée britannique, Maunoury) soit sur Paris, soit, en dernière analyse, sur la Loire. C’est

insensé |

» Nous en finirons, avec ce commentaire, par le sévère Jugement

LS le PA

porté par le général von ee à: un des vainqueurs de Tan berg, sur l’Instruction de Moltke : à

« L'ordre qui était donné, écrit von François, était l'avei dé a faillite du plan de campagne d’après lequel les armées es avaient pénétré en Belgique ; c'était l’abandon d’une course, à la vérité hardie, mais non pas sans espoir ; c'était l’inclination res- | pectueuse devant Paris et Verdun. i

« L'ordre portait la marque de l’inexécutable : *

« Pour la Ire armée, parce qu’elle avait déjà dépassé de trois jours de marche le secteur de sa nouvelle mission. |

« Pour la Ile armée, parce qu’elle devait faire une conversion de 90 degrés vers Paris et par cela même arriverait le flanc découvert dans la contrée nouvelle où sé trouvaient les armées Foch et Franchet d’Esperey.

« Pour la IIIe armée, parce que le but frontal Troyes-Vendeuvre ne pouvait que conduire rapidement à une séparation des IIS et IVe armées et à une menace de flanc des deux côtés, menace à laquelle l’armée faible en effectifs ne pourrait résister.

« Pour les IVe et Ve armées, parce que la poussée réclamée avec précipitation pour l’ouverture des passages de la Moselle exigeait d’abord l'investissement complet de Verdun, ce que la Ve armée ne pourrait réaliser hâtivement.

« Pour les VIe et VIIe armées, parce que les troupes, notamment la VIe armée, en essayant de forcer la trouée de Charmes, avaient déjà fortement souffert et qu’on ne pouvait espérer que des troupes affaiblies atteindraient ce but quand d’autres troupes fraîches y avaient échoué.

« La décision d’un chef d’armée se prend sur la connaissance de sa propre situation et de celle de l’ennemi. L'ordre du G. Q. G. fut donné dans une complète ignorance de notre situation et ébranla beaucoup la confiance des chefs subalternes dans la science de l'O. H. L.

« Le résultat de l’ordre s’exprima d’abord par un arrêt dans les mouvements des Ire, Ile et IIIe armées. On cherchait une solution. Mais avant qu’on la trouvât, l’ennemi parla. La bataille de la Marne commençait. »

La manœuvre française.

Les conditions attendues par le général Joffre.

Voyons, maintenant, ce qui s’était passé dans le camp français. Quatre documents éclairent la pensée du haut CORMATRRSE dans la période du 4 au 3 septembre :

Le LTiétrattoe a n° 4, datée du 41e bee et qui prescrit la retraite générale, au bon jusqu’au sud de la Seine, mais sans que celle indication implique que cette limite devra être forcément atteinte. L’Instruction s’achève par ces mots : les troupes À vobiles du camp retranché de Paris pourraient prendre part égale- | ment à l’action générale. En voici le texte complet :

RAND QUARTIER GÉNÉRAL Au grand quartier général, DES ARMÉES DE L'EST le 1er septembre 1914, 14 heures. % ÉTAT-MAJOR 3 bureau No 3205 INSTRUCTION GÉNÉRALE N° 4

I. — Malgré les succès tactiques obtenus par les 3e, 4e et 5e armées dans la région de la Meuse et à Guise, le mouvement débordant effectué . par l'ennemi sur l’aile gauche de la 5° armée insuffisamment arrêté par les troupes anglaises et la 6° armée oblige l’ensemble de notre dispositif L pivoter autour de notre droite.

Dès que la 5° armée aura échappé à la menace d'enveloppement pro- 1 noncée sur sa gauche, l’ensemble des 3, 4e, 5e armées reprendra l’offensive.

… II. — Le mouvement de repli peut conduire les armées à se retirer endant un certain temps dans la direction générale nord-sud. . La 5e armée à l’aile marchante ne doit en aucun cas laisser l'ennemi saisir sa gauche; les autres armées moins pressées dans l’exécution de - leur mouvement pourront s’arrêter, faire face à l’ennemi et saisir toute “à occasion favorable pour lui infliger un échec. __ Le mouvement de chaque armée doit toutefois être tel qu'il ne £. | découvre pas les armées voisines et les commandants d’armée devront constamment se communiquer leurs intentions, leurs mouvements et Jeurs renseignements.

à III. — Lignes séparant les zones de marche : entre la 4° et la 5e armée . (détachement Foch) : route Reims-Épernay (4), route Montmort- - Romilly (5e) ; entre la 4e et la 3e : route Grandpré- Sainte-Menehould- … Revigny (à la 4° armée). Dans la zone affectée à la 4 armée, le déta- … chement Foch se tiendra en liaison avec la 5° armée. L’intervalle entre . le détachement Foch et la 4 armée sera surveillé par les 7e et 9e divisions de cavalerie (4° armée) appuyées par des détachements d’infanterie.

IV. — On peut envisager comme limite du mouvement de recul et sans que cette indication implique que cette limite doit être forcément - atteinte, le moment où les armées seraient dans les situations suivantes : Un corps de cavalerie, de nouvelle formation, en arrière de la Seine, au sud de Bray.

5° armée en arrière de la Seine, au sud de Nogent-sur-Seine. U

Le © it LÉ

&e armée (détachement Foch) en arrière de l’Aube, au sud d’Arcisd sur-Aube.

4e armée (gros) en arrière de l’Ornain, à l’est de Vitry ;

Page 1