‹ La bataille de Navarin (1827) d'après les documents inédits des archives impériales RussesChapitre 26 sur 75 · Livre de Codrington, p · texte numérisé non relu

Livre de Codrington, p

Voici comment s’est exprimé à ce propos, en causant avec un de ses amis, Kiaia- Bey, un des membres les plus vieux et les plus estimés du Divan : « Nous aurons la guerre, vous le croyez et je le crois de même ; à l'heure qu'il est, elle est peutêtre déjà commencée. » Cette conversation a eu lieu le 20/8 octobre,le jour même de la bataille de Navarin. Les derniers mots en sont particulièrement intéressants, car ils prouvent la résolution arrètée d'avance dans l'esprit des Turcs.

Évidemment, la Porte comptait sur la supériorité numérique de ses forces navales, supériorité considérable dans le cas mème d'une lutte avec les trois escadres alliées (1)...

Les avertissements, sous forme d'ultimatum, adressés à Ibrahim avant la ba-

4. Voy. à la suite du plan le dénombrement des forces engagées de part et d'autre dans la bataille de Navarin.

taille, ne firent pas défaut non plus, comme on l’a vu. Et pourtant, après tout cela, non seulement les Turcs, mais même les turcophiles anglais ont eu l'aplomb de soutenir dans la presse et dans le parlement britannique que les escadres alliées « avaient éraitreusement attaqué les Turcs à Jimproviste » et ne devaient la victoire qu’à cette circonstance! 1...

Non! le combat de Navarin a, en :

effet, commencé par une « altaque traitresse », mais c’est de la part des Turcs qu’elle est venue. Ils en ont été cruellement punis. Et, malgré toutes les calomnies répandues dans la plus grande partie de l’Europe par la coterie turcophile, l’impartial jugement de l’histoire sanctionnera sans doute l'arrêt de mort prononcé et mis à exécution ce jour-là par les amiraux alliés sur la flotie turcoégyptienne.

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