‹ La bataille de SalamineChapitre 264 sur 325 · Beloch, op. cit., I, p. 376, 2, p · texte numérisé non relu

Beloch, op. cit., I, p. 376, 2, p

5. Goodwin Papers Ani. Sch. Athen. cf. Harvard Studies in dass. Philol. Vol. XVII), TIte lîaltle of Salamis.

6. La Imlaitle de Salamine, « Harmonie ■>, Athènes, 1902, p. 449 et s.

C N. Rados. La Bataille de Salamine. s»

du délroil. Là, ils ont livré la bataille, appiiyanl leur ailo droite sur Kynosoura, leur aile gauche sur Kéramos. On ne peut pas comprendre au juste la manière dont évolua cette rencontre. Une si longue action ayant duré de Taurore à la nuit, ne pouvait avoir que plusieurs phases. Ainsi on ne peut pas admettre que les adversaires étaient, pendant une journée entière, confinés entre Kynosoura, Kéramos, et Psyttalie '.Il y a eu probablement des deux côtés un peu plus d'élan, ce qui a du transférer le champ de bataille d'un point à l'autre, vers le sud, ou vice-versa, pendant douze heures de combat. Si la bataille a commencé dans les détroits, il est évident que l'ennemi fut peu à peu repoussé, et finalement bouté hors des passes malgré sa résistance. Si les Grecs avaient fermé, dès le début de l'action, l'entrée du détroit à Kéramos-Kynosoura, et si l'effort avait été borné à repousser les Perses qui avançaient des deux côtés de Psyttalie, un pareil engagement, non seulement n'aurait pas eu de résultat décisif, mais aussi, il n'aurait pas duré. Pour faire entrer dans la ligne tous les navires grecs, l'auteur les range en hrmicycle et en ordre concave au nord de la passe. Mais il est bien évident que cette disposition ne pourrait remédier au manque d'espace, ces navires à éperon étant obligés, dans leur marche en avant, de parcourir des lignes non parallèles, mais convergentes, ce qui les aurait toujours engouffrés dans les passes. Quatre cents navires à éperon s'élançant contre l'ennemi pour lui interdire l'entrée du détroit, le repoussant et le poursuivant dans les deux étroits couloirs qui existent des deux côtés de Psyttalie, couraient le danger de se faire mutuellement plus de mal qu'à l'adversaire. Ces navires, disposés en croissant appuyé de ses deux pointes sur Kynosoura et Kéramos, incapables de rester immobiles à l'issue du détroit, pourrait-on s'imaginer le moment, où ils auraient poussé résolument en avant? Quel encombrement!

1. Et la dérive '. La quille de la trière n'étant pas assez enfoncée dans la lucr et par conséquent le navire, n'ayant pas assez de pied dans leau, dérivait facilement, puisque sa quille n'ofl'rait pas un plan vertical pour s'opposer aux effets, mi^mc les plus faibles, du vent ou des courants.

Quelle confusion ! L'idée des stratèges d'aller engouffrer dans une passe étroite quatre cents navires, serait un contre-sens militaire et naval.

Malgré sa pensée ingénieuse, l'auteur lui-même, n'admet qu'un front d'un peu plus de deux cents, •j-spo'.axôo-î.a',, trières grecques, contre les deux cents trières de chaque ligne perse qui faisaient impétueusement ii-ruption dans le détroit toutes les dix minutes. Si donc toutes les dispositions prises par Thémistocle avaient fini par condamner une bonne moitié de la tlolte grecque à l'inaction, et |)ar permettre à plusieurs lignes ennemies, équivalentes chacune à la force hellène engagée, d'entrer dans le détroit, qu'adviendrait-il du prétendu morcellement des forces perses, imposé par le choix d'un lieu de bataille susceptible de créer un avantage numérique en faveur des Grecs? On ne voit pas cet avantage, puisque les Grecs ne peuvent pas employer toutes leuis forces à la fois *. On ne voit pas d'ailleurs que Thémistocle ait jamais dit que le détroit offrait aux Grecs le moyen de créer en leur propre faveur un pareil avantage de front. L'avantage ne consistait en réalité que dans l'insuffisance d'espace du champ de bataille, qui rendait inutile aux Perses leur supériorité numérique et la qualité d'agilité et de giration de leurs navires. Quant à la formation en hétnicycle, il faut recourir encore au manuscrit de la Hibliothèque Ambrosienne sur la tactique navale des anciens, pour voir combien aurait été mauvais l'ordre concave, et combien tout l'avantage était pour l'ordre convexe, xypTos'.or.; cpàAay; \ « duquel, dit-il, on fait usage quand on chorclie à entamer le front de l'ennemi et à briser sa formation. (Test très avantageux surtout lorsque l'adversaire est formé en croissant, en ordre concave ; on donne au milieu, et on le défonce aisément. »

1. Ce que l'auteur dit, p. 608, que Thémistocle s"oiiposail avec Inule sa flolle, ô'.'oAou ToO sToî.o'j Toy, aux sections de la Hotte perse successivement présentées aux issues du détroit, est en complète contradiction avec ce qu'il rapporte à la p. 606, où il dit que seulement un peu plus de moitié de la Hotte hellénique combattait l'ennemi.

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