‹ La bataille de SalamineChapitre 289 sur 325 · Hérodote, IX, 99-lOa · texte numérisé non relu

Hérodote, IX, 99-lOa

". Hérodote. IX, OG-106.

LES LKiNbEMATiNS llË LA VICTOIlil'; 3"!

Phocée au moment où rarnioc [)orsc se dirigeait vei's les clélroils, 907 avaient disparu, une partie tlélruites à Salamine ou capturées ou coulées dans les combats du nord de l'Eubée, les autres naufragées à Sépias el ùKoila, quel(|U('s-uues ayant déserté, d'autres réfugiées sur la cote de Syrie. A ce nombre, il faut encore ajouter les renforts qui comblèrent les vides causés par la tempête, pour se faire une idée de cet écroulement inouï de la toute puissance maritime du grand roi. On ne trouve guère de fait comparable dans l'histoire, que la chute de l'empire maritime de Philippe II, aussi inattendue et aussi rapide ', et de nos jours, l'anéantissement des escadres du czar dans les mers de rExlrème-Orienl, où^ à une série de défaites, est venue s'ajouter encore la terrible journée du 27 mai, où les canons de l'escadre de Togo sonnèrent le glas de la marine impériale de Russie en 1905.

Après Salamine ctMykalc, les Grecs auraient pu se dire avec un juste orgueil, de la llollc perso, ce que les Anglais et les Hollandais frappèrent sur leurs médailles au lendemain de la tin de l'invincible Armada. « Elle est venue, elle s'en est retournée, elle n'est plus»-. La mer fut à ce point purgée des flottes perses que, deux ans après Salamine, un an après Mykale, au printemps de 478, Pausanias, le « chef des Hellènes», 'EXXâvcjv àpyayô.;, à la tête seulement de cinquante trières péloponésiennes et de trente athéniennes, n'eut qu'à paraître dans l'Archipel et fut le maître absolu du bassin oriental de la Méditerranée. Pas un bâtiment

1. Ce fut ranéaiitissL'iiienl de loiik' la lloUe, une di's plus grandes et des plus luagnifiques qu'aient jamais vues les mers. C'était : la division commandée par Medina-Sidonia lui-même, celles de Biscaye, de Caslille, d'Andalousie, de Guipiscoa, de l'Orient, avec 2,0i)U canons. Et ce n'était pas toiil ; il y avait de plus une escadre légère, une immense (lolle de transports, une division de galères el de galéasses, enfin, les vaisseaux de la station de Dunkerqiie. De tout cet armement, le malheureux monarque ne vit rentrer en Kspagne que quelques navires.

2. C'est lord Byron qui réussit le mieux à exprimer l'immense catastrophe [Don Juan, III, 86, « l'hymne grec »; : " L'n roi s'assit sur la croupe du rocher qui domine Salamine, fille des mers. Tout lui appartenait, à ses pieds étaient ses flottes, ses guerriers. Il les comjila à la pointe du jour; — au coucher du soleil où étaient-ils? »

pliénicion, égyptien ou carien ne so présenta pour lui disputer le pa^ssage, quand il mit le cap sur Chypre, et de nombreux vaisseaux Ioniens le suivirent contre Byzance, où il entra à la fin de 478 \ avec Aristide et les chefs ioniens Uliado et Antai;oras qui devaient le renverser -, et hùtor la constitution de l'empire maritime d'Athènes, dessiné déjîi sur l'horizon le soir <lo la bataille de Salamine.

Beaucoup d'années se sont écoulées jusqu'à ce que le grand roi pût refaire eu partie ses forces navales anéanties, et ce ne lut que vers l'an 465 ', qu'il se trouva en état d'envoyer 350 trières phéniciennes pour défendre ses droits de suzeraineté sur Chypre; Cimon et un nouveau désastre l'y attendaient. Cependant, le lendemain de sa défaite à Salamine, Xerxcs disposait encore à Phalère d'un nombre de navires au moins égal, sinon supérieur, à celui de la Hotte grecque, et les stratèges ne jugèrent pas prudent daller compromettre, hors des détroits, les résultats acquis. Navires et équipages grecs d'ailleurs, étaient très éprouvés, et lorsqu'après quelques mois, l'hiver passé, ils se décidèrent à entreprendre une campagne otïensive, ils ne parvinrent pas à rassembler, sous Léotychide, plus de HO bonnes trières'. Du dernier combat d'Artemision la plupart des trières athéniennes étaient sorties déjà couvertes de blessures aussi bien que de gloire. Ainsi dès que tout combat cessa, les Grecs tirèrent sur la côte de Salamine les épaves qui se trouvaient à leur portée, et se tinrent prêts à une. seconde bataille ^

Malgré la terrible défaite, malgré la fuite des escadres bar-

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