Thucydide, VII, 30 et passim
LA TACTIOU: NAVALK i^ 105
difficile l'attaque de ladvcrsaii-e à travers les intervalles, — réglementaires et inévitables, — entre les navires de' la première ligne. En clïet pour des navires combattant par l'élrave, la formation d'une seconde ligne ne paraît pas inutile. L'amiral Fincati fait observer ' ([ue si à la bataille de Lissa le « Re d'Ilalia » avait eu sous sa poup<' un navire soutien, il n'aurait pas été immédiatement coulé, ou le « Ferdinand-Max » n'aurait pas osé l'attaquer.
La même idée pousse souvent la Hotte composée des trières les moins agiles et rapides à s'appuyer sur la cote. Les plages occupées par des troupes jouent un grand rôle dans l'action navale des anciens. C'est à tort qu'on a prnsé que c'est là une invention des historiens modernes pour expliquer la disposition des flottes le long des bords du détroit de Salamine -, le jourl de la bataille. On verra que les textes ne laissent pas subsister
d'équivoque à cet égard. La trière a l'haleine courte, son propulseur n'est pas une machine de fer et d'acier ; les rameurs s'épuisent vite. Elle ne pouvait donc en cas d'insuccès fuir bien loin, et se trouvait dans la nécessité de se réfugier sous la protection de l'armée, 'jtzo tov ttsJ^ôv o-rpaTov \
Presque toujours, une Hotte trahie par la victoire cherche un refuge vers une plage amie *. On sait la facilité avec laquelle la trière était halée à terre par ses propres moyens. Chassée et poursuivie, elle fuyait donc sur la côte occupée par les troupes amies. C'était la règle ^ A maintes batailles, l'infanterie occupe la côte et soutient la Hotte qui recule dans la direction de l'armée prête à agir. A Salamine, à Eurymedon, à Naupacte, à Erinéos, à Kynos-Sema, à Cyzique, à Syracuse, à Milet, l'infanterie est présente sur la côte. Il est rare à l'époque des trières qu'on trouve un grand combat naval, sans que, de la côte, l'infanterie y prenne une part plus ou moins active.