‹ La bataille romantiqueChapitre 38 sur 139 · TT, XVIL p · texte numérisé non relu

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Scribe. Pendant dix ans, il a alimenté le théâtre du Gymnase de produits suivant sa formule : assez adroite combinaison d'observation superficielle et de romanesque un peu niais. Un public fidèle, ce que Sainte- Beuve appelle « la classe moyenne et assez distinguée

.r r . LEE] Ù . . « de la société » en a fait ses délices. Il reconnaissait là

l’image de ses vertus tempérées. C'’étaient ses goûts, ses façons de penser, de sentir... de parler, hélas! Et le petit bourgeois du boulevard Bonne-Nouvelle y trouvait encore la révélation d’une vie supérieure. Devant ces veuves fortunées, ces diplomates, ces vieux soldats et ces jeunes colonels, il rêvait de gloire, de noblesse, d'amour et de millions. Parmi les soucis d’une existence médiocre, rien de plus réconfortant que cet optimisme. L'honneur était rendu aux filles séduites ; dévorées de remords, les femmes adultères obtenaient leur pardon; la fortune était la récompense de l’héroïsme et de la verlu; une providence attentive unissait les amants au son d’une musique joyeuse, ‘et l’on ne versait d’autres larmes que des larmes d’attendrissement... Pour ces pauvres cervelles, Scribe était le marchand d'illusions.

En 1827, dans la première édition de son théâtre, il s'adresse à ses innombrables collaborateurs comme un général à ses soldats'. Chevalier de Ia Légion d’'honneur de la même année, il peut être fier. Pourtant,

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