‹ La beauté de l'âme chrétienne, religieuse, sacerdotaleChapitre 57 sur 95 · II.— CONSIDÉRATIONS · texte numérisé non relu

II.— CONSIDÉRATIONS

I. — La nature des bons anges les rend semblables à Dieu et différents de l'homme. Cette nature, inférieure à la Divinité, bien que pur esprit comme elle, supérieure eu égard à l'homme, leur assigne un rang à part dans la création. La raison

trouve vraisemblable l'existence de créatures supérieures, dont l'être et la vie soient tout spirituels : ainsi les degrés de la création ne s'arrêtent pas à l'humanité comme à leur terme extrême et des êtres plus parfaits complètent la chaîne par un anneau spirituel. Ce que la raison présume, l'Écriture l'affirme avec certitude.

Leur beauté est incomparable, et pour nous, hélas ! insaisissable. Elle leur vient des ornements des grâces les plus excellentes, de leur élévation à la vision béatifique, de leur impeccabilité.

Lorsqu'ils apparaissent aux Patriarches, Abraham, Lot, Jacob, Tobie, sous une forme humaine, cette forme ne leur appartient pas, puisqu'elle ne leur est point naturelle : ils l'adoptent pour un temps, afin d'être visibles aux yeux de ces personnages. Leur intelligence est éminente, leur volonté bien ordonnée, leur sainteté très parfaite.

L'Église, dès l'origine, a autorisé expressément de les représenter dans les œuvres d'art, sous la forme prise dans leurs apparitions. C'est sous la figure de jeunes adolescents, pleins de grâce et de beauté — Beau comme un ange ! — pour rappeler la promptitude et la joie avec lesquelles ils exécutent les messages divins, ainsi que l'état de béatitude dont ils jouissent au ciel, dans une inaltérable et perpétuelle jeunesse. Leur rapidité est symbolisée par les ailes ; leur vêtement léger et leurs pieds nus sont comme ceux des coureurs dans l'arène antique. Parfois ils tiennent en main des harpes, des lyres ou d'autres instruments, en souvenir des louanges de Dieu qu'ils chantent sans interruption. On les représente avec des trompettes, en mémoire du

réveil des morts, prédit au dernier Jugement (Matt. 24, 31 ; I Cor. 15, 52) ; ou avec un encensoir, image du pur aromate des prières et des bonnes œuvres, offertes à Dieu (Tob. 12, 12) ; ou revêtus d'une blanche tunique et une ceinture d'or aux reins, pour marquer la pureté immaculée de leur nature spirituelle et leur activité libre de tout péché. La tête est découverte et auréolée de lumière ; la chevelure en boucles, encerclée d'un bandeau d'or ; les yeux baissés ou animés d'une ineffable candeur ; les mains tendues vers le ciel ; les ailes pliées, les genoux ployés, pour exprimer la respectueuse et sainte adoration qu'ils témoignent à la souveraine Majesté du Très-Haut.

S'ils tiennent parfois la croix ou s'ils sont munis des instruments de la Passion, c'est en signe de vénération envers le Sauveur crucifié et de la joie de sa résurrection et de la rédemption du genre humain.

La hiérarchie angélique est divisée en trois ordres : les Séraphins, les Chérubins, les Trônes; les Dominations, les Vertus, les Puissances ; les Principautés, les Archanges, les Anges. '* Je crois positivement qu'ils diffèrent entre eux : en quoi ils diffèrent, je l'ignore." (S. Aug. Liv. à Oros. c. 11.) Le nombre des chœurs est de neuf : ces esprits forment d'innombrables légions.

L'Écriture a révélé trois missions spéciales remplies par les archanges : Gabriel (Dan. 8. 16 ; 9, 21 ; Luc 1, 19-26) ; Raphaël, rendant la santé du corps et de l'âme (Tob. 3, 25) ; Michel, protecteur d'Israël et vainqueur des démons (Dan. 10, 13 ; Apoc. 12, 1).

II. — Les fonctions des bons esprits ressortent de leurs rapports avec Dieu, avec eux-mêmes, avec l'homme, avec l'univers.

Ils vivent avec Dieu en une communauté intime et personnelle, qui se manifeste par un dévouement infini, une parfaite soumission, un amour très ardent, un abandon entier et délicieux de tout leur être, une incessante fidélité, une immuable dépendance, un religieux respect, une reconnaissance sans bornes, une adoration qui s'épanche en louanges perpétuelles, en une glorification permanente, en un saint et extatique enthousiasme.

Entre eux, en dépit des degrés d'hiérarchie, ils forment le monde des Esprits, uni par l'intelligence et la volonté, la science et l'amour, les dons et les grâces privilégiées. Les richesses des uns sont-elles communiquées aux autres ? Tel chœur ne tient-il son savoir que de tel autre, auquel il est subordonné ? Ou bien tous le puisent-ils directement dans son unique source ? Tous peuvent-ils échanger mutuellement leurs pensées d'une manière ineffable et inconnue à l'homme ? . . .

Messagers intelligents et libres, ils prennent une part intime au bien-être et à l'infortune des hommes. Initiés au plan général de la Providence, ils agissent auprès d'eux pour la réalisation de ses desseins et l'accomplissement de leur secrète destinée... Lors de la création, ils apparaissent transportés de joie à la vue de ses merveilles (Job 34, 4-7). Un ange intervient à la chute d'Adam et à sa sortie du Paradis (Gen. 3, 23). On le^ voit paraître aux Patriarches, aux Prophètes (III et IV Rois) . . . Plus tard, un archange annonce le grand mystère

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de l'Incarnation du Verbe ; un autre ange avertit Joseph à plusieurs reprises. Un ange intervient à l'Agonie du Jardin et au saint Sépulcre. Un ange fait tomber les chaînes des mains de saint Pierre . . .

Enfin, les anges veillent de façon spéciale à la sauvegarde des divers règnes de la nature. Les différentes nations sont mises sous leur particulière protection, ainsi que les provinces, les villes, les agglomérations disséminée^ sur la surface de la terre : sans que toutefois l'on sache rien sur le mode de cette surveillance. Ils sont surtout les serviteurs des peuples chrétiens . . .

III. — L'ange gardien, appelé le Bon ange et Vange tutélaire également, est celui qui veille sur chaque personne, du baptême à la dernière agonie. (Hébr. 1, 14.)

II résulte clairement des paroles de Jésus que " les petits enfants ont leur ange gardien auprès d'eux ". (Matt. 8, 10.) Il est certain aussi que les esprits expérimentés dans la science et le service de Dieu, de ses voies et de sa conduite providentielle, acquièrent la conviction de cette assistance permanente et mystérieuse.

L'ange tutélaire accomplit une double mission : négative, elle détourne l'homme de ce qui peut blesser ou troubler sa vie naturelle ou spirituelle ; positive, elle éclaire et dirige l'âme par de secrètes inspirations, i^ar de sages avertissements, par de mystérieuses consolations.

Les anges éprouvent, a dit Jésus, un tressaillement intime, lorsque l'âme quitte la voie de la perdition, fait pénitence et des progrès dans le bien et la vertu. (Luc 15, 10.) Ils s'attristent et se voilent la face.

quand elle s'égare et les obligent de les punir. (Act. 12, 23.)

Aussi bien, c'est là le fondement du culte des anges : ainsi se justifie l'honneur qu'on leur rend, l'invocation dont ils sont l'objet. Dès l'origine du monde, les exemples sont consignés dans la Bible. (Gen. 18 ; Exod. 23 ; Jos. 5.)

Ces esprits sont nommés anges de lumières, restés fidèles à Dieu, tandis que les démons, chassés du ciel pour avoir désobéir à Dieu, sont appelés les anges rebelles, déchus, de ténèbres.

La liturgie catholique solennise, le 2 octobre, la fête des Anges gardiens. Il en est ainsi de celle des saints archanges, Michel, Gabriel, Raphaël.

De la sorte, l'Église considère la multitude innombrable des Esprits célestes comme les premiers élus des créatures avec les saints et les saintes de l'Église triomphante.

Article II. — La Beauté des Saints

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