INFLUENCE DES VETEMENTS SUR LA FORME DU CORPS
paysannes, qui ne portaient pas de corset, présentaient souvent des marques de compression beaucoup plus profondes que des dames qui ont l’habitude de se serrer. Ces paysannes, en e lié t , serraient fortement les attaches de leurs jupons et l’effet produit était d’autant plus fâcheux que la surface comprimée était plus restreinte. Nous n’avons pas le droit d’en tirer un argument en faveur du corset trop serré. Ce que nous pourrions conclure, c’est que le corset est tout à fait justifié en tant que point d’appui pour les vêtements, mais qu’on ne doit pas en abuser pour se créer une taille artificielle.
Après une taille fine, ce que chaque femme voudrait bien posséder, c’est un petit pied, et pour l’obtenir elle détruit, par des chaussures incommodes, la beauté naturelle de cette partie du corps.
Une artiste qui s’est donné pour tâche principale la reproduction du corps féminin dans sa plus grande p
Fig. 32. — Marques des jarretières audessous du genou, chez une femme de vingl-trois ans.
erfection, se plaignait devant moi de
n’avoir pas encore vu une lois dans sa vie un joli pied de femme ; •elle ne disait pas de jolies bottines. Elle était encore jeune : mais je dois avouer, moi aussi, que parmi les nombreux pieds de femme que j’ai vus, bien peu supportaient une critique sévère. C'est surtout la torsion du gros orteil en dehors et la position recroquevillée des autres doigts qui déforment le pied.
Comme troisième élément dans la série des influences nuisibles cru’exerce le costume féminin moderne, il nous faut citer la jarretière qui, suivant les goûts, abîme la forme du mollet ou celle du genou. La première de ces déformations a eu la préférence des modèles de Rembrandt.
Mais, d’autre part, suivant Lücke l, la coutume usitée aujourd’hui d’attacher les bas au corset occasionne chez les enfants une déviation des jambes.
On a donc le choix entre des marques au genou ou au mollet et des jambes torses, si I on ne préfère pas porter des chaussettes courtes ou des bas très longs montant jusqu’au milieu de la cuisse.
La figure da montre des mollets abîmés par la pression des jarretières.
Nous venons de parler des trois principales parties du costume féminin qui peuvent porter préjudice à la beauté du corps. Nous aurons donc, dorénavant, à porter notre attention sur les déformations du tronc par le corset et les attaches des jupons, des pieds par des souliers trop étroits, des genoux et des mollets par les jarretières.
1 Cité par Hoffa, Orthopädische Chirurgie, 1 8f)4 , p. lia.
APPRÉCIATION, A CES DIVERS POINTS DE VUE, DU CORPS CONSIDÉRÉ DANS SON ENSEMBLE
Comme nous l’avons vu, la beauté du corps féminin dépend de certaines lois plus ou moins précises qui ont été établies en partie par des procédés empiriques et statistiques, et en partie par des procédés exacts et déductifs.
Mais dans leur application nous devons rester autant que possible sur le terrain scientifique, et, pour cela, tenir un large compte de l'individualité, et nous garder de généraliser d’une façon aveugle et schématique.
Ce danger est surtout à craindre pour les faits établis par de& procédés empiriques et statistiques. Lorsque nous avons trouvé, par la comparaison d’un grand nombre d’individus, une certaine valeur, c’est là une valeur moyenne qu’on peut tout au plus considérer comme la limite inférieure de la valeur normale, mais qui, en aucun cas, ne peut faire autorité pour 1’ « individu normal ».
R. von Larisch, par exemple [Der Schönheitsfehler des Weibesr Munich 1896), a affirmé que les femmes avaient les jambes trop courtes, et donné comme preuve cent mesures prises par lui sur des. modèles.
Les mesures de Larisch prouvent seulement que beaucoup de femmes ont les jambes trop courtes, particulièrement parmi lesmodèles. Mais c’est tout aussi bien le cas chez les hommes, et, dans les deux cas, c’est presque toujours le rachitisme qui est en.
cause.
Dans la détermination d’une valeur normale, l’élément qui doit faire autorité n’est point le nombre, mais le choix des individus. Nous devons d’abord écarter tous les individus qui, pour une raison ou pour une autre, n'ont plus le droit d’être considérés comme normaux.
Mais normal est en ce sens, comme on le verra, synonyme de beau.
J’ai tâché de me conformer aussi fidèlement que possible à ce principe.
Le coup d’œil du médecin est inné tout comme celui de l’artiste. On n’a besoin ni d’être médecin, ni d’être artiste, pour les posséder tous deux. Mais il y a des gens à qui tous deux font plus ou moins défaut. Que d'artistes et que de médecins à qui le sens des couleurs ou le sens des formes manque totalement !
L’artiste, comme le médecin, perfectionne son coup d’œil en l’exerçant, et pour se convaincre de sa justesse, ils sont obligés, l’un et l’autre, de recourir à certains expédients techniques qui leur permettent de comparer avec des valeurs absolues leurs impressions personnelles.
Ce que nous avons tout d’abord à rechercher ici, c’est la manière dont on peut, du point de vue médical, se faire une idée juste de la forme du corps féminin. Pour cela nous devons procéder comme lorsque nous sommes avec un malade : considérer d’abord le corps en général, puis passer à l’examen des diverses parties.
11 est important, tout d’abord, de placer le corps dépouillé de tout vêtement en face d’une fenêtre, afin que toutes les parties soient également en pleine lumière. Lorsque la lumière tombe obliquement sur le corps, on ne peut que difficilement comparer la moitié droite et la moitié gauche. L’observateur se place à quelque distance, le dos tourné à la fenêtre, bien en face du sujet.
Le corps doit être dans une attitude droite, militaire; cependant les pieds doivent se toucher sur toute leur longueur. (Fig. 33.)
Cette position prise, on peut tout d’abord étudier les proportions, le rapport des diverses parties du corps entre elles et avec l’ensemble, et recourir, si c’est nécessaire, au compas et au mètre