‹ La BelgiqueChapitre 15 sur 187 · I AIL LATÉRAL · texte numérisé non relu

I AIL LATÉRAL

de soleil ; des tableaux, des sculptures, des lutrins ciselés, des tombeaux illustres, des tapisseries de haute lisse concourent à la somptuosité du temple. La moindre merveille n'est pas cette luxuriante chaire de vérité évidée, taillée et foliolée par l'anversois Henri Yerbruggen, (1099) une image do nature, un printemps édénique sculpté dans le bois et où se voient, parmi les anges voltigeants, Adam et Eve poursuivis par la mort, et, tout en haut, la Vierge et l'enfant Jésus debout sur l'arbre de vie.

A Notre-Dame des Victoires, la richesse des autels et des sarcophages combine un mélange de pompe catholique et mondaine. Les allégories sont nombreuses : dans l'une des chapelles, celle de la Tour et Taxis, une femme en marbre blanc, figurant la Vertu, tient à la main une chaîne d'or par laquelle le Temps la lire avec force. Une autre chapelle est dédiée à Saint-Marcou : on y voit un mausolée en marbre noir et rouge et celui-ci porte le nom du poète J.-B. Rousseau, mort en exil à Bruxelles le (> avril 1741. ï ^intérêt archéologique grandit encore avec Notre-Dame de la Chapelle, [ci s'atteste la k tradition vénérable de la période de transition, (le sont

d'abord les piliers, de style byzantin; les colonnettes en faisceaux alternant avec des colonnettes isolées, sur le pourtour du triforium, signalent ensuite l'avènement du roman; enfin, par delà le triforium, la frise et la naissance des nervures s'entre-croisant pour former une voûte en tiers-point, manifestent le gothique.

L'incendie, le bombardement, les déprédations sucessivement altérèrent la physionomie de cette grande construction religieuse : en 1195 les trois nefs sont anéanties, et on ne les rebâtit qu'en 1121; la tour romane quadrangulaire qui s'élevait à l'intersection des transepts et du chœur disparait en 1695 ; à peu près vers la même époque, on élargit les fenêtres du chœur, et l'on bouche les niches servant, l'une de reposoir au Saint-Sacrement, l'autre de lavoir pour l'ablution des prêtres, la troisième de presbyterium où s'asseyaient les officiants. Quelque temps auparavant, le maitre-autel luimême tombait sous les coups des sectaires, et on le remplaçait par une de ces spacieuses architectures où Bubens prodiguait la pierre et le marbre. Une toile du maître, « l'Assomption de la Vierge, » vint alors s'encadrer dans le décor fait exprès pour s'accorder au mouvement de ses ordonnances; mais elle fut cédée, depuis, par les marguilliers à l'électeur de Bavière.

De nombreuses chapelles garnissent les bas-côtés de l'église actuelle. Arrêtez-vous devant celle qui est consacrée au Saint-Sacrement : un mausolée y exalte la mémoire des Spinola, avec un groupe de trois grandes figures d'un goût violent représentant le Temps, la Mort et une Renommée. Tandis que celle-ci proclame les vertus des défunts, le vieillard à la faux dispute au squelette symbolique le souvenir de leur gloire. Considérez encore sous un tableau qui l'atteste en sa vie spirituelle près des emblèmes de la mort, le tombeau du peintre Pierre Brueghel. Un autre monument, surmonté d'un médaillon en marbre blanc ;i l'effigie de François Anneessens, rappelle le trépas du martyre populaire, décapité, le 19 septembre 1719, sur la Grand'Place, pour avoir défendu les franchises de La ville contre le gouverneur autrichien, le marquis de Prié.

L'extension toujours croissante de la ville a déterminé l'édification d'un certain nombre d'églises nouvelles qui, ajoutées aux anciennes, à celles dont il vient d'être parlé et aux

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