‹ La Belgique et la HollandeChapitre 31 sur 73 · CM · texte numérisé non relu

CM

•-•as SiSSâSsSSIi i^*"«*w««^-j«

OSTENDË. lÂ. Reute. t41

é^autres di3tr»etîoBS et qae cet abonnemeiit est ciicr. Sa too» cas, on fera bien de ne «''abonner qn'aprèa aToîr essayé d« la rie d'Ostende. — Plus loin sur la dane: Pari lion desDanes, sortoat pour le déjeuner (plusieurs chambres à louer). ^Pavillon du Rhin, le plus éloiçnë au S., -mais le plus près du Paradis (p. 145), très-bon, avec un parc aux huîtres s la dooaaine de grandes huîtres 1 fr., bout, de bière de BaTière 1 ft.y i^ l» de Bordeaux II.2 &•> bonne table d^bôte à ll^ h. 3 fr. ; dkambres du côté de la mer 6 ïr.^ sans cela 5 fir. par jour. On conriendn d'aTunce que le serriee est compris dans ce prix.— De Tautre côté du Kursaal, côté m. de la digue : PaTÎllon Royal, restaurant, très-bon, mais cher, quelques chambres à louer ('> à 20 fr. par jour). A côté: Parillon de Nieuport (ci-deTant, du Phare), moins cher (dîn. à iV.' h. 2, à 5 h. 3 tt.\ quelques chambres à louer. Plus loin, un petit restaurant avec une huitriere. — Il est d^usage de joindre au prix de chaque consommation un pourboire pour le garçon (ce pourboire est, pour une demi-tasse de café, de 5, pour un repas, de lô à 25 cent.).

Gafés. Les restaurants de la digue nommés ci-dessus. "Société littéraire (pi. 5), au re«-de-chaussée de rhôtel-de-ville, sur la Place d'armes; café, billard, salle de lecture. .Cest une société particulière, mais ouverte aux étrangers introduits (pour 10 jours, rentrée est libres pour plus longtemps, riû>onnement est de 3 fr.). Au premier se trouve une salle de danse (Casino) où se donnent plusieurs bads par semaine. — Jardin Léopold, près de la porte occidentale, concerts etc., ouvert à tout le monde.

Waiaoni hao^geoiaea. Au commencement et à la fin de la saison, qui est fixée du l^"* juin au 15 octobre, il est difficile de trouver une chambre à moins de 10 fr. par semaine; au mois d'août les prix doublent. Les hôtes sont généralement polis et complaisants; cependant, pour éviter tout malentendu, il est bon de passer un bail par écrit et de stipuler surtout exactement la durée de la location. On paie ordinairement dans les maisons privées, pour le déjeuner (café ou tiié, pain et beurre) 75 cent., et ^ cent, pour le service.

L'eau potable à Ostende est de Teau de pluie filtrée, que Ton ^h>duit dans chaque maison au moyen de filtres en pierre! Elle est claire, mais fade, et il vaut mieux ne pas en boire beaucoup et s'*en tenir à Teau de Seltz, qui se vend à 1 fr. le cruchon. Un puits artésien est commencé. — Débit de vin en bouteillea depuis 1 fr. la bout., chea Van der Mersrh^ sur la Place d'armes, et Van der Ileyden, rue St-Sébastien.

Oequilla^ea, huitrea et poiaaona, v. p. 145 et 146. On peut en pêcher soi même sur Testaeade (i fr. Theure).

Baiaa (p. 143). Un seul bain coûte pour la voiture-baignoire et le costume, 75 cent., pour deux personnes 1 fr. Les baiçmeun ou les haignty/tseêy^ dont se- font accompagner en mer les personnes inexpérimentées ou peu «ires (d'elles- mêmes, reçoivent d'habitude 1 fr.

Bains d'ean de mer chanda ches A. TmtsauU rue St-Sébastien 26, avec des douches de force, le bain 2 fr., 12 bains 20 fr. Bains de douche 4 fr., la douzaine 40 fr.

VigHaatea. Elles stationnent près du chemin de fer et sur la Place d'vmes; prix par course, en viUe 1 fr., hors de ville II/2 tr.

Anea. Us stationnent à l'extrémité S. de la digue, 1 fr. par heure; les selles se composent de deux coussins de paille recouTerts «[""une peau ■de mouton.

Bateau à vapeur pour Z>o«w7'« trajet Th.; départ, tous les jours 2 foie (le samedi une fois seulement) à oi/2 h. du matin et HI/2 h. du soir; prix: f® pi. 19 fr. 15 c, 2« pi. 12 fr. 75 c. Chemin de fer de Douvres à Londres 4rain express en 2Vs ^- (22 sh.), convoi de marchandises en 4 h. (20 sh., 14 sh. 8 p., 9 sh. 2 p.). Bateau direct pour Londres, deux fois )tar semaine, trajet jusqu'à l'embouchure de la Tamise en 6 à 8, jusqu'à Londres en 12 à 14 h. Prix: l'« pi. 18 sh. ; 2« pi. 14 sh. A cause du curieiox spectacle que présente le mourement de la naTigation dans la Tamise, nous conseillons aux étrangers qui se rendent pour la première fois à Londres, de s'y rendre directement soit d'Ostende soit d'Anvers (p. 92) et de revenir par Douvres et Calais. Comp. le guide à Londres par Baedeker.

142 Route 16. 08TENDE. JJigue:

{ mtr. Un bateau à 4 rameurs et à 3 voiles se pafç

Soar 1 ou 2 b., 10 ik 12 fr. ■, de plus petites embarcations avec 2 rameurs, fr. Au commencement et à la fin de la saison on peut se donner ce plaisir poor la moitié de ce prix. On peut louer des flisils pour la cbasse aux mouettes.

Libroiri»* Sigitmond Oentmann^ 23 rue de la Cbapelle. Il se charge volontiers d'introduire les étrangers à la Société littéraire (v. p. 141).

Médeoins. Les docteurs Verhaeghe^ Janstens çt De Ceunyçk. Honorairéaf pour une consultation, environ 9 fr.

Gonaulats. .Angleterre M' Curry ^ rue I^ongue 36; France M^ Bruant^

rue Plateforme \ Prusse M' Bach, rue des Capucins 29 j Russie M' Brasseur,

rue Longue 65 i Pays-Bas, M"" /. J. A. Van Jseçhem^ rue du Lait-Battu 34a.

Bervide proteatant dans la jolie chapelle (pi. 3) de Téglise ai\gliçane>

. me aes Sœurs blanches 15.

Oitende, ville de 17,032 hab., est devenu, pdr la formation du royaume de Belgique en 1830, la deuxième ville maritime du pays. Depuis Tacbèvement du cLemin de fer et l'organisation d'un service journalier entre l'Angleterre et la Belgique, le mou-yement de la navigation y a, dans les derniers temps, pris uA tel développement, que la construction d'un nouveau port de su- v reté est devenue d'une stricte n«^cessittf. Le port actuel est un monument du règne de Joseph II, qui a fait également construire le bassin et les écluses de Slykens (p. 147).

La ville est d^endae par des fortifications importantes et entourée de remparts et de fossés. Ellç soutint pendant 3 ans un des sièges les plus mémorables de l'histoire moderne. Investie par l'archiduc Albert le 5 juillet 1601, la place, ne fut livrée au géhéral espagnol Spinola que le 14 sept. 1604, par ordre des Etats-Généraux.

La ville renferme à peine un seul édifice qui attire Tattention. La nouvelle église a- été décorée en 1858 d'un ♦monument consacré à la mémoire de Louise, reii^e des Belges, décédée ici le 11 oct. 1850. Cette œuvre, exécutée par Fraihiny consiste eil un groupe de trois figures; la reine mourante, au-dessus d'elle, ua ange à ailes déployées lui présente la couronne céleste et la palme de la victoire ; à ses pieds, la ville épkMrée assise sur un fragment de vaisseau et coiffée d'un bonnet entrelacé de roseaux. An N. de l'église se trouve un calvaire (p. 99); au sommet, le Christ en croix et les saintes femmes, en bas, sous un grillage, les âmes du purgatoire, criant, selon l'inscription: „Helpt ont door tevee gébeden en goede werken** (aidez-nous par vos prières et vos bonnes œuvres). Le sacristain demeure place St-Joseph n° 18; 1 pers.. y 2 à 1 fr-; plusieurs un peu moins, en proportion.

Ce qui fait la vogue d'Ostende, ce sont ses bains de mer.. Par la facilité des communications, Ostende est devenu en quelquesorte une ville de bains essentiellement allemande. Le nombredes étrangers qui la visitèrent s'éleva en 1862 à plus de 1G,000.. Un nouveau pont, prolongement de la rue de la Chapelle, conduit à la *digue, construite en blocs de pierre et pavée de petitesbriques fort dures (long. 1500 pas, sur S à 10 de larg., et 11 m^

Bains. . OSTENDE. Tô, RotOe. 14S

de haut). Elle sépare la ville- de la mer dans la^ di^etion du NE. au SO. C'est là que se centralise tout le mouvement du monde d'étrangers qui circule à Ôstende ; c'est là que sont établies les restaui^ationâ que nous avons indiquées à l'entrée de cet article (p. 140). A toute heure de la journée ce corso d'Ostende four^ mille de promeneurs, surtout le soir de 6 à 8 heures, et ne désemplit que lorsque les -cloches et les tambours, qui se font entendre de derrière les remparts, annoncent, la fermeture des portes (heureusement ceci ne regarde point les étrangers) et que la lan- «terne- du fanal projette sa lumière sur les eaux de la mer. On passerait des journées entières à rêver et à méditer devant ce sublime panorama, si infiiiement varié dans son apparente mono- 4onie, devs^nt ces admirables oscillations des vagues, devant ce jeu perpétuel du déferlement des lames.

gCétait rheure ^vl reflux et nous aperçâmes sur Te sable des étoiles de mer, des algues marines, des corallines, des madrépores, des moules, du varech, des écrevisses, bref tous ces mille objets vivants que la mer -dépose en se retirant. Ce qui nous surprit stirtout, ce fut une multitude de petits objets aemblables à des bourses quadrangulaires, cornées, d'une substance glutineuse, noire, filamenteuse et que Ton nomme souris de mer, quoiqu'elles soient plutôt les écailles de jeunes raies. Nous nous 'occupionâ ]^endant quelque temp« à les recueillir, quand tout-à-coup le soleil vint a paraître. Alors la couleur bronzée des eaux se changea eh un vert pâle dans les endroits les plus profonds, et d'un bleu transparent dans les bas-fonds. Les flots qui se brisaient sur les bancs de sable les plus éloignés, semblèrent se rapprocher de noua et bruire en montagnes d'écume comparables à des avalanches de neige. La réflexion de la lumière donnait à la vaste étendue des mers Taspect d'une plaine argentée, et à l'extrémité de l'horizon nous vîmes scintiller quelques voiles, comme autant de petits points blancs. Un nouveau monde nous entourait, nos pensées s'élançaient vers la rive opposée et le^ côtes lointaines que l'océan a. rendues accessibles à l'audacieuse industrie des mortels. Combien il est sacré l'élément qui relie les hémisphères!* George Fonter. 1790.

C'est au pied' de la digue que sont les emplacements consacrés aux baint, soit à l'extrémité NE., en face du phare, soit à l'extrémité opposée. On baigne le plus dans la matinée. Le spectacle animé de plusieurs centaines de cabines roulantes (plus de 600), des cpnducteiirs de chevaux, des sécheurs de linge, des baigneurs et bmgneuses empressés, et surtout de la joyeuse société qui s'ébat dans les flots, a quelquechose de si gai et de si entraînant, que l'on ne saurait résister à la tentation de se livrer également pour quelques instants aux caresses de l'océan. A cet effet. Ton prend une carte (p. 141) à un des bureaux de la plage, et sinstalle ensuite dans la première cabine disponible ; aussitôt un cheval s'y attelle et vous conduit dans la mer, après que le conducteur, par un coup frappé du manche de son fouet sur la cabine, vous a averti de vous asseoir, parce que la voiture "va se mettre en mouvement. On trouve daniï la cabine le linge de bain (deux serviettes) et le costume, consistant pour les femmes en un long peignoir de laine grise ou bleue, pour les hommes en une paire de caleçons et une jaquette de laine. En cas de séjour prolongé^ il est bon d'acheter un costume (pour 3 à 5 fr.); celui qu'on

144 RouU 16. OSTENDE. Bains.

vous fournit n'est pas toujours en très-bon état et tout ie monde n'aime pas H endosser des vêtements publics. En sortant de la voiture pour entrer dans Teau, notez bien le numéro de votre voiture, pour ne pas être obUgé de chercher trop longtemps à la rentrée. Il faut avoir soin de tourner le dos aux vagues qui déferlent; après quelque exercice on n'aura plus de peine à résister aux assauts de la lame. En leur prêtant la face, on risque fort d'être culbuté. Quand on est à peu de pas du rivage, on ne s'en e&aie guère; mais à quelque distance, même qaand l'eau monte à peine jusqu'aux hanches, on éprouve en face de la vague une espèce d'inquiétude qvA peut facilement vous ôter le goût des bains de mer, si l'on ne parvient pas à s'en débarrasser au moyen de la précaution que nous venons de signaler. Si les vagues sont faibles ou font tout à fait défaut, on peut se faire asperger par le baigneur. Les personnes expertes dans l'art de la natation peuvent sans danger s'avancer à une certaine distance dans la mer; la pente du sol est fort douce et ce n'est qu'après une demi-heure de chemin quHl s'abaisse brusquement à une profon- ' deur de 40 mètres. Néanmoins, il faut toujours s'y prendre avec beaucoup de prudence, surtout en plein reflux ; il se produit dans la lutte du flux et reflux certains courants qui offrent du danger même pour les meilleurs nageurs; quant aux mauvais, ils se tiennent instinctivement à proximité de la plage. D'autres dangers surgissent lorsque le vent est contraire à la marée montante. En général cependant, le danger est plus grand à la mer descendante qu'à la mer montante, celle-ci rejetant les corps vers la plage, celle-là leur donnant une impulsion contraire. Quand la houle est trop forte, un baigneur prudent ne s'écartera jamais du rivage. Quant à la durée des bains, il serait difficile d'établir des règles absolues. La règle des Anglais , qui font autorité- en matière de bains de mer, est: „thr€e dipt and oui"; toutefois on pourra, suivant sa constitution, fort bien supporter 2, 4, même 10 minutes. L'essentiel est de ne pas attendre, pour sortir, qu'on soit saisi de frisson. Il arrive souvent que l'on ne supporte pas du tout les bains de mer: on fera bien, dans ce c^s, de consulter un médecin plutôt que de s'obstiner à les prendre pour se donner la satisfaction de ne pas avoir manqué le but de son voyage.

Les deux sexes se baignent en commun; un sentiment de pudeur révoltée s'empare au premier abord des nouveaux arrivés, mai!« on le maîtrise bien vite à la vue du mouvement animé soit des baigneurs qui vous entourent, soit des spectateurs et des promeneurs circulant sur la digue; ce brouhaha continuel qui vous enveloppe, fait aisément renoncer aux petits scrupules. dont on se sentirait assailli au milieu d'une société moins nombreuse. Les personnes, du reste, qui veulent absolument se soustraire aux regards du public, n'ont qu'à se baigner le matin de bonne heure, ou bien choisir l'emplacement à l'extrémité âO. de la digue.

Huîfrihres. OSTENDE. 15. Route. 145

appelé „le paradis^, qui est presque entièrement hors de la portée des regards, et qui offre en outre deux avantages: d'abord celui ■de pouvoir se baigner sans costume, puis celui de ne pas être «exposé aux immondices qui s'écouletit du port et qui constituent, il faut bien le dire, un léger inconvénient attaché à l'emplacement fréquenté par la foule.

Au delà des bassins se trouve le nouveau *phare haut de 52 Vî mètres. Un escalier de 273 marches conduit à la lanterne. Des prismes et réflecteurs, emboîtés l'un dans l'autre, centuplent la lumière d'une lampe à modérateur qui brûle avec

4 mèches et dont le feu reluit jusqu'à 15 lieues à la ronde. Les frais de construction du phare se sont élevés à 275,000 fr. La vue dont on jouit du sommet de la colonne, s'étend à 10 lieues sur la mer ; par un temps clair, on découvre facilement Nieuport, Fumes et Dunkerque. Au NE. on aperçoit le Cursaal de Blankenberghe. On doniie 50 cent, de pourboire au gardien du phare. En se rendant au phare, on a l'occasion d'examiner les ♦écluses (p. 146).

Une agréable distraction, pendant le séjour à Ostende, consiste à recueillir des eoqnillages. C'est après la retraite des flots, le long des digues 4e pierre qui s'avancent dans la mer, qu'on en fait la plus riche moisson ; on en trouve beaucoup aussi sur le c§té NE. du port, vers lequel on peut se faire conduire en barque. (On peut aussi récolter ici de beaux exemplaires de la flore des dunes: d«s algues, des chardons, du jonc maritime, de l'argouse, etc.) Des coquilles plus rares, et provenant généralement des Indes, se vendent sur le chemin de la digue, à côté du phare, et, aux mêmes prix, dans divers magasins de la ville (entre autres chez Provoo$ity rue des Capucins 13, visà-vis du Jardin des Princes). Les prix ordinaires sont : pour une grande coquille à fond rouge, IV2 iV. ; pour les caskets brunjaune, 2 à 3 fr. ; pour une nacre de perles, 1 à 3 fr. ; pour un crabe tacheté, 1 à 2 fr. ; pour un murex chîcoracé pointu et de couleur gris-perle, IV2 fr-; po«r un melon (volute gondole),

5 fr. ; pour des coquilles de ragoût, la dou/.aine 1 fr. ; un petit •flacon rempli de toutes sortes de petites coquilles, se vend 30 à

50 cent. Les boîtes incrustées de coquilles sont relativement chères, car elles ne sont pas confectionnées en Belgique et vierinent du midi de la France. Depuis quelque temps on vend les étjéiles de mer comme engrais, à 4 fr. l'hectolitre.

Les hnltrières (ce sont de grands réservoirs d'eau, établis aux deux extrémités de la digue (p. 142), près de la porte de Bruges et ailleurs) sont approvisionnées d'huîtres presque pendant toute l'année. Les huîtres viennent d'Harwich, de Colchester et d'autres points du littoral anglais pour être engraissées dans les parcs. Connue elles séjournent permanemment dans l'eaii salée, elles restent fraîches; en été, cependant, elles sont maigres et moins abondantes. Le Bœdeker, la Belgique. 3® édHion. 10

146 RouUJô. OST£ND£. Poisions d€ mer.

prix varie, suivant les qualités, de 5 à 8 fr. le cent. Gomme il n'y a pas. de rochers sur le littoral de la mer du Nord jusqu'au Havre, on ne peut recueillir d'huîtres dans ces parages. I^es homards, pour lesquels il existe dans les parcs aux huîtres des réservoirs particuliers, viennent pour la plupart de la Norwége. On les paie, selon la grandeur et Tapprovisionnement, de 2 à 6 fr. la pièce. Les homards ont la chair bien plus ferme que les écrevisses de rivière et leur sont de beaucoup supérieurs, surtout pour les pinces. Les grands crabes ou araignées de mer ont, au goût, quelque analogie avec le homard.

Les poiiioiui de mer sont plus abondants et à meilleur marché en été, parce qu'ils ne peuvent être exportés aussi loin. Le meilleur est le turbot; on le paie à Ostende jusqu'à 15 fr. Puis viennent la sole et le maquereau, le morue et le ca-^ billaud, l'aigrefin, le merlan, laplie, l'hé'libotte, la merluche (séchée, on l'appelle stockvisch), enfin les raies à queue, d'un aspect hideux et le plus commun des poissons. Toutes ces sortes de poissons, qui du reste ne sont point péchés à Ostende, mais en majeure partie à Blankenberghe (p. 149), sont publiquement vendus à la criée le matin entre 7 et 9 h. au marché aux poissons, dans une halle ouverte, ordinairement les jours maigres.* Les acquéreurs sont pour la plupart des revendeuses, qui ont leur étalage sur le marché. La vente se fait au rabais, jusqu'à ce qu'un amateur dise „mi/n'' (à moi).

La phosphorescenoe de la mer se remarque le mieux par une soirée d'été, à l'approche d'un orage. Il est beau alors d'assister à l'ouverture des écluses du port et d'y voir les eaux, comme des flots de feu, se déverser à la mer. Cette phosphorescence provient de différents animalcules, visibles seulement à l'aide du microscope et vivant par' milliers suspendus à la surface des eaux. Us luisent quand ils sont secoués ou qu'ils se mettent en mouvement. Quand, par une nuit orageuse, on verse de Teau de mer dans un verre, on y distingue facilement certains points lumineux ; ce sont de ces animaux phosphorescents. Une poignée d'eau de mer ou de sable mouillé jetée en l'air, se dissipe en des milliers d'étincelles.

Le flux et le reflux se répètent deux fois dans les 24 heures, tous les jours 50 min. plus tard, de même que la lune passe le méridien tous les jours 50 min. plus tard. Chaque fois que la mer s'est entièrement retirée, on ouvre les écluses du port (p.. 145) et les eaux s'en écoulent avec rapidité.

La belle saison pour les bains de mer d^Ostende sont les moi» de juillet et d'août; Taflluence des étrangers y est alors à son comble. Elle coïncide avec plusieurs fêtes locales, surtout avec la kermeise. Ces fêtes ne sont pas sans intérêt pour les baigneurs, au point de vue de l'étude des mœurs flamandes. Les so* nétés de tir à l'arc ou à l'arbalète sont très-nombreuses en Bel-

Chenal. . OSTENDE. 75. Route. 147

giqne; elles établissent ordinairement des concours pour la fête de la localité, et il est curieux de constater Tadresse qui se ma-» nifeste dans ces tirs.

Au côté NE. de la digue se trouve le chenal, ou entrée du port. Il est formé par deux " jetées ou estacades en charpente ; celle de l'^î. dépasse de 60 mètres celle de l'O. La dernière a une longueur de 965 pas, et se termine par la petite hutte du pilote, où l'on peut se faire servir du café. Une promenade sur ces estacades est très-agréable , soit pour y respirer simplement l'air de la mer , soit pour se divertir à regarder l'entrée ou la sortie des vaisseaux, surtout des paquebots anglais.

Sljrkens, village situé sur la route de Bruges, à Va lieue E. d'Ostende, est une promenade très-fréquentée par les étrangers, surtout à cause du cabinet d'histoire naturelle de feu M. Par et. Depuis la mort de M. Paret, ses héritiers en vendent en détail et à prix fixe les différents numéros.

Une autre promenade est le village de Mariakerk, à 1 1. SO. I*e chemin y conduit par les dunes, qui séparent ce village de la mer. A mi-chemin se montrent les vieux murs du Fort Wellington ^ qui protégeait autrefois le port d'Ostende de ce côté-ci, comme le fait encore aujourd'hui de. l'autre côté le Fort Napoléon. En poursuivant la même promenade encore pendant une heure au SO., on arrive au village de Middeïkerk, où aboutit le fîl du télégraphe sous-marin qui communique avec l'Angleterre. On n'y voit autre chose qu'une baraque habitée par un homme en blouse, qui y remplit les fonctions de gardien.

Dans le voisinage de Plasschendael (p. 140), la dernière station du chemin de fer avant d'arriver à Ostende du côté de Bruges, s'étend le populeux village d'Oudenbonrg ; il constitue, au milieu d'un pays de sable, une véritable oasis de jardins fruitiers^ et potagers. C'est ici surtout que s'approvisionnent les marchés d'Ostende et que les baigneurs étrangers vont retrouver les arbres et la verdure. Oudenbourg (ou Altenbourg) était autrefois une des villes les plus importantes de la contrée ; elle fut, dit-on, détruite au milieu du 5® siècle par Attila.

Page 1