‹ La Belgique et le Congo, le passé, le présent, l'avenirChapitre 8 sur 125 · Heiue (le BeU/ique, l'a a\ril ISSîi, p · texte numérisé non relu

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20 LA HELGIQUE ET LE COXC.O

lion tiUcrnationaU' en Élal se préseule sous des formes assez vagues.

Dans la Iti'vue do ilroit inlernalionnl du r*" juiu 1883, par exemple, Kmile de Laveleye propose de lecouuaîlre la neutralité du Cougo, de coufier le règlement de tout ce qui coucerue le régime du graud fleuve à nue Commissiou iuterualiouale, comme ou l'a fait pour le Dauube; ou, tout au moius, de reconuaitre la neutralité des stations hospitalières et humanitaires déjà fondées ou qui se fonderont ultérieurement au Congo. Quelques mois après, le 4 septembre, M. Moynier développe des idées analogues daus un mémoire lu à l'Institut de droit international à Munich. Il déclare qne le but essentiel à poursuivre est « la liberté pour tout le monde de naviguer, soit sur le Congo lui-môme, soit sur ses alllueuts directs et ses autres tributaires, et d'y trafiquer pacifiquemeut en tout temps On vise à ce que le droit de circuler sur ce vaste réseau fluvial ne puisse pas devenir l'objet d'un monopole, à ce que l'accès eu soit toujours permis, et à ce (lu'aucune entrave ne soit mise à l'activité civilisatrice d'un peuple quelconque dans ses parties navigables. »

Mais, pendant que les théoriciens dissertent sur le meilleur régime à établir au Congo, les gouvernemenls français, anglais, portugais, chez qui l'indilTérence des premiers temps a fait place à une activité fiévreuse, meuacentdaus ses œuvres vives l'uîuvre créée par ÏAssoridlion inlcniationdlr Au débul de 18HV. la France revendique la rive méridionale du Pool, sur bujuelle IJrazza a jdanté son drapeau Le Poi lugal relève ses prétentions historiques à la souveraineté du Has Congo. L'Angleterre, jiar !•■ tr.iilc du :.'<) février IHS», lui reconnaît la possession du lilloral et des deux l'ives du ilcuve juscju'à Noki

Or, If Iriouiplu' des revendications fianraises sur le Pool, c'est la ruine des entreprises de l'Association dans le Haut: (•elui des prétenlicuLS portugaises sur le lilltual, c'était l'insuccès dansie Has etla feruieluie de touldébouchéversla mer.

LA CIUÎATIOX DE l/l'ïAT INDliPICNDA.NT 21

« Pour conjurer ce péril, — écrit le général Brialniont ', — Banuing conseilla à M. Frère-Orban, chef du cabinet, de prendre l'alïaire en mains, et d'arborer le drapeau belge en Afrique. Cet acte eût coupé court à la polémique... »

Mais le gouvernement belge d'alors se souciait fort peu d'entrer dans les voies de la politique coloniale, etLéopold II, livré à luftiième, presque sans appui dans l'opinion publique de son peuple, ne put compter que sur son habileté de diplomate, sur les sympathies dont jouissait l'Association internationale, et, surtout, sur les rivalités qui existaient entre les puissances.

Il n'eu fallut pas plus, d'ailleurs, pour lui assurer une victoire presque complète.

Le 10 avril I880, les États-Unis, habilement sollicités par le général Sanford, affirment leur sympathie pour « le but humain et généreux de l'Association internationale ». Le 24 avril, la France renonce à ses prétentions sur la rive méridionale du Pool, en échange d'un droit de préférence pour le cas où l'Association serait amenée un jour à réaliser ses possessions. A peu près en même temps, le prince de Bismarck, que le roi des Belges a su mettre dans son jeu, proteste, dans une note à loid Granville, contre le traité anglo-portugais, et propose au gouvernement français la réunion d'une Conférence internationale, « afin de régler les conditions les plus favorables au développement du commerce et de la civilisation dans certaines régions de l'Afrique ». Enfin, le ÎÎG juin, lord Granville, contre qui Léopold II est parvenu à soulever les chambres de commerce anglaises, au nom de la liberté commerciale, dénonce le traité anglo-portugais.

C'est ainsi que par une série de transformations imprévues, nous arrivons au moment où V Association internationale africaine va donner naissance à un État Souverain.

Des admirateurs de Léopold II, qui croyaient le grandir en lui attribuant un machiavélisme cynique, ont prétendu que,

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