Rembrandt van Ryn
Portrait d'homme.
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pour 15,000 francs, à la ville de Bruxelles. — Le pendant de ce portrait d'homme, la Femme à l'éventail, placée de même à une fenêtre, se trouve à Londres, dans le palais de Buckingham, après avoir appartenu à M. Nieuwenhuys et à lord Townshend,
3'97A Portrait de femme (salle Vlll).
Femme âgée, au teint couperosé, tournée de trois quarts vers la gauche, le visage presque de face; robe noire, large col, manchettes et coiffe blancs. Les mains sont croisées sur la poitrine ; à la main droite une bague.
Signé, à gauche, en bas : Aetatis 55. Rembrandt 1654.
H., 0,89 ; L., 0,70. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Acheté 95,000 francs, en 1886, à M. Stephao Bourgeois. — Il fut exposé, en 1878, à la Roj^al Academy de Londres et appartenait alors à E.-D. Lee, esq., propriétaire du château de Hartewell. « La signature : Rembrandt, 1654, paraît fausse. » (E. Michel, Rembrandt, p. 560.)
Rubens (Petrus-Paulus). — Flamand, 1577-1640.
* 405. — Le Christ montant au Calvaire (salle X).
Au second plan, au milieu, tombé sous le poids de la croix, de profil tourné vers la gauche, le Christ, en vêtement gris et manteau rouge, se traîne sur les mains. 11 est suivi de deux bourreaux qui soulèvent l'instrument du supphce; à gauche, sainte Véronique, de profil tournée vers le Sauveur, en robe noire, lui essuie le front avec un linge; derrière elle, soutenue par saint Jean, en vêtement rouge, la Vierge, enveloppée dans un manteau bleu, s'élance les bras en avant; une femme, portant deux enfants, pleure en regardant le Christ. A droite, deux femmes, dont l'une ne montre que sa tête et l'autre, en robe violette, vue de profil, élève dans ses bras un enfant. Au premier plan, les deux larrons, le torse nu, les mains liées derrière le dos, poussés par deux soldats, sont vus à mi-corps, se dirigeant vers la gauche; au fond, sur les pentes du Golgotha, se déroule le cortège; en tête marchent des soldats, suivis d'un porte-étendard monté sur un cheval blanc (sur le drapeau, on lit le mot Clatiosi), et d'un porteenseigne monté sur un cheval brun; un officier en cuirasse, une draperie rouge flottant sur ses épaules, dont le cheval caracole, indique de son bâton le chemin .
H., 5,60 ; L., 3,50. T. — Fig. plus gr. que nat. — Gravé avec de nombreuses modificalions par Pontius, Monaco, Worlington, Sartor, etc., et J. Klaus, dans la Zeilschrift fur bildend» Kunst, 1876. Ce tableau, commandé par le prieur de l'abbaye d'Afflighem et terminé en 1637, fut payé au peintre 1,600 florins. Transporté à Paris de 1794 à 1816, il fut donné l'année suivante au musée de Bruxelles. Une grisaille qui servit de modèle à Pontius pour sa gravure fut adjugée à Van Merlan, lors de la vente Van Schorel, d'Anvers-, ■en 1774, au prix de 360 florins. La galerie de Vienne possède une esquisse de petite dimension de l'œuvre définitive. D'après une note dressée en 1777 par le supérieur de l'abbaye, sous les traits de l'oflicier, Rubens se serait représenté lui-même; sainte Véro- BELGIQUE. 6
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cique et la femme à ses côtés seraient ses deux épouses, et le bourreau, le peintre Crayer. « Ici, nous avons le mouvement, le tumulte, l'atjitation dans la forme, dans le geste, dans le visage, dans la disposition des groupes, dans le jet oblique allant de bas en liaut et de droite à gauche. Le Christ tombé sous sa croix, les cavaliers d'escorte, les deux larrons tenus et poussés par leurs bourreaux, tous s'acheminent sur une même ligne et semblent escalader la rampe étroite qui mène au supplice ; malgré ce bois d'infamie, ces femmes en larmes et en deuil, ce supplicié rampant sur ses genoux, dont la bouche haletante, les tempes humides, les yeux eflarés font pitié, malgré les cris, l'épouvante, la mort à deux pas, il est clair, pour qui veut voir, que cette pompe équestre, ces bannières au vent, ce centurion en cuirasse qui se renverse sur son cheval avec un beau geste, tout cela fait oublier le supplice et donne la plus manifeste idée d'un triomphe. » (Fkomentin, p. 45.) « Ce brillant apparat, si peu en rapport avec le sujet, sonne faux. » (M. Rooses, II, 64.) « Pour moi, je cherche dans l'éclatante montée un Calvaire, un cri de douleur, et je ne le trouve pas. » (P. Mantz, Gaz. des Beaux-Aria, 1884, II, 454.)
* 406. — Le Seigneur voulant foudroyer le monde (salle X).
Au second plan, le Christ, dans une nuée, de profil tourné vers la i<auche, une draperie rouge llottaiit autour des reins, brandissant la foudre de la main droite. A droite, la Vierge, en robe et manteau sonibres, de trois quarts tournée vers son fils, lui touche le bras gauche de sa main droite et, portant son autre main à son sein découvert, l'implore en faveur du genre humain. Au milieu, saint François, un genou en terre, vêtu d'une robe de bure, j)rotégeant des deux mains un globe terrestre autour duquel est enroulé un serpent, vu de face, tourne son visage à gauche vers le Christ; au fond, en haut, un arc-en-ciel; sur terre, un village en feu dont les habitants sont tués.
H., 4,05; L., 2,'75. T. — Fig. pl. gr. nat. — Gravé par Spruyt et Van Panderen. — Exécuté, vers 1633, pour l'église des Récollets à Gand. Transporté à Paris en n94. Envoyé a Bruxelles en 1802. — Peint par un élève et retouché seulement par lo maître. Le paysage est de Van Uden. Autrefois de forme cintrée. Le musée de Lyon possède de Rubensune variante de ce tableau où figure, à côté do saint François, le personnage de saint Dominique, et qui provient de l'église des Dominicains, à Anvers. — « On peut tout critiquer dans ce tableau de pure passion et de premier jet, comme pratique : le Christ qui n'est que ridicule, le saint François qui n'est qu'un moine épouvanté, la Vierge qui ressemble à une Hecube sous les traits d'Hélène Fourment; il n'en est pas moins vrai que ni au théâtre, ni à la tribune, et l'on se souvient de l'une et de l'autre devant ce tableau, ni dans la peinture, qui est son vrai domaine, je ne crois pas qu'on ait trouvé beaucoup d'effets pathétiques de cette vigueur et de cette nouveauté. » (Fro- MKNTIN, p. 50.)
* 407. — Assomption de la Vierge (salle X).
En haut, sur une nuée, la Vierge, de trois quarts tournée vers la droite, vêtue d'une robe et d'un manteau gris bleu, entourée d'anges, monte au ciel vers lequel elle tend la main gauche. En bas, le sépulcre, dont plusieurs apôtres soulèvent la pierre; à g<iuche, deux saintes femmes agenouillées recueillent les roses que renfermait le linceul; derrière elles, quatre apôtres dont on ne voit que les têtes; à droite,
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cinq apôtres, dont l'un au premier plan, agenouillé de profil, tourné vers la gauche, en manteau blanc, et, sur un degré, au-dessus de lui, deux apôtres, debout, l'un, drapé de rouge, l'autre, drapé de jaune; au milieu, saint Jean, vu de dos, agenouillé, en vêtement vert, les bras écartés, se penche sur le sépulcre.
H., 4,90 ; L., 3,30. T. — Fig. pl. gr. nat. — Gravé par Bolswert (avec quelques modifications), Ragot, Lœmans. — Commandé à Rubens par les archiducs Albert et Isabelle, ce tableau ornait le maître-autel de l'église des Carmes déchaussés, à Bruxelles. Transporté en France en l'794, il fut restitué en 1815 et donné au musée. Il en existe une répHque de plus petites dimensions, à Buckingham-Palace, 34. La partie supérieure n'est certainement pas de la main du maître; elle doit être attribuée, d'après M. Max Rooses (II, 165), à Corneille Schut, qui collabora également au saint Etienne du musée de Valenciennes. — « L'Assomption correspond à la première période du maître. Elle est comme les tableaux de cette date, polie, propre de surface, un peu vitrifiée. C'est à la fois une page brillante et froide, inspirée quant à la donnée, méthodique et prudente quant à l'exécution... La palette de Rubens y retentit déjà dans les quelques notes dominantes, le rouge, le jaune, le noir et le gris, avec éclat, mais avec crudité... A quelques imperfections près, tout Rubens est ici t'ius qu'en germe. Rien de plus tendre, de plus franc, de plus saillant. Comme improvisation de teintes heureuses, comme vie, comme harmonie pour les yeux, c'est accompli: une fête d'été. » (Fromentin, p. 43.)