Portrait de femme (salle VIII
Vue de face; chevelure noire tombant en boucles sur ses épaules nues. Robe noire dont elle retient les plis de ses deux mains. Revers des manches blancs, collier et bracelets de perles; une broche au corsage. Fond de paysage.
Signé, à gauche sur une balustrade : F. Bol F. 1660 (F (>t lî entrelacés).
H., 1,21; L., 0,95. T. — l'ig. à mi-corps, gr. nat. - Voir la note du n» 181.
Bol (Ferdinant). — Hollandais, 1616-1680.
MUSÉE DE BRUXELLES
i83. — Portrait de Saskia Vylenburg^ femme de Rembrandt (salle VlIIj.
Vue de face, chevelure châtain avec un voile verdàlre retombant sur ses épaules; robe rouge, chemisette blanclie; des bijoux au cou et dans les cheveux ; les deux mains croisées sur la poitrine.
H., 0,76; L., O.fiO. T. — Fig. en buste, gr. mit. — Acheté 1,800 francs, en ISOl, à M. Bûrger.
Bosch (JÉKOMK VAN Aken, dit). — Flamand, vers l4()()-lolG. 3^^. — La Chute des anges rebelles (salle XI).
Au milieu, saint Micliel, cuirassé, avec un manteau Itleu, de trois quarts tourné vers la gaucho, précipite aux enfers les rebelles, auxquels le peintre a donné des formes bizarres et irrotesqucs d'animaux fantastiques. Aux côtés de l'archange, deux anges brandissent une épée; à la partie supérieure du tableau, deux autres anges sonnent de la trompette.
H., 1,15; L., 1,61. B. — Fig. pet. nat. — Acheté 500 francs, on 1S46, à M. Stappaert». — A l'Académie des beaux-arts de Vienne, une réplique de celte composition sert de couronnement au triptyque célèbre du même maître, le JiKjrmenl dcinier.
3^. — Triptyque (salle XII).
Panneau central. — La Ti'iildlion de sai/it Anloinf. — Sur un tern»plein dallé, au milieu, au second plan, saint Antoine, à genoux, en robe de bure, de trois quarts tourné vers la droite, ayant à son côté une jeune femme qui lui présente une coupe, est assailli par une multitude de monstres. Au premier plan, sur une rivière, des animaux fantastiques. Au fond, à gauche, un village en feu; à droite, un pont bordé de maisons.
Volet de droite. — Sur la face : Saint Antoiiip. — As.sis de profil, tourné vers la gauche, le Saint est plongé dans la méditation ; devant lui une femme nue et des monstres; au ciel,' deux .sorcières montées sur un poisson volant.
Au revers. — Portement de crolj-. — Au premier plan, des moines confessant les deux larrons et sainte Véronique présentant un linge au Sauveur, qui s'avance, succombant sous le [)oids de la croix. (Grisaille.)
Volet de gauche. — Sur la face : Saint Antoine. — Le Saint est emporté par deux hommes vêtus, l'un d'un costume vert, l'autre d'un costume rouge; en avant, un pont sur une rivière; au fond, la mer; au ciel, des oiseaux fantastiques; au milieu d'eux est assis saint Antoine, les mains jointes.
Au revers. — L'Arrestation du Christ. — 11 est entouré de soldats
MUSÉE DE BRUXELLES
qui le violentent ; au premier plan, saint Pierre se précipitant sur Malchus, et Judas emportant le prix de sa trahison. (Grisaille.)
Signé à gauche, sur le panneau central : Jeronimus Bosch.
Pan. cent.; H., 1,31; L., 1,18, — Vol., H., 1,-31; L., 0,52. B. — Fig. pet. nat. — Acheté 7,.500 francs, en 1887, à M. Rhum, de Berlin.
Bouts (Thierry), dit Thierry de Haarlem. — Flamand, 1420 ■?)-l47o. 3^. — La Sentence inique de V empereur Othon (salie XII).
La légende d'Othon III est, avec la légende de Trajan et celle de Cambyse^ un de ces sujets qne le moyen âge se plaisait à représenter dans les palais de justice pour servir d'exemples aux juges. La femme d'Othon III, s'étant éprise d'un gentilhomme marié, lui fit des avances qu'il repoussa. Pour se venger, elle l'accusa de l'avoir voulu séduire j l'empereur, sans autre information, fit décapiter le gentilhomme. La veuve offrit alors de démontrer l'innocence de son mari en subissant l'épreuve de Dieu. On lui fit prendre à la main une barre de fer rougie au feu et la main ne fut pas brûlée. L'empereur, convaincu par ce miracle, se mit, lui et sa femme, à la discrétion de la veuve qui exigea le supplice de l'impératrice.
Aq milieu, le bourreau, en pourpoint gris, haut-de-chausses noir, de trois quarts tourné vers la droite, le glaive dans la main droite, tient, de l'autre main, par les cheveux, la tête sanglante du gentilhomme qu'il vient d'exécuter et la pose sur un Hnge que lui présente la veuve agenouillée, de trois quarts tournée vers la gauche, en robe rouge et mantelet noir, garni de fourrure. Auprès d'elle, six personnages debout (des portraits), dont cinq en robes et le premier, sur le devant, en justaucorps; au premier plan, aux pieds d'un seigneur en robe de brocart, le corps du supphcié et une touffe d'herbes (rajoutée pour cacher le sang qui jailhssait du cou). Dans le fond, à gauche — scène antérieure du même drame, — le condamné en long vêtement blanc, les mains liées, s'avance, précédé d'un moine, le visage de profil, tourné à gauche vers sa femme qui le suit, accompagnée de trois personnages; à droite, sur une terrasse, l'empereur portant le sceptre et la couronne et l'impératrice. Château fort et ^ille à l'horizon.
H., 3,23; L., 1,82. B. — Fig. gr. nat. — Ce tableau et le 3° avaient été commandés à l'artiste, en 1468, par les magistrats de Louvain pour orner la salle du conseil. — Achetés à cette ville en 1817, au pri.t de 10,000 florins, par le roi des Pays-Bas, ils furent donnés au prince d'Orange qui, en 1839, les transporta dans sa galerie de la Haye. Lors de la vente de la collection de Guillaume II, en 1850, ils furent acquis par M. Isieuwenhuys, qui les vendit 3J,000 francs, en 1861, au gouvernement belge. Ce n'est qu'en 18.33 que M. de Bast, par la publication d'un document officiel, donna le nom du -véritable auteur de ces deux panneaux qui avaient été successivement attribués à Quentin Matsys et à Memling. — « Les efforts pour imiter la grâce de Memling aboutissent ici à une maladroite affectation, les formes sont trop alloagées, le dessin manque de naturel et la composition d'élégaoce. Les figures grêles, émaciées, aux épaules tombantes et mal articulées, offrent rarement quelques expressions dans leur raide immobilité. Leurs yeux
MUSÉE DE BRUXELLES
grands et ronds, leurs chairs ridées, ajoutent encore à celte séclieresse d'aspect qui fait ressortir davantage la profusion d'ornements et d'accessoires exécutés avec un fini ininoitable. » (Cr. et Cav., II, "2.) Le jugement de MM. C'kowe et C\v.\i,casei,i,b sur ces belles peintures, d'un accent si ferme, d'une expression si nette, d'une coloration si chaude, nous semble bien sévère. Oa doit observer aussi que Thierrj' Bouts (f 147ô) est de beaucoup l'aîné de Meniling (f 1495), et que si l'un des deux a imité l'autre, c'est Memling.
3°. — VEmpereur Othon réparant linjuslice qu'il a commise (salle XII).
Dans une salle dallôo, au milieu, la veuve du gentilhomme, à genoux, de profil tournée vers la gauche, en robe rouge doublée et bordée de fourrure grise, coiffée d'un liennin, tient dans les plis de sa robe la téte de son époux et se soumet à l'épreuve du feu : elle serre dans sa main gauche un barreau de fer rouge qu'elle présente à l'empereur. Othon est assis, à droite, sur un trône surmonté d'un baldaquin, en vêtement rouge brodé d'or et lK)rdé de fourrure, la couronne sur la tète, le sceptre dans la main droite, pâle et ému. Au fomi, quatre assistants, et sur le devant, à droite, deux autres, dont l'un, en chausses collantes ci justiuicorps, s'appuie sur une canne. Au premier |)lan, un l)rasier; au fond, dans un paysage, l'impératrice est brùIee vive. Une ville à l'horizon.
H., 3,2:3; 1.., 1,S2. B. — Fig. gr. nat. — « Ce n'est ni le mouvement, ni l'impression qui saisissent le spectateur devant ce drame en trois actes. Stuerbout, comme tous les maîtres de son temps, est avant tout placido et digne. Il y a peu de gestes, si ce n'est une ou deux « mains étonnées » qui s'ouvrent pour montrer leur j)aume ridée. Los personnages expriment j)eu de chose, peut-être un élonnemeiit d'automate, sans vie et sans profondeur. La comtesse seule a une pliysionomie d'un caLiie navrant, si cela so peut dire. Le comte est résigné lorsqu'on le c<ni(luit au supplice. Les assistants sont fort tranquilles; un ou deux posent pour le spectateur. Il ii'y aurait donc dans ces tibleaux riue des qualités d'exécution, mais elles sont tout à fait .«.upérieures. Ce qui frappe d'abord, c'est l'harmonie de l'ensemble : rien de disparate, de cru ; tous les tons sont d'un accord parfait, et, malgré la trop grande valeur donnée aux détails des fonds, l'air circule partout comme dans les tableaux dos paysagistes hollandais du siècle... Les étoiles sont
merveilleusement peintes, sans que le caractère des vêtements soit sacrifié en rien. Les têtes et les mains sont modelées avec une finesse, une profondeur, une réalité extraordinaires : elles sont vivantes. » (E. Leclikc, Gaz. des Beaux-Arts, ISGI, t. X, p. 289.)
* 3^. — Martyre de saint Sébastien (salle XI).
A gauche, le Saint est lié à un arbre. II est vu de trois quarts tourné vers la droite, le torse nu, les jambes vêtues de braies collantes de couleur brune; à ses pieds, son manteau rouge. Il est déjà percé de cinq flèches. Adroite, deux archers, de profil tournés vers le martyr, l'un en pourpoint vert, un manteau rouge jeté sur son épaule, son carquois à ses pieds, vient de lancer une flèche; l'autre, au second plan, coiffé d'un bonnet, vêtu d'un pourpoint noir et or à manches rouges et (Uf chausses violettes, s'apprête à tendre son arc. Au fond, un vieillard en costume oriental, debout, au milieu des rochers. Ville fortifiée à l'horizon.
H., 0,65; L., 0,67. B. ~ Fig. on pied, 0,43. — Acheté 10,000 francs, en 1884, à M. Léon
MUSÉE DE BRUXELLES
Cliclii' l,c\ y. ïyiiDg-ravuro Ruckert.
3". — Thierry Bouts.
L Empereur Othon réparant l'injustice qu il a commise.
MUSÉE DE BRUXELLES
Gauchez. M. A.-J. Wautkks (//. Memling, p. 81) remarque que la composition et les figures de ce panneau sont presque identiques à celles du triptyque du musée du Louvre (n» 2028, volet gauche), et n'hésite pas à reconnaître, dans les deux peintures, la main de Memling, qui les aurait exécutées pour la gilde des archers, à Bruges.
3^ — La Cène (salle XI).
Dans une salle dallée et voûtée est assis à une table couverte d'une nappe blanche, entouré des apôtres, le Sauveur, vu de face, en vêtements bleus. De la main droite il tient une hostie," et, de l'autre, il bénit; devant lui est uu calice; au fond, un serviteur debout devant une cliemiiiée richement sculptée, dans le fronton de laquelle on voit, dans un bas-relief circulaire, le sacrifice d'Abraham, et, au-dessus, une statuette de Moïse tenant les tables de la Loi ; entre les deux montants, sont suspendues, sous le manteau, une draperie rouge et une guirlande de fleurs à laquelle sont attachées trois boules en verre, sur l'une desquelles sont peintes des femmes Israélites ramassant la manne; à i^auche, devant deux arcades séparées par une colonne, deux personnages regardant le Sauveur; à droite, une fenêtre donnant sur une rue on r^n voit un mendiant auquel on fait l'aumône.
H., 1,02; L. ,0,12. B. — Fig. pet. nat. — Acquis, en 1874, do la famille d'Arenberg. — Celte peinturo, dont l'authenticité nous semble douteuse, est une copie réduite, avec quelques variantes, de la grande et belle Cène du même artiste, conservée dans l'église Saint-Pierre à Louvain (voir p. 160), achevée en 1468, d'après des documents authentiques. (Voir Ed. van Even, l'Ancienne École de peinture de Louvain.)
Both (JOHANNKS et Andries). — Hollandais. Nés vers 1610. -Morts : Johaiines, en 1652; Andries, en 1650.