Sai7ite Barbe (G
Sur une place, la Sainte est assise à terre, vue do face, la tète baissée, vêtue d'une ample robe; de la maiii gauche elle tourne les pages d'un missel ouvert sur ses genoux; de la droite elle porte une palme. Au fond, devant une église gothique en construction, des groupes d'ouvriers et de promeneurs. Paysage à l'horizon.
Signé sur le cadre : Jolies de Eyck me fecit \ 437.
H., 0,32; L., 0,19. B. — Dessin à la plume, légèrement teinté de rouge dans le fond. — Gravé, (;n 1769, par Corn, van Noorde, pour les imprimeurs Enscliede de Haarlem. — BELGIQUE. 13
ANVERS
Après avoir appartenu aux Enschede, ce dessin passa, en 1786, dans la collection de Ploos van Amstel, d'Amsterdam, et, en 18C0, dans celle de M. Oyens, au prix de 35 florins 10 sols. Sa veuve le céda à M. Van Ertborn en 1828. — « Quelle finesse dans les détails de l'architecture, dans les lointains du paysage, dans le dessin des figurines éparses au dernier plan ! Quelle grandeur naive dans la sainte, chastement drapée d'une longue robe à plis anguleux! » (Buroek, Ancos, 24.) — Une répétition de cette Sainte Barbe se trouve au Musée de Bruges.
* 411. — La Vierge et VEnfant Jésus (C).
La Vierge, vêtue d'une robe bleue, un diadème de perles sur sa chevelure blonde, est vue de face, debout, la tète inclinée à gauche. Elle porte dans ses l)ras l'Enfant Jésus qui tient de sa main gauche un chapelet de corail. A gauche, une fontaine dont l'eau coule dans une vasque; derrière la Vierge, deux anges déploient une draperie noire à fleurs d'or; au fond, un petit mur et un jardin.
Signé sur le cadre : ALil IXH XAN. Jolies de Ei/ck me fecit + qplevit ano 1439.
H., 0,19; L., 0,12. B. — Fig., 0,15. — Collection Van Ertborn. Acheté, en 1830, au curé de Dikkelvenne, ce tableau fit autrefois partie du cabinet de Marguerite d'Autriche, à Malines ; il était ainsi décrit dans l'inventaire de 1524 : « Un petit tableau de A'o/re- Darrte tenant son Enfant, lequel tient un petit pater noster de coral en sa main; fort antique, ayant une fontaine auprès d'elle et deux anges tenant un drap d'or figuré derrière elle. » — M. UE L.\uoKDE {Ducs de Bourgogne, I, p. 2) dit qu'une copie de la main de Van Eyck fut achetée pour 17 francs, près de Nantes. Peut-être est-ce celle qui fit partie de la collection du roi Guillaume II, passa ensuite en Angleterre et fut exposée à Manchester, en 1857. Ce tableau est le seul qui offre un point de contact entre l'école de Bruges et celle de Cologne. Cette Vierge avec l'enfant semble avoir été inspirée d'après un grand tableau qui aurait été peint par le célèbre Wilhelm, et que possède le musée de Cologne. — « Non seulement Jan van Eyck a été inspiré par cette composition, mais il a cherché sans succès à donner aux draperies cette souplesse, ce naturel et cette simplicité qui forment le caractère particulier du talent de Wilhelm. » (Cr. et Cav., I, 91.)