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La Dernière communion de saint François Assise (H

Dans une église, au milieu, saint François, nu, ceint d'une draperie blanche, est agenouillé, soutenu par deux moines de son ordre, tourné de trois quarts à gauche vers un prêtre, revêtu d'une riche dalmatique, qui lui présente l'hostie ; deux diacres, l'un à genoux, au premier plan, en surplis blanc, l'autre au fond, debout, de chaque côté du prêtre, tiennent un cierge allumé ; à droite, derrière saint François, plusieurs moines franciscains; devant lui, son froc et sa ceinture. Au ciel, une ronde d'anges. Fond architectural avec une large baie encadrée de colonnes ; à gauche, une draperie rouge relevée.

H., 4,20; L., 2,2.5. B. — Fig. gr. nat. Cintré par le haut. — Gravé par Hendrick

Snyors. ExcVuté, cii 1611), pour Jaspar Charles, au prix de "ÔO fl.jriiis, et destiné à l'autel de saint François, dans l'église des Récollets. Transporté cà Paris de 1794 à 1815. Restauré à deux reprises différentes. Le British Muséum possède une étude au crayon pour deux têtes de moines, et le musée de Naples une étude peinte pour le moine agenouillé à droite. — « L'exécution difï'ère sensiblement de toute autre œuvre du maître de la même époque, par le puissant efTet des clairs-obscurs, où l'on ne reconnaît guère le peintre lumineux par excellence. Le fond est opaque, chaque figure a une transparence, une ténuité de couleur, une simplicité dans le faire qui trahissent la touche de Rubens. Cette touche est bien plus large et plus moelleuse que dans les autres tableaux de cette période; elle rappelle les œuvres de ses derniers temps plutôt que celles de sa seconde manière. » (M. Roo.ses, U, 261.) «A résumer le tableau d'un coup d'œil rapide, vous n'apercevez qu'une vaste toile bitumineuse, de style austère, où tout est sourd et où trois accidents seulement marquent de loin, avec une parfaite évidence, le saint dans sa maigreur livide, l'hostie vers laquelle il se penche, et là-liaut, au sommet de ce triangle si tendrement expressif, une échappée de rose et d'azur sur les éternités heureuses, sourire (lu ciel enlr'ouvert... Rubens n'a jamais été plus maître de sa pensée, de son sentiment et de sa main, jamais sa conception n'a été plus sereine et n'a porté j)lus loin, jamais sa notion de l'Ame humaine n'a paru jilus profonde, jamais il ji'a été plus jioble, plus sain, plus riche avec des colorations sans faste, plus scrupuleux dans le dessin des morceaux, plus irréprochable, ce qui veut dire plus surprenant dans l'exécution. » {Fkomentin, 10-2-104.)

* 306. — rÉducdtion (le la Vierge [\).

A ijauclu', sainte Aiiiu», le visaîie souriant, vôtuo d'une robo roui;e, avec une j^uimpe et un voile hlane, un niant<'au \ert, bordé de Ibnrrure, est assi.se sur un banc de pierre, de trois (juarts tournée vers la droite; .sa main droite repose sur son irenou, sa j^auclie s'appuie sur l'épaule de la Vierije qui se tient debout, de profil tournée vers la uanclie, le.s- yeux rej^ardant le spectateur. Vêtue d'une robe blanclif^ et d un voile bleu dont elle retient les plis de .sa main droite, la jeune fille porte dans l'autre un livre ouvert. Au second plan, à ébauche, saint Joa- < liim, ai)puyé sur une balustrade, drapé dans un manteau jaune, contemple la Viero;e au-dessus de laquelle planent deux petits anges tenant une couronne de fleurs. Fond de pay.sage avec motif architectural.

H., 1,9a; L., 1,40. T. — Fig. gr. nat. — (iravé par Bolswert, G. Mercier {Gaz. des Bcoiix-Arls, l'"" juillet 1SS4), A. Collette, etc. Peint pour l'hôtel de la chapelle de sainte Anne, dans l'église des Carmes déchaussés. Transporté à Paris de 1*94 à 1815. Sous les traits de la Vierge, le peintre a représenté sa future femme Hélène Fourment. Peint vraisemblablement vers 1625. — « L'Education de la Vierge est la plus charmante fantaisie décorative qu'on puisse voir; c'est un petit panneau d'oratoire ou d'appartement peint pour les yeux plus que pour l'esprit, mais d'une grâce, d'une tendresse et d'une richesse incomparables en ces douceurs. » (Fromentin, 99.)

* 307. — UIncrédulité de saint Thomas (J).

A gauclie, le C.lirist debout, le torse nu, ceint d'une draperie rouge, de profil tourné à droite vers trois disciples dont deux, saint Jean, au premier })lan, en vêtement violet, vu de profil, et saint Thomas, en

MUSÉE D'ANYERS.

manteau bleu, se penchent pour regarder le stigmate que porte le Sauveur à la main gauche. Au fond, de face, saint Pierre.

H., 1,40; L., 1,22. B. — Fig. à mi-corps, gr. nat. — Gravé par Schmutzer, Spruyt, Le Villain. Panneau central d'un triptj^que peint de 1613 à 1615 et destiiié au monument funéraire que Rockox avait fait faire de son vivant dans la chapelle de la Vierge, à l'église des Récollets. Transporté à Paris de 1794 à 1815. « Peinture extrêmement soignée, où le dessin est d'une régularité académique banale. » (M. Rooses, 11, 157.)

* 308. — Portrait du chevalier Nicolas Rockox, bourgmestre

d'Anvers (J).

Debout, de profil tourné vers la droite, pourpoint noir à bouton d'or, manteau noir doublé de fourrure. Fraise blanche. La main droite est posée sur la poitrine ; la gauche porte un livre ; au fond, une porte cintrée; à gauche, la date de '1613 a été remplacée par celle de 1615.

H., 1,45; L., 0,56. B. — Fig. presque jusqu'aux genoux, gr. nat. — Gravé par Chataigné (Musée Napoléon). Volet de gauche du triptyque. Nicolas Rockox, ami intime de Rubens auquel il commanda de nombreux tableaux, était un amateur éclairé. Il fut neuf fois bourgmestre et mourut sans enfants, laissant sa fortune à des œuvres de bienfaisance.

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