‹ La BelgiqueChapitre 78 sur 495 · Quentin Matsys · texte numérisé non relu

Quentin Matsys

Légende de sainte Anne (Eevers des volets du triptyque).

ouverture, on voit, à la porte d'une maison, les deux époux faisant l'aumône. Au fond, une tour gothique.

Signé, sur le revers du volet de gauche, à la base des colonnes , qui s'élèvent sur le portail du temple :

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« Le peintre semble avoir voulu attacher une importance particulière à cette partie de son œuvre. Non seulement c'est ici qu'il trace sa signature, mais, chose étrange, le document tenu par un des assistants débute par les premières lignes d'un acte de donation fait par Metsis en faveur de ses enfants, sous la date du 15 mars 1508, comme s'il avait voulu rehausser ainsi la solennité des engagements qu'il avait contractés. » (Hymans, Gazette des Beaux- Arts, II« série, t. XXXVII, p. 214.)

Volet de droite. — Mort de sainte Anne. — Au miheu, sainte Anne est couchée dans un ht dont la couverture et les draperies sont rouges; à droite, le Christ, en robe bleue, de profil tourné vers la mourante qu'il bénit de la main gauche. Au premier plan, une sainte femme, agenouillée, en manteau vert, vue de dos, essuie ses larmes avec un linge ; à droite, lui faisant vis-à-vis, une autre sainte femme, de profil tournée vers la gauche, et, au second plan, la Vierge, en robe bleu clair et voile blanc, qui se penche vers sa mère, un cierge à la main; près d'une fenêtre à meneaux, saint Joseph et saint Joachim.

« Jamais l'instant suprême où l'âme va se dépouiller de son enveloppe mortelle n'a été rendu d'une manière aussi saisissante. Ce n'est pas la décomposition du corps que nous a montrée l'artiste, c'est le départ de l'âme pour les sphères célestes. » (Fétis.) « Cette scène l'emporte, par le mérite de l'exécution, sur l'ensemble des œuvres flamandes parues jusqu'alors. Van Eyck a plus d'éclat, Memling plus de douceur. Aucun n'arrive à une réalisation plus complète, ne modèle avec plus de science. L'expression ne le cède point en noblesse au dessin lui-même et l'harmonieux ensemble évoque le souvenir du Francia. • (Hymans, id.)

* Au revers. — L'Offrande de Joachim repoussée. — Au milieu, au second plan, le grand prêtre, vu presque de face, en riche dalmatique, coiffé d'une mitre, repousse Joachim, qui, les mains jointes, en manteau violet, s'éloigne vers la droite. Au fond, groupe d'assistants, parmi lesquels on croit reconnaître un donateur, en pourpoint vert.

Pan. central, H., 2,25; L., 2.19. —Volets, H., 2,22; L., 0,92. B.— Fig. gr. nat.— Commandé à l'artiste par la confrérie de Sainte-Anne, à Louvain, ce triptyque, placé dans cette ■ville, à l'église Saint-Pierre, fut transporté, en 1794, à Paris, par les commissaires du Directoire. Restitué en 1815, il fut cédé, en ]8'79, par le Conseil de fabrique de l'église au gouvernement, au prix de 200,000 francs. C'est la plus ancienne œuvre connue du grand artiste. Le fameux triptyque du musée d'Anvers fut achevé deux ans plus tard (1511). Le paysage

MUSÉE DE BRUXELLES

qui sert de fond permet de supposer que Joacliim Patinir collabora à l'œuvre de son ami, qui devait être plus tard le tuteur de ses enfants. — Ce triptyque fut restauré, en 1864, par les soins de M. Etienne Le Roy; les panneaux étaient alors disjoints, et de notables parcelles de couleur s'en étaient détacliées. Au cours de ce travail, M. Fétis put remarquer que la peinture n'était pas à l'huile, mais en détrempe, avec glacis à l'huile dans les ombres, le tout recouvert d'un vernis de copal blanc; ceci explique la tonalité un peu pâle de l'ensemble de l'œuvre, qui a certainement souffert aussi bien de l'action de la lumière dans son panneau central, que des anciennes restaurations. — Il existe à la collection royale de Bruxelles une estampe portant la date de 1379, dans laquelle figure un motif architectural qu'on ne retrouve pas dans l'original. On y voit, en eflet, dans une lunette centrale, sous un pinacle, le Père Éternel entre David et Moise ; l'entablement est surmonté de quatre génies, dont les deux extrêmes tiennent, l'un l'écu aux armes de Liège, l'autre, les armes de la principauté. Mais ou ignore si positivement l'œuvre de Quentin Matsys contenait ces détails ou s'ils sont une simi)le invention du graveur. — « Muette sur les circonstances de la production de cet ensemble grandiose, l'histoire ne nous dit point davantage l'impression qu'il produisit sur les contemporains. Nul auteur n'a pris la peine de noter la date de son exhibition première, et Van Mander la passe même sous silence. Fickaert n'en paraît pas avoir jamais entendu parler, et si Fornenbergh le mentionne, sa description est A ce point inexacte que, pour s'excuser, il invoque le lointain souvenir qu'il a do l'œuvre. ■ (Hvmans, td.)

Matsys (J.w), ou Metsys, ou Massiis. — Flamand, io09-4575. * 341. — La Chaste Suzanne (salle VIII).

Elle est assise au milieu, nue, avec une draperie blanche à fleurs sur le haut des jambes, adossée à un édicule en marbres sculptés, de trois quarts tournée vers la droite, levant le bras gauche vers deux suivantes qui s'éloignent vers la droite. A gauche, derrière l'édicule, se cachent les deux vieillards. Au premier plan, à droite, un bassin plein d'eau. Au fond, un bouquet d'arbres, et une ville à l'horizon.

H., 1,61; L., 2,14. B. — Fig. gr. nat. — Acheté 2,500 francs, en 1872, à M. Schulzen.

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