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CECIL

BURELÉ d'argent et d'asur de dix pièces, à six écussons de sable chargés d'un lion d'argent, trois, deux, un. COURONNE : de baron, sommé d'un heaume d'argent, grillé, coileté, médaillé, liseré et couronné d'or, fourré de gueules. CIMIER : une gerbe d'or, liée par le milieu de même, accostée de deux lions d'argent, lampassés de gueules. LAMBREQUINS : d'argent et d'asur. SUProRTS : deux lions d'’hermine, lampassés de gueules.

Daviss : Cor unum via una (d'asur sur argent).

Gette famille limbourgeoise prétend qu'originaire de Normandie, elle se rendit en Angleterre, vers 1066, avec Guillaume le Conquérant, et qu’elle descend de Robert Cecil qui, vers 1091, acquit dans la province de Herford, les terres d’Alternis et Belpon, possédées par sa race pendant plusieurs siècles consécutifs.

A l'appui de cette prétention elle cite une généalogie anglaise s'étendant de Robert Cecil, ci-dessus, à Jacques Cecil, comte de Salisbury, vicomte de Crunburn, baron de Cecil, haut Stevart de la ville de Hertfort, qui, en 1603, eut l'honneur de porter le bâton du roi saint Evrard le Confesseur, lors du couronnement de Jacques Ier.

Nous n'avons pu vérifier l'exactitude de ces assertions ; la famille elle-même, en émettant ces prétentions, ne rattache pas Jacques Cecil à la généalogie que nous rapportons et qui ne comporte que trois degrés.

E Paicipre JosEPx DE CEciL, épousa Marguerite Françoise Polis de Molin, dont quatre enfants. Trois moururent sans alliance. Un seul laissa postérité, ce fut Laurent Philippe Joseph, qui suit, II.

IT. LAURENT PRILIPPE JosEP4, BARON DE CECI, mort à Herk- Saint-Lambert le 27 juillet 1811 et inhumé à Stevart, épousa Marie Anne Thérèse de Libotton, fille de Pierre Nicolas et de N., baronne de Thier, dont trois enfants, savoir :

A. Charles, qui suit, III.

B. Julien Laurent Joseph, BARON DE Ceciz, membre des états provinciaux du Limbourg. bourgmestre de Hasselt lors des événements de 1830 jusqu'en 1833, membre de la députation permanente du conseil provincial du Limbourg, depuis 1830, chevalier de l'ordre de Léopold depuis 4844, né à Hasselt le 8 janvier 4799, épousa, le 8 août 1840, Marie Thérèse Capitaine, née à Gors-op-Leeuw en 41844, dont deux enfants :

a. Arthur Charles François DE CEcix,, né en 1841 b. Mathilde Henriette Félicie, née en 1843.

C. Henriette, épousa à Hasselt, en 1832, Joseph de Leusemans.

ITI. CHARLES, BARON DE CECIL , né à Liége le 25 mars 1794, garde d'honneur sous Napoléon I°, fit la campagne d’Allemagne, quitta le service militaire le 21 juin 1814, fit partie de lassemblée des notables à laquelle le ‘roi Guillaume [* des Pays-Bas soumit, par sa proclamation du 18 juillet 1815, l'acceptation de la loi fondamentale des Pays-Bas et se rangea parmi la majorité qui se prononça contre cette constitution. Bourgmestre de Herk-Saint-Lambert en 1825, membre du corps équestre du Limbourg en 1827, capitaine commandant la garde communale de la ville de Hasselt en 1828, major de la garde civique en 1830, colonel commandant de la légion du canton de Hasselt depuis 1831, épousa, en 14821, Marie Ide Rosalie Briers, fille de Gérard Gaspar, bourgmestre de Hasselt, et de Marie Marguerite Roelants, dont deux enfants, savoir :

A. Hubertine Henriette Thérèse Félicité, née le 29 mai 14822.

B. Hippolyte Hubert Julien Alphonse pe Ceci, né le 27 mai 1824.

“Do

D'on, fretté de sable, au chef de gueules. COURONNE de baron. SUPPORTS : deux lions léopardèés au naturel.

La belle famille du nom historique des sires et chevaliers de Cerf de Fièze-Fontaine, dite aussi du Cerf et de Scherffs, est noble, militaire, chapitrale et d’une ancienneté reculée. Elle est même une des plus anciennes du pays de Liége et se trouve fréquemment citée dans les chroniqueurs liégeois les plus estimés, tels que Jean d'Outre Meuse, Jacques de Hemricourt, Mélart, etc.

L'historien fidèle, messire Jacques de Hemricourt, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, dans son livre consciencieux intitulé Miroir des Nobles de la Hesbaye, mentionne souvent le nom des chevaliers de Cerf. Ce livre véridique et précieux traite non-seulement des généalogies de Liége et des environs depuis 1102 jusqu'en 1398, mais aussi de l’histoire des guerres civiles qui ont désolé le pays pendant quarante-cinq années, et du traité de paix qui mit fin à ces guerres sous la sanction et l'approbation de l’empereur Charles, quatrième du nom.

L'histoire des guerres entre les deux puissantes maisons d'Awans et de Waroux est des plus intéressantes, car presque toute la noblesse du pays de Liége, si célèbre dans les annales de la chevalerie par son antiquité et par sa brillante

valeur, y prit une part active et toujours glorieuse, pendant le demi-siècle qu'elles ont ensanglanté la contrée.

Les de Cerf embrassèrent le parti des Waroux et furent pour les d'Awans de redoutables adversaires.

Ces guerres meurtrières ont été occasionnées par l’enlèvement d'une serve, nommée Adoule, réputée par sa beauté et par sa richesse en biens meubles, ainsi que l’attestent les chroniques de Saint-Lambert.

Des liens de parenté unissaient les seigneurs d'Awans et de Waroux ; ils étaient cousins issus de germains et tiraient leur commune origine de Raes de Dammartin, frère de l'illustre comte de Dammartin, en Gaule, souverain de Boulogne, lequel étant tombé dans la disgrâce de Philippe Auguste, roi de France, et se voyant forcé de s'éloigner de la cour, se retira dans la ville de Huy, et épousa plus tard la belle Alice, unique héritière du nom et des biens de la noble et riche maison de Warfusée. C'est ainsi que cette branche des Dammartin s’est définitivement fixée dans le pays de Liége(1).

D'après d'autres documents authentiques, déposés aux archives de l'État, à Liége, ou précieusement conservés par les intéressés, l'illustre famille du nom historique de Cerf de Fièze-Fontaine, dite aussi du Cerf et de Scherffs, noble, militaire et chapitrale — nous le répétons — occupait, dès le moyen âge, un rang très-distingué dans la noblesse et passait, sans conteste, pour l’une des plus anciennes du pays de Liége.

Les sires el chevaliers de Cerf n'ont point usé leur vie dans l’oisiveté, constamment fidèles et dévoués à leurs suzerains légitimes, ils ont toujours consacré leur personne et leurs biens à la cause sainte de la patrie, et leurs hauts faits

(1) Voir pages 5 à 8 et 327 du livre de messire Jacques de Hemricourt, déjà mentionné.

leur assignent une place des plus honorables dans l’histoire.

La famille de Cerf, indépendamment des revenus attachés à ses emplois, titres, honneurs, etc., jouissait aussi, au temps de sa splendeur d'une fortune patrimoniale considérable pour l'époque, et si aujourd’hui ces immenses richesses sont en partie perdues pour leurs descendants, la cause en est sans doute aux énormes dépenses qu'entraînent à leur suite des guerres perpétuelles et un état d'armement trop prolongé, joint à cette complète et généreuse indifférence des biens de ce monde, qu'on a le droit de reprocher trop souvent à ceux qui ont embrassé la noble profession des armes.

Les de Cerf ont combattu sur les mêmes champs de bataille que les Berlo, les Horion, les Duras, les de Hamale, les d’Argenteau, etc., qui n'étaient comme eux, à cette époque, que de simples chevaliers, mais qui, plus heureux, mieux partagés dans la voie des honneurs, ne se sont point arrêtés dans leur élévation. Tous les noms que nous venons de citer sont depuis longtemps en possession du titre de comte.

Cette famille guerrière appartient à la noblesse depuis les temps héroïques. Dès 1103, ses membres portaient déjà le titre d’écuyer, et des chartes authentiques démontrent que les chevaliers de Cerf sont en possession de noblesse depuis plus de sept cent soixante ans.

Hemricourt, Histoires des guerres cruelles entre les nobles de la Hesbaye, pages 42, 83, 84, 154, 155, 2292, 293, 224, 933 et 234, cite fréquemment le nom des chevaliers de Gerf. Les pages 351 et 360, articles 37 et 53 de ce livre rapportent entre autres :

« Que les seigneurs de Cerf de Huy, deux bons, adroits et hardis chevaliers, portant leurs armes et se trouvant à la tête de leurs hommes de guerre, armés de toutes pièces,

ainsi qu'en leur considération, la plupart des bourgeois de la ville de Huy, qui prirent parti dans ces guerres, se trouvèrent à la célèbre bataille de Dammartin, où au nombre des plus considérables seigneurs, qu’on porte à soixante cinq, qui y ont été tués, est Jean de Cerf, l'un des deux frères, qui y trouva une mort glorieuse.

» D’autres preux chevaliers de cet illustre lignage des de Cerf ont été de vaillants capitaines, qui se distinguèrent par de brillants faits d'armes dans les grandes guerres de la Gaule Belgique, dans celles qui éclatèrent au pays de Liége sous les règnes de Louis de Bourbon et de Jean de Horn, ainsi que dans les guerres que soutinrent leurs souverains, les ducs de Bourgogne et les rois d'Espagne. »

Christophe Butkens, prélat de Saint-Sauveur, mentionne dans ses Recueils généalogiques pour servir de vérification à son X° livre des Trophées de Brabant, que :

« Warnier de Cerf, capitaine, et Jean de Cerf, son frère, chanoine de Saint-Lambert, furent tués en bataille avec leur prince Louis de Bourbon, l'an 1483. »

Dans les Mémoires guerriers de ce qui s'est passé aux Pays- Bas depuis 1600 jusqu'en 1606, dédiés à Sa Majesté le roi d'Espagne et des Indes, par Charles Alexandre, sire et duc de Croy, marquis d'Havré et maréchal héréditaire du Saint- Empire, comte de Fontenoy et chevalier de l'ordre de la Toison d’or, il est rapporté, folio 60 :

« 500 hommes namuroïis, commandés par le seigneur de Cerf, qui depuis a eu le commandement de Samson, château du comté de Namur, arrivèrent à Becdom, près de Ruremonde, où était l’armée (4). »

(4) Hemricourt, loc. cit., pp. 354 et 355, art. 41, raconte : « Autemps de ces guerres, tous les gens d'honneur qui étaient chevaliers ou écuyers se battaient toujours, montés sur des chevaux de bataille à

Hemricourt, p. 365, rapporte que « au nombre des braves et illustres seigneurs qui ont fait partie de la commission chargée de rédiger les articles de paix, touchant la guerre des Awans et des Waroux au pays de Liége, se trouve le seigneur Gilles de Cerf. »

Ce traité de paix fut approuvé et confirmé par l’empereur Charles, quatrième de ce nom.

L'on prouve par plusieurs lettres patentes de Sa Majesté Catholique et des sérénissimes archiducs Albert et Isabelle, infants d'Espagne, ducs de Brabant, de haute mémoire, et cotées ensemble, n° 2 que :

« Noble chevalier Warnier de Cerf, seigneur de Saint-Martin-lez-Balâtre, amé, etc., voué de Bolines, lequel avait été

l'épreuve. Ils étaient sur des selles de tournoi, fort hautes et sans étriers, les caparaçons de leurs chevaux étaient tout en broderie, où l'on voyait leurs armes et leurs blasons richement et artistement travaillés. Ces seigneurs avaient une cotte de mailles, dont leurs corps, leurs cuisses et leurs bras étaient entièrement couverts ; ils avaient aussi des plaques de fer à l'entour d'eux sur lesquelles leurs blasons paraissaient d'un ouvrage industrieux. Chacun avait un heaume sur son coussinet avec un joli timbre.

» Plusieurs seigneurs chevaliers avaient sur ces caparaçons une autre couverture légère de petites maïlles de fer, pour défendre leurs chevaux. Ces nobles seigneurs n’auraient osé dans cet équipage, s'ils en avaient eu l'envie, faire les poltrons, parce qu’on connaissait les braves et ceux qui ne l’étaient pas à leurs blasons ; un seul combat durait de ce temps plus que trois à présent, à cause de l'ambition des seigneurs qui craignaient le bläme et qui aïmajent la gloire, ce qui les obligeait à se battre à outrance et à disputer longtemps la victoire.

« Les armes étaient l'épée, le poignard, la lance et la hache d'armes. »

« .. L'on ne comptait pas moins de 500 chevaliers au nom de la noblesse de la Hesbaye, à l'époque des dites guerres. » Histoire de l’ancien pays de Liége, par Polain; vol. Ier, p. 314.

» .… L'étendard de Saint-Lambert était porté à l'armée par l'avoué de la Hesbaye et accompagné de 40 chevaliers, qui devaient prêter serment de bien le garder ou de mourir en le défendant. » Id., ib., p. 288.

page de don Gomez de Figueroa, duc de Feria, fut nommé à diverses charges et offices considérables, comme de gouverneur de la ville et principauté de Chimay, de la ville de Nivelles, puis gouverneur et capitaine du château de Samson, et de Bailli d'Entre-Meuse et Arches, au comté de Namur, et qu'il était colonel d’un régiment de cinq cents hommes pour le service desdits archiducs. »

« Que les chevaliers Warnier de Cerf, 1° et 2° de ce nom, ont été grand maître à la cour de Leur Altesse Électorale Celsissime les princes-évêques de Liége, Adolphe Englebert de la Marck et Jean de Heinsberg, ce qui était la première dignité connue de ce temps. »

« Et finalement que plusieurs membres de cette noble et antique famille, entre autres les dames Anne, Jeanne, Madeleine, Louise, Françoise , Madeleine et Marguerite de Cerf, après avoir fait preuve de leurs quartiers, ont été reçues dans les très-illustres et nobles chapitres des Pays-Bas, tels que Liége, Andenne et Moustier. »

Les sires et chevaliers de Cerf étaient seigneurs féodaux et fonciers :

4° De Fièze-Fontaine, lez-Huy, principauté de Liége.

Le seignenr jouissait du droit de haute, moyenne et basse justice, droits d'amendes, de confiscation, de chasse, etc.

Fièze- Fontaine, village d'une grande importance, était déjà au xiv° siècle une seigneurie appartenant à la famille de Cerf. Nous ajoutons ici sur ce fief important quelques données extraites d’une lettre de M. le baron, alors chevalier Simon Charles Isidore Joseph de Cerf. Cette pièce, œuvre d'un noble et digne vieillard, presque octogénaire, mérite d’être citée tant pour les détails qu’elle renferme que pour certaines qualités de style qu'il est rare de conserver à l'âge avancé du chef de cette famille.

« ... J'ai voulu, dans ma vieillesse, visiter le berceau de mes ancêtres, et

parcourir, en simple pèlerin, le siége de leur puissance et de leur splendeur. Ces motifs ont déterminé ma courte excursion dans la Hesbaye, ce beau grenier d’abondance de la glorieuse principauté de Liége.

» ... Fièze-Fontaine, dont nos aïeux ont été si longtemps les seigneurs féodaux et fonciers, se rattache à la pittoresque ville de Huy, son chef-lieu d'arrondissement, par une route charmante, sineuse, ombreuse, accidentée, de huit à neuf kilomètres tout au plus. Je vais m'efforcer d'en donner une courte description.

» Après avoir, au sortir de Huy, dépassé le faubourg de State, on côtoie quelque temps le Val-Notre-Dame, ainsi nommé d'un ancien monastère, en grand renom dans le pays, paisiblement assis, jadis, au centre d’un site bôisé d'un aspect admirable. Le monastère existe encore, mais, les temps ne sont plus eù les dames religieuses Barbara et Jeanne de Cerf, nos vénérables grand'tantes, terminèrent paisiblement leur vie paisible et pure — la dernière en 1501 — dans cette délicieuse retraite du Val-Notre-Dame. Aujourd'hui, les vastes bâtiments du pieux monastère sont transformés en usines diverses, prospères, en pleine activité. Le ronflement sonore des machines, le fracas du marteau sur l'enclume se font entendre dans les vieux cloîtres dont les murs ne devaient retentir que du chant des saints cantiques, et ces lieux jadis consacrés au silence, au recueillement et à la prière sont remplis à présent de vie, de mouvement et de bruit. Etrange transformation! est-ce un bien, est-ce un mal? Je l’ignore. A mon âge on ne s'occupe plus de grandes questions sociales. L'avenir ne sourit plus aux vieillards, il ne leur appartient pas ; ce qui leur reste, c'est le souvenir et le reget du passé.

» La route, parfaitement entretenue et très-carrossable, gravit par une pente douce le flanc de la montagne et mène d’abord au joli village de Winalmont

» Dans les villages, actifs et coquets, que traverse ce délicieux itinéraire, on rencontre presque à chaque pas, les beaux spécimens de la race chevaline du pays, produit d'un croisement des étalons du gouvernement avec les juments de la contrée. À voir ces superbes étalages de quatre et six chevaux, cheminant d’un pas égal et lent, et secouant, aux rayons du soleil, lcurs harnais constellés d'ornements en cuivre poli, on dirait, de loin, des détachements de cavalerie aux cuirasses, aux casques étincelants, revenant, par petits groupes, de quelque expédition lointaine. Winalmont est orné d’un fort beau château moderne, d'où la vue plonge sur une multitude de collines qui servent de ceinture aux capricieuses sinuosités de la Meuse et renferment trente à quarante villages, parsemés dans la plaine, ou étagés sur les mamelons, dans un rayon visuel de trois, de quatre et même de cinq lieues.

» Le village de Villers dépassé, on aperçoit enfin celui de Fièze-Fontaine — ma vieille orthographe ne consent pas à mutiller un nom de famille et à écrire Fize-Fontaine à la moderne. — On y compte 900 à 1,000 âmes de population. Les habitations sont éparses à d'assez grandes distances les unes des autres, mais s'élèvent sur un sol tellement fertile qu'il existe dans cette petite localité, de trois cents feux au plus, plusieurs fermes importantes d'un rapport annuel] de huit à neuf et même de dix mille francs.

» La plus considérable de toutes ces exploitations appartient aujourd'hui à M. le baron de Stockem. Elle renferme la majeure partie des biens de l'ancienne seigneurie et les restes d’une tour ou château fort, bâti par nos ancôtres et dont, chose glorieuse pour nous, elle conserve encore le nom. Là s'acquittaient les droits et les cens seigneuriaux, entre autres la redevance singulière consistant dans l'obligation de fournir une plume de blanc moineau ou de payer, en place, un écu d'or.

» Toutes nos institutions — et j'en suis ficr — n'ont pas entièrement disparu du pays. La curc jadis instituée par nous est encorc une des meilleures de la contrée, car elle possède, indépe..damment d'un traitement et d'un casuel relativement élevés, dix-huit bonniers d'excellentes terres et d'un grand rapport. Quant à l'église, propre et de moyenne grandeur, elle n’a conservé que bien peu de chose de nos anciennes libéralités. Les traits de notre blason ont été presque effacés entièrement par les pas des fidèles sur les pierres tumulaires qui recouvrent les cendres de nos ancètres, et cependant notre nom n'est pas complétement éteint dans la mémoire des habitants. Chaque année on célèbre encore un service pour le repos de l'âme de Jeanne-de Cerf, dame de Fièze-Fontaine... »

2% De Fumal, comté de Namur, avec jouissance des mêmes priviléges qu'à Fièze-Fontaine (1);

(1) Fumal, village considérable sur les confins du pays de Liége , à cinq lieues de Namur. Seigneurie ancienne et illustre sur les bords de la Mehaigne.

On y voit, au sommet d’une côte escarpée, un château fort où les anciens comtes de Namur entretenaient une garnison. Cette terre importante, qui au xvie siècle appartenait à la famille de Cerf, est actuellement la propriété de M. le baron de Mincé de Fontharcet. (Voir à ce sujet l'{/istoire du comité de Namur, par Galliot, t. LIT, p. 395.)

3° De Barveau Condroz, principauté de Liége, mêmes priviléges (À);

& De Fontenoy, principauté de Liége. On ignore quels étaient les droits attachés à cette seigneurie ;

5° De Seron Beaulieu, près de Nivelles, duché de Brabant; mêmes droits qu’à Fièze-Fontaine ;

6° De Saint-Martin-lez-Bâlatre, comté de Namur ; mêmes priviléges ;

1° De Velaine, comté de Namur, mêmes priviléges (2);

8° D'Amée, comté de Namur; mêmes droits de haute, moyenne et basse justice, etc. (3).

La maison de Cerf est non-seulement ancienne, noble, militaire et chapitrale, non-seulement elle a joui de priviléges éclatants et occupé de hautes charges à la cour de ses souverains, mais elle s'est aussi illustrée par ses alliances, ce point important, délicat, épineux, dont toute maison noble doit se montrer particulièrement jalouse , si elle tient à conserver dans toute leur intégrité la glaire et l'éclat de son nom.

Au nombre des hautes et puissantes alliances que les de Cerf ont contractées, on en distingue une qui la lie à deux maisons illustres; la première descend des anciens ducs

(1) Barveau-Condroz, gros village à six lieues de Namur, possède l’un des plus beaux châteaux du canton d'Havelange, renommé par ses habitations somptueuses et princières.

Cette terre considérable et boisée appartient à M. le comte d’Aspremont de Lynden, qui y fait sa résidence. Les armes de sire Jean de Cerf, chevalier, ancien propriétaire de ce beau domaine, existaient encore, il y a une cinquantaine d'années, dans la pierre, au-dessus de l'une des deux grandes portes d'entrée; elles avaient du moins été conservées par l'aieul du possesseur actuel.

(2) Velaine. Voir l'Histoire du comté de Namur, par Galkot, t. LIL, p. 46, indiquant que cette propriété a appartenu à la famille de Cerf.

(3) Aimée. Voir ibid.

de Brabant, la seconde est alliée à la dynastie du royaume des Pays-Bas, savoir :

Gilles, comte de Glymes, de Brabant, seigneur de Limelette, Louvrange, la Falize, Hazuar, etc., grand d’Espagne de permière classe et descendant direct de la maison souveraine des ducs de Brabant, épousa Jeanne de Cerf, dame de Saint-Martin, Velaine et Amée, trois seigneuries qu'elle apporta en dot à son époux. De ce mariage naquit un fils, Warnier, comte de Glymes, de Brabant, qui épousa Marie Isabelle de Nassau, fille d’Alexis, comte de Nassau, seigneur de Corroy, Frane, etc. Les Nassau-Corroy sont cousins, par conséquent alliés à la maison régnante d'Orange-Nassau des Pays-Bas. Ils sont alliés également aux marquis de Trazegnies, princes des francs fiefs de Rognons (1).

Les de Cerf sont alliés ou rappellent dans leurs papiers de famille les noms qui suivent :

Barons de Haultepenne, barons de Hosden, comtes de Namur, comtes de Berlo, comtes d'Oultremont, comtes de Horion, barous de Savary de Warcoing, d'Oyembrugge de Duras, Lonchin d'Awans, Pousseur de Boulant, de Velaine, de Huy, de Veaux de Refay, de Ferot, de Haneffe, de Warfuséc, d'Odeur de Lovinfosse, de Montegnée, de Juppleu, de Campenne, de Salmier, de Houlton, de Lendoux, de Daulenbreu, de Villereau, de Thiri Rennewaart, de Seilles, de Lahaye, de Crehen, de Havreth, de Résimont, de Vanderzvene, de Fosteau Saint-Sauveur, de Scheoux, de Lichy, de Blehain, de Biersez, de Corbarem, d'Esneux, de Courfontayn, du Jardin, de Fromy, d’Antinnes, d'Herville, de Ruille, d'Abbez, de Lonchy, d’Orbais, de Heau, de Cortil, de

(1) Voir l'Histoire du comté de Namur, par Galïliot, t. 1V, p. 78, indiquant, à l'appui des titres de famille, que la maison de Glymes tire son origine des ducs de Brabant.

Maleyse, de Spontin, de Nollet, de Vilain, des vicomtes de Vaernewyck, une des plus anciennes maisons de Flandre, dout la noblesse remonte à l'an 1007 et qui étaient possesseurs d'une terre et seigneurie considérable dans l'enceinte de la ville de Gand. Denis de Vaernewyck, épousa, en secondes noces, le 27 novembre 1644, dame Anne Marie de Cerf. La branche cadette de cette famille est établie à Malines.

Cette belle nomenclature se termine par les comtes de Marnix, originaires de la Savoie, illustres par leur ancienneté et leurs alliances, et dont l’aïeule maternelle la plus reculéc est une dame Jeanne de Cerf.

Christophe Butkens, prélat de Saint-Sauveur, dans ses Recueils généalogiques pour servir de vérification à son X° livre des Trophées de Brabant (1648), mentionne, au folio 40, ce qui suit :

4 Warnier du Cerf, chevalier, grand maître du prince de Liége, Adolphe de la Marck, chef de la conquête du comté de Loz, épousa Jeaune, fille de Lambert, sire de Haultepenne, et, en secondes noces, Jeanne de Horion. — Mort âgé de quatrevingt-neuf ans et, selon Wachtendonck, de cent quatre ans ;

2 Wautier du Cerf, noyé dans la Meuse, à Visé, durant la vie de son père, 1351 ;

3° Jehenne du Cerf épousa Ameling de Lichy, grand écuyer de l’empereur, fut chevalier de grand crédit ;

4 Warnier du Cerf, chevalier, seigneur de Limal et de Jongnies, grand maître du prince-évêque de Liége, Englebert de la Mark, épousa Agnès, fille de Gérard de Blehain, et, en secondes noces, Élisabeth Cabot ;

3° Maroye du Cerf épousa Arnauld de Corbarem, chevalier, seigneur de Nilles, et, en secondes noces, Simon d’Archel, neveu du prince-évêque de Liége ;

6° Barbara du Cerf, religieuse à Vaux-Notre-Dame ;

1° Jean du Cerf, chevalier, seigneur de Limal et de Jongnies, épousa Mahaud, fille de Guillaume de Courfontayn;

8° Jeanne du Cerf épousa Fastré du Jardin, mayeur de Liége, premier conseiller du prince-évêque de Liége, Jean de Bavière ;

œ® Warnier du Cerf, chevalier, épousa Isabeau, fille de Robert de Fromy, écuyer du prince-évêque de Liége, Jean de Bavière ;

10° Warnier du Gerf, chevalier, seigneur de Limal , Jongnies, etc., grand maitre du prince-évêque de Liége, Jean de Heinsberg, épousa Jeanne, fille de Gautier d'Antinnes ;

11° Jean du Cerf, seigneur de Bougini, épousa Marguerite d'Herville, et, en secondes noces, Agnès de Bouleau, sans hoirs;

1% Warnier du Cerf épousa Marie de Haultepenne, et, en secondes noces, Élisabeth de Maton, fille de Hugues de Maton, de Liége ;

43° Hubert du Cerf, chanoine de Saint-Paul, à Liége, en 1427;

14° Maroye du Cerf épousa Arnould de Maleyse, seigneur de Lonchin, chevalier ;

15° Marguerite du Cerf, dame héritière, épousa Hugues de Warnier, dit de Sart, mort en 449 ;

46 Warnier du Cerf, capitsine du prince Louis de Bourbon, et comme capitaine, il fut tué avec lui en bataille l'an 1483. Il avait épousé Jehenne de Helles ;

17° Jean du Cerf, chanoine de Saint-Lambert, à Liége, tué avec son frère, en bataille, l’an 1483;

18° Jeanne du Cerf épousa Louis de Fumal, capitaine du château de Samson;

19° Marie du Cerfépousa Arnould de Verren, mort l'an 1522, sans génération, et, en secondes noces, Wauthier de Chame;

20° Warnier du Cerf, chevalier, seigneur de Jinterville, capitaine du prince-évêque de Liége, Jean de Homes, épousa Marguerite de Ruille ;

21° Jeanne du Cerf, religieuse à Vaux-Notre-Dame, lez-Huy, morte en 1501 ;

2% Marie du Cerf épousa Collart d'Oultremont, chevalier, seigneur d’Antinnes et de Berzé;

23° Jeanne du Gerf épousa Thomas d’Abbez, chevalier, seigneur de Longy ;

24 Madeleine du Cerf, chanoinesse à Moustier ;

25° Marguerite du Cerf épousa Jean d’'Abbez, seigneur de Haneffe ; .

26° Warnier du Cerf, chevalier, seigneur de Fumal, d’Amée, gouverneur de Bouillon, épousa Barbara de Lonchy, dame de Fumal ;

27° Élisabeth du Cerf épousa premièrement Albert du Sart, seigneur de Cenegy, et, en secondes noces, Willaume de Viron;

28° Louis du Cerf, religieux à Vaux-Saint-Lambert, mort l'an 1481, à l'âge de quatre-vingt-dix-neuf ans;

29° Jean d’Oultremont, capitaine, tué en guerre;

30° Philippe d'Oultremont, chevalier, seigneur d’Antinnes, épousa Marie de Juppleu, fille de Guillaume, seigneur de Baumail ;

31° Marie du Gerf épousa Charles d’Orbais, et, en secondes noces, Aubert de Haultepenne ;

32° Madeleine du Cerf, chanoinesse à Andenne, l'an 1480 ;

33° Jean du Cerf, chevalier, seigneur de Fumal et d’Amée, épousa Adrienne de Velaine, fille d'Adrien et de Jeanne de Juppleu ;

34° Jeanne du Cerf, épousa Guillaume de Heau, chevalier, bourgmestre de Liége, en 1590 ;

35° Marguerite du Cerf, religieuse à Herkenrode ;

36° Warnier du Cerf épousa Jeanne de Resimont, fille de Gilles, chevalier ;

31° Louise du Cerf épousa Jean de Cortil, chevalier, seigneur de Bolinne ;

38 Warnier du Cerf, chevalier, seigneur de Fumal, d'Amée, colonel d'un régiment liégeois, épousa Jeanne de Hosden, fille de Gaspard, chevalier, seigneur dudit lieu ;

39° Jean du Cerf, capitaine, tué en guerre ;

40° Jeanne du Cerf épousa Pierre de Verren, chevalier, seigneur de Fosselet, fille de Louis et de Marie, fille de François de Vilain ; |

41° Louise du Cerf épousa Jean de Cortil, chevalier, seigneur de Fosselet, fils de Louise et de Marie de Saine :

42 Daniel du Cerf épousa Marie de Lovinfosse, fille de Jean et de Marie de Lendoux ;

43° Warnier du Cerf, capitaine de chevaux, épousa Jacqueline de Maleyse, mort sans hoirs :

44 Warnier du Cerf, seigneur de Fumal et d'Amée, mort sans hoirs ;

45° Anne du Cerf, dame de Fumal et d'Amée, épousa Guil- Jaume, baron de Hosden, chevalier ;

46° Jeanne du Cerf, épousa Gilles'de Glymes, de Brabant, seigneur de la Falise, etc., fils d'Antoine, seigneur de Limelette, et d'Anne de Hosden ;

41° Warnier du Cerf, mort jeune ;

48° Hubert du Cerf, capitaine des chevaux du roi, épousa Marie de Scheoux.

Les attestations modernes officielles ne sont ni moins positives, ni moins concluantes. C’est ce que prouve le document suivant intitulé :

« Extrait de la carte généalogique de l’illustre famille de Cerf, dite aussi du Cerf et de Scherffs :

» Je soussigné, écuyer, roi d'armes de sa sacrée Majesté

Impériale et Royale, et hérault provincial sur le district du Bas-Rhin, et pays circonvoisins, généalogiste et armoriste du Saint-Empire romain, etc. ;

» Certifie et atteste à tous ceux qu’il appartiendra, en faveur de justice et de vérité, que les armoiries et blason cidessous dépeints et figurés, savoir :

» Un écu d'or fretté de sable de dix pièces, au chef de gueules, timbré d’un heaume ou casque d'acier, tourné à droite, ouvert, grillé et liseré d’or, doublé de gueules, aux hachements ou lambrequins et bourrelet d'or et de gueules, d’où sort pour cimier un demi-aigle de sable, sont celles de la très-ancienne et noble famille de Cerf, dite aussi du Cerf et de Scherffs, originaire du pays de Liége.

» M'ayant apparu et consté, tant par des titres, documents et instruments dignes de foi et de créance, que par les archives héraldiques de mon noble office, etc., etc.

» Suivent les ancêtres de la famille de Cerf, d'après laquelle carte il conste, tant par des partages, testaments et autres contrats y relatés, que les de Cerf, dont le nom est historique, tenaient dès le moyen âge un rang très-distingué dans la noblesse, qu'ils descendent de messire Gilles de Cerf de Fièze-Fontaine, chevalier, et que les dames de cet illustre lignage avaient été et étaient encore respectivemeat reçues aux nobles chapitres de Liége, d’Andenne et de Moustier, qui dès lors avaient prouvé leurs quartiers (1).

(1) I est dit, relativement à la branche paternelle encore existante de la famille de Cerf (p. 254 de l'Histoire des guerres de la Hesbaye, par Hemricourt, que messire Jean de Cerf, de Huy, chevalier, marié à la fille unique de messire Bauduin l'Admirant de Biersez, chevalier banneret, laissa deux fils, messire Hustin de Cerf et messire Gilles de K'ièz, chevaliers, et que ceux de Focheroule et de Barvau descendent de ces deux derniers.

La branche encore existante de la famille de Fièze-Fontaine, descend donc dudit Gilles de Fièz ou de Cerf, chevalier, dont M. le baron de Cerf de

» Ïl y est mentionné que les de Cerf étaient seigneurs de Fièze-Fontaine, près de Huy, dès le xiv" siècle.

» ls possédèrent en outre les terres et châteaux de Fumal, Barvaux-Condroz, Fontenoy, Seron Beaulieu, Saint-Martin- Balâtre, Velaine et Amée.

» Ladite carte a été continuée jusques et compris messire Charles Joseph du Cerf, baptisé à Namur le 27 mai 1746.

» Fait en la cité de Liége, le 13 octobre mil sept cent quarante-neuf. »

Était signé (Lerorr).

« Ci à côté est le sceau intact du Saint-Empire romain. »

Messire Charles Joseph de Cerf, mentionné à la fin du tableau généalogique, dressé par le roi d'armes Lefort, a exercé les fonctions de juge et ensuite de commissaire royal près le tribunal de première instance de Namur (1). Né le 27 mai 1746, mort le 17 décembre 1833, il épousa dame Marie Aldegonde Pasquier d'Émines, morte le 2 décembre 1844, fille de Charles Hyacinthe André Pasquier, seigneur d’Émines, célèbre jurisconsulte et avocat près le conseil souverain de Namur. Ses ancêtres, originaires de Bouvignes, ont occupé de temps immémorial les fonctions de bailli de Bouvignes, d'échevin de la ville de Namur, de mayeur de la haute cour de Feix, qualité qui conférait le droit d'entrée à la Chambre de l’état noble de la province, et enfin de conseiller

Fièze-Fontaine, ancien inspecteur de l’enregistrement et des domaines, est aujourd’hui le représentant. — On écrit indifféremment Fièze-Fontaine, ou simplement, par abréviation, Fièze.

(1) Un acte de notoriété, passé à Namur le 12 mai 1847, devant le notaire Logé, constate que messire Charles Joseph de Cerf, dont i] est ici question, a rempli les fonctions de juge et de commissaire royal près le tribunal de première instance de Namur.

de Sa Majesté en son souverain bailliage de bois, forêts et vénerie du pays et comté de Namur (1) De ce mariage naquirent cinq enfants, savoir :

A. Victoire, née le 31 mai 1777, épousa Jean Nicolas de Saint- Hubert de Fulfaulx, grand propriétaire et juge près le tribunal de première instance de Namur, dont elle est venwe ;

B. Simon Charles Isidore Joseph, qui suit;

C. Pierre Joseph Marie pe CERF, né lo 4° mars 1788, mort le 9 février 1854, conservateur des hypothèques et lieutenant colonel de la garde civique à Namur, épousa, le 4 novembre 1845, Catherine Antoinette Peeters, morte le 26 mars 1832, dont un fils :

Charles Jules Joseph ne CERF, né le 21 février 1822.

Lis ,

D. Thérèse, épousa Justin, chevalier de Labeville, décédé, grand propriétaire, échevin de la ville de Namur, membre du conseil provineial, ancien membre de l'ordre équestre et du Congrès national, décoré de la Croix de fer, chevalier de l'ordre de Léopold, etc.

E. Charlotte, épousa Florent Monseu, major pensionné, ancien officier de cavalerie au serviee de France, ancien commandant de la ville et citadelle de Dinant, chevalier des ordres de la Légion d'honueur et de Léopold.

(4) Les Pasquier étaient seignenrs d'Ermines, au comté de Namur, comme le prouve une commission de conseiller , délivrée au nom de Sa Majesté le roi d'Espagne, en date du 15 mai 1660, dans laquelle cette qualité est dûment déterminée. D’autres pièces font également mention de la même circonstance.

L'Annuaire de la noblesse de Belgique, 1850, quatrième année, pages 176 et suivantes, mentionne un acte de notoriété, du 20 septembre 1660, passé à Louvain, devant le notaire Thomas, où au nombre de plusieurs illustres seigneurs, comparut noble seigneur Charles Pasquier, seigneur de Bauregard, d'Emines, chevalier, couseiller de Sa Majesté, en son souverain bailliage des bois, forêts et vénerie du pays et comté de Namur. — Ce dernier était le trisaieul de dame de Cerf, née Pasquier d'Emines, rappelée ci-contre.

On voit d'après ce qui précède que madame de Cerf appartenait aussi de son côté à une famille noble, titrée, tenant un rang distingué dans la magistrature.

M. Simou Charles Isidore Joseph, baron de Cerf, chef de nom et d'armes de sa famille, fils aîné de messire Charles Joseph de Cerf et de dame Marie Aldegonde Catherine Pasquier d'Émines, membre de l'ordre impérial de la Légion d'honneur, ancien inspecteur de l'enregistrement et des domaines, etc., est aujourd'hui le chef de l'antique lignage des sires et chevaliers de Cerf de Fièze-Fontaine.

Jaloux de la gloire de ses ancêtres, il s’est fait un devoir, comme aîné de sa race, de réunir scrupuleusement les titres, les chartes, les documents de sa famille, et de démontrer à la dernière évidence, jusqu’au scrupule, à quel point elle est digne d'occuper une place honorable et distinguée dans la noblesse de son pays.

Sa Majesté le roi Léopold I:", par lettres patentes du 4 mai 1851, contresignées d'Hoffschmidt, ministre des affaires étrangères, chevalier de Sauvage, président du conseil héraldique, et Loumyer, greffier, a, sur la proposition de M. d'Hoffschmidt, ministre des affaires étrangères, le conseil héraldique entendu, accordé reconnaissance de noblesse à tous les membres de la famille de Cerf, dont nous venons de raconter sommairement l'histoire.

Par second arrêté, en date du 14 novembre 185$, il a plu à Sa Majesté Léopold I: d'accorder, en outre, à M. Simon Charles Isidore Joseph de Cerf le titre de chevalier, transmissible par ordre de primogéniture.

En conférant au titulaire la dignité de chevalier, titre qui, depuis plusieurs siècles, a toujours été porté par ses ancétres, Sa Majesté le roi Léopold a voulu récompenser une longue carrière de zèle, d'activité, d'intégrité, d'honneur et de bienfaisance, comme, de son côté, le gouvernement français avait voulu reconnaître auparavant les capacités et le dévouement à la chose publique, dont il a fait preuve sous l'empire, en lui décernant le noble insigne de la Légion d'honneur.

Sa Majesté le roi Léopold I: fit plus encore. Par arrêté du 42 août 1857, il éleva le chevalier Simon Charles Isidore Joseph de Cerf au titre de baron. Les lettres patentes de Sa Majesté sont du 31 décembre 1858, contresignées par MM. le baron de Vrière, ministre des affaires étrangères, comte de Sauvage, président du conseil héraldique, et Loumyer, greffier.

Né le 98 janvier 1779, M. le baron de Gerf a épousé dame . Béatrix Anne Cornélie de Kôlcken-Disdonck, dont il n’a pas d'enfants. Indépendamment de l’ordre de la Légion d’honneur, il est décoré de la médaille de Sainte-Hélène et de l'ordre de Saint-Sépulcre.

CESVE.

D'or à l'arbre de sinople, placé sur une terrasse du même. COURONNE de baron. CIMIER : l'arbre de l'écu.

I. JEAN FRançois Joserx DE CESvE, mort à Dinant le 9 mars 1790, épousa à Dinant, le 3 mai 1772, Jeanne Thérèse Augustine Misson, dont un fils, Alexandre Frédéric, qui suit, II.

IT. ALEXANDRE FRÉDÉRIC DE CESVE, né à Dinant le 3 décembre 1775, mort le 31 mars 1854, bourgmestre de Heer (Namur) de 1807 à 1834, épousa, à Givet, Henriette Sophie Lannoy, morte en 1829, dont un fils unique, Eugène Alexandre André Théophile, qui suit, HI.

III. EUGÈNE ALEXANDRE ANDRÉ THÉOPHILE, BARON DE CESVE DE Rosée, par arrêté royal du 1° septembre 1856, avec transmissibilité par ordre de primogéniture, né à Givet le 12 florial an XI, ancien sénateur, épousa, en 1828, Marie Joséphine de Jacquier de Rosée, fille de François Hilarion et de Félicité de Tornaco.

CHARLÉ DE TYBERCHAMPS.

D'AZUR, au chevron d'or accompagné en pointe d'un trèfle du même, au chef cousu d'asur, à quatre bandes d’or. COURONNE de chevalier, sommée d'un heaume couronné d'argent, liséré, grillé, décoré d'or, fourré de gueules, surmonté de cinq plurnes d'autruche, trois d'or et deux d'asur. SUPPORTS : deux lévriers au naturel, colletés d'un collier d'azur, bordé et annelé d'or.

Devise : Justus amat lucem.

Cette ancienne maison du Hainaut à rempli des charges élevées dans la magistrature. Elle se nommait autrefois Charlet. Les noblesses du Poitou, de Bretagne et d'Angleterre comptent parmi leurs membres des Charlet, des Charlez, des Charley. Les généalogistes n’ont pu établir si ces différentes familles remontent à une souche commune.

La maison de Charlet possède de nombreux diplômes d'anoblissement. Antoine Charlet, trésorier des troupes impériales à Luxembourg, obtint, de l’empereur Charles-Quint, des lettres patentes de noblesse, le 20 juin 1645. Jean Charlet, Nicolas Gilles Charlé, bourgmestre d'Ath, et François Joseph Gharlé furent anoblis, le premier par diplôme du 20 août 1630, le second à la date du 19 juillet 1798, et le troisième le 7 mai 1770. Ignace François Joseph Charlé de Tyberchamps reçut des lettres de reconnaissance de noblesse le & août 4822; Auguste Adrien Joseph Ghislain Charlé, Félix Bernard Joachim Joseph Charlé et Maurice François Bernard Gharlé obtinrent la même distinction le 20 mars 1848.

Cette famille se divise en trois branches. La branche aînée a pour chef Ignace François Joseph Charlé de Tyberchamps, docteur en droit, académicien, savant archéologue, historien et philologue ; la branche cadette, dont le chef de nom et d'armes est Camille Auguste Ignace Maurice Ghislain Charlé, né le 7 octobre 1840; la seconde branche, celle des Charlé, seigneur de la Vigne, eut pour dernier hoir mâle Eugène Charlé de la Vigne, qui ne laissa qu'une fille.

La branche cadette existante ne porte ni supports, ni couronne, ni devise. Elle brise d'une bordure componée d'or et d'azur.

I. Tnouas Cuarié, dont la femme n'est point connue des généalogistes, eut un fils, Jean, qui suit, Il.

II. Jean CuanLé, lieutenant bailli des bois de Beaumont, au quartier de Maubeuge, né le 15 avril 1527, mort le 97 avril 14601, épousa Marguerite du Joncquoy, morte à Maubeuge le 21 juillet 1609, dont un fils, Jacques, qui suit, II.

III. Jacques Cuarsé, licencié ès lois, épousa, le 49 juin. 4594, Catherine François, fille de Jean et de Nicole Lievin.

La famille François a brillé dans la haute magistrature et s’est alliée avec la plupart des grandes maisons de Mons au xvi° siècle.

Jacques Charles et Catherine François, sont mentionnés dans les registres échevinaux du magistrat de Mons : « Le 7 septembre 1611, vente faite par Gilles Franchoïis, licencié ès droits, demeurant à Mons, au profit de Jacques Charlet, son beau-frère, ayant épousé Catherine Franchois, sa sœur, aussi licencié, demeurant en ladite ville, d’une maison de la rue de la Poterie, tenante à André Malapert et par derrière à François Heiberlant. »

Jacques Charlet et Catherine François eurent six enfants, SAVOIT :

CHARLÉ DB TYBERCHAMPS. 435

A. Jeanne, née le 43 juin 159%, morte le 4 août 4596.

B. Jean, qui suit, IV.

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