AAA
Le D' Schauer, publia en Allemagne (AZ/gem. Gartenz. 1836, 389) un long article sur l’horticulture liégeoise. En 1837, le professeur Raffeneau-Delile, de Montpellier, vient visiter Liege et il remarque chez Jacob-Makoy, l’Agnostis sinuata, le Bromwnea racemosa, un ÂVepenthes distillatoria de dix pieds de haut, le Dalhlix arborea et tout une pépinière de petits Girofliers (Caryophyllus aromaticus). En 1838 arrive M. Mayer, jardiniercheï du Palais de Mon Bijou à Berlin et, dans la relation de son voyage, il ne tarit pas d’éloges sur tout ce qu’il a vu chez Jacoh- Makoy (AUlg. Gartenz. 1839, p. 59). En 1840, M. Sello publie en Allemagne un mémoire sur les procédés de multiplication des plantes en usage dans l’établissement Jacob-Makoy à Liége (1). On y remarque, par exemple, le bouturage des feuilles de Gloxinia. Cette réputation s’est toujours maintenue. Certains procédés de bouturage et plusieurs greffes sont particuliers à la maison Jacob.
Pendant ce temps les catalogues se suivaient régulièrement 5 en 1836 on voit paraître les Pivoines en arbre (Paeonia Moutan); en 1837 les plantes japonaises de Von Siebold, par exemple les Lilium lancifolium punctatum annoncé à 150 francs.
En 1841 Jacob-Makoy recut une importante collection de plantes brésiliennes provenant des provinces de Rio et de Minas. Elles lui avaient été envoyées par P. Claussen qui avait alors le titre de Naturaliste Impérial attaché au Jardin botanique de Rio. La liste de ces végétaux intéressants (4/79.-Gart. 1841, p. 304) comprend : Amaryllis Drapiezii, Byrsonima Clausseniana,
Didymochlaena Corcovadensis, plusieurs Æchites, Ilex para-
(1) Nitizen uber die vermechrungs methoden den durch Stecklinge im Etablissements des Heren Jacob-Makoy in Luttich, in AZ/gem. Gartenz. 1840 p. 108 et 118.
LA RAGUES atd guaiensis (vera), des Marcetia, des Psidium à fruits comestibles, etc.
J. Libon, de Verviers, qui était en apprentissage chez Jacob partit pour aller rejoindre Claussen à Rio et il adressa plusieurs de ses découvertes à son ancien patron. En 1844 arrivèrent des envois de M. Funck qui explorait alors le Mexique.
La collection d’Orchidées ne cessait de s’enrichir par des envois du Brésil, de Manille, etc. Les Palmiers prennent une grande extension. Bientôt les Fougères sont cataloguées à part. En 18338 il y avait des cultures spéciales de Camellias, d’arbustes du Cap, de Glayeuls, de Rhododendrons rustiques, de Pensées, de Rosiers, de Dahlias, ete. En 1845, Beer, de Vienne, cite la collection d’Orchidées de Makoy, comme une des plus riches du continent (Allg. Gartenz. 1845, p. 163). Elle comptait alors plus de 500 espèces et l’établissement possédait 200 espèces de Palmiers.
Jacob étant devenu veuf, se remaria le 16 septembre 1849, avec M°e Louise Weyhe, de Dusseldorf, fille du directeur bien connu des promenades de cette ville et cousine de Lenné, jardinier en chef de Sans-Souci à Potsdam. Cette dame distinguée fut pour Jacob, devenu vieux, une compagne dévouée. Il avait eu trois enfants de son premier mariage, un fils et deux filles (Mesdames Demet et Closon). La mort prématurée de son fils fut pour lui un événement fatal qui le chagrina et brisa son horizon. Il prit des arrangements de famille en vertu desquels son vaste établissement fut mis en société entre ses enfants, en ne se réservant qu’une pension viagère. Le 10 juin 1861, l’établissement et toutes ses collections furent mises en vente publique. La presque totalité fut acquise par la famille et le 1° juillet 1861 une association fut conclue en vertu de laquelle la Maison Jacob-Makoy et Ci se
trouva dirigée par M. J. Closon, petit-fils de Jacob-Makoy et
François Wiot, qui était entré à l’établissement en 1837 et qui était devenu chef de culture. Depuis cette époque, elle se maintient
à la hauteur de son ancienne réputation. Elle a recu en 1858, la | visite de M. le professeur Moore de Dublin (Gard. Chronicle 1858, p. 292) et beaucoup d’autres botanistes qui s’arrêtent à Liége pour voir ses collections. M. Moore a le plus admiré les Fougères arborescentes, parmi lesquelles il mentionne : Diplazum alternifolium et cellidifolium, Angiopteris Brongniarti et pruinosa, Hemitelia Humboldti et Lorrida, Alsophila radens. Enfin mon père et moi nous avons eu maintes fois l’occasion de décrire et de publier les plantes rares et nouvelles que nous avons rencontrées dans cette riche collection. -
Quand à Jacob, ayant laissé son nom à l'établissement qu’il avait fondé, il prit désormais celui de Jacob-Weyhe, et il se retira dans un charmant châlet qu’il avait fait bâtir au-dessus de la station des Guillemins, dans la rue Mandeville, ainsi nommée en l’honneur de John Mandeville, gentilhomme anglais, né à Saint- Albaus vers 1300 et qui, après avoir accompli de merveilleux voyages en Asie, vint se fixer à Liège, dans le couvent des Guillelmites où il mourut en 1372. Jacob était universellement estimé et il avait parcouru la carrière la plus honorable. La décoration de l'Ordre de Léopold vint le trouver dans sa retraite au mois de mars 1867. Cette distinction lui fut décernée à l'intervention de la Société royale d’horticulture de Liége.
Mais Jacob n’aurait pu vivre dans l’oisiveté qu’on appelle le repos. S'il ne s’était volontairement interdit le commerce des plantes il eut recommencé, tant il avait d’énergie, à élever un nouvel établissement. Il revint, au bout de sa vie, aux fleurs chères à son enfance, aux Auricules et aux Œillets. Il avait aussi des
serres avec des Orchidées et des plantes de toute espèce, mais
Apr ee
enfin il s’adonna spécialement à la culture des Auricules et des Œiüllets. Il reveilla l’ancienne race des Auricules liégeoises et il les perfectionna. On peut recourir sur ce sujet à la Belgique horticole, tome V, 1855, p. 321, où nous avons figuré les principaux types de cette race locale fort recherchée, et à ses nombreux Catalogues qui furent publiés chaque année depuis 1855 jusqu’en 1873. Il était secondé par son excellente femme, et c'etait plaisir de voir l’activité de cet étonnant vieillard qui conserva jusqu’au bout de ses jours toutes ses facultés, toute son énergie, toute sa jovialitée. Au mois de février 1873, 1l avait alors 83 ans, nous l’avons encore vu, monte sur un arbre qu’il était occupé à émonder. Quelques jours plus tard, il fut frappé d’une attaque d’apoplexie qui l’enleva le 4 mars 1873.
Tous les horticulteurs de Liége se portèrent à ses funérailles et l’un d’entre eux, M. Hamaiïde, lui adressa un adieu suprême. Quelques jours plus tard, la Société d’horticulture lui élevait un mausolée avec cette inscription qui résume sa carrière.
A LA MÉMOIRE DE LAMBERT JACOB-MAKOY (L. JACOB-WEYHE), NÉ A LIÉGE, LE 12 NOVEMBRE 1790, CRÉATEUR DE L'ÉTABLISSEMENT L. JACOB-MAKOY;